‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 507 sur 525 · DE LA FALA KTTE · texte numérisé non relu

DE LA FALA KTTE

qui! (Mis [)i(!l(in(]iis hecfigues se cliangent (iii laiivelles à lèle noire. Cette OKhiie inlerfirrîtation est celle du passage où Pline parle de ce changenient.

Aldrovandc, Jonston et Frisch, après avoir dcicrit la fauvette à tète noire, paraissent faire une seconde (ispèce de la fauvette à tète brune : cependant celle-ci n’est que la femelle de l’autre, et il n’y a d’autres dillèrences entre le mâle et la femelle que dans cette couleur de la tète, noire dans le premier, et brune dans la seconde. En etfet, une calotte noire couvre, dans le inàle, le derrière de la tète et le sommet, jusque sur les yeux; au-dessous et autour du cou est un gris ardoisé, plus clair à la gorge, et qui s’eîteint sur la poitrine dans du blanc, ombré de noirâtre vers les flancs; le dos est d ini gris brun, plus clair aux barbes extérieures des pennes, plus foncé sur les inférieures, et lavé d’une faible teinte olivâtre. L’oiseau a de longueur cinq pouces cinq lignes; huit pouces et demi de vol.

La fauvette à tète noire est de toutes les fauvettes celle qui a le chant le plus agréable et le plus continu : il tient un peu de celui du rossignol, et l’on en'” jouit bien plus longUîinps; car plusieurs .semaines après que ce chantre du printemps s’est tu, l’on entend les bois résonner partout du chant de ces fauvettes; leur voix est facile, pur et légère, et leur chant .s’exprime par une suite do modulations peu étendues, mais agréables, flexibles et nuancées. Ce chant semble tenir de la fraîchciur des lieux oii il se fait entendre; il en peint la tranquillité, il en (ixprime même le bonheur; car les cœurs sensibles n’enhmdcnt pas, sans une doucc! émotion, les accc.nts inspirés par la nature, aux êtres qu’elle rend heureux.

Le mâle a pour sa femelle les plus tendres soins : non-seulement il lui apporte sur le nid des mouches, des vers (d d(is fourmis, mais il la soulage de l'incommodité de sa situation; il couve alternativement avec elle. Le nid est placé près de terre, dans un taillis soigneusement caché, ctconticntquatreoucinq œufs, fond verdâtreavec des tâchesd’un brun lég(!r. Les petits grand iss(;nt(!n peu de jours; et pour peu qu’ils aientde plumes, ils sautent du nid dès qu’on les approcnc et l’abandonnent. Cette fauvette ne fait communément qu’une ponte dans nos provinces : Olina dit qu’elle en fait deux en Italie, et il en doit être ainsi de plusieurs esj)èces d’oiseaux dans un climat plus cliaud cl où la saison des amours est plus longue.

A son art-rvée au printemps, lorsq^uc les insectes manquent, par quelque retour du froi(f, la fauvette à tete noire trouve une ressource dans les baies de quelques arbustes, comme du lauréolc et du lierre. En automne, elle mange aussi les petits fruits de la bourdaine et ceux du cormier des chasseurs. Dans cette saison elle va souvent boire, et on la prend aux funtaines'sur la fin d’aoi'it : elle est alors très-grasse et d’un goût délicat.

On l’élfive aussi en cage; et de tous les oiseaux (ju’on peid mettre en volière, dit Olina, cette fauvette est un dos plus aimabk's. L’afïéction qu’efie marque pour son maître est touchante; elle a pour l’accneillir un accent particulier, une voix plus afiéctueuse; à son approche, (îlle s’élance vers lui contre k» mailles de-sa cage, comme pour s’ellbrcer de rompre cet obstacle et de le joindre; et par un continmd battement d'ailes accompagné d(; petits cris, elle scmtde exprimer l’empres.sement cl la reconnaissance.

I.cs petits élevés en cage, s'ils sont à portée d’entendre le rossignol.

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peilectioaiieiit leur chant, et le disputent à leur maître. Dans la saison du départ, qui est à la fin de septembre, tous ces prisonniers s’agitent dans la cage, surtout pendant la nuit et au clair de lune, comme s’ils savaient qu ils ont un voyage à faire; et ce désir de changer de lieu est si profond et si vif, qu’ils périssent alors en grand nombre du regret de ne pouvoir le satisfaire.

Cet oiseau se trouve communément en Italie, en France, en Allemagne et jusqu’en Suède : cependant on prétend qu’il est assez rare en Angleterre.

Aldrovande nous pai le d’une variété dans cette espèce, qu’il appelle fauvette varice, sans nous dire si cette variété n’est qu individuelle, ou si c’est une race particulière. .M. Rrisson, qui la donne sous le nom de fauvette noire et UaneJte. n’eu dit pas davantage; et il paraît que la fauvette à dos noir de Frisch n’est encore que cette même variété de la fauvette à tete noire.

La petite colombaude des Provençaux est une autre variété de cette même lauvetle; elle est seulement un peu plus grande, et a tout le dessus du corps d une couleur plus toncéc et pre.sque noinitre, la gorge blanche et les cotés gris : elle est leste et très-agile ; elle aime les ombrages et les bois les plus toulïus, et se délecte à la rosée qu’elle reçoit avidement.

Dans une fauvette à tète noire, femelle, ouverte le 4 juin, l’ovaire se trouva garni d’œufs de différentes grosseurs; le tube intestinal, de l’anus au gésier, était long de sept pouces un quart; il y avait deux cæcum bien marqués, de deux lignes de long : le gésier musculeux était long de cinq lignes; la langue effilée et fourchue par le bout; le bec supérieur tant soit peu échancré; le doigt extérieur uni à celui du milieu par sa première phalange; l’ongle postérieur le plus fort de tous.

Dans un mâle ouvert le 19 juin, les testicules avaient quatre lignes de longueur et trois de large; la trachée-artère avait un nœud renflé à l’endroit de la bifurcation; et l’œsophage, long d’environ deux pouces, formait une poche avant son insertion dans le gésier.

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