‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 71 sur 525 · tr, [lAltFASf., ou LA CIIOLF.TTE-HAUFAXC · texte numérisé non relu

tr, [lAltFASf., ou LA CIIOLF.TTE-HAUFAXC

l/oiseau qui se trouve dans les terres septentrionales des deux continents, que nous appellerons harfamj. du nom harfaonf/, qu'il porte en Suède, et qui, par sa grandeur, est à l’égard des chouettes ce (jue le grand duc est à l'égard des hiboux; car ce harfaug n’a point d'aigrettes sur la tète, et il est encore plus grand et plus gros que le grand duc. Comme la plupart des oiseaux du Nord, il est presque partout d'un très-beau blanc; mais nous ne pouvons rien faire de mieux ici que de traduire de l'anglais la bonne description (|ue .M. Edwards nous a donnée de cet oiseau rare, et que nous n’avons pu nous procurer.

« La grande chouette blanche, dit cet auteur, est de la première grandeur dans le genre des oiseaux de proie nocturnes; et c'est eu même temps l’espèce la plus belle à cause de son plumage, qui est blanc comme neige ; sa tète n'est pas si grosse à proportion que celle des autres choueUes ; ses ailes, lorsqu’elles sont pliées, ont seize pouces ( anglais), depuis l’épaule jusqu’à l’extrémité de la plus longue (ilume, ce qui peut faire juger de sa grandeur. Ou dit que c’est un oiseau diurne, et qu'il piend en plein jour les perdrix blanches dans les terres de la baie de fludson oh il demeure pendant toute l'année. Son bec est crochu comme celui d'un épervier, n’ayant point d’angles sur les côtés; il est noir et percé de larges ouvertures ou narines: ü est de plus presque entièremeut couvert de plumes roides, scmhlables à des poils plantés lians la base du bec, et se reiourninl en dehors. La pupille des yeux est enviroiince d’un iris brillant et jaune; lu tète aussi bien que lu corps, les ailes et la queue sont d’un blanc pur ; le dessus de la tète est seulement marbré de petites taches brunes; la partie supérieure du dos est rayée transversalement de quelques lignes brunes; les côtés sous les ailes sont aussi rayés de même, mais par des lignes plus étroites et plus claires ; les grandes plumes des ailes sont tachées de brun sur les bords extérieurs. Il y a aussi des taches brunes sur les couvertures des ailes, mais leurs couvertures en dessous sont puremciU blanches. Le bas du dos cl le croupion sont blancs et sans taches ; les jambes et les picd.s sont couverts de plumes blanches; les ongles sont longs, forts, d’une couleur noire et lrès-.mgus. J'ai eu un autre individu de celte espèce, ajoute M. Edwards, qui ne dillérait de celui-ci qu’en ce qu’il avait des taches plus frèqueutes et d’une couleur plus l'oncée. »

Cet oiseau (|iii est (iommun dans les terres de la baie de Hudson, est apparemment coidinédaiis les pays du Noi d,eai' il est très-rare en Pensylvanie,

* Ces pcrdri,x btinelics des terres du nord df l’Amérique ne sont pas des perdrix, mais des gelinoUos.

I2() HISTOIRE iNATLIREELE

dans le nouveau continent; et en Europe, on ne le trouve plus en deçà de la Suède et du pays de Danizick : il est presque blanc et sans taches dans les montagnes de Laponie. M. Klein dit que cet oiseau, qu’on appelle /eûrfang en Suède, se nomme weissebunte schliclete-eule en Allemagne; qu’il a eu à Dantzick le mâle et la femelle vivants pendant plusieurs mois, en 1747. M. Ellis rapporte que le grand hibou blanc sans oreilles (c'est-à-dire celle grande chouette blanche) abonde aussi bien que le hibou couronné (c’est-àdire le grand duc) dans les terres qui avoisinent la baie de Hudson. « Il est, dit cet auteur, d'un blanc éblouissant, et l’on a peine à le distinguer de la neige; il y parait pondant toute l’année; il vole .souvent en plein jour, et donne la chasse aux perdrix blanches. » On voit, par tous ces témoignages, que le harfang, qui est sans comparaison la plus grande de toutes les chouettes, se trouve assez communément dans les terres septentrionales des deux continents, mais qu’apparemment ccl oiseau craint le chaud, puisqu'on ne le trouve dans aucun pays du Midi.

4. (l.E C1I,VT-11U.\XT Ulî CAYIÎ.NNE , OC I.A ClIEVftcilF. F.WVE.)

L'oiseau que nous avons cru devoir appeler le chat-huant de Cayenne, qui n’a été indiqué par aucun naturaliste. Il e.st en effet de la grandeur du chathuant, dont cependant il diffère par la couleur des yeux, qu’il a jaunes ; en sorte qu’on pourrait pcut-ôlre le rapporter également à l’espèce de l’effraie; mais, dans le vrai, il ne res.semhle ni à l’un ni à l’autre, et nous parait être un oiseau différent de tous ceux que nous avons indiqués ; il est particulièrement remarquable par son plumage roux, rayé transversalement de lignes en ondes brunes et très-étroites, non-seulement sur la poitrine et le ventre, mais même sur le dos; il a aussi le bec couleur de chair, et les ongles noirs. Cette courte description suffira pour faire distinguer cette espèce nouvelle de touîes les autres chouettes.

b. (l.A CHOUETTE, oc GnAXDE CHEVÊCHE DU CANADA.)

Cet oiseau, qui a été indiqué par M. Brisson sous le nom de chat huant du Canada, nous a paru approcher beaucoup plus <le l'espèce de la grande chevêche, cl c’est par cette raison que nous lui en avons donné le nom. La planche qui le représente, comparée avec celles de notre chevêche et de notre chat-huant, suffit pour démontrer que cet oiseau a plus de rapport avec la première qu’avec le second; elle diffère néanmoins de notre chevêche, en ce qu elle a sur la poitrine et sur le ventre des bandes brunes transversales. régulièrement disposées ; et c’est chose assez singulière, qui se trouve également dans la petite chevêche d’Amérique, dont nous avons parlé à l’article delà chevêche ou petite chouette, et que nous n’avons considérée que comme une variété de cette petite espèce.

(). (l.A CHOUETTE, OU r.IlANDE CHEVÊCHE DE SAINT-DO.MINGUE.)

Cet oiseau nous a été envoyé de Saint-Domingue, et nous parait être une espèce nouvelle, différente de foutes celles qui ont été indiquées par tous les naturalistes. Nous avons cru devoir la rapporter par le nom à celle de la chouette ou grande chevêche d’Europe, parce qu’elle s’en éloigne moins que d’aucune autre; mais, dans le réel, elle nous parait faire une espèce à part, et qui mériterait un nom particulier; elle a le bec plus grand, plus fort et

DES OISEAUX QUI NE UEUVEiNT VOLER. 127

plus crochu nu'nucMiie c.spcce de cliouelte, cl clic diirère encore de noire iirande chevêche, en cequ’elle a le ventre d’une couleur roussâtre, uniforme, et qu’elle n’a sur la poitrine que quelques taches longitudinales; au lieu que la ehonelte ou grande chevêche d’Europe a sur la poitrine et sur le ventre de grandes taches brunes, oblongues et pointues, qui lui ont fait donner le nom de chouette flambée, noctua flammeata.

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