‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 98 sur 525 · LE PETIT TÉTRAS A QUEUE PLEINE · texte numérisé non relu

LE PETIT TÉTRAS A QUEUE PLEINE

Ordre des gallinacés, genre tétras. (CiniiîR.)

J ai exposé à 1 article |)récédent les raisons que j'avais de faire de ce petit tétras une espèce, ou plutôt une race séparée. Gessncr en parle sous le nom de coq de, bois (f/allus si/loesiris), comme d'un oiseau qui a des barbillons rouges, et une queue pleine et non fourchue; il ajoute que le mâle s’appelle coq noir en Ecosse, cl la femelle poule grise (grey hen). fl est vrai que cet auteur, prévenu de l'idée que le mâle et la femelle ne devaient pas différer, à un certain point, par la couleur des plumes, traduit ici le grey hen par gallena fusca, poule rembrunie, afin de rapprocher de son mieux la couleur des plutnages; et qu’ensuilc il sc prévaut de sa version infidèle pour établir que cette espèce est tout autre que celle de la poule moresque de Turner, par la raison que le plumage de cette poule moresque diffère tellement de celui du mâle, qu'une personne peu au fait pourrait s’y méprendre, et regarder ce mâle et cette femelle comme appartenant à deux espèces différentes. En effet, le mâle est [tresque tout noir, et la femelle de la même couleur à peu près que la perdrix grise : mais au fond c’est un nouveau trait de conformité qui rend plus complète la ressemblance de cette espèce avec celle du coq noir d’Ecosse; car Gessncr prétend en effet que ces deux espèces se ressemblent dans tout le reste. Pour moi, la seule différence que j y trouve, c'est que le coq noir d’Ecosse a de petites taches rouges sur la poitrine, les ailes, et les cuis.ses : mais, nous avons vu dans riiisloirc du petit tétras à queue fourchue, que dans les six premiers mois les jeunes mâles, ([ui doivent devenir tout noirs dans la suite, ont le plumage de leur mère, c'est-à-dire de la femelle; et il pourrait sc faire que les petites taches rouges, dont jtarlc Gessncr, ne fussent qu'un reste de cette première livrée avant qu elle sc fût changée entièrement en un noir pur et sans mélange.

Je ne sais pourquoi AI. Brisson confond celte race ou variété, comme il l'appelle, avec le letrao pointillé de blanc de iM. Linnæus, puisqu’un des caractères de ce Iclrao, nommé en suédois racklehane, est d'avoir la queue fourchue, et que d'ailleurs AI. Linnæus ne lui attribue point de barbillons, tandis que le tétras dont il s’agit ici a la queue pleine, selon la ligure donnée

* Cuvier réunit cette espèce au tétras à'plnmage variable de Bulïüii.

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par Gcssncr, el que, selon sa description, il a des barbillons rouges à côté du bec.

Je ne vois pas non ()lus pourquoi M. Brisson, confondant ces deux races en une seule, n’en fait qu'une variété du petit tétras à queue fourchue, puisque, indépcndamnicnt des deux différences <iue je viens d indiquer, M. Linnæus dit positivement (|ue son tétras pointillé de blanc est plus rare, plus sauvage, et qu’il a un cri tout autre; ce qui suppose, ce me semble, des différences plus caractérisées, plus profondes que celles qui d’ordinaire constituent une simple variété.

11 me paraîtrait plus raisonnable de séparer ces deux races ou especes de petits tétras, dont runc, caractérisée par la queue |)leinc et les barbillons rouges, comprend le coq noir d'Ecosse et la poule moresque de Turner, et l'autre, ayant pour attributs ses petites taches blanches sur la poitrine, et son cri différent, serait formée <lu racklehane des Suédois.

Ainsi l’on doit compter, ce me s(;nd)le, (|uatre espèces différentes dans le genre des tétras ou coqs de bruyère ; 1" le grand tétras ou grand coq de bruyère; 2“ lepelil tétras ou coq de bruyère à (jueuc fourchue; 3“ le racklan ou racklehane de Suède, indi(|ué par M. Idunæus; 4° la poule moresque de Turner, ou coq noir d'Ecosse, avec des barbillons charnus des deux côtés du bec, et la queue pleine.

Et ces quatre es[ièccs sont toutes originaires et naturelles aux climats du nord, et habitent également dans les forêts de pins et de bouleaux; il n'y a que la troisième, c’est-à-dire le racklehane de Suède, qu’on pourrait regarder comme une variété du petit tétras, si M. Linnæus n'assurait pas qu il jette un cri tout différent.

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