‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de CuvierChapitre 77 sur 93 · A LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

A LA TEMPÉRATURE

Le globe terrestre.

en

ans.

En

ans.

La lune ....

en

ans.

Mercure ....

en

ans.

En

ans.

Vénus ....

en

ans.

En

ans.

Mars ....

en

ans.

En

Jupiter ....

en

ans.

En

ans.

S.VTURNE ....

en

ans.

En

ans.

Mais on verra que ces rapports varieront par la compensation que la clialeur du soleil a faite à la perte de la chaleur propre de toutes les planètes.

Pour estimer la compensation que fait l’accession de cette chaleur extérieure, envoyée par le soleil et les planètes, à la perte de la chaleur intérieure de chaque planète en particulier, il faut commencer par évaleur la compensation que la chaleur du soleil seul a faite à la perte de la chaleur propre du glohe terrestre. On a fait une estimation assez précise de la chaleur qui émane actuellement delà terre et de celle qui lui vient du soleil. On a trouvé, par des observations très-exactes, et suivies pendant plusieurs années, que cette chaleur qui émane du globe terrestre est en tout temps et en toutes saisons bien plus grande que celle qu’il reçoit du soleil. Dans nos climats, et particulièrement sous le parallèle de Paris, elle paraît être en été vingt-neuf fois, et en hiver quatre cent quatre-vingt-onze fois plus grande que la chaleur qui nous vient du Soleil *. Mai^ on tomberait dans l’erreur si l’on voulait tirer de l’un ou de l’autre de ces rapports, ou même des deux pris ensemble, le rapport réel de la chaleur propre du globe terrestre à celle qui lui vient du Soleil, parce que ces rapports ne donnent que les points de la plus grande chaleur de l'été, et de la plus petite chaleur, ou, ce qui est la même chose, du plus grand froid en hiver, et qu’on ignore tous les rapports intermédiaires des autres saisons de l’année. Néanmoins ce ne serait que de la somme de tous ces rapports, soigneusement observés chaque jour, et ensuite réunis, qu’on pourrait tirer la proportion réelle de la chaleur du globe terrestre à celle qui lui vient du soleil. Mais nous pouvons arriver plus aisément à ce même but on prenant le climat de l’équateur, qui n’est pas sujet aux mêmes inconvénients, parce que les étés, les hivers et toutes les saisons y étant à peu près égales, le rapport de la chaleur solaire à la chaleur terrestre y est constant, et toujours de non-seulement sous la

* Voyez la Table dressée jiar M. de Mairaii, Mcirioires de rAcadéinic des Sciences, année 1765, page 143.

THÉOniE DE LA TERRE. PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 483 ligue équalui'ialc, mais à cinq degrés des deux côtés de celte ligne On peut donc croire, d’après ces observations , qu'en général la chaleur de la Terre est encore aujourd’hui cinquante fois plus grande que la chaleur qui lui vient du Soleil. Cette addition ou compensation de ^ à la perte de la chaleur propre du globe n’est pas si considérable qu'on aurait été porté à 1 imaginer. Mais, à mesure que le globe se refroidira davantage, cette même chaleur du Soleil fera une plus forte compensation, et deviendra de plus en plus nécessaire au maintien de la nature vivante, comme elle a été de moins en moins utile à mesure qu’on remonte vers les premiers temps; car, en prenant 74,047 ans pour date de la formation de la Terre et des planètes, il s est écoulé peut-être plus de 35,000 ans où la chaleur du Soleil était de trop pour nous, puisque la surface de notre globe était encore si chaude au bout de 33,91 1 ans, qu’on n’aurait pu la toucher.

Pour évaluer I effet total de cette compensation, qui est ^ aujourd'hui, il faut chercher ce qu elle a été précédemment, à commencer du premier moment lorsque la Terre était en incandescence; ce que nous trouverons en comparant la chaleur actuelle du globe terrestre avec celle qu’il avait dans ce temps. Or, nous savons par les expériences de Newton, corrigées dans notre premier Mémoire * **, que la chaleur du fer rouge, qui est à très-peu près égale à celle du verre en incandescence, est huit fois plus grande que la chaleur de l’eau bouillante, et vingt-quatre fois plus grande que celle du Soleil en été. Or, cette chaleur du soleil en été, à laquelle Newton a comparé les autres chaleurs , est composée de la chaleur propre de la Terre et de celle qui lui vient du Soleil en été drus nos climats; et, comme cette dernière chaleur n’est que ^ de la première, il .s’ensuit que de ou 1 , qui représente ici l'unité de la chaleur en été, il n’en appartient au Soleil que et qu’il en appartient à la Terre. Ainsi, la chaleur du fer rouge, qui a été trouvée vingt-quatre fois plus grande que ces deux chaleurs prises ensemble, doit être augmentée de ^ dans la même raison qu’elle est aussi diminuée, et cette augmentation est par conséquent de ou de |. Nous devons donc estimer à très-peu près vingt-cinq la chaleur du fer rouge, relativement à la chaleur propre et actuelle du globe terrestre qui nous sert d unité. On peut donc dire que, dans le temps de l’incandescence, il était vingt-cinq fois plus chaud qu’il ne l’est aujourd’hui ; car nous devons regarder la chaleur du Soleil comme une quantité constante, ou qui n’a que très-peu varié depuis la formation des planètes. Ainsi, la chaleur actuelle du globe étant à celle de son état d'incandescence : ; 1 : 25, et la diminution de cette chaleur s’étant faite en même raison que la succession du temps, dont l’écoulement total depuis l’incandescence est de 74,047 ans, nous trouverons, en divisant 74,047 par vingt-cinq, que, tous les 2,902 ans environ, cette première chaleur du globe a diminué de ■— , et qu’elle continuera de dimi-

* V'oycz le Table ciléc ci-dessus.

** Premier Mémoire sur les progrès de la chaleur, partie cipériincntale.

484 lllSÏOJUi^ NATLUK LLi:.

mier de même jusqu’à ce qu’elle soit entièrement dissipée; en sorte qu’ayant etc vingt-cinq il y a 74,047, ans, et se trouvant aujourd'hui ff ou 1, elle sera dans 74,047 autres années ^ de ce quelle est actuellement.

Mais cette compensation par la chaleur du Soleil étant ^ aujourd'hui, était vingt-cinq fois plus petite dans le tem[)s que la chaleur du globe était vingt-cinq fois plus grande. Multipliant donc ^ par la compensation dans l'état d’incandescence n’était que de Et, comme la chaleur primitive du globe a diminué de ^ tous les 2,962 ans, on doit en conclure que dans les derniers 2,962 ans, la comjiensation étant et dans les premiers 2,962 ans, étant y^, dont la somme est 7777, la compensation des temps suivants et antécédents, c'est-à-dire pendant les 2,962 ans jtrécedant les derniers, et pendant les 2,962 suivant les premiers, a toujours été égale à d’où il résulte que la compensation totale pendant les 75,047 ans, est yttï multipliés par 12^, moitié de la somme de tous les termes de 2,962 ans, ce qui donne ou —. C'est là toute la compensation que la chaletir du Soleil a faite à la perte de la chaleur propre du globe terrestre. Cette perte depuis le commencement jusqu’à la lin des 74,047 ans étant vingt-cinq, elle est à la compensation totale comme le temps total de la période est au temps du prolongement du refroidissement pendant cette période de 74,047 ans. On aura donc 25 : 77 : : 74,047 : 770 ans environ. Ainsi, au lieu de 74,047 ans, on doit dire qu’il y a 74,817 ans que la Terre a commencé de recevoir la chaleur du Soleil et de perdre la sienne.

Le feu du Soleil, qui nous parait si considérable, n'ayant compensé la porte de la chaleur propre de notre globe (jue de 77 sur 25, depuis le premier temps de sa formation, l'on voit évidemment que la compensation qu’a pu produire la chaleur envoyée par la Lune et par les autres planètes à la Terre est si petite, qu'on pourrait la négliger, sans craindre de se tromper de plus de dix ans sur le prolongement des 74,817 ans qui se sont écoulés pour le refroidissement de la Terre à la température actuelle, àlais, comme dans un sujet de cette espèce on peut désirer que tout soit démontré, nous ferons la recherche de la compensation qu’a pu produire la chaleur de la Lune à la porte de la chaleur du globe de la Terre.

La Lune se serait refroidie au point de pouvoir en toucher la surface cu6,492 ans, etau pointdc la température actuclledc la Terre en 14,176ans, en supposant que la Terre se fût cllc-niènie refroidie à ce point en 74,047 ans; mais, comme elle ne s'est réellement refroidie à la tcmj)érature actuelle qu’en 74,817 ans environ, la Lune n'a pu se refroidir de mcnic (|u'cn 14,525 ans environ, en supposant encore que rien n'eût compensé la pertt^ de sa chaleur propre. Ainsi, sa chaleur était, à la 611 do cette période de 14,525 ans, vingt-cinq fois plus petite que dans le temps de l'incandescence, et l'on aura en divisant 14,525 par 25,555 ans environ; en sorte que tous les 555 ans, cette première chaleur de la Lune a diminué deYŸ-j <^t qu’étant d'abord 25, elle s’est trouvécf|ou 1 au bout de 14,525 ans, et deY^ au bout de 1 4,525 autresannées; d’où l'on pcutconclureque la Lune, après 28,646 ans.

TllEOIUE DE LA TEIU5E. PAltTJE IIYPOTIIÉTIQEE. 48 j aurailclé aussi rcfroitlie quo la Terre le sera dans 74,817 ans, si rien n’oût compensé la perle de la clialeur propre de celte planète.

iMais la Lune n’a pu envoyer à la Terre une chaleur un peu considérable que pendant le temps qu a duré son incandescence et son état de chaleur, jusqu'au degré de la température actuelle de La Terre; et elle serait en effet arrivée à ce point de refroidissement eu 14,525 ans, si rien n'eùt compensé la perte de sa chaleur propre. Mais nous démontrerons tout à l’heure que, pendant cette période de 14,525 ans, la chaleur du Soleil a compensé la perte de la chaleur de la Lune, assez pour prolonger le temps de son rc- Iroidissement de 149 ans, et nous démontrerons de même t|ue la chaleur envoyée par la Terre à la Lune, |)cndant cette mémo période de 14,525 ans, a prolongé son refroidissement de 1,937 ans. Ainsi, la période réelle du temps du refroidissement de la Lune, de.puis rincandescenei; jiistpi à la température actuelle de la Terre, doit être augmentée de 2,080 ans, et sc trouve être de 10,409 ans, au lieu de 14,525 ans.

Supposant donc la chaleur qu'elle nous envoyait, dans le temps de son incandescence, égale à celle (|ui nous vient du Soleil, |)arcc que ces deux astres nous présentent chacun une surface à peu près égale, on verra que cette chaleur envoyée par la Lune, étant, comme celle du Soleil de la chaleur actuelle du globe terrestre, ne faisait compensation, dans le Icnqts de 1 incandescence, que de 7^ à la perte de la chaleur intérieure de notre globe, parce qu’il était lui-rncme en incamlesccnce, et qu'alors sa chaleur propre était vingt-cinq fois plus grande (pi’ello ne l'est aujourd'hui. Or, au bout de 10,409 ans, la Lune étant refroidie au même point de température que l’est actuellement la Terre, la chaleur (pic cette planète lui envoyait dans CO temps n’aurait pu faire ([u’unc compensation vingt-cinq fois |)lus petite que la première, c'est-à-dire de 777^7 si le globe terrestre eût conservé son état d'incandescence; mais, sa première chaleur ayant diminué de ~ tous les 2,9G2ans, ellen’était plus que de 19 | environ auboutde lG,409ans. Ainsi la compensation que faisait alors la chaleur de la Lune, au lieu de

n être que de 77777, était iIctt^"— . En ajoutant ces deux Icrmcsde compensation

du prcmicrctdu dernier temps, c’est-à-dire 77’— avec 77^ on aura somme de ces deux compensations, qui, étant multipliée par 12

tmau pour la 7, moitié de

la somme de tous les termes, donne 77^ pour la compensation totale ipi’a faite la chaleur envoyée par la Lune à la Terre pendant les 10,409 ans. Et, comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en même raison <pic le temps total de la période est au prolongement du refroidisse-

ment, on aura 25 : 777^7 :: 10,409 : G 7^ environ. Ainsi, la chaleur (|ue la Lune a envoyée sur le globe terrestre pendant 10,409 ans, c'est-à-dire depOis l’état de son incamlcscence jusqu’à celui où elle avait une. chaleur égale à la température actuelle de la Terre, n’a prolongé le refroidissement

de notre globe que de 6 ans | environ, qui, étant ajoutés aux 74,817 ans que nous avons trouvés précédemment, font en tout 74,823 ans ^ environ, (ju’on doit encore augmenter de 8 ans, parce que nous n’avons compté que 74,047 ans, au lieu de 74,817, pour le temps du refroidissement de la Terre, et que 74,047 ans : 770 : : 770 : 8 ans environ; et, par conséquent, on i)cul réellement assigner 74,831 ~ ou 74,832 ans, à très-peu près, pour le temps précis qui s’est écoulé depuis l’incandescence de la Terre jusqu’à son refroidissement à la température actuelle.

On voit, par cette évaluation de la clialcur que la Lune a envoyée sur la Terre, combien est encore plus petite la compensation que la chaleur des cinq autres planètes a pu faire à fa perte de la chaleur intérieure de notre globe. Ces cinq planètes, prises ensemble, ne présentent pas à nos yeux une étendue de surface à beaucoup près aussi grande que celle de la Lune seule; et quoique 1 incandescence des deux grosses planètes ait duré bien plus longtemps que celle de la Lune, et que leur chaleur subsiste encore aujourd hui à un très-haut degré, leur éloignement de nous est si grand, qu’elles n’ont pu prolonger le refroidissement de notre globe que d’une si petite quantité de temps, qu’on peut la regarder comme nulle, et qu’on doit s’en tenir aux 74,832 ans que nous avons déterminés pour le temps réel du refroidissement de la Terre à la température actuelle.

Maintenant il faut évaluer, comme nous l’avons fait pour la Terre, la compensation que la chaleur du Soleil a faite à la perte de la chaleur propre de la Lune, et aussi la compensation que la chaleur du globe terrestre a pu faire à la perte de cette même chaleur de la Lune, et démontrer, comme nous l’avons avancé, qu’on doit ajouter 2,086 à la période de 14,323 ans, pendant laquelle elle aurait perdu sa chaleur propre jusqu’au point de la température actuelle de la Terre, si rien n’eût compensé cette perte.

En faisant donc, sur la chaleur du Soleil, le même raisonnement pour la Lune que nous avons fait pour la Terre, on verra qu’au bout de 14,323 ans la chaleur du Soleil sur la Lune n’était que comme sur la Terre de la chaleur propre de cette planète, parce que sa distance au Soleil et celle de la Terre au même astre sont à très-peu près les mêmes. Dès lors sa chaleur dans le temps de I incandescence ayant été vingt-cinq fois plus grande, il s’ensuit que tous les 333 ans cette première chaleur a diminué de en sorte qu’étant d’ahnrd 23, elle n’était au bout de 14,323 ans que || ou 1. Or, la compensation que faisait la chaleur du Soleil à la perte de la chaleur propre de la Lune étant ^ au bout de 14,323 ans, et 7^ dans le temps de son incandescence, on aura, en ajoutant ces deux termes 7II7, lesquels, multipliés par 12 7, moitié de la somme de tous les termes, donnent || pour la compensation totale pendant cette première période de 14,323 ans. Et comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en meme raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 23 : |f ; : 14,323 : 149 ans environ; d’où l'on voit ipie le prolongement du temps pour le refroidissement de la Lune par la chaleur du Soleil

THÉORIE DE LA TERRE. PARTIE IIVPOEHÉTIQIJE. 487 a élc Uo 149 ans pendant ccUo proinière période de 14,523 ans, ce qui l'ait en tout 14,472 ans pour le temps du refroidissement, y compris le prolongement qu’a produit la chaleur du Soleil.

Mais on doit en effet prolonger encore le temps du refroidissement de celte planète, parce que l’on est assuré, même par les phénomènes actuels, que la Tei're lui envoie une grande quantité do lumière, et en même temps quelque chaleur. Cette couleur terne, qui se voit sur la surface de la Lune quand elle n est pas éclairée du Soleil, et à la(|uelle les astronomes ont donné le nom de lumière cendrée, n’est, à la vérité, que la réflc.\ion de la lumière solaire que la Terre lui envoie. Mais il faut que la quantité en soit bien considérable, pour qu’après une double réflexion elle soit encore sensible à nos yeux d'une distance au.ssi grande. En effet, cette lumière est près <le seize fois plus grande que la quantité de lumière qui nous est envoyée par la pleine Lune, puisque la surlace de la Terre est pour la l.unc pi'ès de seize fois plus étendue que la surface de cette |)lanèle ne l'est pour nous.

Pour me donner l'idée nette d’une lumière seize fois plus forte que celle de la Lune, j’ai fait tomber dans un lieu obscur, au moyen des miroirs d’Archimède, trente-deux images de la pleine Lune, réunies sur les mêmes objets : la lumière de ces trente-deux images était seize fois plus forte que la lumière simple de la Lune; car nous avons démontré, par les expériences du sixième mémoire, que la lumière en général ne perd qu'environ moitié par la réflexion sur une surface bien polie. Or, cette lumière des trente-deux images de la lune rn’a paru éclairer les objets autant et plus que celle du jour, lorsque le ciel est couvert de nuages : il n’y a donc point de nuit pour la face de la Lune qui nous regarde, tant que le Soleil éclaire la face de la Terre qui la regarde elle-même.

Mais cette lumière n’est pas la seule émanation bénigne que la Lune ait reçue et reçoive de la Terre. Dans le commencement des temps, le globe terrestre était pour cette planète un second Soleil plus ardent que le premier : comme sa distance à la Terre n’est que de quatre-vingt-cin(| mille lieues, et que la distance du Soleil est d’environ trente-trois millions, la Terre faisait alors sur la Lune un feu bien supérieur à celui du Soleil. Nous ferons aisément I estimation de cet effet, en considérant que la Terre présente à la Lune une surface environ seize fois plus grande que le Soleil, et, par conséquent, le globe terrestre, dans son état d’incandescence, était pour la Lune un astre seize fois plus grand que le Soleil *. Or, nous avons vu que

* On peut encore présenter d'une autre manière, qui paraîtra peut-être plus edaire, les raisonnements et les calculs ci-dessus. On .sait que le diamètre du Soleil est à celui de la Terre : : 107 : l. leurs surfaces ; ; 1 1,440 ; 1, et leurs volumes : : 1,225,043 : 1.

Le Soleil, qui est à peu près éloigné de la Terre et de la Lune également, leur envoie à cLacune une certaine quantité de chaleur, laquelle, comme celle de Ions les corps chauds, est en raison de la surface et non pas du volume Supposant donc que le Soleil divisé en 1,226,043 petits globes, chacun gros comme la Terre, la chaleur que chacun de ces petits globes enverrait à la Lune serait à celle nue le Soleil lui envoie comme la surface d’un

tëS HISTOmiî NATURELLE.

la compensation faite par la chaleur du Soleil à la perte de la chaleur propre de la Lune, pendant 14,523 ans, a été de jf et le prolongement du refroidissement, de 149 ans; mais la chaleur envoyée par la Terre en incandescenceétant seize fois plus grande que celle du Soleil, la compensation qu’elle a faite alors était donc parce que la Lune était elle-même en incandescence, et que sa chaleur propre était vingt-cinq fois plus grande qu’elle n’était au bout des 14,323 ans : néanmoins, la chaleur de notre globe ayant diminué de 23 à 20 | environ depuis son incandescence jusqu’à ce même terme de 14,323 ans, il s’ensuit que la chaleur envoyée par la Terre à la

Lune dans ce temps n’aurait fait compensation que de si la Lune eût conservé son état d’incandescence; mais sa première chaleur ayant diminué pendant les 14,323 ans de 23, la compensation que faisait alors la chaleur

de la Terre, au lieu de n’ètre que de multipliés par 23,

c’est-à-dire de En ajoutant ces deux termes de compensation du premier et du dernier temps de cette période de 14,323 ans, savoir, et on aura |)our la somme de ces deux termes de compensation, qui, étant multipliée par 12 moitié de la somme de tous les termes, donne ou 3 pour la compensation totale qu’a faite la chaleur envoyée par la Terre à la Lune pendant les 14,323 ans; et comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en même raison que le temps de la période est à celui du prolongement du refroidissement, on aura 23 : 3|| ; : 14,323 : l,937ans environ. Ainsi, la chaleur de la Terre a prolongé de 1,937 ans le refroidissement de la Lune, pendant la première période de 14,325 ans; et la chaleur du Soleil l’ayant aussi prolongé de 149 ans, la période du temps réel qui s’est écoulé depuis rincandcsccnce jusqu'au refroid.issement de la Lune à la température actuelle de la Terre, est de 16,409 ans environ.

Voyons maintenant combien la chaleur du Soleil et celle de la Terre ont compensé la perte de la chaleur propre de la Lune dans la période suivante, c’est-à-dire pendant les 14,323 ans qui se sont écoulés depuis la fin de la première période, où sa chaleur aurait été égale à la température actuelle de la Terre, si rien n'cùl compensé la perte de sa chaleur propre.

de CCS petits globes est à la snifacc du Soleil, c’est-à-dire :: I ; 1 1,449. Mais, en uicltaiit ce petit globe de feu à la place de la terre, il est évident que la clialciir sera augmentée dans la même raison que l’espace aura diminué. Or, la distance du Soleil et celle de la Terre à la Lune sont entre elles : : 7.200 : 17, dont les quarrés sont : : 51,840,000 : 189. Donc la chaleur que le petit globe de feu placé à quatre-vingt-cinq mille lieues de distance de. la Lune lui enverrait, serait à celle qu’il lui envoyait auparavant : : 179,377 : 1. Mais nous avons vu que la surface de ce petit globe n’était à celle du Soleil que : : I : 1 1,449 ; ainsi la quantité de chaleur que sa surface enverrait vers la Lune est onze mille quatre cent quarante-neuf fois plus petite que celle duSolcil. Divisaiitdonc 179,377 par I 1,449, il SC trouve que celle chaleur envoyée par la Teirc en ineandcscciice à la Lune était 46 ‘■ c’est-cà-dirc environ seize fois plus forte que celle du Soleil.

La compensation par la chaleur du Soleil à la perte de la chaleur propre de la Lune était ^ au commencement, et à la lin de cette seconde période. La somme de ces deux termes est de qui, étant multipliée par 12 moitié de la somme de tous les termes, donne ^ ou 6 i j)our la compensation totale par la chaleur du Soleil pendant la seconde période 14,323 ans. Mais la Lune ayant perdu, pendant ce temps, 2S de sa chaleur propre, et la perte de la chaleur propre étant à la compensation en même raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 2S : 6 I : : 14,323 : 3,724 ans. Ainsi, le prolongement du temps pour le refroidissement de la Imne par la chaleur du Soleil, ayant été de 149 ans dans la première période, a été de 3,728 ans pour la seconde période de

Et à l’égard de la compensation produite par la chaleur de la Terre pendant cette même seconde période de 14,323 ans, nous avons vu qu’au commencement de celle seconde période la chaleur propre du globe terrestre

étant de 20 f, la compensation qu’elle a faite alors a été de Or, la chaleur de la Terre ayant diminué pendant cette seconde période de 20 ^ à

13 I, la compensation n’cùt été que de environ à la fin de cette période, si la Lune eût conservé le degré de la chaleur qu’elle avait au commencement de cette même périodej mais comme sa chaleur propre a diminué de If à ^ pendant cette seconde période, la compensation produite par

la chaleur de la Terre, au lieu de n'êlre que a été de à la fin de cette seconde période; ajoutant les deux termes de compensation du pre-

mier et du dernier temps de cette seconde période, c’est-à-dire ffUctŸsVir;

on aura multipliés par 12 |, moitié de la somme de tous

les termes, donnent ^n^ou 64 f environ, pour la compensation totale qu’a faite la chaleur envoyée par la Terre à la Lune dans cette seconde période. Et comme la perte de la chaleur jjropre est à la compensation en même raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 23 : 64 f;: 14,323 ; 38,037 ans environ. Ainsi, le prolongement du refroidissement de la Lune par la chaleur de la Terre, qui a été de 1 ,937 ans pendant la première période, se trouve de 38,037 ans environ pour la seconde période de 14,323.

A l’égard du moment où la chaleur envoyée par le Soleil à la Lune a été égale à sa chaleur propre, il ne .s’est trouvé ni dans la première ni dans la seconde période de 14,323 ans, mais dans la troisième précisément, au second terme de cette troisième période, qui, multiplié par 372 f|, donne 1,143 H, lesquels, ajoutés aux 28,646 années de deux périodes, font 29,791 ans If. Ainsi, c'est dans l’année 29,792 de la formation des planètes que l’accession de la chaleur du Soled a commencé à égaler et ensuite surpasser la déperdition de la chaleur propre de la Lune.

490 IIISTOIlUi NATCiŒLLE.

Le refroidisseitient de celle planète a donc été prolongé pendant la première période: 1“ de 149 ans par la chaleur du Soleil; 2" de 1,957 ans par la chaleur de la Terre; cl, dans la seconde période, le refroidissement de la Lune a été prolongé : 5“ de 3,724 ans par la chaleur du Soleil; et 4” de 38,037 ans par la chaleur de la Terre. En ajoutant ces quatre termes , on aura 43,867 ans, qui, étant joints aux 28,646 ans des deux périodes, font en tout 72,313 ans. D’où l’on voit que ça été dans l’année 72,313, c’est-à-dire il y a 2,318 ans, que la Lune a été refroidie au point de — de la température actuelle du globe de la Terre.

La plus grande chaleur que nous ayons comparée à celle du Soleil ou de la Terre est la clialeur du fer rouge; et nous avons trouvé que cette chaleur extrême n’est néanmoins que vingt-cinq fois plus grande que la chaleur actuelle du globe de la Terre; en sorte que notre globe, lorsqu’il était en incandescence, ayant 23 de chaleur, n’en a plus que la vingt-cinquième partie, c’est-à-dire || ou 1 ; et, en sup|)osant la première période de 74,047 ans, on •loit conclure que, dans une seconde période semblable de 74,047 ans, cette chaleur ne sera |)lus que ^ de ce qu’elle était à la fin de la première période, c’est-à-dire il y a 783 ans. Nous regarderons le terme ^ comme celui de la plus petite chaleur, de la meme façon que nous avons pris 23 comme celui de la plus forte chaleur dont un corps solide puisse être pénétré. Cependant ceci ne doit s’entendre <iuc relativement à notre propre nature cl à celle des êtres organisés : car celte chaleur ^ de la température actuelle de la Terre est encore double de celle qui nous vient du Soleil, ce qui fait une cbaleur considérable, cl <jui ne peut être regardée comme très-petite que relativement à celle qui est nécessaire au maintien de la nature vivante; car il est démontré, même par ce que nous venons d’exposer, que si la chaleur actuelle de la Terre était vingt-cinq fois plus petite qu’elle ne l’est, toutes les matières fluides du globe seraient gelées, et que ni l’eau, ni la sève, ni le sang, ne pourraient circuler; et c’est par cette raison que j’ai regardé le terme de^dc la chaleuraclucilcdu globe comme lepoint de la plus petilecha- Icur, relativement à la nature organisée, puisque, de la même manière qu’elle ne peut naître dans le feu, ni exister dans la très-grande chaleur, elle ne peut de meme sidjsister sans chaleur ou dans une trop petite chaleur. Nous tâcherons d'indiquer plus précisément les termes de froid et de chaud où les êtres vivants cesseraient d'exister : mais il faut voir auparavant comment se l'cra le progrès du refroidissement du globe terrestre jusqu’à ce point ^ de sa chaleur actuelle.

Nous avons deux périodes de temps, chacune de 74,047 ans, dont la première est écoulée, et a été prolongée de 783 ans par l’accession de la chaleur du Soleil et de celle de la Lune. Dans cette première période, la chaleur propre de la Terre s’est réduite de 23 à 1 ; et, dans la seconde période, elle se réduira de 1 à Or, nous n'avons à considérer dans cette seconde période que la compensation de la chaleur du Soleil; car on voit que la chaleur de la Lune est depuis longtemps si faible, qu elle ne peut en envoyer à

THÉORIE DE LA TERRE. PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 491 la Terre qu’une si pclilc quantité, qu’on doit la regarder comme nulle. Or, la compensation par la chaleur du Soleil étant ^ à la lin de la })remière période de la chaleur propre de la Terre, sera par conséquent à la fin de la seconde période de 74,047 ans. U’où il résulte que la compensation totale que produira la chaleur du Soleil pendant cette seconde période sera ~ ou 6 f . Et comme la perte totale de la chaleur propre est à la compensation totale en même raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 2S : 6-i: : 74,047 : 19,282 environ. Ainsi, la chaleur du Soleil, qui a prolongé le refroidissement de la Terre de 770 ans pour la première période, le prolongera pour la seconde de 19,252 ans.

El le moment où la chaleur du Soleil sera égale à la chaleur propre de la Terre ne se trouvera pas encore dans celte seconde période, mais au second terme d’une troisième période de 74,047 ans j cl comme chaque terme de ces périodes est de 2,962 ans, en les multipliant par 2, on a 8,924 ans, lesquels ajoutés aux 148,094 ans des deux premières périodes, il se trouve que ce ne sera que dans l’année 184,018 de la formation des planètes, que la chaleur envoyée du Soleil à la Terre sera égale à sa chaleur propre.

Le refroidissement du globe terrestre a donc été prolongé de 770 ans pour la première période, tant par la chaleur du Soleil que par celle de la Lune, et il sera encore prolongé de 19,252 ans par la chaleur du Soleil pour la seconde période de 74,047 ans. Ajoutant ces deux termes aux 1 48,094 ans des deux périodes, on voit (jue ce ne sera que dans l’année 168,123 de la formation des planètes, c’est-à-dire dans 93,291 ans, que la Terre sera refroidie au point de ^ de la température actuelle, tandis que la Lune l’a été dans l’année 72,514, c’est-à-dire il y a 2,318 ans, et l’aurait été bien plus tôt si elle ne tirait, comme la Terre, des secours de chaleur que du Soleil, et si celle que lui a envoyée la Terre n’avait pas retardé son rtifroidissemcnl beaucoup plus que celle du Soleil.

Recherchons maintenant quelle a été la compensation qu’a faite la chaleur du Soleil à la perte de la chaleur propre des cinq autres planètes.

Nous avons vu que Mercure, dont le diamètre n'est que i de celui du globe terrestre, se serait refroidi au point de notre température actuelle en 50,351 ans, dans la supposition que la Terre se fût refroidie à ce même point en 74,047 ans; mais, comme elle ne s’est réellement refroidie à ce point qu’en 74,832 ans. Mercure n’a pu se refroidir de même qu’en 50,884 ans f environ, et cela en supposant encore que rien n’cùt compensé la perte de sa chaleur propre. Mais sa distance au Soleil étant à celle de la Terre au même astre 4 : 10, il s’ensuit que la chaleur qu'il reçoit du Soleil, en comparaison de celle que jeçoit la Terre, est : : 100 : 16, ou : :

6 I ; 1. Dès lors la compensation qu’a faite la chaleur du Soleil lorsque celte planète était à la température actuelle de la Terre, au lieu de n’étre

était et, dans le temps de son incandescence, c’est-à-dire

lllSTOlUE NATDKEI.LE.

50.884 ans | auparavant, cette compensation n’était que Ajoutant ces deux termes de compensation ^ et du (iremier et du dernier temps de cette période, on aura , qui, étant niulipliplics par 12 moitié de

la somme de tous les termes, donnent ou 1 pour la compensation totale qu’a faite la chaleur du Soleil pendant cette première période de

50.884 ans f Et comme la perle de la chaleur propre est à la compensation

en meme raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 25 : 1 : : 50,884 f : 3,507 ans i environ. Ainsi, le

temps dont la chaleur du Soleil a prolongé le refroidissement de Mercure a été de 3,307 ans | pour la première période de 50,884 ans f . D’où l’on voit que ç a été dans l'année 54, 1 92 de la formation des planètes, c’est-à-diro il y a 20,640 ans, que Mercure jouissait de la même température dont jouit aujourd’hui la Terre.

Mais dans la seconde période, la compensation étant au commence-

cernent et à la lin -4^^, on aura, en ajoutant ces temps, qui , étant

multipliés par 12^, moitié de la somme de tous les termes, donnent ou 40 1 pour la compensation totale par la chaleur du Soleil dans cette seconde période. Et comme la perte de la chaleur pro|)rc est à la compensation en même raison que le temps de la période est à celui du prolongement du refroidissement, on aura 25 ; 40 | : 50,884 f : 82,688 ans environ. Ainsi, le temps dont la chaleur du soleil a prolongé cl prolongera celui du refroi.ssemcnt de Mercure, ayant été de 3,307 ans j dans la première période, sera pour la seconde de 82,688 ans.

Le moment où la chaleur du Soleil s’est trouvée égale à la chaleur propre de cette planète est au huitième terme de celte seconde période, qui, multiplié par 2,035 environ, nombre des années de chaque terme de cette période, donne 16,283 ans environ, lesquels, étant ajoutés aux 50,884 ans f de la période, on voit (pie ç’a été dans l’année 67,167 de la formation des planètes, que la chaleur du Soleil a commencé de surpasser la chaleur propre de Mercure.

Le refroidissement de celte planète a donc été prolongé de 3,307 ansi pendant la première période de 50,884 ans |, et sera prolongé de même par la chaleur du Soleil de 82,688 ans pour la seconde période. Ajoutant ces deux nombres d'années à celui des deux périodes, on aura 187,765 ans environ : d'où l’on voit que ce ne sera que dans l’année 187,765 de la formation des planètes, que Mercure sera refroidi à ^ de la température actuelle de la Terre.

Vénus, dont le diamètre est 4 de celui de la Terre, se serait l•efroidie au point de notre température actuelle en 88,815 ans, dans la supposition que la Terre se fût refroidie à ce même point en 74,047 ans; mais, comme elle

THÉORIE DE LA TERRE. PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 495 nes'esl icellcmenl l•e('roitlie à la teinpcraUirc actuelle (lu’en 74,832 ans, Vénus n’a pu .se rcfroidii’ de inènie qu’eu 89, T.*)? ans environ, on supposant encore que l ien u eùt compensé la perle de sa chaleur propre. Mais sa distance au Soleil étant à celle de la Terre au même astre comme 7 sont à 10, il s’ensuit que la chaleur que Vénus reçoit du Soleil, en comparaison de celle que reçoit la Terre, est 100 : 49. Dès lors la compensation que fera la chaleur du Soleil lorsque cette planète sera à la température ; ctuelle

de la Terre, au lieu de n’ètre que sera et, dans le temps de son in-

candescencc, cette compensation n’a été que de Ajoutant ces deux

termes de compensation du premier et du dernier temps de cette première

période de 89,737 ans, on aura — qui, étant multipliées par 12 i, moitié

de la somme de tous les termes, donnent pour la compensation totale qu’a faite et que fera la chaleur du Soleil pendant cette première période de 89,757 ans. Et comme la perte totale de la chaleur propre est à la compensation totale en même raison (pje le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 25 : : : 89,757 : 1,885 ans f en-

viron. Ainsi le prolongement du refroidissement de cette planète par la chaleur du Soleil sera de 1,885 ans 7 environ, pendant cette première période de 89,757 ans; d’où l’on voit que ce sera dans l’année 91,643 de la formation des planètes, c’est-à-dire dans 16,811 ans, que cette planète jouira de la même température dont jouit aujourd’hui la Terre.

Dans la seconde période, la compensation étant au commencement ^ et à la fin-ÿif-, on aura en ajoutant ces termes, qui, multipliés par 12 |

moitié de la somme de tous les termes, donnent -^-^ou 13 ^pour la compensation totale par la chaleur du Soleil pendant cette seconde période. Et comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en mémo raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 25 : 13 ^ 89,737 : 47,140 ans^ environ. Ainsi le temps dont la

chaleur du Soleil a prolongé le rcfroidi.«scment de Vénus, étant pour la première période de 1,885 ans 7, sera pour la seconde de 47,140 ans ~ environ.

Le moment où la chaleur du Soleil sera égale à la chaleur propre de cette planète se trouve au 24 terme de l’écoulement du temps de cette seconde période, qui, multiplié par 3,590 ^ environ, nombre des aimées de chaque terme de ces iiériodcs 89,757 ans, donne 86,167 ans 77 environ, lesquels étant ajoutés aux 89,737 ans de la période, on voit que ce ne sera que dans l’année 175,924 de la formation des planèlcs,que la chaleur du Soleil sera égale à la chaleur pro|)rc de Vénus.

Le refroidissement de celte planète sera donc prolongé de 1,885 ans 7, pendant la première période de 89,757 ans, et sera prolongé de même

494 IIlSTOIRIî NATURELLE,

de même de 47,140 ans ■— dans la seconde période. En ajoiuant ces deux nombres d’années à celui des deux périodes, (jui est de 179,514 ans, on voit que ce ne sera que dans l’année 228,540 delà formation des planètes, que Vénus sera refroidie à ^ de la température actuelle de la Terre.

Mars, dont le diamètre est|| de celui de la Terre, se serait refroidi au point de notre température actuelle en 28,108 ans, dans la supposition que la Terre se fut refroidie a ce même point en 74,047 ans; mais, comme elle ne s’est réellement refroidie à ce point qu’en 74,832 ans, Mars n’a pu se refroidir qu en 28,406 ans environ, en supposant encore que rien n’eùt compensé la perte de sa chaleur propre. Mais sa distance au Soleil étant à celle de la Terre au même astre : : 15 : 10, il s’en.suit que la chaleur qu’il reçoit du Soleil, en comparaison de celle que reçoit la Terre, est : : 100 : 225, ou : : 4 : 9. Dès lors la compensation qu’a faite la chaleur du Soleil, lorsque cette planète était à la température actuelle de la Terre, au lieu d'être^, n’é-

tait que et, dans le temps de l’incandescence, cette compensation n’était

tA?- Ajoutant ces deux termes de compensation du premier et du

dernier temps de cette première période de 28,406 ans, on aura — ^

qui, étant multipliés par 12 moitié de la somme de tous les termes’ 1800 ^

donne ^ ou pour la compensation totale qu’a faite la chaleur du Soleil pendant cette première période. Et comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en même raison que le temps de la période

est au prolongement du refroidissement, on aura 25 : : : 28,406 :

Tô environ. Ainsi, le temps dont la chaleur du Soleil a prolongé le refroidissement de Mars a été d’environ 131 ans ^ pour la première période de 28,406 ans. D’où Ton voit que c’a été dans Tannée 28,538 de la formation des planètes, c’est-à-dire il y a 46,294 ans, que Mars était à la température actuelle de la Terre.

Mais, dans la seconde période, la compensation étant au commence-

ment et à la fin on aura, en ajoutant ces termes qui, multipliés

par 12 i, moitié de la somme de tous les termes, donnent^ ou ^ pour la compensation totale par la chaleur du Soleil pendant cette seconde période. Et comme la perle de la chaleur propre est à la compensation en même I aison que le temps de la période est au prolongement du refroidis-

sement, on aura 25 : ;; 28,406 : 3,382 ans ^ environ. Ainsi, le temps

dont la chaleur du Soleil a prolongé le refroidissement de Mars dans la première période, ayant été de 131 ans i, sera dans la seconde de 3,382 ans

Le moment où la chaleur du Soleil s’est trouvée égale à la chaleur pro-

THÉORIE DE LA TERRE. PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 495 pre (Je celle planèle, csl an 12 lerme de l'écoulenienl du leinps dans celle seconde période, f|ui, mulliplié par 1,13G^, nombre des années de chaque lerme de ees périodes, (lonne 14,203 ans, lesquels élanl ajoulés aux 28,406 ans de la première période, on voil que c’a clé dans l’année 42,609 de la formalion des planètes, que la clialeur du Soleil a été égale à la chaleur propre de cette planète, et que depuis ce temps elle l’a toujours surpassée.

Le refroidissement de Mars a donc été prolongé, par la chaleur du Soleil, de 131 ans — pendant la première période, et l’a été dans la seconde période de 3,382 ans -j^. Ajoutant ces deux termes à la somme des deux périodes, on aura 60,323 ans ^ environ. D’où l’on voit que c’a été dans l’année 60,326 de la formation des planètes, cest -à-dire il y a 14,306 ans, que Mars a été refroidi à ^ de la chaleur actuelle de la Terre.

Jupiter, dont le diamètre est onze fois plus grand que celui de la Terre, et .sa distance au Soleil :: 52 : 10, ne se refroidira un point de la Terre, qu’en 237,838 ans, abstraction faite de toute compensation que la chaleur du Soleil cl celle de ses satellites ont pu et pourront faire à la perte de sa chaleui' propre, et surtout en supposant que la Terre se fût refroidie au point do la température actuelle en 74,047 ans; mais, comme elle ne s’est réellement refroidie à ce point qu’en 74,832 ans, Jupiter ne pourra se refroidir au même point, qu’eu 240,338 ans. Et en ne considérant d’ahord que la compensation faite par la chaleur du Soleil sur cette grosse planète, nous verrons que la chaleur qu’elle reçoit du Soleil est à celle qu’en reçoit la Terre : : 100 : 2,704, ou : : 32 : 676. Dès lors la compensation que fera la chaleur du Soleil lorsque Jupiter sera refroidi à la température actuelle

de la Terre, au lieu d’ètre jj, ne sera que^; et dans le temps de l’incan-

descence, celte compensation n’a été que En ajoutant ces deux termes de compensation du premier et du dernier temps de celte première

période de 240,338 ans, on a qui, multipliés par 12 |, moitié de la

5133 jt

somme de tous les termes, donnent ^ ou -^-’lf-pour la compensation totale (jue fera la chaleur du Soleil pendant celte première période de 240,338 ans. Et comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en même raison que le temps de la période est au prolongement du

refroidissement, on aura 23 : : 240,338 : 93 ans environ. Ainsi, le

temps dont la chaleur du Soleil prolongera le refroidissement de Jupiter ne sera que de 93 ans pour la première période de 240,338 ans ; d’où l’on voit que ce ne sera que dans l’année 240,431 de la formalion des planètes, c’est-à-dire dans 163,619 ans, que le globe de Jupiter sera refroidi au point de la tem|)éralure actuelle du globe de la Terre.

Dans la seconde période, la compensation étant au commencement—.

iiiSToinb; i\Aruiu:LLi].

sera .à la fin En ajoutant ces deux termes,

6 Su

on aura qui, multipliés

par 12 Ÿ, moitié de la somme de tous les termes, donnent pour la compensation totale par la clialeur du Soleil pendant cette seconde période. Et comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en même raison que le temps de la période est au prolongement du

refroidissement, on aura 2o : :: 240, 3M8 : 2,311 ans environ. Ainsi,

le temps dont la chaleur du Soleil prolongera le refroidissement de Jupiter n’étant que de 93 ans dans lu première période, sera de 2,311 pour la seconde période de 240, SoS ans.

Le moment où la chaleur du Soleil se trouvera égale à la chaleur propre de cette planète est si éloigné, qu’il n’arrivera pas dans cette seconde période, ni même dans la troisième, quoiqu’elles soient chacune de240,338ans; en sorte qu’au bout de 721,074 ans, la chaleur propre de Jupiter sera encore plus grande que celle qu’il reçoit du Soleil.

Car, dans la troisième période, la compensation étant au commence-

ment elle sera à la lin de cette même troisième période — , ce qui démontre qu’à la fin de cette troisième période, où la chaleur de Jupiter ne sera que ^ de la chaleur actuelle de la Terre, elle sera néanmoins de près de moitié plus forte que celle du Soleil ; en sorte que cc ne sera que dans la quatrième période, que le moment entre l’égalité de la chaleur du Soleil et celle de la chaleur propre de Jupiter se trouvera au 2 |||, terme de l’écoulement du temps dans cette quatrième période, qui, multiplié par 9,614 nombre des années de chaque terme de ces périodes de 240,338 ans, donne 19,228 ans j environ, lesquels ajoutés aux 721,074 ans des trois périodes précédentes, font en tout 740,302 ans d’où l'on voit que ce ne sera que dans ce temps prodigieusement éloigné, que la chaleur du Soleil sur Jupiter se trouvera égale à sa chaleur propre.

Le refroidissement de cette grosso planète sera donc prolongé, par la chaleur du Soleil, de 93 ans pour la première période, et de 2,311 ans pour la seconde. .Ajoutant ces deux nombres d années aux 480,7 16 des deux premières périodes, on aura 483,120 ans; d'où il résulte (|ue cc ne sera que dans 1 année 483,121 de la formation des planètes, que Jupiter pourra être refroidi à ^dc la température actuelle de la Terre.

Saturne, dont le diairu.'trc est à celui du globe teri’ostre :: 9 j : 1, et dont la distance au Soleil est à celle de la Terre au même astre, aussi

9^ ; 1, perdrait de sa chaleur propre, au point de la température actuelle de la Terre, en 129,434 ans, dans la supposition que la Terre se fut refroidie à ce même point en 74,047 ans. Mais comme elle ne s’est réellement refroidie à la température actuelle qu’en 74,832 ans, Saturne ne se refroidira quen 130,806 ans, en supposant encore que rien ne compenserait la perle de sa chaleur propre. Mais la chaleur du Soleil, quoique trèsfaible a cause de son grand éloignement, la chaleur de ses satellites, celle

THEORIE DE LA TERRE. PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 497 . de son anneau, et même celle de Jupiter, duquel il n’est qu’à une distance médiocre, en eomi>araison de son éloignement du Soleil, ont dû faire quelque compcn.sation à la perle de sa chaleur propre, et par conséquent prolonger un peu le temps de son refroidissement.

Nous ne considérerons d’abord que la compensation qu’a dû faire la chaleur du Soleil. Celte chaleur que reçoit Saturne est à celle que reçoit la ferre : : 100 : 9,025, ou ; : 4 : 561. Dès lors la compensation que fera la chaleur du Soleil lorsque celte planète sera refroidie à la température

actuelle de la Terre, au lieu d’être ^,nc sera que et dans les temps

de I incandescence, cette compensation n’a été que Ajoutant ces deux

termes, on aura qui, multipliés par 12 i, moitié de la somme de tous

les termes, donnent ou y— pour la compensation totale que fera la chaleur du Soleil dans les 150,806 ans de la première période. Et comme la perle de la chaleur propre est à la compensation en même raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement, on

aura 25 : :: 150,806 : 15 ans environ. Ainsi la chaleur du Soleil ne

prolongera le refroidissement de Saturne que de 15 ans pendant cette première période de 150,806 ans ; d’où l’on voit que ce ne sera que dans l’année 150,821 de la formation des planètes, c’est-à-dire dans 55,989 ans, que cette planète pourra être refroidie au point de la température actuelle de la Terre.

Dans la seconde période, la compensation par la chaleur envoyée du

Soleil , étant au commencement —, sera, à la fin de cette même pé-

riode, Ajoutant ces deux termes de compensation du premier et du dernier temps par la chaleur du Soleil dans cette seconde période, on

"stT! multipliés par 12 moitié de la somme de tous les termes,

igoo ,,,

donnent ■— ou pour la compensation totale que fera la chaleur du Soleil pendant cette seconde période. Et comme la perle totale de la chaleur propre est à la compensation totale en même raison que le temps total

de la période est au prolongement du refroidissement, on aura 25 ; Atü :: 150,806 : 377 ans environ. Ainsi, le temps dont la chaleur du Soleil prolongera le refroidissement de Saturne, étant de 1 5 ans pour la première période, sera de 577 ans pour la seconde. Ajoutant ensendilc les 15 ans et les 377 ans, dont la chaleur du Soleil prolongera le refroidissement de Saturne pendant les deux périodes de 130,806 ans, on verra que ce ne sera que dans I année 262,020 de la formation des planètes, c’est-à-dire dans 187,188 ans, que cette planète pourra être refroidie à ^ de la chaleur actuelle de la Terre.

408 ÜISTOnU:; iNATliUEi.LK.

Dans la Iroisiènic période, le premier lerme de la com|)cnsation par la i»£ IIH

clialeur du Loleil étant ^ au commencement, et à la fin ou on voit que ce ne sera pas encore dans cette troisième période qu'arrivera le moment où la chaleur du Soleil sera égale à la chaleur propre de cette planète, quoique à la fin de cette troisième période elle aura perdu de sa chaleur propre, au point d’étre refroidie àir^de la température actuelle de la Terre. iVfais ce moment se trouvera au septième terme || de la quatrième période, qui, multiplié par S, 232 ans —, nombre des années de chaque terme de ces [tériodes de 130,806 ans, donne '57,77^ ansU-, lesquels étant ajoutés aux trois premières périodes, dontla somme est 392,41 8 ans, font 430,194 ans D’où l’on voit que ce ne sera que dans l’année 430,193 de la formation des planètes, que la chaleur du Soleil se trouvera égale à la chaleur propre de Saturne.

Les périodes des temps du refroidissement de la Terre et des planètes sont donc dans l’ordre suivant :

Page 1