‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 63 sur 150 · DE LA CARTE · texte numérisé non relu

DE LA CARTE

sois persuadé d'avance qu'il ne reviendra pas en Europe par la mer Glaciale de l'Asie ; mais ce grand homme de nier fora peutêtre la découverte du passage au nord-ouest depuis la mer Pacifique à la baie d'Hudson. Nous avons ci-devant exposé les raisons qui semblent prouver que les eaux de la baie d'Hudson communiquent avec cette mer ; les grandes marées venant de l'ouest dans cette baie suffisent pour le démontrer : il ne s'agit donc que de trouver l'ouverture de cette baie vers l'ouest. Mais on a jusqu'à ce jour vainement tenté cette découverte, par les obstacles que lei glaces opposent à la navigation dans le détroit d'Hudson et dans la baie même; je suis donc persuadé que M. Cook ne la tentera pas de ce côté-là , mais qu'il se portera au dessus de la côte de Californie , et qu'il trouvera le passage sur cette côte au delà du 43* degré. Dès Tannée 159a, Juan de Fuca, pilote espagnol , trouva une grande ouverture sur cette côte sons les 47 et 48e degrés , et y pénétra si loin qu'il crut être arrivé dans la mer du Nord. Eu 1602 , d'Aguilar trouva cette côte ouverte sous le 43e degré; mais il ne pénétra pas bien avant dans ce détroit. Enlin on voit , par une relation publiée en anglois, qu'en 1640 l'amiral de Fonte, Espagnol, trouva sous le 54e degré un détroit ou large rivière, et qu'en la remontant il arriva à un grand archipel , et ensuite à un lac de cent soixante lieues de longueur sur soixante de largeur, aboutissant à un détroit de deux ou trois lieues de largeur , ou la marée portant à l'est étoit très-violente , et où il rencontra un vaisseau venant de Boston : quoique l'on ait regardé cette relation comme très-suspecte , nous ne la rejetterons pas en entier, et nous avons

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