ADDITION À L'ARTICLE DU LIÈVRE
Tout le monde sait que les lièvres se forment un gite, et qu'ils ne creusent pas profondément la terre comme les lapins pour se faire un terrier; cependant j'ai été informé par M. Hettlinger, habile naturaliste, qui fait travailler actuellement aux mines des Pyrénées , que, dans les montagnes des environs de Baigory, les lièvres se creusent souvent des tanières entre des rochers, chose, dit-il, qu'on ne remarque nulle part.
On sait aussi que les lièvres nese tiennent pas volontiers dans les endroits qu'habitent les lapins ; mais il paraît que réciproquement les lapins ne multiplient pas beaucoup dans les pays où les lièvres sont en grand nombre.
« Dans la Norwège, dit Pontoppidan, les la- « pins ne se trouvent que dans peu d’endroits, « mais les lièvres sont en fort grand nombre; «leur poil brun et gris en été devient bianc en « hiver; ils prennent et mangent les souris « comme les chats ; ils sont plus petits que ceux « du Danemarck. »
Je doute fort que ces lièvres mangent des souris, d'autant que ce n’est pas le seul fait merveilleux ou faux que l’on puisse reprocher à Pontoppidan.
« À l'Ile-de-France, dit M. le vicomte de « Querhoënt, les lièvres ne sont pas plus grands « que les lapins de France; ils ont la chair blan- « che, ils ne font point de terrier; leur poii est « plus lisse que celui des nôtres, et ils ont une « grande tache noire derrière la tête et le cou ; « ils sont très-répandus. »
M. Adanson dit aussi que les lièvres du Sénégal ne sont pas tout à fait comme ceux de France, qu'ils sont un peu moins gros; qu'ils tiennent, par la couleur, du lapin et du lievre, que leur chair est délicate et d’un goût exquis
PR