‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 182 sur 186 · DU LAPIN · texte numérisé non relu

DU LAPIN

même pendant un second et un troisième pas des pieds de devant , le train de derrière reste immobile ; mais le corps s'allonge, et ensuite la partie postérieure du corps est attirée en avant, les cuisses se redressent sur les jambes, les talons s'élèvent. et enfin l'animal fait un saut avec les jambes de derrière, et porte toute la partie postérieure du corps en avant; il s'élance en appuyant les pieds de derrière sur la terre ; ainsi il saute et il galope du train de derrière, tandis qu’il marche et qu'il vaau pas avec celui de devant ; mais, lorsqu'il prend l'essor, et qu'il se laisse emporter à une course rapide, il galope avec les jambes de devant comme avec celles de derrière : alors il déploie celles-ci de toute l'étendue de leurs museles, et il franchit d'un saut un assez long espace ; il retombe sur ses pieds de devant, et il s'appuie sur ceux de derrière pour s'élancer de nouveau.

Dans plusieurs circonstances , les lapins mâles et femelles élèvent le train de derrière au point de perdre terre, et ils retombent sur leurs talons avec assez de force pour faire du bruit en frappant la terre : souvent ils se dressent sur les talons et sur les fesses , de façon que leur corps est dans une direction oblique inclinée en avant ; alors ils se servent des jambes de devant comme de bras et de mains pour abaisser et frotter leurs oreilles et leurs moustaches, et pour brosser leur museau, et en même temps ils lèchent leurs pieds. Ces animaux sont très-souples et très-lestes , quoique le train de derrière paraisse à demi percius , puisque les jambes ne s'étendent qu'en partie, et ne peuvent se mouvoir que par des sauts; cependant ils changent d’attitudes plus souvent que la plupart des autres animaux, et font tous leurs mouvements avec beaucoup de légèreté.

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