NAINS
Exemples au sujet des Naius,
Lenommé Bébé du roide Pologne (Stanislas) avaittrente-trois pouces de Paris, la taille droite et bien proportionnée jusqu'à l'âge de quinze ou seize ans qu'elle commença à devenir contrefaite ; il marquait peu de raison, II mourut l'an 1764, à l’âge de vingt-trois ans.
Un autrequ'on a vu à Paris en 1760; c'était un gentilhomme polonais qui, à l'âge de vinetdeux ans, n'avait que la hauteur de vingt-huit pouces de Paris; mais le corps bien fait et l'esprit vif, et il possédait même plusieurs langues. IL avait un frère aîné qui n'avait que trentequatre pouces de hauteur.
Un autre à Bristol, qui , en 1751, à l'âge de quinze ans, n'avait que trente-un pouces anglais ; il était accablé de tous les accidents de la vieillesse, et de dix-neuf livres qu'il avait pesé dans sa septième année, il n’en pesait plus que treize.
Un paysan de Frise, qui, en 1751, se fit voir pour de l'argent à Amsterdam; il n'avait à l’âge de vingt-six ans, que la hauteur de vingt-neuf pouces d'Amsterdam.
Un nain de Norfolk , qui se fit voir dans la même année à Londres, avait à l’âge de vingtdeux ans, trente-huit pouces anglais , et pesait vingt-sept livres et demie. Zransaclions philosophiques, n° 495.
On à des exemples de naïns qui n'avaient que deux pieds !; vingt-un et dix-huit pouces ? ; et même d’un qui, à l’âge de trente-sept ans, n'avait que seize pouces ÿ.
Dans les Transactions philosophiques, n° 467, art. 10, il est parlé d’un nain âgé de vinetdeux ans, qui ne pesait que trente-quatre livres étant tout habillé, et qui n'avait que trente-huït pouces de hauteur avee ses souliers et sa perruque.
Marcum Maximum et Marcum Tullium , equiles romanos binum cubilorum fuisse auctor est M. Varro, et ipsi vidimus in loculis asservalos. Elin. lib. VIT, cap. 16.
Dans tout ordre de productions, lanaturenous offre les mêmes rapports en plus ou en moins,
* Cardanus, de Subtil. p. 557.
? Journal dé Méd, et Télliamed.
5 Birch, Hist. of the, R. Soc. tom. IV, page 500,
les nains doivent avoir avec l'homme ordinaire les mêmes proportions en diminution que les géants en augmentation. Un homme de quatre pieds et demi de hauteur ne doit peser que quatre-vingt-dix ou quatre-vingt-quinze livres. Un homme de quatre pieds, soixante-cinq ou tout au plus soixante-dix livres; un nain de trois pieds et demi, quarante-cinq livres; un de trois pieds, vingt-huit ou trentelivres, sileur corps et leurs membres sont bien proportionnés, ce qui est tout aussi rare en petit qu'en grand; car il arrive presque toujours que les géants sont trop minces et les nains trop épais ; ils ont surtout Ja tête beaucoup trop grosse, les cuisses et les jambes trop courtes ; au lieu que les géants ont communément la tête petite, les cuisses et les jambes trop longues. Le géant disséqué en Prusse, avait une vertèbre de plus que les autres hommes, et il y a quelque apparence que dans les géants bien faits , le nombre des vertèbres est plus grand que dans les autres hommes. Il serait à desirer qu'on fit la même recherche sur les nains, qui peut-être ont quelques vertèbres de moins.
En prenant cinq pieds pour la mesure com.
mune de la taille des hommes , sept pieds pour celle des géants , et trois pieds pour celle des nains, on trouvera encore des géants plus grands et des nains plus petits. J'ai vu moi-même des géants de sept pieds et demi et de sept pieds huit pouces; j'ai vu des nains qui n’avaient que vingt-huit et trente pouces de haut; il paraît donc qu'on doit fixer les limites de la nature actuelle, pour la grandeur du corps humain, depuis deux pieds et demi jusqu’à huit pieds de hauteur ; et quoique cet intervalle soit bien considérable, et que la différence paraisse énorme, elle est cependant encore plus grande dans quelques espèces d'animaux, tels que les chiens; un enfant qui vient de naître est plus grand relativement à un géant, qu'un bichon de Malte adulte ne l'est en comparaison du chien d’AIbanie ou d'Irlande.
IN
Nourriture de l'homme dans les différents climats,
En Europe, et dans la plupart des climats tempérés de l'un etde l’autre continent, le pain, la viande, le lait, les œufs, les légumes et les fruits, sont les aliments ordinaires de l'homme; et le vin, le cidre et la bière sa boisson, car l'eau
HISTOIRE NATURELLE
pure ne suffirait pas aux hommes de travail pour maintenir leurs forces.
Dans les climats plus chauds , le sagou, qui est la moelle d'un arbre, sert de pain, et les fruits des palmiers suppléent au défaut de tous les autres fruits ; on mange aussi beaucoup de dattes en Égypte, en Mauritanie, en Perse, et le sagou est d’un usage commun dans les Indes méridionales, à Sumatra, Malacca, ete. Les figues sont l'aliment le plus commun en Grèce, en Morée et dans les îles de l'Archipel, comme les châtaignes dans quelques provinces de France et d'Italie.
Dans la plus grande partie de l'Asie, en Perse, en Arabie, en Égypte, et de là jusqu'à la Chine, le riz fait la principale nourriture.
Dans les parties les plus chaudes de l’Afrique, le grand et le petit millet, sont la nourriture des Nègres.
Le mais dans les contrées tempérées de l’Amérique.
Dans les îles de la mer du Sud, le fruit d’un arbre appelé l'arbre de pain.
A Californie, le fruit appelé Pitahaïa.
La cassave dans toute l'Amérique méridionale, ainsi que les pommes de terre, les ignames et les patates.
Dans les pays du nord, la bistorte , surtout chez les Samoïèdes et les Jakutes.
La saranne au Kamtschatka.
En Islande, et dans les pays encore plus voisins du nord, on fait bouillir des mousses et du varec.
Les Nègresmangent volontiers de l'éléphant et des chiens.
Les Tartares de l'Asie etles Patagons de l'Amérique, vivent également dela chair de leurs chevaux.
Tous les peuples voisins des mers du Nord, mangent la chair des phoques, des morses et des ours.
Les Africains mangent aussi la chair des panthères et des lions.
Dans tous les pays chauds de l’un et l’autre continent , on mange de presque toutes les espèces de singes.
Tous les habitants des côtes de la mer, soit dans les pays chauds, soit dans les climats froids , mangent plus de poisson que de chair. Les habitants des iles Orcades, les Islandais, les Lapons, les Groënlandais ne vivent pour ainsi dire que de poisson.
DE L'HOMME
Le lait sert de boisson à quantité de peuples; les femmes tartares ne boivent que du lait de jument ; le petit-lait , tiré du lait de vache, est la boisson ordinaire en Islande.
Il serait à desirer qu'on rassemblât un plus grand nombre d'observations exactes sur la différence des nourritures de l’homme dans les elimats divers, et qu'on püt faire la comparaison du régime ordinaire des différents peuples , il en résulterait de nouvelles lumières sur la cause des maladies particulières , et pour ainsi dire indigènes dans chaque climat.