‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 18 sur 103 · PARTIE EXPtRlMERTALE. €J · texte numérisé non relu

PARTIE EXPtRlMERTALE. €J

ne pent servir tm' expériences d'une chalev un peb forte.

Lorsqu'on aura remarqué sur Féchelle de ces thermomètres rempitt d'huile ou de mercure les premières Avisions 1 , 3> 3, \ etc. , qui indiquerontlè double, le triple, le4(ittadrnpte, etc., des augmentations de la dialeur, il feudra (Percher les parties aliquotes de chaque division : par exemple, les points de 1 2i, 3i, etc. , ou de Hi St, 3 ^, etc., et de 1 f, 2^, 3}, etc. ; ce que Ton obtiendra par un moyen iacile, qui sera de couvrir la moitié ou le quart ou les trois quarts de la superficie d'un des petits miroirs ; car alors Timage qui réfléchira ne contiendra ipie le quart, la moitié ou les trois quarts de la chaleur que cmitient Tirnage entière ; et par conséquent les divisions des parties aliquotes seront aussi exactes que celles des nombres entiers.

Si Ton réussit une fois à faire ce thermomètre réel , et que jlqppelle ainsi parce qu'il marqueroit réellement la proportion de la chaleur, tous les autres thermomètres, dont les échelles sont arbitraires et différentes entre elles, deviendroient nonseulement superflus, mais même nuisibles , dans bien des cas, à la précision des vérités physiques qu'pn cherche par leur moyen. On peut se rappeler Texemple que j'en ai donné , en parlant de l'estimation de la chaleur qui émane du gld)e de la terre , comparée à la chaleur qui nous vient du soleil.

&^ Au moyen de ces mirmrs brisés, on pourra aisément recueillir, dûis leur entière pureté, les parties volatiles de l'or et de Targent et des autres métaux et minéraux; car, en exposant au large foyer de ces miroirs une grande jdaque de métal , comme une assiette où un plat d'argent, on en verra sortir une fumée très abondante pendant un temj)S considérable, jusqu'au moment ou le métal tombe en fusion; et, en ne donnant qu'une chaleur un peu moindre que celle qu'exige, la fusion, on fera évaporer le métal au pomt d'en Âmiouer le poids assez considérablement. Je me suis assuré de ce premier fint , (pn peut fbumir des lumi^ sur la composition intime

éeMiuBtur, \mt étoient deremn tou(-à-fût inutiles, parce que cette liqueur te décolore et te diarg^e d'une espèce de boue en ma. peu de temps.

des métaux : j'aurois bien désiré recoeiUtr cette vapeur aboirdante que le feu pur du soleil hit sortir du métal, mais je D'à vois pas les instrumeos nécessaires; et je ne puis que recommander aux chimistes et aux physiciens de suivre cet|e expérience importante, dont les résultats seroient d'autant moins équivoques que la vapeur métallique est id très pure; au lieu que, dans toute opération semblable qu'on voudroit foire avec un feu commun , la vapeur métallique $eto\i nécessairement mêlée d'autres vapeurs provenant des matières combustibles qui servent d'aliment à ce feu.

D'ailleurs ce moyen est peut-être le seul que nous ayons pour volatiliser les métaux fixes , tels que l'or et l'argent ; car je présume que cette vapeur, que j'ai vu s'élever en sî grande quantité de ces métaux échauffés au large foyer de mon miroir, n'est pas de l'eau ni quehjue ajotre Hqueur, mais des parties mêmes du métal que la chaleur en détache en les volatilisant. On pourroit, en recevant ainsi les vapeim pures des difKrents métaux , les mêler ensemble, et faire, par ce moyen , des alliages plus intimes et plus purs qu'on ne Ta fait par la Fusion et paV la fnixtion de ces mêmes métaux fbndus , qui ne se raiarient jamais parfaitement , à cause de l'in^lité de leur pesanteur spécifique , et de plusieurs autres circonstances qui s'opposent à l'intimité et à l'égalité parfaite du mélange. Gomme les parties constituantes de ces vapeurs métalli4Hes sont dans un état de division bien plus grande que dans Fétat de fusion., elle se joindroient et se réuniroiedt de bien plus près et plus facilement. Enfin on arriverait peut-être, par ce moyen , à la connoissance d'un Fait général , et que plusieurs bonnes raisons me font soupçonner depuis long-temps : c'est qu'il y auroit pénétration dans tous les alliages faits de c tle manière, et que leur pesanteur spécifique seroit toujours plus grande que la somme des pesanteurs q[>écifiqttes des matières dont ils seroient composés; car la pénétration n'est qu'un degré plus grand d'intimité; et l'intimité, toutes choses égales d'ailleurs, sera d'autant plus grande que les matières seront dans un état de division plus parfait.

PARTIE EXPÉRIMENTALE. 49 En réfléchissant sur rappareil des vaisseaux qu'il feudroit employer pour recevoir et recueillir ces vapeurs ^métalliques ^ il m'est venu une idée qui me paroit trop utile pour ne la pas publier; elle est aussi trop aisée à réaliser pour que les bons chimistes ne la saisissent pas : je Tai même communiquée à quelques-uns d'entre eux , qui m'en ont paru très satisfaits. Cette idée est de geler le mercure dans ce tlimat->ci , et avec un degré de froid beaucoup moindre que celui des expériences de Pétersboui^ ou de Sibérie. Il ne fout pour cela que recevoir la vapeur du mercure>, qui est le mercure mèine volatilisé par une très médiocre chaleur, dans une cucurbîte ou dans un vase auquel on donnera un certain degré de froid artificiel : ce mercure en vapeur, c'est-à-dife extrêmement divisé, offrira à l'action de ce froid des surfoces si grandes et des niasses si petites, qu'au lieu de 187 degrés de froid ()u'il faut pour geler le mercure en masse, il n^en faudroit peut être que 18 ou 20, même moins, pour le geler en vapeurs. Je recommande cette expérience importante à tc^ ceux qui travaillent de bonne foi à l'avancement des sciences. '

Je pourrois ajouter à ces usages principaux du miroir d'Âr* chimède plusieurs autres usages particuliers; mais j'ai cru devoir me borner à ceux qui m'ont paru les plus utiles et les moins difficiles à réduire en pratique. Néanmoins je crois devoir joindre ici quelques expériences que j'ài faites sur la transmission de la lumière s travers les corps transparents, et donner en même temps quelques idées nouvelles sur les moyens d'apercevoir de loin les objets à l'œil simple, ou par le moyen d'un miroir semblable à celui dont les anciens ont parlé, par l'effet duquel on apercevoit du port d'Alexandrie les vaisseaux d aussi loin que la courbure de la terre pouvoit le permettre. , Tous les physiciens savent aujourd'hui qu'il y a trois causes qui empêchent la lumière de se réunir dans un point, lorsque ses rayons ont traversé le verre objectif d'une lunette ordinaire. La première est la courbiye sphérique de ce verre, qui répand une partie des rayons dans un espace terminé par une. courbe. La seconde est l'angle sous lequel nou^ paroU à l'œil

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5e MINÉRAUX. INTRODUCTION.

simple i'objel cpie nous observons; car la largeur du foyer de Tobjectif a toujours , à tirés peu près , pour diamètre une ligne égale à la aH*de de Tare q^i mesure cet angle. La troisième est la différente réf rangibilité de la htmifar ; car les rayons les plus réflraDgU>Ies ne se rasseiid>lent pas dans le même lieu où se rasseaddent les rayons les moins réfirangibles.

On peut remédierà Teffetde la première cause en substituant , comme Descartes Ta ptoposé^ des venied elliptiques oa hyperboliques aux yorres sptaériqiies. On remédie à VtÊki de la seconde par le iboyen d'un second verre placé an foy^ de Tobjectif , dont le cUamèlre est à peil près égal à la largeur de ce foyer , et dont la sorfoce est trayaillée sur une Sphère d*no rayom fort court. Ona trouyé de nos jours le moyen de reaé^ dier à la trcHSième en faisant des lunettes qu^ôn appelle achromanques, et qui sobt composées de deux sortes de yerrcs qui dbpersem différemment les rayoi» colorés, de manière q«e la dispersion de Tun est corrigée par la réfraction de fautre , sans que la dispersion générale m^nne , qui constitue la lunette, soit anéantie. Une lunette de trois pieds et dejim de longueur, faite sur cè principe, équivaut, pour Teffet, aux anciennes lunettes de vingt-cinq pieds de longueur^

Au reste, le remède à Teffèt de la première cause est demeuré tont-à-feit inutile jusqu'à ce jour , parce que Vdtei de la dernière, étant beaucoup plus considérable, influe si fort sur reffot total , qu'on ne fiouvoit rien gagner à substituer des verres hyperboliques ou elliptiques à des verres sphériques, et que cette substitution ne pouvdt devenir avantageuse que dans le cas où Ton ne pourrait trouver le moyen de corriger TefFèt de la différente réfirangibifité des rayons de la lumière. 11 semble donc qu'aujourd'hui l'on ferait bien de combiner les deux moyeiis, et de substituer, dans les lunettes achromatiques, des verres elliptiques aux sphériques. •

Pour rendre ceci plus sensible, supposons que Tobjet qu'on observe soit un point luminetx sans étendue , td qu'est une étoile fixe par rapport à nous; il est certain qu'avec im objectif, par exemple , de trente pieds de foyer, toutes les images

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