PARTIE EXPÉRIMENTALE. 0S
réusMMit encore mieux lorsqu'on les foit sur des couienrs briHântes , comme avec de Tor brillant et poli , au lien de papier on d*étoifè janne; avec de Targent brillant, au lien de papier blanc; avec du lapis, au lieu de papier bleu, etc. Limpression'de ces couleurs Inrillantes est plus vive et dore beaiMonp plus long-temps.
Tont le monde sait qu^après avoir regardé le soleil^ on porte quelquefois pendant long-tçmps Timage colorée de cet astre sur tous les objets; la lumière trop vive du soleil produit en un instant ce que la lumière ordinaire des corps ne produit qu'an bout d'une minute ou deux d'application fixe de Tœil sur les couleurs. Ces images colorées du solpil, que Toeil ébloui et trop fortement ébranlé porte partout /sont des couleurs du même genre que celles que nous venons de décrire; et Teiplication de leurs apparences dépend de la même théorie.
Je n'entreprenchrai pas de donner ici les idées qui me sont venues sur ce sujet ; quelque assuré que je sois de mes expériences , je ne suis pas assez certain des conséquences qu'on en doit tirer, pour oser rien hasarder encore sur la théorie de ces couleurs. Je me contenterai de rapporter d'autres observations qui confirment les expériences précédentes, et qui serviront sans doute à éclairer cette matière.
En regardant fixement et fort long-temps un carré d'un rouge vif sur un fond blanc , on voit d'abord naître la petite couronne de vert tendre dont j'ai parlé; ensuite , en continuant à regarder fixement le carré rouge, on voit ie milieu du carré se décolorer, et les côtés se charger de couleiir , et former comme un cadre d'un rouge plus fort et beaucoup plus foncé que le milieu ; ensuite, en s'éloignant un peu et continuant à regarder toujours fixement, on voit le cadre de rouge foncé se partager^ en deux dans les quatre côtés, et former une croix d'un rouge aussi foncé : le carré rouge parott alors comme une fenêtre traversée dans son milieu par une grosse Croisée et quatre panneaux blancs; car le cadre de cette espèce de fenêtre est d'un rouge ausrà fort que la croisée. Continuant toujours à regarder arec opiniâtreté , cette apparence change
M MINÉRAUX. IfVTRODUCTION.
enecm, ti tout se réduit à an rectangle d'nn ron^ tà fomté « si
si fort et fi Tîf, qail ofFùsqoe entièitoifût les yeax. Ge rèc* m
taùgleest de la même haatear que le carré; nuds il n'a pas la tà
sixième partie de sa largeur : ce point est le dernier àtgré de r
fàAgae que r<lril peut supporter ; et lorsqu^^fin on détourne j
Tonl de cet objet, et qu'on le porte siA* un avtre endnût du fond blanc , on voit , au lien du carré rouge réel , Timage du rectangle rouge imaginaire ^ exacietaoent dessinée et d'une coirieiir verte bMlante. Cette impression subite fort longtempè, ne se.décotore qu^ peu à peu; elle teste dans roeil, mène après. TsTOir formé. Ge que je viens de dire du carré rouge arrive aussi lorsqu'on regarde trèa ioàg4emps un earré jaune ou noir , on de toute autre oeuleur; on voit de même le cadre jaùne Ou noir, la trOix et le rectangle; et l'impressian qui reste esc un rectangle bleu , si on a regardé du jaune ; un reçtingle bltfic briUant, si On a regardé im carré noir, etc.
JTai fiiil foire les expériences ipie je viens de rapporter, i plnsicurs penonnes; elles ont vu, eomw met, les aêEMa oeyesn et tel «èmea apparences. de aet fflÉR à cette occasion, qu'ayant retardé «i jour une écBpee de soM par un petit trou, il avoit porté, pendant plus de tUMS S6masoes, rimage colorée de cet astre sur tons les objets; que quand il fixoit ses yeux sur du jaune brillant, comme sur une bordure dorée, il voyait une tache pourpre; et sur du Mec, comme sur mi toit d'ardoises, une tache verte. J'ai moi-même souv^t regardé le soleil , et j'ai vu les mêmes couleurs : maïs comme je craignois de me foire mal aux yeux en regardant cet astre , j'ai mieax aimé continuer aras expériences sur des étoffes colorées; et j'ai trouvé qu'en effet ces couleurs acddenteltes changent en se mêlant avec les couleurs naturelles , et qu'elles suivent les mêmes règles pour les apparaices : car lorsque la couleur verte accidentelle , produite par le rouge naturel, tombe sur un fond rouge brillant, cette couleur verte devient jaune ; si la couleur accidentelle bleue, produite par le jaune vif , tombe sUr un fond jaune , elle devient verte : en sorte que les couleurs qui résultent dn-mébnge de ces cou*
teort acdctenteftiet arec les cooteora «timlfet soi^en^ les mêmes règles et ont tes mêmes apparences qae tes cooleors natarelles dans leur composition et dans tevr mélange tfee d*intreseoatemY naturelles.
Ces observatimis pomront être de quelciae otilUé poo^ la coBPoissance des incommodités des yeoi , qui viennent probabtemeat d'un grand ébranlement caosé par lImpressioD trop me ée la Hmière. Une de ces incommodités est de tobr tonjoora derant ses yen des taches colorées, des eerdes blancs, ott'des points noirs cottime des moocbes qoi voltigent. JTai ool bien des personnes se plaindre de cette espèce d'incommodité; et f ai In dans quelques auteurs de médedne que la gontte sereine est toujours précédée de cek points noirs. Je ne sa» pas H leur sentiment est fondé sur Texpérience^ car j'ai éprouvé ffloi*Hiémé cette incommodité : j'ai vu des points noirs pendant pins de trois mois en si grande quantité, que j!en écois fort inquiet; f avois apparemment fotigué mes yeux en ftôsant et en répétant trop souvent les expériences précédentes, et en regardant quelquefois te soteil ; car les points noirs ont paroilans ce même temps, et je n'en avois jamais vu de ma vie : mais eo&LÎIs mincommodoient tellement, surtout lorsque je regardoia an grand jour les objets fortement éclairés, que j'étois contraint de détourner les yeux ; le jaune surtout m'étoit rnsupportée , et j'ai été obligé de changer des rideaux jaunes dans lachaodMrequej'habitois, et d'en mettre de verts; j'ai évité de refparder tontes les conteurs trop fortes et tous les objets briU tants. Peu à peu le nombre des points noirs a diminué , et actacitement je n'en suis plus incommodé. Ce qui m'a convaincu que ces points noirs viennent de la trop forte impressioB de hi lumière, c'est qu'après avoir regardé le soleil j'ai toujours vu une image colorée que je porlois phis ou moins long-temps sur tous les objets; et, suivant avec attention les dtfNrentes nmnoea de cette image colorée, j'ai reconnu qu'elle se déeoloroit peu à peu, et qu'à la fin je ne portois plus sur les objets qu'une taehe noire, d'abord assez grande, qui dimiûuoit ensuite peu â peu , et se réduisoit enfin un point noir.
Je vais rapporter à cette occasion un fait qoi est assez reoMHwquaMe : c^est que je n'étois jamais plus incomniodé de ces poiiits noirs que quand le ciel étoit couvert de nuées blanches; ce jour me fotiguoit beaucoup plus que la lumière d'jun ciel serein, et cela parce qu'en effet Ja quantité de lumière réflé* chie par un ciel couvert de nuées blanches est beaucoup phis grande que la quantité de lumièrç réfléchie par Tair pur, et qu'à Texception des objets éclairés tmmédiatemènt par les rayons du soleil , tous les autres objets qui sqnt dans Tombre sont beaucoup moins éclairés que ceux qui le sont par la liimière réfléchie d'un ciel couvert de nuées blanches.
Ayant, que de terminer ce mémoire, je crois devoir encore annoncer un lait qui paroitra peut-être extraordinaire, mais qui n'en est pas moins certain , et que je spis fort étonné qu'on n'ait pas observé ic'estque les ombres des corps, qui, par leur essence, doivent être néires, puisqu'elles ne sont que la privation de la lumière; que les ombres, dis-je, sont toujours colorées au lever et au coucher du soleil. J'ai observé, pendant l'été de 1743 , phis de trente aurores et autant de soleil» couchants; toutes les ombres qui tomboientsurdu blanc, comme sur une muraille blanche, étoient quelquefois vertes, mais le plus souvent bleues, et d'un bleu aussi vif que. le plus bel amr. J'ai Fait voir ce phénomène à plusieurs personnes qiii ont été aussi surprises que moi. La saison n'y fait rien; car il n'y a pas huit jours (15 novembre 1743) que j'ai vu des ombres bleues : et quiconque voudra se donner la peine de regarder l'ombre de Tun de ses doigts, au lever et au, coucher du soleil, sur un morceau de papier blanc, verra comme moi cette ombre bleue. Je ne sache pas qu'aucun astronome, qu!aucun physicien, que personne, en i^n mot, ait parlé de ce phénomène, et j'ai cru qu'en faveur de la nouveauté on nie permettrait de donner le précis de cette observation.
Au mois de juillet 1743 , comme j'étois OQC^upé de mes couleurs^^ccidentelles, et que je cherchois à voir le soleil, dont, l'oeil soutient mieux la lumière à son coucher qu'à toute autre, heure du jour, pour reconnottre ensuite les couleurs, et le»
iteigeBieiiU de coalain causés partetle impressiw, je remarquai que les ombres des arbres qui toudioient sur une muraille blanche Soient yertes. fétois dans un lieu élevé:, le soleil se coucboit dans une gorge de montagne, en sorte qult me paroissoit fort abaissé au-dessous de mon horizon : le del écoit serein y à Texception du couchant, qui, quoique exempt de nuages, étok chargé d'un rideau transparent de vapeurs d'an jaune rougéàtre, le soleil lui-même fort rouge, et sa gnan* * deur apparente au moins quadruple de ce qu'elle est à midi. Je vis doue très distinctement les mnbres des arbres qui étoient à vingt et trente pieds de la muraille l)lanche colorées d'un vert tendre tirant un peu sur le bleu ; l'ombre d'un treillage qui étoit à trois pieds de la muraille étoit parfaitement dessinée sur cette moraine, comme si on l'avoit nouvellement peinte en vert-de* gris. Cette apparence dura près de einq minutes, après quoi la cooleur s'affoiblit avec la lumière du soleil , et ne disparut entièrement qn^avec les ombres^ Le lendemain, an lever du soleil, j'allai regarder d'antres ombres sur une muraille bkmche; mais aniieu de les trouver vertes, comme je m'y attendois, je les trouvai bleues, ou plulAt de la couleur de l'indigole plus vif. Le del étoit serein ^ et il n'y avoit qu'on petit rideau de vapeurs iaonâtres au levant : le soleil se levoit sur une colline, en.sorte qa'tl me paroissoit élevé au-dessus de mpn horizon. Les omtures bleues ne durèroit que cinq minutes, après quoi elles me parurent noires. Le même jour, je revis, au coucher du soleil, les ombres vertes , comme je les avois vues la veille. Sp[, jours se passèrent ensuite sans pouvoir observer les .omlms au coudier du soleil , parce qu'il étoit toujours couvert de nuages. Le septième jour, je vis le soleil à son coucher ; les ombres^n'étoient plos vertes, mais d'un beau bleu d'azur : je remarquai que les vapeurs n'étoient pas fort abondantes, et que le soleil, ^yant avancé pendant sept jours , se couchoit derrière un rocher qui le foisoit disparottre avant qu'il pût s'abaisser au-dessous de mon horizon. Depuis ce temps, j'ai très souvent observé les ombres, soit au lever, soit au coucher du soleil, et je ne les
ai vues que bleues, quelquefois d'un bleu fort vif, d'autres Buvion. m. 7
98 MINÉRAUX. INTEODOCTION.
fois (Tun Uen pftie, d^iiii Uea foneé, laak coMiMDeBt
des Sdenctt, aniiéïK 1743. Voidceqttc jeiQmdenliryiiîaiito aojonrdliiiî (aobée 1773).
Des obMTvaUoDBplus friq/amhm m^om fint racoonUreiiDe les ominvs M psroissem jniaîs vertes au lever on m ooucher du soleil que qnand llioriioii est cbar^é 4e bewMoop de vi« peurs ronges ;dtiistoDt antre cas, las «abres saot to^jonrs Menés t et d'àalant pta» bleues qae le eietest ptaisiereiiL Cette couleur Mené des onibm n'est antitcboaeqne latonlenrii^^ de Tair; et je ne safa ponri|noi qnelqnes physieiens-oot^éfliii rair un ftoidetmMbte, bwdom, insipide, puisqnli est certain cpi6i*aznr céleste n'est antre chose que la oonknr de Tair; qu'à la vérité il fiiut nae grande portion d'air ponrqne notre €Bil s'aparçbivedelacoolenrdeeetéléflient; maisqte néan* moins lorscpikm regarde de loin ks objets sombres, on les T(A tbiqours ptaM on moins Mens. Cette obaci vnion , que les physiciens n'aveient pas fiâtes sur les ombres et sur les objets sombres vnsde loin, n'afoitpasédiappé aux hdiiles peintres, etdledoiteneflét senrir de base à la oonleor des objets lointains, qd tons aitfont une nntfiœblcnàlre d'autant pins sen« sible qu'ils seront supposés pluséMgnés du punt de vne.
On poivra me denunder comment cette couleur Mené , <pi n'est sensiUe à notre «B que qnsnd il y a une tr(s grande épaisseur d'an*, se marqne néanmoins si fortement à quelques pieds de dKstance au lever et an coudier du soleil: comment il * estpossiUequcf cette couleur de l'air, qui est à peine sennble àdix nnUetones de distance, puisse donner à l'ombre noke d'un treillage qui n'est Aoigfié de la muraille blanche que de trois pieds une couleur du phis beau bleu : c'est en efftt delà solution de cette question que dépend l'explication du phénomène. 11 est certain que la t[>etite épaisseur d'air qui n'est que de trois pieds entre le treillage et la munille ne ^t pas àônkner à la conlair noire de Tombre une nuance aussi forte de bleu : si cela étoit, on verroit à midi et dans tous les autres