‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 31 sur 103 · HUITIÈME MÉMOIRE · texte numérisé non relu

HUITIÈME MÉMOIRE

BûBpérUnees sur la pesanteur du feu^ et sur la durée ^ de rincandescence.

Je^crois devoir rappeler id quelques-unes des dioses que j'a i dkes dans rkitrodnctiont|ui précède ces mémoires , afin que ceux qui ne les auroieirt pas bien prà^les puissent néanmoins entendre ce <iai iait l'objet de cdui-d. Le fieu ne peut guère exister sans lumière, et jamais sans chaleur, tpdis que la lu* mière existe souvent sans chaleur sensible, comine la chaleur existe encore plus souvent sans lumière; Ton peut donc considérer la lumière et la chaleur comme deux poropriétés du féu , M plut6t comme les deux seuls effets par lesquels nous le re* connoissons : mais nous avons montré que ces deux effets ou ces deux propriétés ne sont pas toujours essentiellement liés ensemble , qat souvent ils ne sont ni simultanés ni contemporains; puisque, dans de certaines circonstances, on sent de la chaleur long-temps avant que la lumière paroisse, ^t que, dans d^autres circonstances, on voit de la lumière long-temps avant de sentir de la chaleur, et même souvent sans en sentir aucune ; et nous avons dit que, pour raisonner juste sur la'nature'du fcu, il ialloit auparavant tâcher de reconnottre celle de la Imnière et celle de la chaleur, qui toni les principes réels dont réiément dû feu nous parott être composé.

Nous avons vu que la lumière est une matière m(d>ile, élastique et pesante, c'est-à-dire susceptible d'attraction, comme toutes les autres matières : on a démontré qu'elle est. mobile, et même on a détérmmé le degré de sa vitesse immense par Iç tr^ petit temps qu'elle emploie k des satellites de Jupiter jusqu'à nous : on a reconnu son élastidté , qui est presque infinie, par l'égalité de l'angle de son incidence et de celui de sa réflexion; enfin sa pesanteur, ou , ce qui reviait au même, son atû*action vers les autres matières , est aussi démontrée par llnflexion qu'elle souffre toutes les fois qu^'elle passe auprès de^

102 MINÉRAUX. INTRODOCTIQW.

antres corps. On ne peut donc pas douter que la sid)Staiioe de la lumièjre ne sdt une traie matière, laquelle, indépaidammenl de ses qualités propres et particulières, a aussi les propriétés générales et communes à toute autre matière. H en est de même de la chaleur : c'est une matière qui ne diffère pas beaucoup decelle de la lumière ; et ce n'est peut-être que la lumière ellemême qui , quand die est très forte ou réunie en une grande quantité, âûnge de forme, diminue de vitesse, et, au lieu d*agir sur le séns de la rue,' affecte les oignes du HNKihèr. On peut donc <fire que, rélativement à nous, la chaleur n'e^ que le toucher de la lumière , et qu*en dte-mème iâ chaleur n'est qu'un des effets du fèu sur les corps; effet qui se ttiodifie suivant les ditMremes Substances, et produit dans toutes une dilatation , c*est-à*âfare uùè séparation de leurs parties eoMi^ tuantes : et lorsque , par cetté dilatation ou sépanttioD , chaque partie se trouve assez éloignée dé ses voisines pour être hors de leur sphère d'attraction, les matières solides, qui n'étoîent d'abord que dilatées par la chaleur, deviennent fiuidi^, et ne peuvent reprendre leur solidité qu'autant que la •dudeur se dissipe , et permet aàx parties désunies de se rapprocher et se joindre d'aussi pipès qu'auparavant V

Ainsi toute fluidité a la chaleur pour cause, et toule dilaiation dans les corps doit être regardée comme une fluidité cèmmençMite; or nous avôns trouvé; par IVipâience, qiie les temps du prc^n^ de la choeur dans les corps , sait' pour l'entrée, soitpour la sortie, sont toujours en raison de leur

flui£lé on de leur fonbflité, et il doit sVnsuivre que leurs dila-

|Mr le foa ODt |â» de peianteur tpédfiqiie

j'ai dé la peine à le croire; ear il s'ënsiMTroit que leur état de dflatatioD , où cette peanteor spéciÇqne m moindre, ne leroU pas le premier degir de lenrélat de ftarioo,oe qui uéauaoiDt parait Indobit^ L'expériesoe m laaueUe ils fondent leur opinion, c'est que le ipétal en fusion supporte le même méUl solide , et qu'on \t voit nager à la surfece du métal fbndu ; mais Je pense que «et effet ne Tient que de U répulsion causée par Ij^ cbalear, et ne doit^cïnt être attribué à la pesant spécifique phis. grande du métal en fusion; je suis au contraire très persuadé qu'elle est moioère que celle du métal solide.

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