‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 42 sur 103 · PARTIE EXPERIMENTALE. i2î · texte numérisé non relu

PARTIE EXPERIMENTALE. i2î

fpMqainrle devicDnent lorsqn^onr les fek griller aafeu : akm les minet de fér en roches et en {frandes masses étant magnétiques doivent leur drigine à Vélément du feu. GeUesdeSoède, qui ont été les miepx observées y sont très étendues^et très profondes ; les filons sont perpemSculaires, toqiottrs^[Mns dé plusieurs pieds, et quelquefois de qudques toises; on les travaille eomme on travaiUeroit de la piorre très dure dans une (^urrière. On y trouve souvent de Tàsbeste, ce qui prouve encore que oes mines ont été* formées par le fou«

Les minés de la. seconde espèce ont , au contraire , été formées par Teau , tant du détriment de^ premières que de toutes les particules de for que les végétaux et les animaux rendent à la terre par la décomposition de leur substance : ces mines ftraiées.par Teau sont le plus ordinairement en grains arrondis , plus ou moins gros, mais dont aucun n*est attirable par Taimant ayant d'avoir subi Faction du feu , on plutôt celle de Tair par le moyen du fou; car, ayant fait griller plusieurs de ces mines dans des vaisseaux ouverts, elles sont toutes devenues très attirables â Taimant, au lieu que dans les vaisseaux clos, quoique chauffées à un plus grand fou et pendant plus de temps, elles n'a voient point du tout acquis la vertu magnétique.

On pourroit ajouter i ces mmes en grains formées par Feau une seconde espèce de mines souvent plus pure , mais bien plus rare , qui se forme également par Teau : ce sont les mines de for cristallisées. Mais comme je n'ai pas été à portée de traiter par moi-même les mines de for en roche produites par le fou , non plus que les mines de fer cristallisées par Teau , je ne parlerai que de la fusion des nûnes en grains , d'autant que ces dernières mines sont celles qu'on exploite le plus comnumément dans nos' forges de France.

La première chose que j'ai trouvée, et qui me parott être une découverte utile, c'est qu'avec une mine qui donnoit le plus mauvais fer de la province de Bourgogne , j'ai foit du fér aussi ductile, aussi nerveux, aussi ferme, queles fors du Berri, qui sont réputés les meilleurs de France. Voici comment j'y

m MINÊRADX. INTRODUCTION.

suis pamna : le chemin qaè j'ai tenu est bien plus long; ma» personne, avant moi, n'ayant frayé la roate, on ne sera pas étonné que j^aie hit du circuit

J'ai pris le dernier jour d'un fondage, cW-à-dire le jour où Ton ailoit fairt cesser le feu d^un fourneau à fpndre la Btine de fer, qui durolt depuis plus de quatre moi^. Ce fourneau , d'environ 20 pied! de hauteur, et de c^ pieds et demi de fargeur â sa cuve, étoU bien chauffé, et n'avoit été chargé que de cette mine, qui avoit la fausse réputation de ne pouvoir donner que des fontes tMs blanches , très cassantes , et par conséquent du for à très grosgr^,sans nerf et sans ductilité. Gomme i'étois dans Fidée que la trop grande violence du feu ne peut qu'aigrir le fer, j'employai ma méthode ordinaire, et que j'ai suivie constamment dans toutes mes recherches sur la nature^ qui comiste â voir les extrêmes avant de considérer les milieux : je fis donc , non pas ralentir, mais enlever les soufflets ; et ayant fait en même temps découvrir le toit de la halle, je substituai aux soufflets un ventilateur simple, qui n'étoit qu'un cône creux , de 24 pieds de Irageur sur 4 pieds de diamètre m gros bout, et trois pouces seulement à sa pointe, sur laquèlle on adapta une buse de for , et qu'on plaça dans le trou de la tuyère; en même temps on continuoit à charger de charbon et de àiine, comme si l'on eût voulu continuer à couler : les charges descendolent bien plusientement, parce que le feu n'étoit plus animé par le vent des soufflets; il l'étoit seulement par un courant d'air que le ventilateur tiroit d'en haut, et qui, étant plus frais et plus dense que celui du voisinage de la tuyère, arrivoit avec assez de vitesse pour produire un murmure constant dans l'intérieur du fourneau. Lorsque j'eus foit charger environ deux milliers de charbon , et quatre millier^ de mine, je fis discontinuer, pour ne pas trop embarrasser le fourneau; et le ventilateur étant toujours à la tuyère, je laissai baisser les charbons et la mine sans remplir le vide qu'ils laissoient andessus. Au bout de quinze ou seize heures , il se forma de pc^ tites loupes, dont on tira quelques-unes par le trou de la tuyère, et quelques autres par .l'ouverture de la coulée : le feu dura

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