‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 45 sur 103 · PARTIE ËXPËR1M1SNTALE · texte numérisé non relu

PARTIE ËXPËR1M1SNTALE

|ét son poids constaté, il restera les graitis dé miné et tes sables que reaa n'a pu délayer : si ces sables sont calcaires, il fondra les foire dissoudre à Teau-forte, et on en recoimottra la quantité en les foisant précipiter après les avoir dissous; on les pèsera , et dès-lors on saura au juste combien la mine copr tient de terre, de sable calcaire et de fer en grain» Par exemple, la mine dont je me suis servi pour la première expérience de ce Mémoire contenoît par once un grosT de terre délayée par Tean, 1 gros 56 grains dé sable dissous par Teau-fortè, 3 gros 66 grains de mine de for, et H y a eu 59 grains de pe^us dans les' lotions et dissolutions. Cest M. Daubenton, de T Académie des Sciences, qui a bkn voulu foire cette expérience, à ma prière, et qui fa foite avec toute Texactiùide quil apporte à tous sujets qu'il traite.

Après cètte épreuve, il fout examiner attentivement la mine dont on vioat de séparer la terfe et le sable calcaire , tVtàcim de reconnoUre, à la seule inspection, s'il ne se trouve pas encore, parmi les grains de fèr, des particules d'antires matières que" Teau-forté n'auroit pu dissoudre, èt qui par conséquent ne seroient pas calcaires. Dans celle dont je viens de parler, il n'y en avoit point du tout, et dès-lors j'é|ois a)ssuré que sur une'quantité de 576 livres de cette mine i il y avoit 282 parties de mine dè fer, 127 dé matière calcaire, et le reste de (erre qui peut se délayer à Teau. Cette connoissance une fois acquise, il sèra aisé d'en tirer les procédés qu'il (but suivre pour foire fonibre la mine avec avantage et avec certitude d>n obtenir du bon fer, comme nous le dirons dans la suite.

Dans les six autres espèces^ de mines que j'ai employées, il s'en est trouvé quatre dont le sable n'étoit point dissoluMe ^ Feau-forte , et doiit par conséquent la uatpre n'étoit pas calcaire , mais vitrifiable ; et les deux autres , qui éU^ent à plus gros grains de fer que les cinq premières, contenoieat des graviers calcaires en assez/petite quantité, et de petits cailloux arrondis, qui étôient de la pâture de la calcédoine,' et qui ressembloient par la forme aux chrysalides des fonlrmis les ouvriers employés à l'extraction et au lavage des minés les

appéloieot œufs de fourmis. Cbacone de ces mines exige une suite de procédés dii¥érenu pour les fondre avec avantage et pour en tirer du fer de m^ine qualité.

Ces procédés, quoique assec simples^, ne laissent pas d'exiger, une grande attention; comme il s'agit de travailler sur jdes milliers de quintaux de mine, on est forcé de chercher toMs les moyens et de prendre toutes les voies qui peuvent aller ^ Téconomte : j'ai acquis sur cela de Texpérience à mes dépens, et je ne ferai pas mention des méthodes qui, quoique plus précises ec jneilleures que celles dont je vais parl^, seroient trop dispendieuses pour pouvoir être misés en pratique. Comme je n'ai pas eu d'autre but dans mon travail que celui de l'utilité publique, j'ai tâché de réduire ces. procédés à quelque chose d'assez simple pour pouvoir être entendu et exécuté par tous Icsmaltres de forges qui voudront faire du bon fer, mais néanmoins en, les prévetiant d'avance que ce bon fer leur coûtera plus que le comi^ua qu^lsont coutume de fabriquer, par la même raison que fe pain blanc coûte plus que Je pain bis; car il ne s^agit de même que .de cribler, tirer et séparer le bon grain de toutes les matières hétérogènes dont il se trouve mélangé.

Je parlerai ailleurvde la recherche et de la découverte des mines : mais je suppose, ici les mines toutes trouvées et tirées; je suppose aussi que par d^ épreuves semblables à celles que je viens d'indiquer on conQoisse la nature des sables qui ^ sont mélangés. La première opération qu'il faut faire, c'est de les transporter aux lavoirs, qui doivent être d'une construction 4ifférente selon les différentes mines : celles qui sont en grains plus gros que les sables qu'elles contiennent doivent être lavées dans les lavoirs foncés de fer et percés de petits, trous, comme ceux qu'a projposés M. Robert^ et qui «ont très l»eQ imaginés , car ils servent en même temps de lavoirs et de cribles : l'eau emmène avec elle toute la terre qu'elle^t délayer, iH les sablons plus menus que les grains de la mine passent en même temps par les petits trous dont le fond du lavoir est percé : et dans le cas où les sablons sont aussi gros, mais moins

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