‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 54 sur 103 · PARTIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE

trouvé le grain aemUable à celui âu fer commao, et ne prenant qae peu on point de nerf, qooiqae travaillé en petites verges et passé soiis te cylindre; en sorte que cette finie , quoique mèillenre que celle qui m'est venue des forges de La Nouée, n'est pas encore de la bonne fonte. Jignore si , depuis ee temps, Ton ne coule pas aux fourneaux de Ruelle des fontes meilleures et plus pesantes ; je sais seulement que deux officiers de marine très habiles et zélés, ont été envoyés successivement ^ et qu'ils sont tous deux fort en- état de perfectionner Tart et de bien coïiduire les travaux de cette fonderie. Mais jusqu'à l'époque que je viens de citer, et qui est bien récente, je suis assuré que les fontes de nos canons coulés plein n'étoient qùe de médiocre qualité, qu^une pareille fonte n'a pès assez de résistance, et qu'en lui ôtant epoore le lien qui la contient, c'est-à-dire en enlevant, par les couteaux du lour, la surfece trempée , il y a tout à craindre du ^service de ce» canons.

On ne manquera pas de dire que ce sont ici des frayeurs paniques et mal fondées; qn'on ne se sert jamais que des canons qui ont subi l'épreuve ^ et qu'une pièce une fois éprodvée par une moitié de plus de charge ne doit ai ne peut crever à la charge ordinaire. A ceci je réponds que non-seulement cela n*est pas certain , mais encore que le contraire est -beaucoup plus probable^ En général , Tépreuve des canons par la poudre est peut-être la plus mauvaise méthode que l'on pût employer poar s'assurer de leur résistance. Le canon ne peut subir le trop Tiolent effort des épreuves qu'en y cédant , autant que la cohérence de la matière le permet , sans se rompre; et comme il «'en feutbienque cette matière de la fonte soit à ressort parfeit, les parties séparées par le trop grand effort ne peuvent se rapprocher ni sé rétablir comme elles étoient d'abord. Cette cohMon des parties intégrantes de la fonte étant donc

cube éa premier n'auroit peté que 458'lhrret 4 onces; car 27 poucet : 1728 pouces ::91& gros Vf : 458 Uyret 4 onces, et le pied cube du second ii*aoroit pesé que 464 livres , au lieu de 493 livres et de 496 Uvreë *^„j. ' MM. de SouvUle et de Vialis.

fort dimiouée par le grand eflBwt des épreoves, it n^est pas étonnant que le canon crève ensuite à la dîa^e ordinaire ; c^est un effet très simple qui dérive d'une caa$e tout aussi simple. Si le premier coup d'épreuve écarte les parties tl'une moitié ou d'un tiers de plus que le coup ordinaire , elles se rétabliront , se réuniront moins dans la même proportion; car, quoique le^ cohérence n*ait pas été détruite, puisque la p^èce a insisté, il n'en est pas moins vrai que cette cfrtiéreneè fiwi^ si grande qu'elle étoit auparavant, et qu'elle a dimiaué dans la même raison que diminue la force d'un ressort imparfait : dès^lors un second ou un troisième coup d'épreuve ^ éclata les pièces qui auront résisté au premier, et celles qui auront subi les trois épreuves sana se rompre ne sont ^uère plus sûret que les autres; après avoir subi trois Mê le oû^me maU c'esl» à-dire le trop grand écartement de leurs parties intégrantes , elles en sont nécessairement devenues Uenikliis foibles, et pô^rront par conséquent céder h l'effort de la charge qrdiâatt^ ' ' Un moyen bien plus sûr, bien simple, et mille fois moins coûteux, pour s'assurer de la résistance des canons, seroit d'en Faire peser la fonte à la balance hydrostatique : en cou* lant le canon, l'on mettroit à part uu nioi\ eau de la foate^ lorsqu'il seroit refroidi , on le pèseroit dans l'air et dans Teau; et si ia fonte nepesoit pas au moins â^livres le pied cube, on rebuteroit la pièce comme non recevable : l'on épargnerait la poudre, la peine des hommes, et on banniroit la crainte très bien fondée de voir crever les pièces souvent après l'épreuve. Ëtant une fois ^r de la densité de la matière , on seroit également assuré de sa résistance ; et si nos canons étoient faits avec de la fonte pesant 620 livres le pied cnbe , et qu'on ne s'avisât pas de les tourner ni de toucher à leur surfoce extérieure , j'ose assurer qu'ils résisteroient et dùreroient autant qu'on doit se le promettre. J'avoue que, par ce moyen, peut-être trop simple pour être adopté, on ne peut pas savoir si la pièce est saine, s'il n'y a pas dans l'intérieur de la matière des défauts, des soufflures, des^ cavités; mais connoissant une fois la bonté de la fonte, il suFûroit, pour s'assurer du

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