‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 61 sur 103 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 1S · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 1S

le globe terrestre, et composé des mêmes matières. Et comme b déperdition de la chaleur , de quelque degré qu'elle soit, se hit en même raison que Técoulement du temps, on ne peut guère douter que cette chaleur de la terre ne fût double , il y « 37023 ans T y de ce qu'elle est aigourd'hui , et qu'elle n'ait été triple, quadruple, centuple, etc. , dans des temps plus reculés, à mesure qu'on se rapproche de la date de l'état primitif de l'incandescence générale. Sur les 74047 ans, il s'est, comme nous l'avons dit, écoulé 2905 ans avant que la masse entière de notre globe fût consolidée jusqu'au centre. L'état d'incandescence , d'abord avec flammes , et ensuite avec lumière rougç A la surface, a duré tout ce temps, après lequel la chaleur, quoique obscure, ne laissoit pas d'être assez forte pour enflammer les matières combustibles , pouip rejeter l'eau et la dissiper en vapeurs, pour sublimer les substances volatiles, etc. Cet étatde grandechaleur sans incandescence a duré 33911 ans; car nous avons démontré , par les expériences du premier mémoire, qu'il faudroit 42964 ans à un globe de fer gros comme la terre, et chauffé jusqu'au rouge, pour se refroidir au point de pouvoir le toucher sans se brûler ; et , par les expériences du second mémoire , on peut conclure que le rapport du refroidissement à ce point des principales matières qui composent le globe terrestre est à celui du refroidissement du fer ; : 60516 : 70000. Or, !r 0000 : 50516 : : 42964 : 33911 , à très peu près. Ainsi le globe terrestre, très opaque aujourd'hui , a d'abord été brillant de sa propre lumière pendant 2905 ans, et ensuite sa surface n'a cessé d'être assez chaude pour brûler qu'au bout de 33911 autres année». Déduisant donc ce temps sur 74047 ans qu'a duré le refroidissement de la terre au point de la température actuelle,. il reste 40136 ans. C'est de quelques siècles après cette époque que l'on peut, dans cette hypothèse, dater la naissance de la nature organisée sur le globe de la terre ; car il est évident qu'aucun être vivant ou organisé n'a pu exister , et encore moins subsister, dans un monde où la chaleur étoit encore si grande qu'on ne pouvoit, sans se brûler, en toucher la surface, et que par conséquent ce n'a été qu'après

m MINÉRAUX. INTRODUCTION.

la dissipation de cette chaleur trop forte que la terre a pu nourrir des animaux et des plantes.

La lune , qui n'a que -n du diamètre de noire globe, et que nous supposons composée d'une matière dont la densité' n'est à celle de la terre que : : 702 : 1000, a dâ parvenir à ce premier moment de chaleur bénigne et productive bien plus t6t 4uc la terre, c'est-à*dire quelque temps après les 6492 ans qui se $ont écoutés avant son refroidissement au ppint de pouvoir, sans se brûler , en toucher la surface.

Le globe terrestre se seroit donc refroidi du point d'incandescence au point de la température actuelle en 74047 ans, supposé que rien n'eût compensé la pepte de sa chaleur propre : mais, d'uQe part, le soleil envoyant constamment à la terre une certaine quantité de chaleur, Taccessionou le gain de cette chaleur extérieure a dû compenser én partie la perte de sa chaleur intérieure; et, d'autre part, la kine, dont la surface, à cause de sa proximité, nous parott aussi grande que celle du soleil , étant aussi chaude que cet astre dans le temps de l'incandescence générale , envoyoit en ce moment à la terre autant de cHaleur que le soleil même; ce qui fait une seconde compensation qu'on doit s^jouter à la première, sans compter la chaleur envoyée àans le même temps par les cinq autres planètes, q^i semble devoir sgouter encore quelque chose à cette quantité de chaleur extérieure que reçoit et qu'a reçue la terre dans les temps précédents, abstraction ftite de toutecompensation par la chaleur extérieure à la perte de la chaleur propre à chaque planète ; elles se seroient donc refroidies dans Tordre suivant :

A POUVOIR EN TOUCHl^R LA SURFACE

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