BORAX
la Le borax est un sel qui nous vient de itit Asie, et dont l’origine et même la fabrica- Ifii on ne nous sont pas bien connues. Il paroît ;iii êanmoins que ce sel est formé ou du moins et îauché par la nature, et que les anciens rabes qui lui ont donné son nom savoient facturer et en faisoient un grand usage : ais ils ne nous ont rien transmis de ce u’ils pouvoient savoir sur sa formation dans t sein de la terre, et sur la maniéré de extraire et de le préparer; les voyageurs
modernes nous apprennent seulement que ce sel se trouve dans quelques provinces de la Perse, de la Tartarie méridionale, et dans quelques contrées des Indes orientales. La meilleure relation est celle qui a été publiée par l’un de nos plus laborieux et savans naturalistes, M. Valmont de bomare, par laquelle il paroi! que ce sel se trouve dans des terres grasses et dans des pierres tendres, arrosées ou peut-être formées du dépôt des eaux qui découlent des montagnes à mines métalli-
MINÉRAUX
ques ; ce qui semble indiquer que ce sel est en dissolution dans ces eaux, et que la terre grasse ou la pierre tendre ont été pénétrées de cette eau saline et minérale. On appelle tinkul ou borax brut la matière qu’on extrait de ces terres et pierres par la lessive et l’évaporation ; et c’est sous cette forme et sous ce nom qu’on l’apporte en Europe, où l’on achève de le purifier.
Dans leur état de pureté, les cristaux du borax ressemblent à ceux de l’alun ; ils contiennent cependant moins d’eau, et en exigent une plus grande quantité pour se dissoudre, et même ils ne se dissolvent bien que dans l’eau chaude. Au feu, ce sel se gonfle moins que l’alun; mais il s’y liquéfie et s’y calcine de même : enfin il se convertit en une sorte de verre salin, qu’on préfère au borax même dans plusieurs usages, parce qu’étant dépouillé de toute humidité, il n’est point sujet à se boursoufler. Ce verre de borax n’est ni dur ni dense, et il participe moins des qualités du verre que de celles du sel ; il se décompose à l’air , y devient farineux; il se dissout dans l’eau, et donne, par l’évaporation, des cristaux tout semblables à ceux du borax. Ainsi ce sel, en se vitrifiant, loin de se dénaturer, ne fait que s’épurer davantage et accpiérir des propriétés plus actives ; car ce verre de borax est le plus puissant de tous les fondans; et lorsqu’on le mêle avec des terres, de quelque qualité qu’elles soient, il les convertit toutes en verres solides et plus ou moins transparens, suivant la nature de ces terres.
Tout ceci paroit déjà nous indiquer que le borax contient une grande quantité d’alcali ; et cela se prouve encore par l’effet des acides sur ce sel : ils s’emparent de son alcali, et forment des sels tout semblables à ceux qu’ils produisent en se combinant avec l’alcali minéral ou marin; et non seulement on peut enlever au borax son alcali par les acides vitriofique, nitreux et marin, mais aussi par les acides végétaux. Ainsi la présence de l’alcali fixe dans le borax est parfaitement démontrée : mais ce n’est cependant pas cet alcali seul qui constitue son essence saline; car après en avoir séparé par les acides cet alcali, il reste un sel qui n’est lui-même ni acide ni alcali , et qu’on ne sait comment définir. M. Homberg, de l’Académie des Sciences , est le premier qui en ait parlé; il l’a nommé sel sédatif, et ce nom n’a rapport qu’à quelques propriétés calmantes que cet habile chimiste a cru lui reconnoître : mais on ignore encore quel est le principe salin de ce sel singulier; et
comme sur les choses incertaines il est permis de faire des conjectures, et que j’ai ci devant réduit tous les sels simples à troi; sortes , savoir, les acides , les alcalis et le: arsenicaux , il me semble qu’on peut soup çonner avec fondement que le sel sédatif ( l’arsenic pour principe salin.
D’abord il paroît certain que ce sel exist< tout formé dans le borax , et qu’il y est un avec l’alcali , dont les acides ne font que h dégager, puisqu’en le combinant de nouveai avec l’alcali, on en refait du borax. 20 L< sel sédatif n’est point un acide, et cependan il semble suppléer l’acide dans le borax puisqu’il y est uni avec l’alcali ; or il n’y ; dans la nature que l’arsenic qui puisse fair< fonction d’acide avec les substances alcaline? 3° On obtient le sel sédatif du borax par su blimation; il s’élève et s’attache au hau des vaiseaux clos en filets déliés ou en lame minces, légères et brillantes; et c’est sou: cette forme qu’on conserve ce sel. On peui aussi le retirer du borax par la simple cris tallisation ; il paroît être aussi pur que celui qu’on obtient par la sublimation : car il esr également brillant et aussi beau; il est seu
lement plus pesant, quoique toujours très léger ; et l’on ne peut s’empêcher d’admire: la légèreté de ce sel obtenu par sublima: tion ; un gros, dit M. Macquer , suffit pou1 emplir un assez grand bocal. 40 C’est tou jours par le moyen des acides qu’on retir le sel sédatif du borax, soit par sublimatioD ou par cristallisation; et M. Baron, habil chimiste, de l’Académie des Scieiîces, a bieie prouvé qu’il ne se forme pas, comme oj pourroit l’imaginer, par la combinaison ac tuelle de l’alcali avec les acides dont on s sert pour le retirer du borax ; ainsi ce se n’est certainement point un acide connun 5° Les chimistes ont regardé ce sel comm simple , parce qu’il ne leur a pas été possibl de le décomposer; il a résisté à toutes leîa épreuves qu’ils ont pu tenter, et il aconserv son essence sans altération. 6° Ce sel estnoüj seulement le plus puissant fondant des subit stances terrestres, mais il produit le mèm effet sur les matières métalliques.
Ainsi, quoique le sel sédatif paroiss simple, et qu’il le soit en effet plus que ijj borax , il est néanmoins composé de quel ques substances salines et métalliques si in : timement unies, que notre art ne peut le! séparer ; et je présume que ces substance j peuvent être de l’arsenic et du cuivre, au quel on sait que l’arsenic adhère si forte ; ment, qu’on a grande peine à l’en séparer* Ceci n’est qu’une conjecture, un soupçon