‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 46 sur 147 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE

p effet très-grande , et environ de 66 à 1 lans notre climat ; et cette vérité de théorie ieut être regardée comme aussi certaine pie la seconde vérité , qui est d’expérience, il qui nous démontre, par les observations lu thermomètre exposé immédiatement aux ■ayons du soleil en hiver et en été, que la lifférence de la chaleur réelle , dans ces '.eux temps , n’est néanmoins tout au plus |ue de 7 à 6. Je dis tout au plus; car cette Sétermination donnée par M. Amontons l’est pas, à beaucoup près, aussi exacte que elle qui a été faite par M. de Mairan, d’airès un grand nombre d’observations ultéieures, par lesquelles il prouve que ce rapport est II 3a : 3i. Que doit donc indiquer celte prodigieuse inégalité entre ces eux rapports de l’action de la chaleur soûre en été et eu hiver , qui est de 66 à r, t de celui de la chaleur réelle, qui n’est ue de 82 a 3i de l’été à l’hiver? N’est-il as évident que la chaleur propre du globe e la terre est nombre de fois plus grande ue celle qui lui vient du soleil ? Il paroît n efîet que, dans le climat de Paris , celte haleur de la terre est 29 fois plus grande n été , et 49 r fois plus grande en hiver ue celle du soleil , comme l’a déterminé I. de Mairan. Mais j’ai déjà averti qu’on e devoit pas conclure , de ces deux raporls combinés , le rapport réel de la cha- ;ur du globe de la terre à celle qui lui ient du soleil, et j’ai donné les raisons qui l’ont décidé cà supposer qu’on peut estimer î.tte chaleur du soleil cinquante fois montre que la chaleur qui émane de la terre.

Il nous reste maintenant à rendre compte es observations faites avec les thermomè- ■es. O11 a recueilli, depuis l’année 1710 isqu’en 1756 inclusivement, le degré du us grand chaud et celui du plus grand oid qui s’est fait à Paris chaque année : t en a fait une somme , et l’on a trouvé îe , aimée commune, tous les thermomèes réduits à la division de Réaumur ont mné 1026 pour la grande chaleur de l’été, est-à-dire 26 degrés au dessus du point î la congélation de l’eau; on a trouvé de ême que le degré commun du plus grand oid de l’hiver a été, pendant ces cinquantex années, de 994 , ou de 6 degrés au dêsus de la congélation de l’eau : d’où l’on a >nclu , avec raison, que le plus grand chaud b nos étés à Paris ne diffère du plus grand pid de nos hivers que de 1/32, puisque )4 : 1026 : : 3 1 : 32. C'est sur ce fondeent que nous avons dit que le rapport i plus grand chaud au plus grand froid

n’ étoit que fi 32 : 3i. Mais on peut objecter contre la précision de celte évaluation le défaut de construction du thermomètre, division de Réaumur, auquel on réduit ici l’échelle de tous les autres; et ce défaut est de ne partir que de mille degrés au dessous de la glace, comme si ce millième degré étoit en effet celui du froid absolu, tandis que le froid absolu n’existe point dans la nature , et que celui de la plus petite chaleur devroit être supposé de dix mille au lieu de mille , ce qui changerait la graduation du thermomètre. On peut encore dire qu’à la vérité il n’est pas impossible que toutes nos sensations entre le plus grand chaud et le plus grand froid soient comprises dans un aussi petit intervalle que celui d’une unité sur 3s de chaleur, mais cpie la voix du sentiment semble s’élever contre cette opinion , et nous dire que cette limite est trop étroite , et que c’est bien assez réduire cet intervalle que de lui donner un huitième ou un septième au lieu d’un trentedeuxième.

Mais quoi qu’il eu soit de cette évaluation, qui se trouvera peut-être encore trop forte lorsqu’on aura des thermomètres mieux construits, on ne peut pas douter que la chaleur de la terre , qui sert de base à la chaleur réelle que nous éprouvons, ne soit très-considérablement plus grande que celle qui nous vient du soleil , et que cette dernière n’en soit qu’un petit complément. De même, quoique les thermomètres dont on s’est servi pèchent par le principe de leur construction et par quelques autres défauts dans leur graduation, on ne peut pas douter de la vérité des faits comparés que nous ont appris les observations faites en différens pays avec ces mêmes thermomètres construits et gradués de la même façon, parce qu’il ne s’agit ici que de vérités relatives et de résultats comparés, et non pas de vérités absolues.

Or, de la même manière qu’on a trouvé, par l’observation de cinquante -six armées successives, la chaleur de l’été à Paris de 1026 ou de 26 degrés au dessus de la congélation , on a aussi trouvé avec les mêmes thermomètres que cette chaleur de l’été étoit 1026 dans tous les autres climats de la terre, depuis l’équateut jusque vers le cercle polaire : à Madagascar , aux îles de France et de Bourbon, à l’ile Rodrigue, à Siam, aux Indes orientales, à Alger, à Malle, à Cadix, à Montpellier, à Lyon , à Amsterdam, à Varsovie, à Upsal, à Pétersbourg , et jusqu’en Laponie près du cercle polaire;

MINÉRAUX. INTRODUCTION

à Cayenne , au Pérou , à la Martinique , à Carthagène en Amérique, et à Panama; enlin , dans tons les climats des deux hémisphères et des deux coutinens où l’on a pu faire des observations, on a constamment trouvé que la liqueur du thermomètre s’élevoit également à 25 , 26 , ou 27 degrés dans les jours les plus chauds de l’été ; et de là résulte le fait incontestable de l’égalité de la chaleur en été dans tous les climats de la terre. Il n’y a sur cela d’autres exceptions que celle du Sénégal et de quelques autres endroits où le thermomètre s’élève 5 ou 6 degrés de plus, c’est-à-dire à 3i ou 32 degrés; mais c’est par des causes accidentelles et locales , qui n’altèrent point la vérité des observations ni la certitude de ce fait général , lequel seul pourroit encore nous démontrer qu’il existe réellement une trèsgrande chaleur dans le globe terrestre, dont l’effet ou les émanations sont à peu près égales dans tous les points de sa surface, et que le soleil, bien loin d’être la sphère unique de la chaleur qui anime la nature, n’en est tout au plus que le régulateur.

Ce fait important, que nous consignons à la postérité , lui fera reconnoître la progression réelle de la diminution de la chaleur du globe terrestre, que nous n’avons pu déterminer que d’une manière hypothétique : on verra , dans quelques siècles , que la plus grande chaleur de l’été, au lieu d’élever la liqueur du thermomètre à 26, ne l’élèvera plus qu’à 25, à 24 ou au dessous, et on jugera par cet effet, qui est le résultat de toutes les causes combinées, de la valeur de chacune des causes particulières qui produisent l’effet total de la chaleur à la surface du globe; car, indépendamment de la chaleur qui appartient en propre à la terre et qu’elle possédé dès le temps de l’incandescence, chaleur dont la quantité est très-considérablement diminuée et continuera de diminuer dans la succession des temps , indépendamment de la chaleur qui nous vient du soleil, qu’on peut regarder comme constante , et qui par conséquent fera dans la suite une plus grande compensation qu’aujourd’hui à la perte de cette chaleur propre du globe , il y a encore deux autres causes particulières qui peuvent ajouter une quantité considérable de chaleur à l’effet des deux premières , qui sont les seules dont nous ayons fait jusqu’ici réévaluation.

L’une de ces causes particulières provient en quelque façon de la première cause générale , et peut y ajouter quelque chose. Il est certain que dans le temps de l’incandes-

cence, et dans tous les siècles subséquens, jusqu’à celui du refroidissement de la terre au point de pouvoir la toucher, toutes les matières volatiles ne pouvoient résider à la surface ni même dans l’intérieur du globe ; elles étoient élevées et répandues en forme de vapeurs, et n’ont pu se déposer que successivement à mesure qu’il se refroidissoit. Ces matières ont pénétré par les fentes el les crevasses de la terre à d’assez grande! profondeurs en une infinité d’endroits : c’es là le fonds primitif des volcans, qui, comun l'on sait , se trouvent tous dans les haute montagnes , où les fentes de la terre son d’autant plus grandes , que ces pointes di globe sont plus avancées , plus isolées. G dépôt des matières volatiles du premier âg. aura été prodigieusement augmenté pa j l’addition de toutes les matières combustiï blés, dont la formation est des âges subséi quens. Les pyrites, les soufres, les charbon de terre, les bitumes, etc., ont pénétré dan les cavités de la terre , et ont produit près que partout de grands amas de matières irii flammables , et souvent des incendies qui i manifestent par des tremblemens de terre par l’éruption des volcans , et par les sou:, ces chaudes qui découlent des montagn ou sourdent à l’intérieur dans les cavités c la terre. On peut donc présumer que C( feux souterrains, dont les uns brûlent, poo ainsi dire , sourdement et sans explosion et dont les autres éclatent avec tant de vi lence, augmentent un peu l’effet de la ch! leur générale du globe : néanmoins cet addition de chaleur ne peut être que tr« petite, car on a observé qu’il fait à très p ; près aussi froid au dessus des volcans qu’i dessus des autres montagnes à la mèi hauteur, à l’exception des temps où le v can travaille et jette au dehors des vapec enflammées ou des matières brûlantes. Ce t cause particulière de chaleur ne me pari donc pas mériter autant de considérât que lui en ont donné quelques physicie Il n’en est pas de même d’une secoi cause à laquelle il semble qu'on n’a j pensé , c’est le mouvement de la lune tour de la terre. Cette planète seeond; j fait sa révolution autour de nous en 27 jo un tiers environ, et, étant éloignée à mille 325 lieues, elle parcourt une cire; férence de 536 mille 329 lieues dans \ espace de temps, ce qui fait un mouven I ^ de 817 lieues par heure, ou de i3 à! |f, lieues par minute. Quoique cette mai ! fcs. soit peut-être la plus lente de tous les c< i ^ célestes, elle ne laisse pas d’être assez raj j !f|

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