‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 88 sur 147 · Caractères du feld-spath suivant M. Bergman: j · texte numérisé non relu

Caractères du feld-spath suivant M. Bergman: j

11 étincelle avec l’acier.

Il se fond au feu sans bouillonnement.

11 ne se dissout qu’imparfaitement dans l’alcali \ minéral par la voie sèche, mais il fait effervescence j avec cct alcali comme le qua-tz ; il se dissout au | feu dans le verre de borax sans effervescence, avec | bien plus de facilité que le quartz.

Nous ajouterons à ces caractères donnés par ! M. Bergman que le feld-spath est presque toujours : cristallisé en rliombes , et composé de lames bril- ij lantes appliquées les unes cou re les autres ; que, de plus , sa cassure est spathique, c’est-à-dire pai ; lames longitudinales et chatoyantes.

DU EELD-SPÀTH.

ou plutôt de la simplicité des substances par la plus grande résistance qu’elles opposent à l’action du feu avant de se réduire en verre , la substance du feld-spath est moins simple que celle du quartz et du jaspe, que nous ne pouvons fondre par aucun moyen; elle est même moins simple que celle du mica, qui se fond à un feu 1res- violent : car e feld-spath est non seulement fusible par ui-mème et sans addition au feu ordinaire le nos fourneaux , mais même il communijue la flexibilité au quartz, au jaspe, et au mica , avec lesquels il est intimement lié lans les granités et les porphyres.

Le feld-spath est quelquefois opaque lomme le quartz ; mais plus souvent il est rresque transparent : les diverses teintes de dolet ou de rouge dont ses petites masses î'n cristaux sont souvent colorées indiquent me grande proximité entre l’époque de sa formation et le temps où les sublimations nétalliques périétroient les jaspes et les teijnoient de leurs couleurs; cependant lesjas- >es , quoique plus fortement colorés, résisent à un feu bien supérieur à celui qui met e feld-spath en fusion : ainsi sa fusibilité l’est pas due aux parties métalliques qui ne ’ont que légèrement coloré, mais au mélange le quelque autre substance. En effet , dans 'i temps où la matière quarîzeuse du globe toit encore en demi-fusion , les substances àtines , jusqu’alors reléguées dans l’aîmoplière avec les matières encore plus volatiés, ont dû tomber les premières ; et en se mélangeant avec cette pâle quartzeuse elles nt formé le feld:spath et le schorl , tous eux fusibles , parce que tous deux ne sont as des substances simples , et qu’ils ont eeu dans leur composition cette matière Iran gère.

El l’on ne doit pas confondre le feld-spath vec les autres spaths , auxquels il ne resembîe que par sa cassure lamelle a , tandis ne , par toutes ses autres propriétés , il en st essentiellement différent ; car c’est un rai verre qui se fond au même degré de su que nos verres factices : sa forme crisdlisée ne doit pas nous empêcher de le regarder comme un véritable verre produit ar le feu , puisque la cristallisation peut gaiement s’opérer par le moyen du feu anime par celui de l’eau , ..et que , dans mte matière liquide ou liquéfiée, nous verions qu’il ne faut que du temps , de l’espace, t du repos, pour qu’elle se cristallise. Ainsi i cristallisation du feld-spath a pu s’opérer >ar le feu ; mais quelque similitude qu’il y it entre ces cristallisations produites par le

Buffoiï. II.

feu et celles qui se forment par le moyen de l’èau, la différence des deux causes n’en reste pas moins réelle elle est même frappante dans la comparaison que l’on peut faire de la cristallisation du feld-spath et de celle du cristal de roche : car il est évident que la cristallisation de celui-ci s’opère par le moyen de l’eau, puisque nous voyons le cristal se former, pour ainsi dire, sous nos yeux, et que la plupart. des cailloux creux en contiennent des aiguilles naissantes ; au lieu que le feld-spath, quoique cristallisé dans la masse des porphyres et des granités, ne se forme pas de nouveau ni de même sous nos yeux, et paroît itre aussi ancien que ces matières dont il fait partie, quelquefois si considérable qu’elle excède dans certains granités la quantité du quartz, et dans certains porphyres celle du jaspe , qui cependant sont les bases de ces deux matières.

C’est par cette même raison de sa grande quantité qu’on ne peut guère regarder le feld-spath comme un extrait ou une exsudation du quartz ou du jaspe , mais comme une substance concomitante aussi ancienne que ces deux premiers verres. D’ailleurs on ne peut pas nier que le feld-spath n’ait une très-grande affinité avec les trois autres matières primitives; car, saisi par le jaspe, il a fait les porphyres ; mêlé avec le quartz , il a formé certaines roches dont nous parlerons sous le nom de pierres de Laponie ; et joint au quartz , au schorl, et au mica, il a composé les granités ; au lieu qu’on ne le trouve jamais intimement mêlé dans les grès ni dans aucune autre matière de seconde formation ; i! n’y existe qu’en petits débris, comme on le voit dans la belle argile blanche de Limoges. Le feld-spath a donc été produit avant ces dernières matières , et semble s’ètre incorporé avec iè jaspe et mêlé avec le quartz dans un temps voisin de leur fusion , puisqu’il se trouve généralement dans toute l’épaisseur des grandes masses vitïeu ses qui ont ces matières pour base, et don» la fonte ne peut être attribuée qu’au feu primitif , et que, d’autre part, il ne contracte aucune union avec toutes les substances formées par l’intermède de l’eau ; car on né le trouve pas cristallisé dans les grès; et s’il y est quelquefois mêlé, ce n’est qu’en petits fragmens ; le grès pur n’en contient point du tout ; et la preuve en est que ce grès est aussi infusible que le quartz , et qu’il seroit fusible si sa substance éloit mêlée de feld-spath. Il en est de même de l’argile blanche de Limoges, qui est tout aussi réfractaire au feu que le quartz ou le grès

MINERAUX

pur, et qui, par conséquent , n’est pas composée de déirimens de feld-spath , quoiqu’on y trouve d? petits morceaux isolés de ce spaih qui ne s’est pas réduit en poudre comme le quartz dont cette argile paroit être une décomposition.

Le grès pur n’étant formé que de grains de quartz agglutinés , tous deux ne sont qu’u ne seule et même substance ; et ceci semble prouver encore que le feld-spath n’a pu s’unir avec le quartz et le jaspe que dans un état de liquéfaction par le feu, et que, quand il est décomposé par l’eau , il ne conserve aucune affinité avec le quartz, et qu'il ne reprend pas dans cet élément la propriété* qu’il eut dans le feu de se cristalliser, puisque nulle part dans le grès on ne trouve ce spath sous une forme distincte ni cristallisée de nouveau, quoiqu’on ne puisse néanmoins douter que les grès feuilletés et micacés, qui sont formés des sables graniteux , ne contiennent aussi les détrimens du feld-spath en quantité peut-être égale à ceux du quartz.

Et puisque ce spath ne se trouve qu’en très-petit volume et toujours mêlé par petites masses et comme par doses dans les porphyres et granités , il paroit n’avoir coulé dans ces matières , et ne s’être uni à leur substance que comme un alliage additionnel auquel il ne falloit qu’un moindre degré de feu pour demeurer en fusion ; et l’on ne doit pas être surpris que ,. dans la vitrification générale , le feld-spath et le schorl , qui se sont formés les derniers , et qui ont reçu dans leur composition les parties hétérogènes qui tomboient de l’atmosphère, aient pris en même temps beaucoup plus de fusibilité que les trois autres premiers verres , dont la substance n’a été que peu ou point mélangée : d’ailleurs ces deux derniers verres sont demeurés plus long- temps liquides que les autres , parce qu’il ne leur falloit

qu’un moindre degré de feu pour les tenii ils ont donc pu s’allier avec les fragmei décrépites et les exfoliations du quartz et d jaspe, qui déjà étaient à demi consolidés.

Au reste, le feld-spath , qui n’a été bit connu en Europe que dans ces demie temps, entroit néanmoins dans la compos lion des anciennes porcelaines de la Chine sous le nom de petun-sé ; et aujourd'hui noii l’employons de même pour nos porcelaine et pour faire les émaux blancs des plus be les faïences.

Dans les porphyres et les granités, le felc spath est cristallisé tantôt régulièremei en rhombes et quelquefois confusément < sans figure déterminée. Nous n’en connoi: sons que de deux couleurs , l’un blanc o blancliâlre, et l'autre rouge ou rouge vioiel mais on a découvert depuis peu un feld-spat vert, qui se trouve, dit-on, dans l’Améri que septentrionale, et auquel on a donné i nom de pierre de Labrador : cette pierre dont on n’a vu que de petits échantillons est chatoyante , et composée , comme le feltl spath , de cristaux en rhombes ; elle a d même la cassure spath ique ; elle se fom aussi aisément et se convertit , comme j feld-spath, en un verre blanc. Ainsi on n peut douter que cette pierre ne soit de 1 même nature que ce spath, quoique sa cou leur soit différente : cette couleur est d’u assez beau vert , et quelquefois d’un vei bleuâtre et toujours à reflets chaloyans. Lij grande dureté de cette pierre la rend sus crptible d’un très-beau poli, et il seroil désirer qu’on pût l’employer comme Iejaspe mais il y a toute apparence qu’on ne la trou vera pas en grandes masses, puisqu’elle es de la même nature que le feld-sj ath , qui n s’est trouvé nulle part en assez grand volum, pour en faire des vases ou des plaques d quelques pouces d’étendue.

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