‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 133 sur 235 · PERLES · texte numérisé non relu

PERLES

On peut regarder les perles comme le produit le plus immédiat de la substance coquilleuse, c’est-à-dire de la matière calcaire dans son état primitif; car cette matière calcaire ayant été formée originairement parle filtre organisé des animaux à coquille, on peut mettre les perles au rang des concrétions calcaires, puisqu’elles sont également produites par une sécrétion particulière d'une substance dont l’essence est la même que celle de la coquille, et qui n’en diffère en effet que par la texture et l’arrangement des parties constituantes. Les perles comme les coquilles se dissolvent dans les acides ; elles peuvent également se réduire en chaux qui bouillonne avec l’eau; elles ont à très-peu près la même densité , la même dureté , le même orient que la nacre intérieure et polie des coquilles à laquelle elles adhèrent souvent. Leur production paraît être accidentelle: la plupart sont composées de couches concentriques autour d’un très-petit noyau qui leur sert de centre, et qui souvent est d’une substance différente de celle des couches 1 ; cependant il s’en faut bien

* Les perles sont une concrétion contre nature, produite par la surabondance de l’humeur destinée à la formation de la coquille et à la nutrition de l’animal qu elle contient , qui , après avoir été stagnante dans quelque partie , acquiert de la dureté avec le temps , et augmente en volume par des couches successives, comme les bézoards des animaux : souvent dans le centre des perles, comme dans le centre des bézoards, on trouve une matière d’un autre genre , qui sert de point d’appui et de noyau aux couches concentriques dont elles sont formées. Collection académique, partie étrangère, tome 111 , page 593 et suivantes. — La seule différence qui se trouve entre les lames dont sont composées les perles, et celles dont sont composées les petites couches de la nacre, c’est que les premières sont presque planes, et les autres courbes et concentriques, car une perle que j’ouvris chez le grandduc de Toscane (dit Stenon), et qui était blanche à l’extérieur, contenait intérieurement un petit corps noir de même couleur et de même volume qu’un grain de poivre; on y reconnaissait évidemment la situation des petits fdets compo. sants, leurs circonvolutions sphériques, les différentes couches concentriques formées par ces circonvolutions , et la direction de l’une de leurs extrémités vers le centre.... Certaines perles inégales ne le sont que parce que c’est un groupe de petites perles renfermées sous une enveloppe commune... Un grand nombre de perles , jaunes à la surface , le sont encore dans tous les points de leur substance : par conséquent ce vice de couleur doit être attribué à l’altération des humeurs de l’animal , et ne peut être enlevé que lorsque les perles ne sont jaunes que pour avoir été longtemps portées, ou lorsque les couches intérieures ont été formées avant que les humeurs de l'animal s’altérassent , et pussent altérer la couleur des perles. De tout cela l’auteur conclut 1 impossibilité de faire des perles artificielles qui égalent 1 éclat denaturelles, parce que cet éclat dépend de leur structure qui est trop compliquée pour être imitée par 1 art. Idem, tome IV,

DES- MINÉRAUX. kak

quelles prennent toutes une forme régulière : | « qui est de la classe des coquillages multival les plus parfaites sont sphériques ; mais le plus grand nombre, surtout quand elles sont un peu

grosses, se présentent en forme un peu aplatie d’un côté et plus convexe de l’autre, ou en ovale assez irrégulier; il y a même des perles longues, et leur formation, qui dépend en général de l’extravasation du suc coquilleux, dépend souvent d’une cause extérieure , que M. Faujas de Saint-Fond a très-bien observée, et que l’on peut démontrer aux yeux dans plusieurs coquilles du genre des huîtres. Voici la note, que ce savant naturaliste a bien voulu me communiquer sur ce sujet.

« Deux sortes d’ennemis attaquent les eo- « quilles à perles. L’un est un ver à tarière d’une « très-petiteespèce, qui pénètre dans la coquille « par les bords en ouvrant une petite tranchée « longitudinale entre les diverses couches ou « lames qui composent la coquille ; et cette tran- « chée , après s’être prolongée à un pouce , et « quelqueiois jusqu’à dix-huit lignes de lon- « gueui se replie sur elle-même , et forme une « seconde ligne parallèle, qui n’est séparée de * la piemière que par une cloison très-mince « de matière coquilieuse. Cette cloison sépare « les deux tranchées dans lesquelles le ver a « fait sa route en allant et revenant , et on en « \oit 1 entiée et la sortie au bord de la coquille.

« On peut insinuer de longues épingles dans « chacun de ses orifices, et la position parallèle « de ces épingles démontre que les deux tran- « chées faites par le ver sont également paral- « lèles; il y a seulement au bout de ces tran- « chées, une petite portion circulaire qui forme f( ,e P!i dans le(iuel le ver a commencé à ehanx ger de route pour retourner vers les bords de ' la coquille. Comme ces petits chemins cou- < verts sont pratiqués dans la partie la plus « voisine du têt intérieur , il se forme bientôt un epanchement du suc nacré qui produit une protubérance dans cette partie : cette espèce 1 de saillie peut être regardée comme une perle longitudinale adhérente à la nacre ; et lorsque plusieurs de ces vers travaillent à côté les uns des autres; et qu’ils se réunissent à peu près au meme endroit , il en résulte une espèce de oupe nacrée avec des protubérances irrégu- Rres- 11 existe m Cabinet du Roi une de ces oupes de perle : on y distingue plusieurs issues qui ont servi de passage à ces vers.

« Un autre animal beaucoup plus gros , et

« ves, attaque avec beaucoup plus dédommagé « les coquilles à perles : celui-ci est une pho- « lade de l’espèce des dattes de mer. dépossédé « dans mon Cabinet une huître de la côte de « Guinée, percée par ces pholades qui existent « encore en nature dans le talon de la coquille : « ces pholades ont leur charnière formée en lue « croisé.

« La pholade, perçant quelquefois la coquille « en entier , la matière de la nacre s’épanche « dans l’ouverture, et y forme un noyau plus « ou moins arrondi, qui sert à boucher le trou : « quelquefois le noyau est adhérent, d’autres o fois il est détaché.

« .T’ai fait pêcher moi-même, au mois d’oc- « tobre 1784, dans le lac Tay, situé à Pextré- (< mité de l’Éeosse, un grand nombre de moules a d’eau douce , dans lesquelles on trouve sou- « vent de belles perles ; et, en ouvrant toutes « celles qui avaient la coquille percée, je ne les « ai jamais trouvées sans perles , tandis que « celles qui étaient saines n’en avaient aucune :

« mais je n’ai jamais pu trouver des restes de « l’animal qui attaque les moules du lac Tay ,

« pour pouvoir déterminer à quelle classe il ap- « partient.

a Cette observation, qui a été faite probable- « ment par d’autres que par moi, a donné peut- « être l’idée à quelques personnes qui s’occupent « de la pêche des perles, de percer les coquilles .* P°ur Y produire des perles; car j’ai vu au « Muséum de Londres des coquilles avec des « perles, percées par un petit fil de laiton rivé « à l’extérieur , qui pénétrait jusqu’à la nacre « dans des parties sur lesquelles il s’est formé « des perles. » On voit, par cette observation de M. Faujas de Saint-Fond , et par une note que M. Broussonnet, professeur à l’École vétérinaire, a bien voulu me donner sur ce sujet4 ,

On voit à Londres des coquilles fluviatiles apportées de la Chine , sur lesquelles on voit des perles de différentes grosseurs; elles sont formées sur un morceau de fil de cuivre avec lequel on a percé la coquille , et qui est rivé en dehors. On ne trouve ordinairement qu'un seul morceau de fil de cuivre dans une coquille ; on en voit rarement deux dans la même. On racle une petite place de la face interne des coquilles fluviatiles vivantes, en ayant le soin de les ouvrir avec la plus grande attention , pour ne point endommager l’animal : on place sur l’endroit de la nacre qu'on a raclée , un très-petit morceau sphérique de nacre; cette petite boule grosse comme du plomb à tirer, sert de noyau à la perle. On croit qu on a fait des expériences à ce sujet en Finlande ; et il parait qu elles ont été répétées avec succès en Angleterre*

20°avrüO,i78iIUliC1Uée Par M* P,ronssonuet à M. de Buffon;

oo

5WJ histoire naturelle

,m’il doit se former des perles dans les coquilles i climats chauds, tempérés ou froids'. Leshullres, nacrées lorsqu’elles sont percées par des vers les patelles et les oreilles de mer , au cont.alre, ou coquillages à tarière ; et il se peut qu’en gé- ne produisent des perles que dans es climats les néral la production des perles tienne autant à J plus chauds; car dans la Mediterranée, qui cette cause extérieure qu’à la surabondance et à l’extravasation du suc coquilleux , qui sans doute est fort rare dans le corps du coquillage , en sorte que la comparaison des perles aux bé

zoards des animaux n’a peut-être de rapport dresse u insérer uaua iw toqumvo - - r - , -

mi’à la texture de ces deux substances, et point petits ouvrages qui se revêtissent, avec le temps, de la hit

qUdidieA . tière qui forme les perles. Les moules en question, qui ont

du tout à la cause de leur formation. uue espèce de nacre , peuvent être sujettes à quelques mala-

La couleur des perles varie autant que leur djes semblables; et puisqu'une petite pierre s était inciustée

c of ilnns Ips nprles blanches, qui sont les dans une moule, pourquoi ne tenterait-on pas de se procurer

figure, et dans les pei les DldUtue», 4 | de petits onvrages incrustés de même? Ces moules avaient

été pêchées dans les fossés du château de Maulette , ptès de

avait pour noyau une petite pierre recouverte par une couche de nacre. On sait que les perles ne sont qu une espèce d’extravasation du suc destiné à former la nacre, et qui est vraisemblablement causée par une maladie de 1 animal. Quelques Asiatiques, voisins des pêcheries de perles , ont l’adresse d’insérer dans les coquilles des huitres à perles , de

plus belles de toutes, le îeflet appuient, qu on peenees aans tes iosses au cuaieau uc —

appelle Veau ou Vorientàe la perle, est plus OU Houdan. Académie des Sciences, année 1769. Observations

moins brillant, et ne luit pas également sur leur I *■ . . - »•

surface entière.

de rhysique générale , page 23.

4 La rivière de Vologne sort du lac de Longemer, situé rmceeuuoic. i dans les montagnes des Vosges: cette rivière nourrit de»

PPitp hplle Droduction, qu’on pourrait moules depuis le village de Jussarupt jusqu’à son embouchure Lt cette belle piOQULUOU, 1 P I dans la Moselle ; cet espace peut être de quatre à cinq lieues

de longueur ; quelques endroits de cet espace sont si abondants en moules que le fond de la rivière semble en etre pave; leur longueur est de quatre pouces sur deux pouces de large environ. Les coquilles de ces moules sont fortes, épaisses d’une ligne environ , lisses et noires à 1 extérieur, ternes a leur intérieur. Pour distinguer celles qui donnent des perles

prendre pour un écart de la nature , est non seulement accidentelle , mais très-particulière car dans la multitude d'espèces d’animaux à coquilles , on n’en connaît que quatre, les huîtres, les moules, les patelles ; et tes oreilles de — c — ^ 0~t~p0int, il faut faire attention à certaine mer, qui produisent des pelles , et encoie 11 y convexitésquUemanifestent à l’extérieur; cette marque dé-

. rvMnvxrlo ïnrlîvîrlllQ ! .. ~ n rxl nci Aiirft nerlftS 2 CcU* il

tion : on doit meme distinguer ucua contiennent aucune : nc pourrait-on pas mre , pour e^.^u

r>prl PS en Histoire naturelle, comme 011 les a sé- 1 la formation de ces pierres, que lorsque l'animal travaille a sa perles en mstoilt Iidiuic , , coquine, il fait sortir du réservoir la matière qu. doit la for-

parées dans le commerce, ou les perles de moules ^ ^ ÎOrsquii applique sur les parois intérieures cette

n’ont aucune valeur en comparaison des perles espèce de couche de vernis, s’il vient à être heurté par des «•es ; celles des moules sont communément

m-Acepe mais ni’PSriue tOUÎOUlS deiectlieu • r - „n orn-nsétrancer: ce corps

plus grosses , mais presque toujours défectueuses , sans orient , brunes ou rougeâtres , et de couleurs ternes ou brouillées. Ces moules habitent les eaux douces , et produisent des perles dans les étangs et les rivières 2, sous tous les

4 Marc-Paul et d’autres voyageurs assurent qu’on trouve au Japon des perles rouges de figure ronde. Kœmpfer décrit cette coquille que les Japonais nomment awabi ; elle est d'une seule pièce presque ovale , assez profonde , ouverte d’un côté, par lequel elle s’attache aux rochers et au fond de la mer, ornée d’un rang de trous qui deviennent plus grands à mesure qu’ils s’approchent de sa plus grande largeur. La surface extérieure est rude et gluante ; il s’y attache souvent des coraux, des plantes de mer et d autres coquilles : elle renferme une excellente nacre , brillante, d où il s élève quelquetois des excroissances de perles blanchâtres , comme dans les coquilles ordinaires de Perse. Cependant une grosse masse de chair, qui remplit sa cavité, est le principal attrait qui la fasse rechercher des pêcheurs : ils ont des instruments faits exprès pour la déraciner des rochers. Histoire générale ries Voyages. Paris, 4749, tome IV, page 322 et suivantes.

a Dans l'intérieur de la coquille de quelques grandes moules d’eau douce, qu’on nomme communément moules d’étang , il s’est trouvé plusieurs petites perles de différentes grosseurs ; il y en avait même une assez grosse; mais celle-ci

forme pour ainsi dire un corps étranger ; ce corps étrange! suit tous les mouvements du fluide qui l’environne , et meine ceux que l’animal lui imprime , ce qui , par un frottement continuel , lui donne de la rondeur et un beau poli.

Mais les perles sont rares, et sùr vingt mille moules, a peine en trouve-t-on quelques-unes qui aient les signes caractéristiques dont j’ai parlé ; les grosses et de belle eau sont très-rares , celles de couleur brune le sont moins.

Presque toutes les autres rivières de la Lorraine fourmssen des moules à perles, entre autres 1 étang de Saint-Jean Pres 1 Nanci ; mais elles sont beaucoup plus petites et pins colorées que celle de la Vologne. M. Viilemet , doyen des apotüicaucs de Nanci , qui est l’auteur de cet écrit , a envoyé quatre perles de celle rivière, dont trois de la grosseur d’un Püis>m. parfaitement rondes , lisses , polies, de belle eau ; une pgrosse, ovale; la quatrième, du quart de grosseur des pie mières, a une couleur noire très- foncé et tres-lmsante, elle a le même poli que celles de l’étang Saint-Jean de - .

et les autres n’excèdent pas en grosseur une tete déping . quelques nues celle d’un petit grain de plomb, et i Y deux réunies l’une à l'autre; leur couleur ne peut etu

parée à celles de la Vologne. «;

« Nous sommes convaincus, dit M. l’abbé Roziei , q

« l'on observait plus attentivement les moules deau a

a qu’on rencontre dans différents endroits , on Y r0in f a des perles; quelques moules des rivières d Ecosse a Suède en fournissent. » Uolfincius parle de celles u** K riger, de celles de Bavière ; h elsch , de celles des mars

DES MINÉRAUX

nourrit de très-grandes huîtres, non plus que dans les autres mers tempérées et froides , ces coquillages ne forment point de perles. La production des perles a donc besoin d’une dose de chaleur de plus : elles se trouvent très-abondamment dans les mers chaudes du Japon % où certaines patelles produisent de très-belles perles. Les oreilles de mer, qui ne se trouvent que dans les mers des climats méridionaux, en fournissent aussi ; mais les huîtres sont l’espèce qui en fournit le plus.

On en trouve aux îles Philippines 2, à celle de Ceylan 3, et surtout dans les îles du golfe

•d'Augsbourg. Journal de Physique de M. l’abbé Rozier, mois d'août <775, page <45 et suivantes. — « Les perles des fleuves « de Laponie, dit Schœffer, n’acquièrent une exacte ron- « deur qu'à mesure quelles se perfectionnent : lorsqu’elles

* ne sont pas mûres, une partie est ronde, et l’autre partie

* est plate. Ce dernier côté est pâle ou d’une couleur rousse,

« morte et obscure , tandis que l’autre qui est rond a toute la i beauté et la netteté d’une perle parfaite. Elles ne viennent « pas, comme en Orient , dans des coquillages larges, plats « et presque ronds , telles que sont ordinairement les écailles « d huîtres; mais les coquilles qui les contiennent sont

* comme celles des moules , et c’est dans les rivières qu’on « les pêche. Les perles imparfaites , c’est-à-dire qui ne sont ' pas absolument formées , sont inhérentes aux coquilles, et « on ne les détache qu’avec peine; au lieu que celles qui o*nt « acquis leur perfection ne tiennent à rien, et tombent d’elles-

* même dès qu’on ouvre l’écaille qui les contient. — La ri- « vière de Sagbalian , dans le pays des Tartares Mantcheoux,

* reçoit celle de San-pira, celle de Kafin-pira, et plusieurs

* autres qui sont renommées pour la pêche des perles. Les

* pêcheurs se jettent dans ces petites rivières, et prennent « la première moule qui se trouve sous leur main. — On « pêche aussi des perles dans les rivières qui se jettent dans « le Nonniula et dans le Sangari , telles que l’Arom et le Xe-

* mer, sur la route de Tsitsckar à Merghen. On assure qu’il

* ne s en trouve jamais dans les rivières qui coulent à l'ouest « du Saghalian-ula, vers les terres des Russes. Quoique ces « perles soient beaucoup vantées par les Tartares , il y a ap- « parence qu’elles seraient peu estimées en Europe , parce « qu elles ont des défauts considérables dans la forme et dans « la couleur. L’empereur en a plusieurs cordons de cent « peiles ou plus, toutes semblables et d’une grosseur consi- « dérable; mais elles sont choisies entre des milliers , parce « qu elles lui appartiennent toutes. » Histoire générale des Voyages , tome \ I , page 562. — A l’est de la province de Teceth est la province de Iiaindu , qui porte le nom de sa capitale, où il y a un lac salé qui produit tant de perles, quel les n auraient aucune valeur, s’il était libre de les prendre ; mais la loi défend , sous peine de mort, d’y loucher sans la permission du grand kan. Voyage de Marc-Paul , an <556, dans 1 Histoire générale des Voyages , tome VII , page 331.

T;es ( otes SMkokf (au Japon) sont couvertes d’huîtres et autres coquillages qui renferment des perles. Les plus grosses et les plus belles se trouvent dans une huître qui est peu près de la largeur de la main , mince, frêle, unie et luisante au dehors, un peu raboteuse et inégale en dedans d une couleur blanchâtre , aussi éclatante que la nacre ordinaire, et dilfic.le à ouvrir. On ne voit de cescoauilles qu’aux

o2rl°HS da Sal8uma’ « dan< '«golfe tl'Orrnwa. Histoire géj Je des ' oyages , tome I V, page 322 et suivantes.

periesSHilfrS J°îsinfs de Mindanao produisent de grosses ‘ génér‘ des Voyages , tome X , page 399.

'Idem, tome VH, page 534.

Persique ' . La mer qui baigne les côtes de l’Arabie , du côté de Moka , en fournit aussi 2 , et ia baie du cap Comorin , dans la presqu’île occidentale de l’Inde, est l’endroit de la terre le plus fameux pour la recherche et l’abondance des belles perles a. Les Orientaux et les com-

* L île de Garack , une des plus considérables du golfe Pprsique . regarde vers le midi l’île de Baharem , où se pêchent les plus belles perles de l’Orient. Hist. gén. des Voyages, tome IX page 9. — Cette île de Garack fournit elle-même de très-belles perles, qui se pechent sur ses côtes, et qui se transportent dans ou e Asie et en Europe ; les connaisseurs conviennent qu’il y en a peu d aussi belles. La pêche des perles , dans l’île de Gatack, commence au mois d avril, et dure six mois entiers.

Aussitôt que la saison est arrivée , les principaux Arabes achètent des gouverneurs , pour une somme d’argent la permission de pêcher. 11 se trouve des marchands qui emploient jusqu’à vingt et trente barques. Ces barques sont fort petites et n ont que trois hommes, deux rameurs et un plongeur : lorsqu’ils sont arrivés sur un fond de dix à douze rasses , ils jettent leurs ancres. Le plongeur se pend au cou un petit panier qui lui sert à meltre les nacres : on lui passe sous les bras et on lui attache au milieu du corps une corde de longueur égale à la profondeur de l’eau; il s’assied sur une pierre qui pèse environ cinquante livres , attachée par une antre corde de même longueur, qu'il serre avec les deux mains pour se soutenir et ne la pas quitter lorsqu’elle tombe avec toute la violence que lui donne son poids. Il prend soin d arrêter le cours de sa respiration par le nez avec une sorte

? Unelt,e .qui le lui serre- Da«s cet état, les deux autres hommes le laissent tomber dans la mer avec la pierre sur laquelle il est assis , et qui le porte rapidement au fond. Iis retirent aussitôt la pierre, et le plongeur demeure au fond de 1 eau pour y ramasser toutes les nacres qui se trouvent sous sa main ; il les met dans le panier à mesure qu’elles se présentent , sans avoir le temps de faire un grand choix , qui serait d ailleurs difficile, parce qu’elles n’ont aucune marque à laquelle on puisse distinguer celles qui contiennent des perles •

La respiration lui manque bientôt , il tire une corde qui sert de signal à ses compagnons, et , revenant en haut dans l'état qu on peut s imaginer, il y respire quelques moments* On lui fait recommencer le même exercice, et toute la journée se passe à monter et à descendre. Cette fatigue épuise tôt ou tard les plongeurs les plus robustes. Il s’en trouve néanmoins qui résistent longtemps; mais le nombre en est petit , au lieu qu’il est fort ordinaire de les voir périr dès les premières épreuves.

C'est le hasard qui fait trouver des perles dans les nacres cependant on est toujours sûr de tirer, pour fruit du travail une huître d’excellent goût- et quantité de beaux coquillages!

Le pêcheur , comme ayant plus de peine que les autres , a la plus grande part au profit de la pêche. Histoire générale des Voyages , tome IX , pages 9 et <0. — Il vient d’Orraus à Goa des perles fines qui se pêchent dans ce détroit , et qui sont les plus grosses , les plus nettes et les plus précieuses de l’univers. Idem , tome VIII , page 230.

2 Sur les côtes des îles Allas , les Maures viennent faire la pêche des perles. Idem , tome I, page <46. — La côte de Zabid , à trois journées de Moka , fournit un grand nombre de perles orientales. Idem , ibid., page <52.

5 C’est précisément au cap de Comorin , dans la presqu’île occidentale de l’Inde , que commence la côte de la pêche des perles. Elle forme une espèce de baie qui a plus de quarante lieues, depuis le cap de Comorin jusqu’à la pointe de Romanaçar , où l’Ile de Ceylan est presque unie à la terre ferme par une chaîne de rochers que quelques Européens appellent le Pont d’Adam. Toute la côte de la pêcherie , qui appartient au roi de Maduré et au prince de Marava , est Inabordable aux vaisseaux d’Europe.

merçants d’Europe ont établi en plusieurs endroits de l’Inde des troupes de pêcheurs , ou , pour mieux dire, de petites compagnies de plongeurs qui , chargés d’une grosse pierre , se laissent aller au fond de la mer pour en détacher les coquillages au hasard, et les rapporter

HISTOIRE NATURELLE

tire des mers chaudes de l’Asie méridionale sont les plus belles et les plus précieuses , et probablement les espèces de coquillages qui les produisent ne se trouvent que dans ces mers ; ou, s’ils se trouvent ailleurs dans des climats moins chauds , ils n’ont pas la même faculté et

La Compagnie de Hollande ne fait pas pêcher les perles pour son compte , mais elle permet à chaque habitant du pays d'avoir autant de bateaux que bon lui semble : chaque bateau lui paie soixante écus . et il s‘en présente quelquefois jusqu’à six ou sept cents.

Vers le commencement de i’année, la compagnie envoie dix ou douze bateaux au lieu où l’on a dessein de pêcher. Les plongeurs apportent sur le rivage quelques milliers d huîtres; on ouvre chaque millier à part , et on met aussi à part les perles qu’on en tire : si le prix de ce qui se trouve dans un millier monte à un écu ou au delà, c’est une marque que la pêche sera riche et abondante en ce lieu ; mais si ce qu'on peut tirer d’un millier ne va qu’à trente sous , il n’y a pas de pêche cette année , parce que le profit ne paierait pas la peine. Lorsque la pêche est publiée , le peuple se rend sur la côte en grand nombre avec des bateaux. Les commissaires hollandais viennent de Colombo , capitale de l Ile de Ccylan , pour présider à la pcche.

L'ouverture s'en fait de grand matin par un coup de canon. Dans ce moment tous les bateaux partent et s’avancent dans la mer, précédés de deux grosses chaloupes hollandaises.

à ceux qui les paient assez pour leur faire cou- ! n’y produisent rien de semblable; et c’est peutrir le risque de leur vie Les perles que l’on être parce que les vers à tarière qui percent ces

coquilles n’existent pas dans les mers froides

ou tempérées.

On trouve aussi d’assez belles perles dans les mers qui baignent les terres les plus chaudes de l’Amérique méridionale, et surtout près des côtes de Californie, du Pérou et de Panama1:

sont les plus belles qu’on connaisse pour l'eau et la rondeur, mais il est rare qu’elles passent trois ou quatre karats; 4° celle du cap de Comorin , qui se nomme simplement Pêcherie, comme par excellence, quoique moins célèbre aujourd’hui que celles dn golfe Persique et deCeylan; 5° enfin celles du Japon , qui donnent des perles assez grosses et de fort belle eau , mais ordinairement baroques.

Ceux qui pourraient s’étonner de ce qu’on porte des perles en Orient , d'où il en vient un si grand nombre , doivent apprendre que dans les pêcheries d’Orient il ne s’en trouve point de si grand prix que dans celles d'Occident, sans compter que les monarques et les seigneurs de l’Asie paient bien mieux la mer, preceues tie ueux yrusaca uuuum.u.c^u , que les Européens , non-seulement les perles , mais cncoie

pour marquer à droite et à gauche les limites de la pêche. Un tous les joyaux qui ont quelque chose d’extraordinaire , à bateau a plusieurs plongeurs qui vont à l’eau tour à tour; aussi- l’exception du diamant. Quoique les perles de Baliren et de

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tôt que l’un vient , l’autre s’enfonce. Ils sont attachés à une corde , dont le bout tient à la vergue du petit bâtiment , et qui est tellement disposée, que les matelots du bateau, pai le moyen d’une poulie , la peuvent aisément lâcher ou tirer, selon le besoin qu’on en a. Celui qui pionge a une grosse pierre attachée au pied afin d'enfoncer plus vite , et une espèce de sac à la ceinture pour mettre les huîtres qu’il pêche ; dès qu’il est au fund de la mer, il ramasse promptement ce qui se trouve sous se* mains , et le met dans son sac. Quand il trouve plus d’huîtres qu’il n’en peut emporter, il en fait un monceau , et, revenant sur l'eau pour prendre haleine , il retourne ou envoie un de ses compagnons les ramasser. Il est faux que les plongeurs se mettent dans des cloches de verre

Catifa tirent un peu sur le jaune, on n’en fait pas moins de cas que de celles de Manor , parce que tous les Orientaux prétendent qu’elles sont mûres ou cuites , et que leur couleur ne change jamais. On a fait une remarque importante sur la différence de l’eau des perles, qui est fort blanche dans les unes et jaunâtre ou tirant sur le noir, ou plombeuse dans les autres. La couleur jaune vient , dit-on , de ce que les pêcheurs vendant les huîtres par monceaux , et les marchands attendant quelquefois pendant quinze jours qu’elies s’ouvrent d’elles-mêmes pour en tirer les perles , une partie de ces huîtres qui perdent leur eau dans cet intervalle s’altèrent jusqu’à devenir puantes , et la perle est jaunie par l'infection : ce qu’il y a de vrai , c’est que dans les huîtres qui ont con-

taux que lUS piUU^CUlî' mciicuiwa-uo O ‘ ^ L'L* il J «. ^ ~~~~ - - 1 -

pour plonger ; comme ils s’accoutument à plonger et à rete- j servé leur eau , les perles sont toujours blanches. On attend

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nir leur haleine de bonne heure , ils se rendent habiles à ce métier, qui est si fatigant qu’ils ne peuvent plonger que sept ou huit fois par jour, encore les requins sont-ils fort à craindre. Bibliothèque raisonnée , mois d’avril , mai et juin 1749. Recueil d’observations curieuses sur les mœurs, coutumes , etc., des dilférents peuples de l’Asie , etc., en quatre volumes. Paris, 1749.

1 Les principales pêcheries des perles sont : 1° celle de Bahren dans le golfe Persique. Elle appartient au roi de Perse t qui entretient dans l île de ce nom une garnison de trois cents hommes pour le soutien de ses droits ; 2° celle de Catifa , visà-vis deBahren , sur la côte de l’Arabie heureuse. La plupart des perles de ces deux endroits se vendent aux Indes , et les Indiens étant moins difficiles qu’on ne l’est en Europe , tout y passe aisément.— On en porte aussi àBassora. Celles qui vont en Perse et en Moscovie se vendent à Berider-Abassi. Dans tonte l’Asie, on aime autant les perles jaunes que les blanches, parce que l’on croit que celles dont l’eau est un peu dorée conservent toujours leur vivacité , au lieu que les blanches ne durent pas trente ans sans la perdre , et que la chaleur du pays ou la sueur de ceux qui les portent leur fait prendre un vilain jaune; 3° la pêcherie de Manor dans l’ile de Ceylan : ses perles

qu’elles s’ouvrent d’elles-mêmes , parce qu’en y employant la force , on pourrait endommager et fendre la perle. Les huîtres du détroit de Manor s’ouvrent naturellement cinq ou six jours plus tôt que celles du golfe Persique , ce qu’il faut attribuer à la chaleur qui est beaucoup plus grande à Manor, c’est-à-dire au 10e degré de latitude nord , qu’à l’île de Baliren, qui est presque au 27e. Aussi se trouve-t-il fort peu de perles jaunes entre celles qui viennent de Manor.

Dans les mers orientales , la pêche des perles se fait deux fois l’an ; la première aux mois de mars et d’avril , la seconde en aorit et septembre. La vente des perles se lait depuis juin jusqu’en novembre. Histoire générale des Voyages , tome II, page 682 et suivantes.

* La côte de Californie , celle du Pérou et celle de Panama produisent aussi de grosses perles; mais elles n’ont pas leau des perles orientales , et sont outre cela noirâtres et piotnbeuses. On trouve quelquefois dans une seule huître jusqu à sept ou huit perles de différentes grosseurs. Bibliothèque raisonnée , mois d’avril , etc., 1749. — Quoique les huîtres perlières soient communes dans toute la baie de Panama en Amérique , elles ne sont nulle part en aussi grande abondance qu’à Qnibo : il ne faut que se baisser dans la mer et les détacher d

DES MINÉRAUX

mais elles sont moins parfaites et moins estimées que les perles orientales. Enfin on en a rencontré autour des îles de la mer du Sud 1 , et ce qui a paru digne de remarque, c’est qu’en général les vraies et belles perles ne sont produites que dans les climats chauds, autour des îles ou près des continents , et toujours à une médiocre profondeur ; ce qui semblerait indiquer qu’indépendamment de la chaleur du globe, celle du soleil serait nécessaire à cette production, comme à celle de toutes les autres pierres précieuses. Mais peut-être ne doit-on l’attribuer qu’à l’existence des vers qui percent 1 es coquilles,

fond. Celles qui donnent le plus de perles sont à plus de profondeur. On assure que la qualité de la perle dépend de la qualité du fond où l'huître s’est nourrie ; si le fond est vaseux, la perle est d’une couleur obscure et de mauvaise eau. Les plongeurs qu'on emploie pour cette pêche sont des esclaves nègres, dont les habitants de Panama et de la côte voisine entretiennent un grand nombre , et qui doivent être dressés avec un soin extrême à cet exercice. Histoire générale des Voyages, tome II, page 156. — Un des plus grands avantages de Panama est la pêche des perles , qui se fait aux îles de son golfe. Il y a peu d'habitants qui n’emploient un certain nombre de nègres à cette pêche.

La méthode n’en est pas différente de celle du golfe Persique et du cap Comorin ; mais elle est plus dangereuse ici par la multitude des monstres marins qui font la guerre aux pêcheurs; les requins et les teinturières dévorent en un instant Ses plongeurs qu'ils peuvent saisir. Cependant ils ont l'art de les envelopper de leur corps et de les étouffer, ou de les écraser contre le fond en se laissant tomber sur eux de toute leur pesanteur; etpourse défendred'une manière plus sûre,chaque plongeur est armé d’un couteau pointu fort tranchant; dès qu d aperçoit un de ces monstres , il l’attaque par quelque endroit qui ne puisse pas résister à la blessure , et lui enfonce son couteau dans le corps. Le monstre ne se sent pas plutôt blessé qu'il prend la fuite. Les caporaux nègres , qui ont l’inspection sur les autres esclaves, veulent de leurs barques à l'approche de ces cruels animaux, et ne manquentpointd'avertir les plongeurs en secouant une corde qu'il ont autour du corps ; souvent un caporal se jette lui-même dans les ilôts , armé d’un couteau , pour secourir le plongeur qu’il voit en danger ; mais ces précautions n’empêchent pas qu'il n’en périsse toujours quelques-uns , et que d'autres ne reviennent estropiés d’un bras ou d’une jambe. Jusqu’à présent tout ce qu’on a pu inventer pour mettre les pécheurs à couvert a mal réussi. Les perlesde Panamasont ordinairement de très-belle eau; il s’en trouve de remarquables par leur grosseur et leur figure. Une partie est transportée en Europe, mais la plus considérable passe à Lima, où elles sont extrêmement recherchées, ainsi que dans les provinces intérieures du Pérou. Idem , tome XIII , page 277. — Autrefois il y avait dans le golfe de Manta , dans le corrégiment de Guayaquil au Pérou, une pêche de perles; mais la quantité de monstres marins qui s’y trouvent a fait abandonner la pêche de ces perles. Idem , ibidem , page 366.

* On trouve des perles et des huîtres sur les côtes de l'île d'Otaïti. Voyage autour du monde, par le commodoreJB^uon, etc., tome I, page 137.— Les femmes d’Uliétéa paraissent faire cas des perles, car on vit une fille qui avait un pendant d’oreille de trois perle9 , dont l’une était très-grosse, mais si t^;ne,. qu’elle était de peu de valeur ; les deux autres, qui étaient delà grosseur d'un pois moyen , étaient d'une belle forme, ce qui iait présumer qu’il se trouve des huîtres à perles près de leurs Voyage du capitaine Cook, etc., tome III, page 10.

dont les espèces ncsc trouvent probablement que dans les mers chaudes, et point du tout dans les régions froides et tempérées; il faudrait donc un plus grand nombre d’observations pour prononcer sur les causes de cette belle production, qui peuvent dépendre de plusieurs accidents, dont les effets n’ont pas été assez soigneusement observés.

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