MANT
Le mouvement du magnétisme semble être composé de deux forces, l’une attractive et l’autre directive. Un aimant, de quelque figure qu’il soit, attire le fer de tous côtés et dans tous les points de sa surface ; et plus les pierres d’aimant sont grosses , moins elles ont de force attractive, relativement à leur volume; elles en ont d’autant plus qu’elles sont plus pesantes, et toutes ont beaucoup moins de puissance d’attraction quand elles sont nues que quand elles sont armées de fer ou d’acier. La force directive, au contraire, se marque mieux , et avec plus d’énergie, sur les aimants nus que sur ceux qui sont armés.
Quelques savants physiciens, et entre autres Taylor et Musschembroëck , ont essayé de déterminer, par des expériences, l’étendue de la sphère d’attraction de l’aimant et l’intensité de cette action à différentes distances ; ils ont observé qu’avec de bons aimants cette force attractive était sensible jusqu’à treize ou quatorze pieds de distance ; et, sans doute, elle s’étend encore plus loin. Us ont aussi reconnu que rien ne pouvait intercepter faction de cette force, en sorte qu’un aimant renfermé dans une boîte agit toujours à la même distance. Ces faits suf-
que de septou huit pieds , a trois toises de long , peu de hauteur et de largeur ; elle est d’un aimant bien plus vif que l’autre. Elle attirait avec une force extraordinaire les instruments de fer dont on se servait. On ne pouvait en détacher aucun morceau, parce que les instruments de fer, qui étaient fort mal trempés , étaient aussitôt reboulés. On s’attacha à la grande, dont on eut peine de rompre quelques morceaux qui avaient de la saillie , et qui donnaient de la prise au marteau. On ne laissa pas que d’en tirer quelques bonnes pierres : les pôles de la mine , autant qu’on en peut juger par les morceaux de fer qu’on y appliqua , regardaient le midi et le septentrion ; car on n’a pu rien reconnaître par la boussole , l’aiguille s’affolant sitôt qu’on l’en approchait. Histoire génér. des Voyages, tome IX , pages 206 et 243.
* Il y a peu de provinces dans la Chine où l'on ne trouve des pierres d’aimant. On en apporte aussi du Japon à la Chine , mais on les emploie particulièrement aux usages de la médecine ; elles se vendent au poids, et les plus chères ne se vendent jamais plus de huit sous l'once. Idem, tome VI , page 83.
2 On trouve beaucoup d’aimant à Mindanao.... Voyage de M le Gentil aux Indes. Paris, 1781, tome II , page 36.
s on trouve dans le Bambouk , eu Afrique , d’excellentes pierres d’aimant , dont on a envoyé plusieurs morceaux eu France. Hist. génér. des Voyages , tome II , page 644.
4 On fit voir à Gemeili-Caréri , dans un cabinet de raretés , au Mexique , une pierre d’aimant, de la grosseur d’une pomme
HISTOIRE NATURELLE
fisent pour qu’on puisse concevoir qu’en plaçant et cachant des aimants et du fer en différents endroits , même assez éloignés, on peut produire des effets qui paraissent merveilleux, parce qu’ils s’opèrent à quelque distance, sans action apparente d'aucune matière intermédiaire, ni d’aucun mouvement communiqué.
Les anciens n’ont connu que cette première propriété de l’aimant; ils savaient que le fer, de quelque côté qu’on le présente, est toujours attiré par l’aimant ; ils n’ignoraient pas que deux aimants présentés l’un à l’autre s’attirent ou se repoussent. Les physiciens modernes ont démontré que cette attraction et cette répulsion entre deux aimants sont égales , et que la plus forte attraction se fait lorsqu’on présente directement les pôles de différents noms, c’est-à-dire, le pôle austral d’un aimant, au pôle boréal d'un autre aimant; et que de même la répulsion est la plus forte , quand on présente l’un à l’autre les pôles de même nom. Ensuite ils ont cherché la loi de cette attraction et de cette répulsion ; et ils ont reconnu qu’au lieu d’être comme la loi de l’attraction universelle, en raison inverse du carré de la distance , cette attraction et cette répulsion magnétique ne décroissent pas même autant que la distance augmente 1 : mais , lorsqu’ils ont voulu graduer l’échelle de cette loi, ils y ont trouvé tant d’inconstance et de si grandes variations , qu’ils n’ont pu déterminer aucun rapport fixe, aucune proportion suivie entre les degrés de puissance de cette force attractive, et les effets qu’elle produit à différentes distances; tout ce qu’ils ont pu conclure d’un nombre infini d’expériences, c’est que la force attractive de l’aimant décroît proportionellement plus dans les grandes que dans les petites distances.
Nous venons de dire que les aimants ne sont pas tous d’égale force à beaucoup près ; que plus les pierres d’aimant sont grosses, moins elles ont
ordinaire , qui enlevait dix livres de fer. Idem , tome Xï , page 536. Le corrégiment de Copiapo, au Chili, produit quantité de pierres d’aimant Idem , tome XIII, page 144.
4 Muschembroëck , Disserfatio de magnete, page 16 et suiv. Pour connaître la loi de cette attraction , ce physicien s’est servi d’aimants de forme ronde , et , par une balance très-mobile, il a mesuré l’effet de cette force à toutes distances, depuis une demi-ligne jusqu’à plusieurs pouces ; en comparant les résultats d’un très-grand nombre d’expériences, il a vu que cette force attractive des aimants sphériques, non-seulement ne diminuait pas comme celle de l’attraction universelle, en raison inverse du carré de la distance , mais que la diminution de cette force magnétique n est pas même en raison inverse de la simple distance.
de force attractive, relativement à leur volume et qu’elles en ont d’autant plus qu’elles sont plus pesantes, à volume égal : mais nous devons ajouter que les aimants les plus puissants ne sont pas toujours les plus généreux, en sorte que quelquefois ces aimants plus puissants ne communiquent pas au fer autant de leur vertu attractive que des aimants plus faibles et moins riches, mais en même temps moins avares de leur propriété.
La sphère d’activité des aimants faibles est moins étendue que celle des aimants forts ; et, comme nous l’avons dit, la force attractive des uns et des autres décroît beaucoup plus dans les grandes que dans les petites distances : mais, dans le point de contact, cette force, dont l’action est très-inégale à toutes les distances dans les différents aimants , produit alors un effet moins inégal dans l’aimant faible et dans l’aimant toit, de sorte qu il faut employer des poids moins inégaux pour séparer les aimants forts et les aimants faibles, lorsqu’ils sont unis au fer ou à l’aimant par un contact immédiat.
Le fer attire l’aimant autaut qu’il en est attiré : tous deux, lorsqu’ils sont en liberté, font la moitié du chemin pour s’approcher ou se joindre. L’action et la réaction sont ici parfaitement égales : mais un aimant attire le fer de quelque côté qu’on le présente, au lieu qu’il n’attire un autre aimant que dans un sens, et qu'il le repousse dans le sens opposé.
La limaille de fer est attirée plus puissamment par l’aimant que la poudre même de la pierre d’aimant, parce qu’il y a plus de parties ferrugineuses dans le fer forgé que dans cette pierre , qui néanmoins agit de plus loin sur le fer aimanté qu’elle ne peut agir sur du fer non aimanté ; car le fer n’a par lui-même aucune force attractive : deux blocs de ce métal, mis l’un auprès de l’autre , ne s’attirent pas plus que deux masses de toute autre matière ; mais, dès que 1 un ou l’autre, ou tous deux, ont reçu la vertu magnétique, ils produisent les mêmes effets et présentent les mêmes phénomènes que la pierre d’aimant, qui n’est en effet qu’une masse ferrugineuse aimantée par la cause générale du magnétisme. Le fer ne prend aucune augmentation de poids par l’imprégnation de la vertu magnétique; la plus grosse masse de fer ne pèse pas un grain de plus, quelque fortement qu’elle soit aimantée : le fer ne reçoit donc aucune matière réelle par cette
DES MINÉRAUX
•ommunication , puisque toute matière est pesante sans même en excepter celle du feu U Cependant le feu violent agit sur l’aimant et ;ur le fer aimanté; il diminue beaucoup, ou plutôt il suspend leur force magnétique lorsju’ils sont échauffés jusqu’à l’incandescence ,
3t ils ne reprennent cette vertu qu’à mesure ju’ils se refroidissent. Une chaleur égale à celle lu plomb fondu 2 ne suffit pas pour produire jet effet : et d’ailleurs le feu , quelque violent ju’il soit , laisse toujours à l’aimant et au fer limanté quelque portion de leurs forces ; car , ians l’état de la plus grande incandescence , ls donnent encore des signes sensibles , quoijue faibles , de leur magnétisme. M. Épinusa nême éprouvé que des aimants naturels portés \ l’état d’incandescence , refroidis ensuite , et fiacés entre deux grandes barres d’acier fortement aimantées, acquéraient un magnétisme )lus fort 3; et, par la comparaison de ses ex-
t voyez , dans cette Histoire naturelle , article de la Pesanleur du feu.
2 Pour faire des aimants d’un volume considérable , les ouvriers joignent ensemble plusieurs petits morceaux d aimant lu’ils réunissent, en les appliquant d’abord les uns contre les tutres , et les plongeant ensuite dans du plomb ou de l’étain bndu. La chaleur communiquée par ces métaux fondus à jette masse d’aimant n’en diminue pas la force , et il faut un aien plus grand degré de ch.deur, et même un feu très- violent , pour opérer cette diminution ou suspension de force de l’aimant et du fer aimanté. Muschembroëck , page 73.
5 « Le premier aimant que j’ai soumis à l'expérience , dit i M. Epinus , était un parallélipipède régulier ; il était noi- , râtre , sans éclat métallique , très-homogène , très-com- « pacte , et tel que sont communément les aimants de mau- « vaise qualité. Il n’avait presque pas de force, car il pesait « nu deux onces 77, avec son armure trois onces 77? et 1 n’élevait que quatre onces. Je 1 ai dépouillé de son ar- 1 mure .je l’ai placé entre deux grandes barres d’acier foi te- « ment aimantées, suivant la manière que j ai décrite, et,
* après une demi-heure, j’ai trouvé que sa vertu était aug-
< mentée, et que rejoint à son armure , il p uvait élever 12
< onces î ; je l’ai exposé au feu libre des charbons, je l’ai ( laissé dans une forte incandescence pendant une demi- « heure; j’ai trouvé après son refroidissement, quil avait 1 perdu presque toute la force magnétique qu’il possédait.
* Je l’ai placé pendant un quart d heure entre les deux ban es « aimantées dont j'ai déjà parlé, et j ai trouvé que , garni de
* son armure , il élevait déjà plus de dix-huit onces; il a « donc , après son incandescence , obtenu pai le moyen des « barres aimantées , dans un court espace de temps , une
* force beaucoup plus considérable que celle qu il avait ac- « quise , pendant un temps plus long , avant d être exposé au t feu. 11 est donc évident que l’aptitude de cet aimant à rece- « voir le magnétisme, a été augmentée par mon procédé « dans le rapport de trente-sept à vingt-sept , ce qui revient
< à peu près à celui de sept à cinq.
«Un autre aimant qui pesait nu quatre onces 7 > et cinq
< onces [ avec son armure , présentait aussi une matière
* uniforme et compacte ; mais il paraissait plus riche en mé- « tal que le premier aimant; lorsqu’il était revêtu de son ar- « mure, il portait six onces 7; placé une demi-heure entre
périences , il paraît que plus un aimant est vigoureux par sa nature , mieux il reçoit et con serve ce surcroît de forces.
L’action du feu ne fait donc que diminuer ou suspendre la vertu magnétique , et concourt même quelquefois à l’augmenter : cependant la percussion , qui produit toujours de la chaleur lorsqu’elle est réitérée , semble détruire cette force en entier; car, si l’on frappe fortement , et par plusieurs coups successifs , une lame de fer aimantée, elle perdra sa vertu magnétique, tandis qu’en frappant de même une semblable lame non aimantée, celle-ci acquerra , par cette percussion , d’autant plus de force magnétique que les coups seront plus forts et plus réitérés : mais il faut remarquer que la percussion , ainsi que l’action du feu , qui semble détruire la vertu magnétique , ne font que la changer ou la chasser , pour en substituer une autre , puisqu’elles suffisent pour aimanter le fer qui ne l’est pas ; elles ôtent donc au fer aimanté la force communiquée par l’aimant, et en même temps y portent et lui substituent une nouvelle force magnétique, qui devient très-sensible lorsque la percussion est continuée ; le fer perd la première, et acquiert la seconde qui est souvent plus faible et moins durable : il arrive ici le même effet à peu près que quand on passe sur un aimant faible du fer aimanté par un aimant fort; ce fer perd la
« les aimants artificiels, avant d'être exposé à l’action du feu a il ne put pas porter au-delà de vingt-deux onces 7 ; tenu « en incandescence au milieu des charbons pendant une de- « mi-heure, et ensuite refroidi . il avait perdu presque toute « sa force; mais placé pendant un quart d’heure au milieu < des aimants artificiels , il éleva facilement trente-sept onces « 7, et son aptitude à recevoir la vertu magnétique se « trouva augmentée dans le rapport d’environ huit à cinq. Il « parait donc que la méthode que je décris produit des ef- « fets d’autant plus grands, que les aimants sont plus géné- « reux, avant d'être présentés au feu. J ai vu aussi , parle « moyen du dernier aimant dont je viens de parler, que l'aug- « mentation de force obtenue par ma méthode était assez « durable, et ne se dissipait pas facilement; car ce second « aimant n'avait encore rien perdu de sa vigueur au bout de « six mois. »
M. Épinus croit qu’on pourrait augmenter encore plus la vigueur des aimants par la cémentation, qui leur donnerait plus de qualité que la simple torréfaction au feu nu. 11 propose de tailler en parallélipipèdes les aimants tirés immédiatement de la mine , en leur donnant le plus de longueur qu’il se pourra , pour les cémenter au feu et les plonger ensuite dans l’eau froide; après quoi , il propose de les placer entre deux ou plusieurs barres d acier aimantées , et de les frolter avec deux aimants artificiels , suivant la méthode du double contact. Il faudra aussi les armer après avoir choisi pour pôles les points les plus éloignés l’un de l’autre. Ces aimants présenteront alors la plus grande force magnétique qu'il» puissent comporter. Epinus , N08 359, 360 et 562.
grande force magnétique qui lui avait été com¬
muniquée par I aimant fort, et il acquiert en meme temps la petite force que peut lui donner l’aimant faible.
Si l’on met dans un vase de la limaille de fer et qu’on la comprime assez pour en faire une masse compacte , à laquelle on donnera la vertu magnétique , en l’appliquant ou la frottant contre l’aimant, elle la recevra comme toute autre matière ferrugineuse ; mais cette même limaille de fer comprimée, qui a reçu la vertu magnétique, perdra cette vertu dès qu’elle ne fera plus masse , et qu’elle sera réduite au même état pulvérulent où elle était avant d’avoir été comprimée. II suffit donc de changer la situation respective des parties constituantes de la masse pour faire évanouir la vertu magnétique ; chacune des particules de limaille doit être considérée comme une petite aiguille aimantée , qui dès lors a sa direction et ses pôles. En changeant donc la situation respective des particules, leurs forces attractives et directives seront changées et détruites les unes par les autres. Ceci doit s’appliquer à l’effet de la percussion , qui , produisant un changement de situation dans les parties du fer aimanté, fait évanouir sa force magnétique. Cela nous démontre aussi la cause d’un phénomène qui a paru singulier , et assez difficile à expliquer.
Si l’on met une pierre d’aimant au-dessus d’une quantité de limaille de fer que l’on agitera sur un carton, cette limaille s’arrangera en formant plusieurs courbes séparées les unes des autres, et qui laissent deux vides aux endroits qui correspondent aux pôles de la pierre : on croirait que ces vides sont occasionnés par une répulsion qui ne se fait que dans ces deux endroits, tandis que l’attraction s’exerce sur la limaille dans tous les autres points; mais lorsqu’on présente l’aimant sur la limaille de fer, sans la secouer, ce sont, au contraire, les pôles de la pierre qui toujours s’en chargent le plus. Ces deux effets opposés sembleraient, au premier coup d’œil , indiquer que la force magnétique est tantôt très-active , et tantôt absolument inactive aux pôles de 1 aimant : cependant il est très-certain et même nécessaire que ces deux effets , qui semblent être contraires, proviennent de la même cause; et comme rien ne trouble l’effet de cette cause dans 1 un des cas , et qu’il est troublée dans
NATURELLE
l’autre par les secousses qu’on donne à la |j. maille, on doit en inférer que la différence m dépend que du mouvement donné à chaqui particule de la limaille.
En général , ces particules étant autant d< petites aiguilles, qui ont reçu de l’aimant le* forces attractives et directives presque en même temps et dans le même sens , elles doivem perdre ces forces et changer de direction, dès que, par le mouvement qu’on leur imprime, leur situation est changée. La limaille serapai conséquent attirée, et s’amoncellera lorsque les pôles austraux de ces petites aiguilles seronl disposés dans le sens du pôle boréal de l’aimant, et cette même limaille formera des vides lorsque les pôles boréaux des particules seront daus le sens du pôle boréal de l’aimant, parce que, dans tout aimant ou fer aimanté, les pôles de différents noms s’attirent , et ceux de même nom se repoussent.
Il peut arriver cependant quelquefois, lorsqu’on présente un aimant vigoureux à un aimant faible , que les pôles de même nom s’attirent au lieu de se repousser : mais ils ont cessé d’être semblables lorsqu’ils tendent l’un vers 1 autre; l’aimant fort détruit par sa puissance la vertu magnétique de l’aimant faible , et lui en communique une nouvelle qui change ses pôles, On peut expliquer , par cette même îaison, plusieurs phénomènes analogues à cet effet, et particulièrement celui que M. Épinus a observé le premier , et que nous citons , par extrait, dans la note ci-dessous i .
Que 1 on tienne verticalement un aimant au-dessus d'um table , sur laquelle on aura placé une petite aiguille d'acier i une certaine distance du point au-dessus duquel l'aimant se ra smpcudu ; l’aiguille tendra vers l’aimant, et son ex i ré mité la plus voisine de l’aimant s’élèvera au dessus de la sur. lace de la table : si l'on frappe légèrement la table par-dessous , 1 aiguille se soulèvera en entier, et lorsqu’elle sera retombée , elle se tiouvera plus près du point correspondanl au dessous de l’aimant ; son extrémité s’élevant davantage formera , avec la table . un angle moins aigu , et à force de petits coups réitérés . elle parviendra précisément au-dessous de 1 aimant et se tiendra perpendiculaire. Si , au contraire, on place l’aimant au-dessous de la table, ce sera l'extrémité de 1 aiguille la plus éloignée de l’aimant qui s’élèvera; l'aiguille , mise en mouvement par de légères secousses, se trouvera toujours, après être retombée . à une plus grande distance du point correspondant au-dessus de 1 aimant: son extrémité s’élèvera moins au-dessus de la table , et formera un angle plus aigu. L aiguille acquiert la vertu magnétique par la pioximité de 1 aimant. L'extrémité de l'aiguille opposée à cet aimant prend un pôle contraire au pôle de l’aimant dont elle est voisine , elle doit donc être attirée pendant que lautie extrémité sera repoussée. Ainsi l’aiguille prendra successivement une position où l une de ses extrémilés sera le plus près . et l’autre le plus loin possible de l’aimant ; elle
DES MINÉRAUX, 665
Nous devons ajouter à ces faits un autre fait jui démontre également que la résidence fixe îinsi que la direction décidée de la force magnétique, ne dépendent dans le fer et l’aimant pie de la situation constante de leurs parties lans le sens où elles ont reçu cette force : le fer
l’acquiert de lui-même la vertu magnétique ,
;t l’aimant ne la communique au fer que dans me seule et même direction ; car si l’on ainante un fil de fer selon sa longueur, et qu’eniuite on le plie de manière qu’il forme des ingles et crochets , il perd dès lors sa force nagnétique , parce que la direction n’est pas la nême, et que la situation des parties a été îhangée dans les plis qui forment ces crochets; es pôles des diverses parties du fer se trouvent ilors situés les uns relativement aux autres , de nanière à diminuer ou détruire mutuellement eur vertu, au lieu delà conserver ou l’accroître : it non-seulement la force magnétique se perd lans ces parties angulaires , mais même elle ne ubsiste plus dans les autres parties du fil de er qui n’ont point été pliées ; car le déplaceront des pôles et le changement de direction ccasionnés par les plis, suffisent pour faire terdre cette force au fil de fer dans toute son tendue.
Mais si l’on passe un fil de fer par la filière , lans le même sens qu’il a été aimanté , il coniervera sa vertu magnétique , quoique les paries constituantes aient changé de position en l’éloignant les unes des autres , et que toutes lient concouru plus ou moins à l’allongement le ce fil de fer par leur déplacement ; preuve ividente que la force magnétique subsiste ou i’évanouit , selon que la direction se conserve a même , lorsque le déplacement se fait dans e même sens , ou que cette direction devient
loit donc tendre à se diriger parallèlement à une ligne droite lue l’on pourrait tirer de son centre de gravité à l’aimant; orsque l'aiguille s’élève pour obéir à la petite secousse , la :endance que nous venons de reconnaître lui donne , peniant quelle est en l’air, une nouvelle position relativement à aimant, et s’il est suspendu au-dessus de la table , cette nouvelle position est telle , que l’aiguille en retombant se irouve plus [très du point correspondant au-dessous de l'aimant ; si , au contraire l’aimant est au-dessous de la table , a nouvelle position donnée à l’aiguille , pendant qu’elle est ancore en l’air, fait nécessairement qu’après être tombée , aile se trouve plus éloignée du point au-dessous duquel l’aimant a été placé. Il est inutile de dire que si l’on remplace la petite aiguille par de la limaille de fer, l’on voit les mêmes effets produits dans toutes les particules qui composent la limaille. Extrait de la seconde des dissertations que M. Épi nus a publiées à la suite de son Essai sur la ihéorie de l’Électricité et du Magnétisme.
différente lorsque le déplacement se fait dans un sens opposé.
On peut considérer un morceau de fer ou d’acier comme une masse de limaille dont les particules sont seulement plus rapprochées, et réunies de plus près que dans le bloc de limaille comprimée : aussi faut-il un violent mouvement tel que celui d’une flexion forcée ou d’une forte percussion , pour détruire la force magnétique dans le fer et l’acier, par le changement de la situation respective de leurs parties ; au lieu qu’en donnant un coup assez léger sur la masse de la limaille comprimée, on fait évanouir à l’instant la force magnétique , parce que ce coup suffit pour changer la situation respective de toutes les particules de la limaille.
Si l’on ne passe qu’une seule fois une lame de fer ou d'acier sur l’aimant , elle ne reçoit que très-peu de force magnétique , par ce premier frottement ; mais en le réitérant quinze ou vingt fois , toujours dans le même sens , le fer ou l’acier prendront presque toute la force magnétique qu’ils peuvent comporter, et on ne leur en donnerait pas davantage en continuant plus longtemps les mêmes frottements : mais si , après avoir aimanté une pièce de fer ou d’acier dans un sens , on la passe sur l’aimant dans le sens opposé , elle perd la plus grande partie de la vertu qu’elle avait acquise , et peut même la perdre tout à fait, en réitérant les frottements dans ce sens contraire. Ce sont ces phénomènes qui ont fait imaginer à quelques physiciens que la force magnétique rend mobiles les particules dont le fer est composé. Au reste, si l’on ne fait que poser le fer ou l’acier sur l’aimant , sans les presser l’un contre l’autre , ou les appliquer fortement , en les passant dans le meme sens , ils ne reçoivent que peu de vertu magnétique , et ce ne sera qu’en les tenant réunis plusieurs heures de suite , qu’ils en acquerront davantage , et cependant toujours moins qu’en les frottant dans le même sens , lentement et fortement , un grand nombre de fois sur l’aimant.
Le feu , la percussion et la flexion , suspendent ou détruisent également la force magnétique, parce que ces trois causes changent également la situation respective des parties constituantes du fer et de l’aimant. Ce n’est même que par ce seul changement de la situation respective de leurs parties , que le feu peut agir sur la force magnétique ; car on s’est assuré que
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cette force passe de l’aimant au fer, à travers la flamme , sans diminution ni changement de direction : ainsi , ce n’est pas sur la force même que se porte l’action du feu , mais sur les parties intégrantes de l’aimant ou du fer, dont le feu change la position; et lorsque, par le refroidissement , cette position des parties se rétablit telle qu’elle était avant l’incandescence , la force magnétique reparaît , et devient quelquefois plus puissante qu’elle ne l’était auparavant.
Un aimant artificiel et homogène , tel qu’un barreau d’acier fortement aimanté , exerce sa force attractive dans tous les points de sa surface , mais fort inégalement : car si l’on projette de la limaille de fer sur cet aimant, il n’y aura presque aucun point de sa superficie qui ne retienne quelques particules de cette limaille, surtout si elle est réduite en poudre très-fine; les pôles et les angles de ce barreau seront les parties qui s’en chargeront le plus , et les faces n’en retiendront qu’une bien moindre quantité. La position des particules de limaille sera aussi fort différente ; on les verra perpendiculaires sur les parties polaires de l’aimant , et elles seront inclinées plus ou moins vers ces mêmes pôles , dans toutes les autres parties de sa surface.
Rien n’arrête la vertu magnétique : un aimant placé dans l’air ou dans le vide, plongé dans l’eau, dans l’huile, dans le mercure ou dans tout autre fluide, agit toujours également ; renfermé dans une boîte de bois , de pierre, de plomb, de cuivre ou de tout autre métal , à l’exception du fer, son action est encore la même : l’interposition des corps les plus solides 1 ne lui porte aucune atteinte , et ne fait pas obstacle à la transmission de sa force ; elle n’est affaiblie que par le fer interposé, qui , acquérant par cette position la vertu magnétique , peut augmenter, contrebalancer ou détruire celle qui existait déjà, suivant que les directions de ces deux forces particulières coïncident ou divergent.
Mais , quoique les corps interposés ne diminuent pas l’étendue de la sphère active de l’aimant sur le fer, ils ne laissent pas de diminuer beaucoup l’intensité de la force attractive , lorsqu ils empêchent leur contact. Si l’on interpose
‘ ün bloc de plomb , d’un pied d'épaisseur, interposé entre i aimant et 'e fer, n'en diminue pas la force attractive. Musschembroëck, page 39.
entre le fer qu’on veut unir à l’aimant un corpi aussi mince que l’on voudra , seulement um feuille de papier, l’aimant ne pourra soutenii qu’une très-petite masse de fer, en comparaisoi de celle qu’il aurait soutenue, si le fer lui avai été immédiatement appliqué : cette différend d’effet provient de ce que l’intensité de la fore* est sans comparaison beaucoup plus grande ai point de contact , et qu’en mettant obstacle ? l’union immédiate du fer avec l’aimant , par ui corps intermédiaire, on lui ôte la plus grandi partie de sa force, en ne lui laissant que celli qu’il exercerait au delà de son point de contact. Mais cet effet, qui est si sensible à ce point, devientnul, oudu moins insensible àtoute autre distance; car les corps interposés à un pied, un pouce et même une ligne de l’aimant , ni paraissent faire aucun obstacle à l’exercice de son attraction.
Le fer, réduit en rouille , cesse d’être attirable à l’aimant; la rouille est une dissolution du fer par l’humidité de l’air, ou, pour mieux dire, par l’action de l’acide aérien, qui, comme nous l’avons dit , a produit tous les autres acides : aussi agissent-ils tous sur le fer, et à peu près de la même manière; car tous le dissolvent, lui ôtent la propriété d’être attiré par l’aimant; mais il reprend cette même propriété lorsqu’on fait exhaler ces acides par le moyen du feu. Cette propriété n’est donc pas détruite en entier dans la rouille, et dans les autres dissolutions du fer *, puisqu’elle se rétablit dès que le dissolvant en est séparé.
L’action du feu produit dans le fer un effet tout contraire à celui de l’impression des acides ou de l’humidité de l’air; le feu le rend d’autant plus attirable à l’aimant, qu’il a été plus violemment chauffé. Ce sablon ferrugineux 2
4 En faisant dissoudre la limaille de fer dans les acides vitrioliques ou nitreux, elle cesse d être attirable à l’aimant; cependant on ne peut pas dire qu’elle perd entièrement la vertu magnétique ; il en est d* même du vitriol de fer, dont l’attraction est à la vérité très-petite, mais non pas nulle , comme le dit l’Éinery (Mémoires de l’Académie des sciences, année 1706). Il faut, pour s’en apercevoir, le présenter à une très-longue aiguille aimantée; la dissolution séparant les parties du fer fait le même effet que le mouvement de secousse, qu’on donne à la limaille, en disposant ses parties en différents sens, et c'est ce qui détruit la vertu magnétique. Muschembroëck, page 123.
2 Muschembroëck et quelques physiciens ont douté que ce sablon fût réellement du frr, parce qu’à l’exception de son attraction par l'aimant, il paraît avoir perdu toutes «es autres propriétés métalliques ; mais sa densité démontre qu’il est ferrugineux ; car, selon Muschembroëck lui-méme, la pesan-