‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 179 sur 235 · DE LA DIRECTION DE L’AIMANT ET DE SA DÉCLINAISON · texte numérisé non relu

DE LA DIRECTION DE L’AIMANT ET DE SA DÉCLINAISON

Après avoir considéré les effets de la force attractive de l’aimant , considérons les phénomènes de ses forces directives. Un aimant, ou, ce qui revient au même, une aiguille aimantée, se dirige toujours vers les pôles du globe, soit directement , soit obliquement , en déclinant à l’est ou à l’ouest selon les temps et les lieux ; car ce n’est que pendant un assez petit intervalle de temps , comme de quelques années, que, dans un même lieu, la direction de l’aimant paraît être constante; et en tout temps il n’y a que quelques endroits sur la terre où l’aiguille se dirige droit aux pôles du globe , tandis que partout ailleurs elle décline de plus ou moins de degrés à l’est ou à l’ouest, suivant les différentes positions de ces mêmes lieux.

Les grandes ou petites aiguilles aimantées sur un aimant fort ou faible, contre les pôles ou contre les autres parties de la surface de ces aimants, prennent toutes la même direction en marquant également la même Déclinaison dans chaque lieu particulier.

Les Français sont, de l’aveu même des étrangers, les premiers en Europe qui aient fait usage de cette connaissance de la direction de l’aimant

« dans les petites terrella, dont les pôles sont bien décidés et « bien fixes, ces petites sphères s’attirant et se repoussant vi- « vcment, selon les pôles qu’elles se présentent.

« Je préparai dune (selon l’instruction que j’avais reçue de « M. Knigth) une glace bien polie et posée bien horizontale- « mens; je disposai en rond cinq de ces terrella, et je plaçai « au milieu un de ces aimants factices de la même matière »

« lequel je pouvais tourner facilement sur son centre; je vis « sur-le-champ toutes les terrella s’agiter et se retourner « pour présentera l’aimant factice la polarité correspondante « à la sienne; les plus légères furent plusieurs fois attirées jus- « qu’au contact , et ce ne fut qu’avec peine que je parvins à « les placer à la distance proportionnelle, en raison composée « de leurs sphères d’activité respective. Alors, en tou rnant dou- « cernent l’aimant factice sur son centre, j’eus la satisfaction « de voir toutes ces terrella tourner sur elles-mêmes, par une « rotation correspondante à celle de cet aimant , et cette ro»

« tation était pareille à celle qu’éprouve une roue de rencon- « tre, lorsqu’elle est mue par une autre roue à dents ; de sorte « que lorsque je retournais mon aimant, de la droite à la gau- « che, la rotation des terrella était de la gauche à la droite,

« et l'inverse arrivait toujours lorsque je tournais mon ai- « mant de l’autre sens. » Essai sur le Fluide électrique , par M. le comte de Tressan. Paris, 1786 . tome I, page 26 jusqu'à 29.

HISTOIHE NATLKKLLE

jiour se conduire dans leurs navigations 1 . Dès le commencement du douzième siècle, ils naviguaient sur la Méditerranée, guidés par l’aiguille aimantée, qu’ils appelaient la marinette 2; et il est à présumer que, dans ce temps, la déclinaison de l’aimant était constante ; car cette aiguille n’aurait pu guider des navigateurs qui 11e connaissaient pas ses variations; et ce n’est que dans les siècles suivants qu'on a observé sa déclinaison dans les différents lieux de la terre ; et même aujourd’hui l’art nécessaire à la précision de ces observations n’est pas encore à sa perfection. La marinette n’était qu’une boussole imparfaite ; et notre compas de mer , qui est la boussole perfectionnée , n'est pas encore un guide aussi fidèle qu’il serait à désirer : nous ne pouvons même guère espérer de le rendre plus sûr, malgré les observations très-multipliées des navigateurs dans toutes les parties du monde , parce que la déclinaison de l’aimant change selon les lieux et les temps. U faut donc chercher à reconnaître ces changements de direction en différents temps, pendant un aussi grand nombre d’années que les observations peuvent nous l’indiquer, etensuite les comparer aux changements de cette déclinaison dans un même temps en différents lieux.

En recueillant le petit nombre d’observations faites à Paris dans les seizième et dix-septième siècles, il paraît qu’en 1580 l’aiguille aimantée déclinait de onze degrés trente minutes vers l’est, qu’en 1618 elle déclinait de huit degrés , et qu’en l'année 1663 elle se dirigeait droit au pôle. L’aiguille aimantée s’est donc successivement approchée du pôle de onze degrés trente minutespendantcette suite de quatre-vingt-trois ans ; mais elle n’est demeurée qu’un an ou deux stationnaire dans cette direction où la déclinaison est nulle ; après quoi l’aiguille s’est de plus en plus éloignée de la direction au pôle 3, toujours

• Par le témoignage des auteurs chinois , dont MM. Le Houx et de Guignes ont fait l’extrait , il paraît cerlain ijue la propriété qu’a le fer aimanté de se diriger vers les pôles a été très-anciennement connue des Chinois ; la forme de ces premières boussoles était une figure d’homme qui tournait sur un pivot, et dont le bras droit montrait toujours le midi. Le temps de cette invention , suivant certaines chroniques de la Chine, est tH5 ans avant l’ère chrétienne, et 2700 selon d’autres. (Voyez l’Extrait des Annales de la Chine, par MM. Le Koux et de Guignes.) Mais, malgré l’ancienneté de cette découverte , il ne parait pas que les Chinois en aient jamais tiré l’avantage de faire de longs voyages.

1 Muschembroëck. Dissertatio de Magnete.

1 Dans l’année 1670 , la déclinaison était de 1 degré 30 minutes vers l’ouest, et l’aiguille a continué de décliner dans les

en déclinant vers l’ouest, de sorte qu’en 1 785, ]f 30 mai , la déclinaison était a Paris de vingtdeux degrés L De même on peut voir , par les observations faites à Londres, qu’avant l’année 1657 l’aiguille déclinait à l’est, et qu’après cette année 1657, où sa direction tendait droit au pôle, elleadécliné successivement vers l’ouest La déclinaison s’est donc trouvée nulle à Londres six ans plus tôt qu’à Paris, et Londres est plus occidental que Paris de deux degrés vingt-cinq minutes. Le méridien magnétique coïncidait avec le méridien de Londres en 1 657 , et avec le méridien de Paris en 1 663. Il a donc subi pendant ce temps un changement d’occident en orient, par un mouvement de deux degrés vingt-cinq minutes en six ans , et l’on pourrait croire que ce mouvement serait relatif à l’intervalle des méridiens terrestres, sid’autres observations ne s’opposaient pas à cette supposition. Le méridien magnétique de la ligne sans déclinaison passait par Vienne en Autriche, dès l’année 1638 : cette ligne aurait donc dû arri-

années suivantes, toujours vers l’ouest ; en 1680. elle déclinait de 2 degr. 40 min. En 4G8I , de 2 degr. 30 min. En 1683, de

3 deg. 50 min. En 1681, de 4 deg. 10 min. En 1685, de 4 deg. 10 min. En 1686, de 4 deg. 30 min. En 1692, de 5 deg. 50 niin. En 1693 , de 6 deg. 20 min. En 1695, de 6 deg. 48 min. En 1696, de 7 deg. 8 min. En 1698, de 7 deg. 40 min. En 1699, de 8 deg. 10min. En 1700, de 8 deg. 18 min. En 1701, de 8 deg. 25 min. En 1702, de 8 deg. 48 min. En 1703, de 9 deg. 6 min. En 1704 , de 9 deg. 20 min. En 1705, de 2 deg. 35 min. En 1706, de 9 deg. 48 min. En 1707. de 10 deg. 10 min. En 1708, de 10 deg. 15 min. En 1709, de H deg. 15 min. En 1714, de H deg. 39 min. En 1717, de 12 deg. 20 min. En 1719, de 12 deg. 30 min. En 1720, 1721, 1722, 1723 et 1724, de 13 deg. En 1723. de 13 deg. 15min. En 1727 et 1728, de 14 deg. Muschembroëck, Dissertatio de Magnete, page 152... En 1729 , de 14 deg. 10 min. En 1730, de 14 deg. 25 min. En 1731, de i4 deg. 45 min. En 1732 et 1733, de 15 deg. 15 min. En 1734 et 1710 , de 15 deg. 45 min. En 1741, 1745, 1746, 1747 et 1749, de 16 deg. 30 min. Encyclopédie, article Aiguille aimantée. En 1755, de 17 deg. 50 min. En 1756, de 17 deg. 45 min. En 1757 et 1758, de 18 deg. En 1759, de 18 deg. 10 min. En 1760, de !8 deg. 20 min. En 1765, de 18 deg. 55 min. 20 sec. En 1767, de 19 deg. 16 min. En 1768, de 19 deg. 25 min. En 1805, de 22 deg. 5 min. En 1819 , de 22 deg. 29 min. En 1833, de 22 deg.

4 min. Connaissance des temps.

* Extrait des observations faites à l’Observatoire royal en l’année 1785.

2 L’aiguille aimantée n’avait, aucune déclinaison à Vienne en Autriche dans l’année 1638; elle n’en avait de même aucune en 1600 au cap des Aiguilles en Afrique; et, avant ces époques , la déclinaison était vers l’est dans tous les lieux de l’Europe et de l’Afrique. Muschembroëck, page 166... Ceci semble prouver que la marchede laligne sans déclinaison ne se fait que par un mouvement régulier, qui ramènerait successivement la déclinaison de l’est à l’ouest ; car Vienne étant à quatorze degrés deux minutes trente secondes à l est de Paris, cette ligne sans déclinaison aurait dû arriver à Paris plus tôt qu’à Londres , qui est à l’ouest de Paris , et l’on voit que c’est tout le contraire, puisqu’elle est arrivée six ans plu* tôt a Londres qu’à Paris.

DES MINÉRAUX

tée était de vingt-deux degrés ; en 1784, elle ira

ver à Paris plutôt qu’à Londres ; et cependant c’est, à Londres qu’elle est arrivée six ans plus tôt qu’à Paris. Cela nous démontre que le mouvement de cette ligne n’est point du tout relatif aux intervalles des méridiens terrestres.

Il ne me paraît donc pas possible de déterminer la marche de ce mouvement de déclinaison , parce que sa progression est plus qu’irrégulière, et n’est point du tout proportionnelle au temps , non plus qu’à l’espace : elle est tantôt plus prompte, tantôt plus lente, et quelquefois nulle, l’aiguille demeurant stationnaire et même devenant rétrograde pendant quelques années, et reprenant ensuite un mouvement de déclinaisou dans le même sens progressif. M. Cassini , l’un de nos plus savants astronomes , a été informé qu’à Québec la déclinaison n’a varié que de trente minutes pendant trente-sept ans consécutifs : c’est peut être le seul exemple d’une station aussi longue. Mais on a observé plusieurs stations moins longues en différents lieux : par exemple à Paris , l’aiguille a marqué la même déclinaison pendant cinq années , depuis 1720 jusqu’en 1724, et aujourd’hui ce mouvement progressif est fort ralenti ; car, pendant seize années , la déclinaison n’a augmenté que de deux degrés , ce qui ne fait que sept minutes et demie par an, puisqu’en 1769 la déclinaison était de vingt degrés, et qu’en 1785 elle s’est trouvée de vingt-deux L Je ne crois donc pas que l’on puisse , par des observations ultérieures et même très-multipliées , déterminer quelque chose de précis sur le mouvement progressif ou rétrograde de l’aiguille aimantée, parce que ce mouvement n’est point l’effet d’une cause constante ou d’une loi de la nature, mais dépend de circonstances accidentelles , particulières à certains lieux , et variables selon les temps. Je crois pouvoir assurer, comme je l’ai dit , que le défrichement des terres , et la découverte ou l’enfouissement des mines de fer, soit par les tremblements de terre, les effets des foudres souterraines et de l’éruption des volcans soit par l’incendie des forêts et même par le travail des hommes, doivent changer la position des pôles magnétiques sur le globe , et fléchir en même temps la direction de l’aimant.

En 1785, la déclinaison de l’aiguille aimau-

4 Ce fait f si confirmé par les observations de M. Cotte , qui prouvent que la déclinaison moyenne de l'aiguille aimantée . en 1786 , n a été à Laon que de vingt-un degrés trente-une minutes. Voyez le Journal de Physique du mois de mai t7«7.

été que de vingt-un degrés vingt-une minutes; en 1783, de vingt-un degrés onze minutes ; en 1782, de vingt-un degrés trente-six minutes3.

Et en consultant les observations qui ont été faites par l’un de nos plus habiles physiciens , M. Cotte , nous voyons qu’en prenant le terme moyen entre les résultats des observations faites à Montmorency, près Paris , tous les jours de l’année, le matin, à midi et le soir, c’est-à-dire le terme moyen de 1095 observations , la déclinaison, en l’année 1781, a été de vingt degrés seize minutes cinquante-huit secondes; et les différences entre les observations ont été si petites , que M. Cotte a cru pouvoir les regarder comme nui les.

En 1780, cette même déclinaison moyenne a été de dix-neuf degrés cinquante-cinq minutes vingt-sept secondes; en 1779, de dix-neuf degrés quarante-une minutes huit secondes ; en 1778, de dix-neuf degrés trente-deux minutes cinquante-cinq secondes; en 1777, de dix-neuf degrés trente-cinq minutes cinquante-cinq secondes; en 1776, de dix-neuf degrés trente-trois minutes trente-une secondes; en 1775, de dixneuf degrés quarante-une minutes quaranteune secondes 1 .

Ces observations sont les plus exactes qui aient jamais été faites; celles des années pré-

4 En 1780 , la déclinaison moyenne prise d’après 6022 observations , a été de 19 deg. 53 min. 27 sec. Mais les variations de cette déclinaison ont été bien plus considérables qu'en 1781, car la plus grande déclinaison s’est trouvée de 20 deg. 15 min. le 29 juillet, et la moindre de <8 deg. 40 min. le même jour. La différence a donc été de 1 deg. 35 min.; et cette variation, qui s’est faite le même jour, c’est-à-dire eu douze ou quinze heures , est plus considérable que le progrès de la déclinaison pendant quinze ans, puisqu’en 1764 , la déclinaison était de <8 deg. 55 min. 20 sec., c’est-à-dire de 15 min. 20 sec. plus grande que celle du 29 juillet, à l’heure qu elle s’est trouvée de 18 deg. 40 min . En 1779 , la décli¬

naison moyenne, pendant l’année, a été de 19 deg. 41 min. 8 sec. La plus grande déclinaison s’est trouvée de 20 deg., le 6 décembre, à la suite d’une aurore boréale, et la plus petite , de 19 deg. 15 min., en janvier et février ; la différence a donc été de 45 min. L’observateur remarque que l’augmentation moyenne a augmenté de 8 à 9 min. depuis l’année précédente . et que la variation diurne s’est soutenue avec beaucoup de régularité , excepté dans certains jours où elle a été troublée , le plus souvent à l’approche ou à la suite d’une aurore boréale; au reste, ajoute-t-il, l’aiguille aimantée tend à se rapprocher du nord chaque jour, depuis trois ou quatre heures du soir jusqu'à cinq ou six heures du matin , et elle tend à s’en éloigner depuis cinq ou six heures du matin, jusqu’à trois ou quatre heures du soir. Eu 1778, la déclinaison moyenne , pendant l’année, a été de 19 deg. 32 min. 55 sec. La plus grande déclinaison a été de 20 deg. le 29 juin; on avait observé une aurore boréale la veille à onze heures du soir; le I plus petite déclinaison a été de 18 deg. 54 mm. le 26 janvier;

cédentes , quoique bonnes , n’offrent pas le même degré d’exactitude ; et à mesure qu’on remonte dans le passé, les observations deviennent plus rares et moins précises , parce qu elles n’ont été faites qu’une fois ou deux par mois, et même par année.

Comparant donc ces observations entre elles, on voit que, pendant les onze années, depuis l/7;> jusqu’en 1785, l’augmentation de la déclinaison vers l'ouest n’a été que de deux degrés dix-huit minutes dix-neuf secondes; ce qui n’excède pas de beaucoup la variation de l’aiguille dans un seul jour, qui quelquefois est de plus d un degré et demi . On ne peut donc pas en conclure affirmativement que la progression actuelle de l’aiguille vers l’ouest soitconsidérable. Il se pourrait, au contraire, que l’aiguille fût j usque stationnaire depuis quelques années, d autant qu’en 1774 la déclinaison moyenne a été de dix- neuf degrés cinquante-cinq minutes trente-cinq secondes ; en 177 3, de vingt degrés une minute quinze secondes ; en 1772, de dixneuf degrés cinquante-cinq minutes vingt-cinq secondes; et cette augmentation de la déclinaison vers l’ouest, a été encore plus petite dans les années précédentes, puisqu’en 1771 cette déclinaison a été de dix-neuf degrés cinquautecmq minutes , comme en 1772; qu’en 1770 elle a été de dix-neuf degrés cinquante-cinq minutes, et en 1 769 de vingt degrés.

Le mouvement, en déclinaison vers l’ouest, paraît donc s’être très-ralenti depuis près de vingt ans. Cela semble indiquer que ce mouvement pourra dans quelque temps devenir rétrograde , ou du moins que sa progression ne s’étendra qu’à quelques degrés de plus; car je ne pense pas qu’on puisse supposer ici une révolution entière, c’est-à-dire de trois cent soixante degrés dans le même sens. Il n'y a aucun fondement à cettesupposition, quoique plusieurs physiciens 1 aient admise, et que même ils en aient

ainsi, la différence a été de t deg. 6 min. En 1777, la déclinaison moyenne, pendant l'année, a été de <9deg. 35 min. La plus grande déclin uson s'est trouvée de 19 deg 58 min le 19 jum , et lapins petite de 18 deg. 45 min. au mois de décembre ; ainsi ia différence a été de I deg. 13 min... En 1776 la déclinaison moyenne, pendant l’année, a été de 19 deg. 33 min. 51 sec. La pins grande déclinaison s’est trouvée de 20 eg. en mars , avril et mai , et 1j plus petite déclinaison en janvier et février, de 19 deg.; ainsi la différence a été de <773’ ,a ,iéclina>son moyenne, pendant l'année , a tr \ 9,def 41 sec.; la pi us grande déclinaison s’est dee 10 ,nin' ,e<5avril* et la plus petitede 19

miî r éce,nbre; ainsi ,a différence a été de 1 d'>g. 10 min... Connaissance des temps, année 1778 elsuiv.

calculé la durée d’après les observations qu’ils avaient pu recueillir; et si nous voulions supposer et calculer de même, d’après les observations rapportées ci-dessus , nous trouverions que la durée de cette révolution serait de 1996 ans et quelques mois, puisqu’en cent vingtdeux années , c’est-à-dire depuis 1663 à 1785, la progression a été de vingt-deux degrés; mais ne serait-il pas nécessaire de supposer encore que le mouvement de cette progression fût assez uniforme, pour faire dans l’avenir à peu près autant de chemin que dans le passé; ce qui est plus qu’incertain , et même peu vraisemblable par plusieurs raisons , toutes mieux fondées que ces fausses suppositions ?

Car si nous remontons au delà de l’année 1 663, et que nous prenions pour premier terme de la progression de ce mouvement l’année 1580, dans laquelle la déclinaison était de onze degrés trente minutes vers l’est, le progrès de ce mouvement en deux cent cinq ans (c’est-à-dire depuis 1580, jusqu’à l’année 1785 comprise), a été en totalité de trente-trois degrés trente minutes, ce qui donnerait environ deux mille deux cent un ans pour la révolution totale de trois cent soixante degrés. Mais ce mouvement n’est pas, à beaucoup près, uniforme, puisque depuis 1580 jusqu’en 1663, c’est-à-dire en quatrevingt-trois ans, l’aiguille a parcouru onze degrés trente minutes par son mouvement de l’est au nord , tandis que dans les cinquante-deux années suivantes , c’est-à-dire depuis 1663 jusqu’en 1715, elle a parcouru du nord à l’ouest un espace égal de onze degrés trente minutes , et que, dans les cinquante années suivantes, c’est-à-dire depuis 1715 jusqu’en 1765, le progrès de cette déclinaison n’a été que d’environ sept degrés et demi; cardans cette année 1 765,

1 aiguille aimantée déclinait à Paris de dix-huit degrés cinquante-cinq minutes vingt secondes; et nous voyons que depuis cette année 1765, jusqu en 1785, c est-à-dire en vingt ans , la déclinaison na augmenté que de deux degrés; différence si petite , en comparaison des précédentes , qu’on peut présumer avec fondement que le mouvement total de cette déclinaison à 1 ouest est borné, quant à présent, à un arc de vingt- deux ou vingt-trois degrés \

4 J>ans le Supplément aux Voyages de Thévenol, publié en I6si,page30, il est dit que la déclinaison de l’aiguille aimanlee avait été observée de cinq degrés vers l'est en 1669. Si 1 on conna'ssail le lieu où cette observation a été faite* elle

DES MINÉRAUX

La supposition que le mouvement suit la même marche de l’est au nord que du nord à l’ouest, n’est nullement appuyée par les laits ; car si l’on consulte les observations faites à Paris depuis l’année 1610 jusqu’en 1663, c’està-dire dans les cinquante-trois ans qui ont précédé l’année ou la déclinaison était nulle, l’aiguille n’a parcouru que huit degrés de l’est au nord, tandis que dans un espace de temps presque égal , c’est-à-dire dans les cinquante-neuf années suivantes, depuis 1663 jusqu’en 1712 , elle a parcouru treize degrés vers l’ouest L On ne peut donc pas supposer que le mouvement de la déclinaison suive la même marche en s’approchant qu’en s’éloignant du nord, puisque ces observations démontrent le contraire.

Tout cela prouve seulement que ce mouvement ne suit aucune règle, et qu'il n’est pas l’effet d’une cause constante. Il paraît donc certain que cette variation ne dépend que de causes accidentelles ou locales , et spécialement de la découverte ou de l’enfouissement des mines et grandes masses ferrugineuses, et de leur aimantation plus ou moins prompte et plus ou moins étendue, selon qu’elles sont plus ou moins découvertes et exposées à l’action du magnétisme général. Ces changements, comme nous l’avons dit, peuvent être produits parles tremblements de terre, l’éruption des volcans, ou les coups des foudres souterraines, l’incendie des forêts, et même par le travail des hommes sur les mines de fer. Il doit dès lors se former de nouveaux pôles magnétiques , plus faibles ou plus puissants que les anciens , dont on peut aussi supposer l’anéantissement par les mêmes causes. Ce mouvement ne peut donc pas être considéré comme un grand balancement qui se ferait par des oscillations régulières , mais comme un mouvement qui s’opère par secousses plus ou moins sensibles , selon le changement plus ou moins prompt des pôles magnétiques , changement qui ne peut provenir que de la découverte et de l’aimantation des mines ferrugineuses , lesquelles seules peuvent former des pôles.

Si nous considérons les mouvements particuliers de l’aiguille aimantée, nous verrons qu’elle est presque continuellement agitée par de petites vibrations , dont l’étendue est au moins

pourrrait démontrer que la déclinaison est quelquefois rétrograde, et par conséquent que son mouvement ne produit pas une révolution entière.

* Muschcmbroëck , page t51

aussi variable que la durée. M. Graham, en Angleterre \ et M. Cotte, à Paris , ont donné dans leurs Tables d’observations toutes les alternatives, toutes les vicissitudes de ce mouvement de trépidation chaque mois , chaque jour et chaque heure. Mais nous devons remarquer que les résultats de ces observations doivent être modiîiés. Ces physiciens ne se sont servis que de boussoles dans lesquelles l’aiguille portait sur un pivot , dont le frottement influait plus que toute autre cause sur la variation; car M. Colomb, capitaine au Corps royal du génie, de l’Académie des Sciences, ayant imaginé une suspension, dans laquelle l'aiguille est sans frottement, M. le comte de Cassini, de l’Académie des Sciences , et arrière-petit-fils du grand astronome Cassini, a reconnu, par une suite d’expériences , que cette variation diurne ne s’étendait tout au plus qu’à quinze ou seize minutes, et souvent beaucoup moins 2, tandis qu’avec les

* Transactions philosophiques, n. 383, année 1724, page 96.

2 « La méthode de M. Colomb consiste, dit M. de Cassini , « à suspendre à un fil de soie, de quinze à vingt pouces de « longueur, une aiguille aimantée entre les jambes d'un étrier, « au haut duquel le fil est accroché. L’étrier, le fil et l’aiguille « sont renfermés dans une boite dont toutes les parois sont « hermétiquement bouchées, et qui n'a qu une ouverture « fermée d’une glace au-dessus de l'extrémité de l'aiguille , « afin de pouvoir observer ses mouvements , et les mesurer « par le moyen d’un micromètre extérieur placé à cette ex¬

trémité.

« Cette suspension a, comme l’on voit, de grands avantages sur celle des pivots , dans laquelle le frottement seul est capable d’anéantir l’effet de la variation diurne. Depuis le t9 août 1780 , jusqu’au 18 du même mois, le plus grand écart de l’aiguille a eu lieu communément du côté de l’ouest, vers une heure après midi ; l’aiguille se rapprochait du nord vers le soir, restait à peu près fixe la nuit , et recommençait le lendemain matin à s’éloigner vers 1 ouest; la variation diurne moyenne a été de 14 minutes environ.. ■ Depuis le 3 décembre jusqu'au 3i janvier 1781 , le grand écart de l’aiguille a presque toujours eu lieu entre deux et trois heures après midi, l’aiguille s avançant, depuis le lev cr du soleil jusqu’à deux ou trois heures, du nord vers l’ouest . et rétrogradant ensuite dans l'après-midi pour revenir, vers dix lieures du soir, à peu près au même point que le matin. La nuit, l’aiguille était assez constamment stationnaire; la variation moyenne n’a été, dans tout ce temps, que de cinq à six minutes... Depuis le 20 septembre 1781 jusqu’au 29, la variation diurne moyenne a été entre 13 et 18 minutes... Depuis le 19 mars 1782 jusqu’au 3 avril, et depuis le 30 avril jusqu’au H mai , le plus grand écart de l’aiguille a eu lieu assez constamment vers deux heures après midi . du coté de l’ouest. J’ai aussi remarqué le plus communément la loi de progression vers l’ouest, du m «tin . vers deux heures après midi, de rétrogradation vers l est , depuis deux heures jusqu’au soir, et de station pendant la nuit. Depuis le 14 juin jusqu’au 23 juillet, avec la meme aiguille fortement aimantée, et dans les appartements supérieurs de 1 Observ atoire , la loi générale de la marche de 1 aiguille du norc, a l’ouest , depuis huit heures du matin jusqu’à midi , de la rétrogradation dans l’après-midi, et de la station pendant la

nuit , a eu lieu excepté le 17 juin , où l’aiguille a été fixe depuis dix heures et demie du matin, jusqu'au lendemain a

HISTOIRE NATURELLE

boussoles à pivot, cette variation diurne est quelquefois de plus d’un degré et demi : mais comme, jusqu’à présent , les navigateurs ne se

« onze heures du matin; même fixité le 21 , depuis huit heu-

* res du matin jusqu'à cinq heures après midi ; le 23, depuis ■ dix heures du soir jusqu’au lendemain 26 , à trois heures

* après midi ; les 12, 21 et 23 juillet toute la journée. Les cir- « constances qui accompagnent cette inaction de l’aiguille » sont une grande chaleur et un très-beau temps; la variation

* diurne dans ces deux mois a été fort inégale ; nulle dans les

* temps très-chauds ; le plus communément de cinq à sixtni-

* mîtes dans d'autres jours; elle n'a été de 12 et de 14 que le

* 14 et le 15 juin.

« Tandis que M. Colomb s’occupait des moyens de donner « aux aiguilles la plus grande force magnétique possible, je « ni appliquai de mon côté à perfectionner leur monture, leur « enveloppe et leur établissement. Jusqu’alors l’étrier qui

* portait le fil de suspension n’était fixé que par une forte

* semelle, d'un bois a la vérité très-sec et très-épais. La boite « de bois qui servait d'enveloppe et le micromètre étaient « également assis sur celte même base, dont le moindre jeu « devait communiquer du mouvement à tout l’équipage. Je « fis faire en plomb la boîte ou cage qui devait renfermer

* I aiguille; au lieu d'étrier, je fis visser et cramponner dans « le haut de la boite, contre ses parois , une traverse de cui- « vre, portant une longue vis, garnie d'un crochet, pour te- « nir le fil de suspension. Cette forte et solide boite de plomb

* fut ensuite incrustée de deux pouces dans un dez de pierre « dure, haut de dix pouces , sur seize de longueur, et huit

* d’épaisseur ; et c’est sur ce dez que je fixai à demeure le

* micromètre entièrement isolé de la boite. C’est ainsi qu’a- « vec l’équipage le plus simple et le plus solide , j’espérai

* mettre, autant qu’il était possible, mes aiguilles à l'abri des

* courants d’air et des mouvements étrangers ; en effet, je

* n avais plus à craindre l’effet de l'humidité des temps et « des lieux. L’air ne pouvait guère pénétrer dans une boîte

* de plomb qui n avait qu’une porte , dont les parois étaient « bouchées et collées avec soin ; enfin, le micromètre portant « sur un massif , le dez de pierre ne pouvait plus communi- « quer de mouvements à l'aiguille : c’est avec ce nouvel ap- « pareil que je fis les observations suivantes.

« Depuis, le 14 lévrier jusqu’au 21 du même mois, avec une

* aiguille de lame de ressort fortement aimantée , renfermée

* dans une boite de plomb, fixée sur un dez de pierre, lon- « gueur totale de l'aiguille un pied du point de suspension à « l’extrémité boréale , neuf pouces une ligne, le plus grand « écart de l’aiguille vers l'ouest a eu lieu entre midi et une « heure; presque toutes les matinées la progression del’ai- « guille a été très-régulière, et de onze minutes; mais dans les

* soirées, l’aiguille éprouvait de fréquentes irrégularités. De- « puis te 16 après midi jusqu’au 18 au matin , il n’a pas été « possible d’observer, l’aiguille étant dans une continuelle « agitation ; il a régné, pendant ce temps , un vent très-fort

* de r/orrfet de nord-est; les jours où la marche de l’aiguille

* a été régulière , la variation diurne a été d’environ douze

* minutes. .. M. Colomb a reconnu que l’acier fondu était « la matière qui sc chargeait le plus de la vertu magnétique ,

* et par conséquent la plus propre à faire des aiguilles très- « fortement aimantées. A la fin d'avril 1783, il me remit deux « de ces nouvelles aigirlles, que je plaçai dans deux boîtes de « plomb, telles que je les ai décrites ci-dessus établies dans « deux cabinets différents; ce qui me procura une nouvelle < suite d’observations dont je vais rendre compte... Depuis le

* 1er mai jusqu’au 6 juillet, avec deux aiguilles d'acier fondu,

« placées sur champ , aimantées le plus fortement possible,

« longueur totale de chaque aiguille un pied une ligne; poids

« de l’aiguille, avec son contrepoids et l’anneau de suspension

* à 1 extrémité boréale de l’aiguille , neuf pouces une ligne ;

" 1 accord Ie Plus parfait s’est remarqué pendant ces deux

* mois d expériences et de comparaison des deux aiguilles ,

; sont servis que de boussoles a pivot, on ne peut compter qu’a un degré et demi , et même a deux degrés près , sur la certitude de leurs observations.

En consultant leo observations faites par les voyageurs récents on voit qu’il y a plusieurs points sur le globe où la déclinaison est actuellement nulle ou moindre d’un degré, soit à l’est, soit à l’ouest , tant dans l’hémisphère boréal que dans l’hémisphère austral : et la suite de ces points ou la déclinaison est nulle ou presque nulle forme des lignes et même des bandes qui se prolongent dans les deux hémisphères. Ces mêmes observations nous indiquent aussi que les endroits où la déclinaison est la plus grande dans l’un et l’autre hémisphères se trouvent aux plus hautes latitudes, et beaucoup plus près des pôles que de l’équateur.

Les causes qui font varier la déclinaison et la transportent , pour ainsi dire, avec le temps, de l’est à l’ouest , ou de l’ouest à l’est du méridien terrestre , ne dépendent donc que de circonstances accidentelles et locales , sur lesquelles néanmoins nous pouvons asseoir un jugement en rapprochant les différents faits ci-devant indiqués.

Nous avons dit qu’eu l’année 1580 l’aiguille déclinait à Paris de onze degrés trente minutes vers l’est : or nous remarquerons que c’est depuis cette année 1580 que la déclinaison parait avoir commencé de quitter cette direction vers l’est pour se porter successivement vers le nord et ensuite \ers l’ouest; car en l’année 1610 l’aiguille , ainsi que nous l’avons déjà remar

« qui se soûl trouvées stationnaires , oscillantes et écartées « dans les mêmes circonstances, dans les mêmes intervalles « de temps, de la même quantité, et dans le même sens. Les « exceptions à cette réglé ont été si rares , et les différences « si petites , que j’ai cru devoir l’attribuer à l'erreur des ob- « servations. Le plus grand des écarts de nos aiguilles vers « 1 est a eu lieu dans le mois de mai , vers l'heure de midi -,

« dans le mois de juin entre deux et trois heures; le vent de « nord-est et d’est m’a semblé plus d’une fois accompagner « ces irrégularités. J’ai remarqué quelquefois qu'un change*

« ment subit du beau au mauvais temps , ou du mauvais au « beau , changeait aussi la direction ordinaire de l'aiguille « pour quelques jours, et qu'ensuite semblable changement « la ramenait à son premier état.

* La quantité de la variation diurne n’est pas la même dans « toutes les saisons ; il parait qu’on peut fixer la plus grande « à quatorze minutes, et la plus petite à cinq minutes. C’est • en hiver que la variation diurne parait être la plus pe- « tlte , et j’ai remarqué qu'en été, lorsque la chaleur est « considérable, la variation est nulle. » Extrait du Mémoire de M. de Cassini , adressé aux auteurs du Journal de Phy* sique.

' oyez les trois voyages du capitaine Couk.

DES MINERAUX. 681

rçUc , ne déclinait plus que de huit degrés vers | l’est; en 1640 elle 11e déclinait plus que de trois degrés, et en 1663 elle se dirigeait droit au pôle. Enfin, depuis cette époque, elle n’a pas cessé de se porter vers l'ouest. J’observerai donc que la période de ce progrès dans l’ouest , auquel il faut joindre encore la période du retour ou du rappel de la déclinaison de i’est au nord , puisque ce mouvement s’est opéré dans le même sens ; j’observerai , dis-je, que ces périodes de temps semblent correspondre à l’époque du défrichement et de la dénudation de la terre dans l’Amérique septentrionale, et aux progrès de l’établissement des colonies dans cette partie du Nouveau-Monde. En effet , l'ouverture du sein de cette nouvelle terre par la culture , les incendies des forêts dans de vastes étendues , et l’exploitation des mines de fer par les Européens dans ce continent , dont les habitants sauvages n’avaient jamais connu ni recherché ce métal , n’ont-elles pas du produire un nouveau pôle magnétique et déterminer vers cette partie occidentale du globe la direction de l’aimant, qui précédemment n’éprouvait pas cette attraction , et au lieu d’obéir à deux forces , était uniquement déterminée par le courant électrique qui va de l’équateur aux pôles de la terre?

J’ai remarqué, ci-devant , que la déclinaison s’est trouvée constante à Québec , durant une période de trente-sept ans ; ce qui semble prouver l’action constante d’un nouveau pôle magnétique dans les régions septentrionales de l'Amérique. Enfin le ralentissement actuel du progrès de la déclinaison dans l’ouest offre encore un rapport suivi avec l'état de cette terre du Nouveau-Monde , où le principal progrès de la dénudation du sol et de l’exploitation des mines de fer paraît actuellement être à peu près aussi complet que dans les régions septentrionales de l’ancien continent.

O11 peut donc assurer que cette déclinaison de l’aimant , dans les divers lieux , et selon les différents temps, ne dépend que du gisement des grandes masses ferrugineuses dans chaque région , et de l’aimantation plus ou moins prompte de ces mêmes masses , par des causes accidentelles ou des circonstances locales , telles que le travail de l’homme, l’incendie des forêts , l’éruption des volcans , et même les coups que frappe l’électricité souterraine sur de grands espaces , causes qui peuvent toutes donner éga¬

lement le magnétisme aux matières ferrugineuses ; et ce qui en complète les preuves , c’est qu’après les tremblements de terre on a vu souvent l’aiguille aimantée soumise à de grandes irrégularités dans ses variations.

Au reste, quelque irrégulière que soit la va riation de l’aiguille aimantée dans sa direction, il me parait néanmoins que l’on peut en fixer les limites , et même placer entre elles un grand nombre de points intermédiaires , qui , comme ces limites mêmes , seront constants et presque fixes pour un certain nombre d’années , parce que le progrès de ce mouvement de déclinaison ne sè faisant actuellement que très-lentement , on peut le regarder comme constant pour le prochain avenir d’un petit nombre d'années ; et c’est pour arriver à cette détermination , ou du moins pour en approcher autant qu’il est possible , que j’ai réuni toutes les observations que j’ai pu recueillir dans les voyages et navigations faits depuis vingt ans, et dont je placerai d’avance les principaux résultats dans l’article suivant.

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