‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 35 sur 235 · AUTRES COMBINAISONS DE L’ACIDE VITRIOLIQUE · texte numérisé non relu

AUTRES COMBINAISONS DE L’ACIDE VITRIOLIQUE

le sel marin, qui de tous les sels naturels est le plus abondant.

Loisque 1 on combine l’acide vitriolique avec Valkali végétal,. il en résulte un sel cristallisable, d’une saveur amère et salée, auquel on a

.j . , | donné plusieurs noms différents, et sinsuliè-

Nous venons de voir que cet acide, le plus rement celui de tartre vitriolé. Ce sel oui est

fort et le plus puissant de tous, a saisi les terres dur et qui décrépite au feu, ne se dissout nue argileuses et calcaires, dans lesquelles il sema- difficilement dans l’eau et ne se trouve nas infeste sous la forme d’alun et de sélénite; que cristallisé par la nature, quoique tous les sels

argile et le plâtre , quoique imprégnés de cet formés par l’acide vitriolique puissent se crisacide, n ont neanmoins aucune saveur saline, talliser.

parce qu’il y a excès de terre sur la quantité L’acide vitriolique, qui se combine dans les d acide, et qu i} y est pleinement sature; que terres vitreuses, calcaires et métalliques et se a un au contraire , dont la base n’est que de présente sous la forme d’alun, de sélénite’ et de a erre argileuse melee d’une petite portion de vitriol, se trouve encore combiné dans le sel terre alka me , a une saveur styptique et des d’Epsom avec la magnésie, qui est une terre effets astringents, parce que l’acide n’y est pas particulière différente de l’arjile et Z ïarait sature; qu lien est de même de tous les vitriols aussi avoir quelques propriéfés qui lu distin métalliques dont la base étant d’une matière guentde la terre calcaire. Enlasuppôsiitmixtê plus dense que la terre vitreuse ou calcaire , a et composée des deux, elle approche beaucoun donné a ces sels plus de masse et de puissance. p!us de la craie que de l’argüe C e te Îerie Z Nous avons vu que les terres alumineuses ne gnésie ne se trouve point en grm des mas es sont que des argiles mélangées, et plus forte- comme les argiles, les craies ifs plâtres etc ment impregnees que les autres d’acide vitrio- néanmoins elle est mêlée dans plusieurs ma’ hquc que alun , qu on peut regarder comme «ères vitreuses et calcaires : on ^reconnue nar un vitriol a base terreuse, retient dans ses cris- l’analyse chimique dans les schistes hitum î aux une quantité d’eau plus qu’égale à la moi- neux, dans les teL plâtreuses daf sTesmf me ' tiede son poids, et que cette eau n’est pas es- dans les Dierrcs aL~c s les marnes,

sentielle à sa substance saline, puisqu’il la perd 1 ’ampelite; et l'on a observé qSe forme à te a.sement au feu sans se décomposer ; qu’il s’y surface et dans les interstice! de ‘ boursoufle comme la terre limoneuse , et qu’en un sel nmpv W nhn i f T , ces matières

même temps qu’il se laisse dépouiller de son est combiné dans ce ’ v6^6 vltrioli(Iue

eau il retient très-fixement l’acide vitriolique , lorsqu’on l’en retire f Irtllr “S/ il

ÎÏÏtTJL mïron presque aussi -ait

corrosif que cet acide même.

Maintenant , si nous examinons les autres matières avec lesquelles cet acide se trouve combiné, nous reconnaîtrons que l’alkali minéral ou marin, qui est le seul sel alkali naturel et qui est universellement répandu , est aussi le seul avec lequel l’acide vitriolique se soit na-

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sous la forme d’une terre blanche, légère, sans saveui , et presque sans ductilité lorsqu’on la mêle avec l’eau. Ces propriétés lui sont communes avec les terres calcaires imprégnées d’acide vitriolique, dont sans doute la magnésie retient encore quelques parties après avoir été piécipitée de la dissolution de son sel; elle

turellement combiné sous la forme d’un sel l P & aissollltlon de son sel ; elle

cristallisé auquel on a donné le nom du ch! f ^T*6 61100, 6 P'US de la nature de miste Glauber. On trouve ce sel dans l'eau de î lcaire’ 6" C® qU’elle fait une grande efla mer, et généralement dans toutes les eauf ^sccncf ^ec tous les acides, et qu’elle fourrai tiennent du sel gemme ou marin en disso- r - 6 n1™',? 006 tres'Srande quantité d’air

lution ; mais la nature n’en a formé qu’une très- Z °U aCld° aen<'n’ et qu’après avoir perdu petite quantité en comparaison de cellp d» an par la calcination, elle se dissout

petite quantité en comparaison de celle du sel gemme, ou marin qui diffère de ce sel de Glauber en ce que ce n’est pas l’acide vitriolique, mais l’acide marin qui est uni avec l’alkali dans u

comme la chaux dans tous les acides : seulement cette magnésie calcinée n’a pas la causticité de la chaux, et ne se dissout pas de même lorsqu’on la mêle avec l’eau ; ce qui la rap-

proche de la nature du plâtre. Cette différence de la chaux vive et de la magnésie calcinée semble provenir de la plus grande puissance avec laquelle la chaux retient l’acide aérien, que la calcination n’enlève qu’en partie à la terre calcaire, et qu’elle enlève en plus grande quantité à la magnésie. Cette terre n’est donc au fond qu’une terre calcaire qui, d’abord imprégnée, comme le plâtre, d’acide vitriolique, se trouve encore plus abondamment fournie d’acide aérien que la pierre calcaire ou le plâtre ; et ce dernier acide est la seule cause de la différence des propriétés de la magnésie et des qualités particulières de son sel : il se forme en grande quantité à la surface des matières qui contiennent de la magnésie ; l’eau des pluies ou des sources le dissout et l’emporte dans les eaux dont on le tire par l’évaporation; et ce sel formé de l’acide vitriolique à base de magnésie a pris son nom de la fontaine d 'Epsom en Angleterre, de l’eau de laquelle on le tire en grande quantité. M. Brownrigg assure avoir trouvé du sel d’Epsom cristallisé dans les mines de charbon de Whitehaven ; il était en petites masses solides, transparentes, et en filaments blancs argentins, tantôt réunis, tantôt isolés, dont quelques-uns avaient jusqu’à trois pouces de longueur L

La saveur de ce sel n’est pas piquante ; elle est même fraîche, mais suivie d’un arrière-goût amer; sa qualité n’est point astringente : il est donc en tout très-différent de l’alun, et comme il diffère aussi de la sélénite par sa saveur et par sa solubilité dans l’eau, on a jugé que la magnésie qui lui sert de base était une terre entièrement différente de l’argile et de la craie, d’autant que cette même magnésie combinée avec d’autres acides, tels que l’acide nitreux ou celui du vinaigre, donne encore des sels différents de ceux que l’argile ou la terre calcaire donne en les combinant avec ces mêmes acides. Mais si l’on compare ces différences avec les rapports et les ressemblances que nous venons d’indiquer entre la terre calcaire et la magnésie, on ne pourra douter, ce me semble, qu’elle ne soit au fond une vraie terre calcaire, d abord pénétrée d’acide vitriolique, et ensuite modifiée par l’acide aérien, et peut-être aussi par l alkali, dont elle paraît avoir plusieurs propriétés.

4 Voyez les Éléments de Chimie, parM.de Morveau, tomel, j page 152.

NATURELLE

La seule chose qui pourrait faire penser que cette terre magnésie est mêlée d’une petite quantité d’argile , c’est que dans les matières argileuses elle est si fortement unie à la tene alumineuse qu’on a de la peine à 1 en sépaier, mais cet effet prouve seulement que la terre de l’alun n’est pas une argile pure, et qu’elle contient une certaine quantité de terre alkaline. Ainsi , tout considéré , je regarde la magnésie comme une sorte de plâtre; ces deux matièies sont également imprégnées d’acide vitriolique, elles ont les mêmes propriétés essentielles; et quoique la magnésie ne se présente pas en grandes masses comme le plâtre, elle est peutêtre en aussi grande quantité sur la terre et dans l’eau ; car on en retire des cendres de tous les végétaux, et plus abondamment des eauxmères , du nitre et du sel marin , autre preuve que ce n’est au fond qu’une terre calcaire modifiée par la végétation et la putréfaction.

L’acide vitriolique en se combinant avec les huiles végétales a formé les bitumes 1 , et s’est pleinement saturé ; car il n’a plus aucune action sur le bitume qui n’a pas plus de saveur sensible que l’argile et le plâtre dans lesquels cet acide est de même pleinement saturé.

Si l’on expose à l’action de l’acide vitriolique les substances végétales et animales dans leui état naturel , « il agit à peu près comme le feu;

« s’il est bien concentré , il les dessèche, les « crispe et les réduit presque à l’état chai bon- « neux; et de là on peut juger qu’il en altéré « souvent les principes en même temps qu il les « sépare2. >» Ceci prouve bien que cet acide n’est pas uniquement composé des principes aqueux et terreux, comme Stahl et ses disciples l’ont prétendu , mais qu’il contient aussi une grande quantité d’air actif et de feu îéel. «Te crois devoir insister ici sur ce que j’ai déjà dit à ce sujet, parce que le plus grand nombre des chimistes pensent que l’acide vitriolique est l’acide primitif, et que pour le prouver ils ont

4 L'acide vitriolique versé sur les huiles d’amande , d olive, de navette, et même sur les huiles essentielles, les noircit surle-champ et les rend plus solides; le mélange acquiert avec le temps une consistance et des propriétés qui le rapprochent sensiblement du bitume, quand l’huile est plus terreuse, et de

la résine, quand l’huile est plus légère et plus volatile . On

n’a point examiné l'action de l’acide vitriolique sur les résines. les gommes et les sucs gommo-résineux... Avec l’acide vitriolique et l’esprit-de-vin on produit 1 éther. Éléments de

Chimie, parM. de Morveau, tome III, pages 121 et 122.

2 Éléments de Chimie, par M. de Morveau tome 111,

page 123.

DES MINÉRAUX

tâché d’y ramener ou d’en rapprocher tous les autres acides. Or leur grand maître en chimie a voulu établir sa théorie des sels sur deux idées, dont l’une est générale, l’autre particulieie : la première, que l’acide vitriolique est l acide universel et le seul principe salin qu’il y ait dans la nature , et que toutes les autres substances salines, acides ou alkalines , ne sont que des modifications de cet acide altéré, enveloppé, déguisé par des substances accessoires. Nous n’avons pas adopté cette idée, qui néanmoins a le mérite de se rapprocher de la simplicité delà nature. L’acide vitriolique sera si l’on veut le second acide ; mais l’acide aérien est le premier, non-seulement dans l’ordre de leur formation , mais encore parce qu’il est le plus pur et le plus simple de tous, n’étant composé que d’air et de feu, tandis que l’acide vitriolique et tous les autres acides sont mêlés de I terre et d’eau. Nous nous croyons donc fondés à legaider 1 acide aerien comme l’acide primitif, et nous pensons qu’il faut substituer cette idée à celle de ce grand chimiste , qui le premier a senti qu’on devait ramener tous les acides à un seul acide primitif et universel. Mais sa seconde supposition, que cet acide universel n’est coînposé que de terre et d’eciu , ne peut se soutenir, non-seulement parce que les effets ne s accordent point avec la cause supposée , mais encore parce que cette idée particulière et secondaire me parait opposée, et même contraire à toute théorie , puisqu’alors 1 aii et le feu, les deux principaux agents de la nature, seraient exclus de toute substance essentiellement saline et réellement active, attendu que toutes ne contiendraient que ce même principe salin, uniquement composé de terre et d’eau.

Dans la réalité, l’acide est après le feu l’agent le plus actif de la nature ; et c’est par le feu et par l’air contenus dans sa substance qu’il est actif, et qu il le devient encore plus lorsqu’il est aidé de la chaleur, ou lorsqu’il se trouve combiné avec des substances qui contiennent ellesmêmes beaucoup d’air et de feu, comme dans le nitre : il devient au contraire d’autant plus faible qu’il est mêlé d’une plus grande quantité d’eau, comme dans les cristaux d’alun, la crème de tartre, les sels ou les sucs des plantes fermentées ou non fermentées, etc.

Les chimistes ont avec raison distingué les substances salines par elles-mêmes , des ma-

I tières qui ne sont salines que par le mélange des principes salins avec d’autres substances : « Tous les acides et alkalis minéraux, végétaux « et animaux, tant fixes que volatils, fluors ou « concrets, doivent, dit M. Macquer, être re- « gardés comme des substances salines par « elles-mêmes : il y a même quelques autres « substances qui n’ont point de propriétés acides « ou alkalines décidées , mais qui ayant celles « des sels en général, et pouvant communiquer « les propriétés salines aux composés dans les- « quels elles entrent , peuvent par cette raison « être regardées commes des substances essen- « tiellement salines : tels sont l’arsenic et le sel « sédatif.... Toutes ces substances, quoique « essentiellement salines , diffèrent beaucoup « entre elles , surtout par les degrés de force et « d’activité , et par leur attraction plus ou « moins grande avec les matières dans les- (( quelles elles peuvent se combiner; comparez,

« par exemple, la force de l’acide vitriolique « avec la faiblesse de l’acide du tartre... Les « acides minéraux sont plus forts que les acides « tirés des végétaux et des animaux ; et parmi « les acides minéraux l’acide vitriolique est le « plus fort , le plus inaltérable , et par consé- « quent le plus pur, le plus simple, leplussen- « siblement et essentiellement sel... Parmi les « autres substances salines celles qui paraissent « les plus actives, les plus simples, tels que les « autres acides minéraux , nitreux et marins,

« sont en même temps celles dont les propriétés « se rapprochent le plus de celles de l’acide « vitriolique. On peut faire prendre à l’acide « vitriolique plusieurs des propriétés caracté- « ristiques de l’acide nitreux , en le combinant « d’une certaine manière avec le principe in- « flammable, comme on le voit par l’exemple « de l’acide sulfureux volatil : les acides hui- « leux végétaux deviennent d’autant plus forts « et plus semblables à l’acide vitriolique , qu’on « les dépouille plus exactement de leurs prin- « cipes huileux; et peut-être parviendrait-on « à les réduire en acide vitriolique pur, en « multipliant les opérations; et réciproquement « l’acide vitriolique et le nitreux, affaiblis par « l’eau et traités avec une grande quantité de « matières huileuses, et encore mieux avec l’es- « prit-de-vin , prennent des caractères d’acides « végétaux... Les propriétés des alkalis fixes « semblent à la vérité s’éloigner beaucoup de « celles des acides en général, et par conséquent

HISTOIRE NATURELLE

« de l’acide vitriolique : cependant comme il « entre dans la composition des alkalis fixesune « grande quantité de cette terre, qu’on peut sé- « parer beaucoup de terre par des distillations « et calcinations réitérées, et qu’à mesure qu’on « dépouille ces substances salines de leurprin- <1 cipe terreux, elles deviennent d’autant moins * fixes et d’autant plus déliquescentes, en un « mot qu’elles se rapprochent d'autant plus de i l’acide vitriolique à cet égard , il ne paraîtra « pas hors de vraisemblance que les alkalis ne « puissent devoir leurs propriétés salines à un « principe salin de la nat ure de l’acide vilrio- « ligue , mais beaucoup déguisé par la quantité « de terre, et vraisemblablement des principes « inflammables auxquels il est joint dans ces « combinaisons; et les alkalis volatils sont des « matières salines essentiellement de même na- « tare que l’alkali fixe, et qui ne doivent leur d volatilité qu’à une différente proportion et « combinaison de leurs principes prochains. »

J’ai cru devoir rapporter tous ces faits, avoués par les chimistes, et tels qu’ils sont consignés dans les ouvrages d’un des plus savants et des plus circonspects d’entre eux, pour qu’on ne puisse plus douter de l’unité du principe salin ; qu’on cesse de voir les acides nitreux et marin , et les acides végétaux et animaux comme’essentiellement différents de l’acide vitriolique, et qu’enfin on s’habitue à ne pas regarder les alkalis comme des substances salines d’une nature opposée , et même contraire à celle des acides : c’était l’opinion dominante depuis plus d’un siècle, parce qu’on lie jugeait de l’acide et de l’alkali qu’en les opposant l’un à l’autre, et qu’au lieu de chercher ce qu’ils ont de commun et de semblable , on ne s’attachait qu’à la différence que présentent leurs effets, sans faire attention que ces mêmes effets dépendent moins de leurs propriétés salines, que de la qualité des substances accessoires dont ils sont mélangés , et dans lesquelles le principe salin ne peut se manifester sous la même forme, ni s’exercer avec la même force et de la même manière que dans l’acide, où il n’est ni contraint ni masqué.

Et cette conversion des acides et des alkalis qui , dans l’opinion de Stahl , peuvent tous se ramener à l’acide vitriolique , est supposée réciproque; en sorte que cet acidepeut devenir luimême un alkali ou un autre acide : mais tous, sous quelque forme qu'ils se présentent, pro¬

viennent originairement de l’acide aérien.

Reprenant donc le principe salin dans son essence et sous sa forme la plus pure, c’est-àdire sous celle de l’acide aérien , et le suivant dans ses combinaisons , nous trouverons qu’en se mêlant avec l’eau , il en a formé des liqueurs spiritueuses ; toutes les eaux acidulés et mousseuses , le vin , le cidre, la bière, ne doivent leurs qualités qu’au mélange de cet acide aérien qu’ils contiennent sous la forme d’air fixe : nous verrons qu’étant ensuite absorbé par ces mêmes matières, il leur donne l’aigreur du vinaigre, du tartre, etc. ; qu’étant entré dans la substance des végétaux et des animaux, il a formé l’acide animal et tous les alkalis par le travail de l’organisation. Cet acide primitif s’étant d’abord combiné avec la terre vitrifiée, a formé l’acide vitriolique, lequel a produit avec les substances métalliques, les vitriols de fer, de cuivre et de zinc ; avec l’argile et la terre calcaire, l’alun et la sélénite ; le sel de Glauber avec l’alkali minéral, et le sel d’Epsom ou de Sedlitz avec la magnésie.

Ce sont là les principales combinaisons sous lesquelles se présente l’acide vitriolique; car nulle part on ne le trouve dans son état de pureté et sous sa forme liquide, et celapar la raison qu’ayant une très-grande tendance à s’unir avec le feu libre, avec l’eau et avec la plupart des substances terreuses et métalliques, il s’en saisit partout , et ne demeure nulle part sous cette forme liquide, que nous lui connaissons lorsqu’il est séparé par notre art de toutes les substances auxquelles il est naturellement uni. Cet acide bien déflegmé et concentré pèse spécifiquement plus du double de l’eau, et par conséquent beaucoup plus que la terre commune ; et comme sa fluidité diminue à mesure qu’on le concentre , on doit croire que si l’on pouvait ramener à un état concret et solide, il aurait plus de densité que les pierres calcaires et les grès 1 : mais comme il a une très-grande affinité avec l’eau, et que même il attire l’humidité de l’air, il n’est pas étonnant que ne pouvant être condensé que par une forte chaleur, il ne se trouve jamais sous une forme sèche et solide dans le sein de la terre.

Dans les eaux qui découlent des collines cal-

4 En supposant que l’eau distillée pèse dix mille, le grès des tailleurs de pierre ne pèse que vingt mille huit cent cinquantecinq; ainsi l’acide vitriolique bien concentré pesant plus du double de l’eau, pèse au moins autant que le grès.

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