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partie des Pyrénées, situées entre la France et l’Espagne

Depuis la découverte de l’Amérique, les mines de cuivre, comme celles d’or et d’argent, ont été négligées en Espagne et en France, parce que l’on tire ces métaux du Nouveau-Monde à moindres frais, et qu’en général, les mines les plus riches de l'Europe et les plus aisées à extraire, ont été fouillées, et peut-être épuisées par les anciens ; on n’y trouve plus de cuivre en métal ou de première formation, et on a négligé les minières des pyrites cuivreuses ou de seconde formation, par la difficulté de les fondre, et à cause des grands frais que leur traitement exige. Celles des environs de Molina, dont parle M. Bovvles2, et qui paraissent être de troisième

très-ductile, et formé tel par la nature ; on les trouvait répandues parmi le gravier, ou plaquées entre des pierres, et même

le cuivre est ramifié dans d’autres en forme de dendrites .

M. Le Monnier a observé que la mine tirée du puits Sainte- ! barbe était mêlée avec une pyrite jaune pâle qui parait sulfureuse et arsenicale. Celle du puits Saint- Louis, qui est voisine du premier, quoique un peu moins pesante que celle du puits Sainte Barbe, parait meilleure et moins embarrassée de pyrites arsenicales, et elle est engagée dans une espèce de quartz qui Ja rend très-aisée à fondre ; enfin celle du Corail semble etre la meilleure de toutes, elle est de même intimement unie ! à du quartz fort dur. Observation d’Histoire naturelle, par JI. Le Monnier. Paris, 1739, pages 209 et suiv.

' Les mines de cuivre de Catalogne ne sont qu’à une lieue de Corail. .. Celle qui donne du cuivre plus estimé que celui de Corail se trouve située précisément dans la colline de Bernadcllc, sous la montagne qui sépare la France d’avec l’Espagne, entre la ville d’Autez et celle de Campredon. Il y a dans cette mine d’anciens et grands travaux, et l’on voit, dans les gale- j ries et dans les chambres auxquelles elles aboutissent, des taches bleues et vertes, et même des incrustations de vert-degris, et aussi des filets de cuivre qui forment un réseau de différentes couleurs, rouges, violettes, etc., et ce réseau métallique s’observe dans toute l’étendue des galeries. « Je m’at- « tendais, dit M. Le Monnier, à voir quelques filons cuivreux;

« mais il paraît qu'il n'en a jamais existé d'autres dans cette « mine, que ce réseau métallique que j’ai vu presque par- « tout... Toute cette mine, qui est d’une étendue très-consi- « dérable, est dans une pierre dure qu'il faut faire éclater à « la poudre ; et il y a dans quelques cavités de cette pierre du

• cuivre vert et soyeux, et dans quelques autres il y avait une « poudre grumelée d'un très-beau bleu d'outre-mer. » Observation d'Histoire naturelle, par M. Le Monnier. Paris, 1739, pages 209 et suiv.

2 « A quelques lieues de Molina, il y a une montagne appe- « lée la Plalilla ; on voit au sommet des roches blanches qui « sont de pierre à chaux, mêlées de taches bleues et vertes...

« Dans les galeries de la mine de cuivre, on voit que toutes « les pierres sont fendillées et laissent découler de l'eau char- « gée de matière cuivreuse, et les fentes sont remplies de mi- « néral de ouivre bleu, vert et jaune, mêlé de terre blanche

• calcaire. Ce minéral formé par stillation est toujours com-

• posé de lames très-minces et parallèlement appliquées les « unes contre les autres... La matière calcaire s’y trouve tou- « jours mêlée avec le minéral de cuivre, de quelque couleur « qu il soit... 11 se forme souvent en petits cristaux dans les

• cavités du minéral même, et ces cristaux sont verts, bleus « ou blancs... Le minéral commence par être fluide et dis- « sous, ou au moins en état de mucilage qui a coulé très-b n-

NATIKELLE

formation , sont également négligées : cependant. indépendamment de ces mines de Molina en Aragon, il y a d’autres mines de cuivre à six lieues de Madrid, et d’autres dans la montagne de Guadalupe , dans lesquelles on fait aujourd’hui quelques travaux. Celles-ci, dit M. Bowles, sont dans une ardoise jaspée de bleu et de vert * .

En Angleterre, dans la province de Cornouailles, fameuse par ses mines d’étain, on trouve des mines de cuivre en filons , dont quelquesuns sont très- voisins des filons d’étain, et quelquefois même sont mêlés de ces deux métaux. Comme la plupart de ces mines sont dans un état pyriteux, elles sont de seconde fondation ; quelques-unes néanmoins sont exemptes de pyrites, et paraissent tenir de près à celles de première formation. M. Jars les a décrites avec son exactitude ordinaire2.

« tement, et que les eaux pluviales dissolvent de nouveau et « entraînent dans les fentes on cavités où elles tombent goutte « à goutte, et forment la stalactite... La mine bleue ne se mêle « point avec le reste, et elles sont d une nature très-distincte ; « car je trouvai que le bleu de cette mine contient un peu « d’arsenic, d'argent et de cuivre, et le produit de sa fonte « est une sorte de métal de cloche. La mine verte ne contient « pas le moindre atome d’arsenic, et le cuivre se minéralisé « avec la terre blanche susdite, sans qu’il y ait la moindre « partie de fer. Cette mine de la Platilla étant une mine de « charriage ou d’alluvion , elle ne peut être bien profonde. » Histoire naturelle d’Espagne, par M. Bowles, pag. 141 et suiv. — Nota. Je dois observer que cette mine, décrite par M. Bowles, est non-seulement d’alluvion comme il le dit et comme le démontre le mélange du cuivre avec la matière calcaire, mais qu'elle est encore de stillation, c’est-à-dire d'un temps postérieur à celui des alluvions, puisqu'elle se forme encore aujourd’hui par le suintement de ces matières dans les fentes des pierres quartzeuses où se trouve ce minéral cuivreux, qui se réunit aussi en stalactites dans les cavités de la roche.

4 Histoire naturelle d’Espagne, pages 28 et 67.

2 Les filons de cuivre de la province de Cornouailles sont dans une espèce de schiste nommé killas, dont la couleur est différente du schiste qui contient le filon détain; avec l’étain ce killas est brun, noir et bleuâtre, mais avec les minéraux de cuivre, il est plutôt grisâtre, blanchâtre et rougeâtre. 11 est très-commun de rencontrer des filons qui produisent du minéral de cuivre et de celui d'étain en même temps; mais il y en a toujours un qui domine.

Les matières qui accompagnent et annoncent les minéraux de cuivre et qui en contiennent souvent elles-mêmes, consistent, proche la surface de la terre, en une espèce de minéral de fer décomposé en partie ou substance ocreuse, mêlée de quartz ou d’un rocher bleuâtre; mais dans la profondeui ces matières sont un composé de quartz, de mica blanc sur une pierre en roche d’un bleu clair; assez souvent de la pyrite, tantôt blanche, tantôt jaune; quelquefois le tout est parsemé avec des taches de minéral de cuivre. Observations sur les Mines, par M. Jars; Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1770, page 540.— Au-dessus de la ville de Redruth, on exploite une mine de cuivre très-abondante... Son filon est peu éloigné de celui de la mine d’étain de Peduandrea; il lui est parallèle... La largeur commune du filon peut être de quatre à cinq pieds ; il est composé d’un beau minéral jaune ou pyrite cuivreuse ; point de blende ; assez souvent du quartz cl delà

DES MINERAUX

En Italie, dans le Vieentin, « ou fabrique an- « nuellement, dit M. Ferber, beaucoup de cui- « vre, de soufre et de vitriol. La lessive vitrio- « lique est très-riche en cuivre, que l’on en tire « par cémentation et en y mettant des lames de « fer *. » Ces mines sont, comme l’on voit, de dernière formation. On trouve aussi de pareilles mines de cuivre en Suisse, dans le pays des Grisons et dans le canton de Berne,, à six lieues de Romain- Moutier 2.

En Allemagne, dit Sclilutter, oncomptedouze sortes de mines de cuivre3, dont cependant au-

pyrite, surtout de la blanche, qui est arsenicale... quelquefois du cristal de roche qu'on nomme diamant de Cornouailles... On trouve quelquefois du cuivre natif dans la partie supérieure du filon et dans les endroits où il n'est pas riche... Le filon est renfermé dans le rocher schisteux nommé killas... Le côté du mur du filon est tendre, souvent il est composé d’une matière jaune et poreuse, souvent aussi d’une espèce d’argile... Le filon est très-riche et abondant dans la plus grande profondeur, qui est de soixante et quelques toises... A cinq milles de Redruth, on exploite encore plusieurs filons qui sont de la même nature et dans une roche de même espèce... II y a entre autres dans ce pays une mine de cuivre vitrée extrêmement riche, mais très-peu abondante... On trouve dans tout ce terrain une très-grande quantité de puits jusqu’à Saint-Agnès, où, particulièrement près de la mer, les filons de cuivre ne sont qu’en petit nombre, en comparaison des filons d'étain, qui y sont beaucoup plus nombreux, tandis que c'était le contraire du côté de Redruth. Observations sur les Mines, par M. Jars, dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1770, page 540.

* Lettres sur la Minéralogie, par M. Ferber, pages 47 et 48.

2 Mémoires de M. Guettard, dans ceux de l'Académie des Sciences, année 1752, page 323.

3 Ces douze sortes de mines de cuivre sont : 1° le cuivre natif ou mine de cuivre sous forme métallique; il est rare et ressemble à celui qui a été raffiné.

2° Le cuivre azur ou mine de cuivre vitrée; elle tient de l'arsenic et un peu de fer.

5° La mine de cuivre jaune, qui est une espèce de pyrite composée de soufre, de beaucoup de fer et de peu de cuivre.

4° La mine de cuivre fauve, (pii tient du soufre, de l’arsenic, de l'argent et du cuivre en plus grande quantité que la suivante.

5° Autre mine de cuivre différente de la précédente.

6° La mine de cuivre bleu d’outre-mer (ultra marina'', qui n’est autre chose que du cuivre dissous par les acides, et précipitée et pénétrée par l'alcali volatil. Comme elle ne tient ni soufre ni arsenic, elle n’a pas besoin, à la rigueur, d’être calcinée, non plus que la mine de cuivre verte appelée malachite ; au petit essai, on ne les rôtit pas ; pour la fonte en grand, on les rôtit fort peu.

7° La mine de cuivre verte nommée malachite.

8° La mine de cuivre en sable, qui est composée de cuivre et d’arsenic, mêlé de sable.

9° La mine d'argent blanche (ou grise), tenant plus de cuivre que d’argent; mais les mines portent ordinairement le nom du métal, qui, étant vendu, produit une plus grande 60mme d'argent que l’autre, quoique en plus grande quantité.

400 La mine fje cuivre en ardoise ou écailles cuivreuses ; elle donne peu de cuivre aux essais, aussi bien que la précédente.

H° Presque toutes les pyrites un peu colorées, parce qu’il

cune n’est aussi riche en métal que les mines de plomb , d’étain et de fer de ces mêmes contrées. Comme la plupart de ces mines de cuivre contiennent beaucoup de pyrites, il faut les griller avec soin ; sans cela le cuivre ne se réduit point et l’on n’obtient que de la matte. Le grillage est ordinairement de sept à huit heures, et il est à propos de laisser refroidir cette mine grillée, de la broyer et griller de nouveau trois ou quatre fois de suite en la broyant à chaque fois ; ces feux interrompus la désoufrent beaucoup mieux qu’un feu continué. Les mines riches, telles que celles d’azur et celles que les ouvriers appellent mines pourries ou éventées , n’ont pas besoin d’être grillées autant de fois ni si longtemps ; cependant toutes les mines de cuivre , pauvres ou riches, doivent subir le grillage; car après cette opération elles donnent un produit plus prompt et plus certain ; et souvent encore le métal pur est difficile à extraire de la plupart de ces mines grillées. En général, les pratiques pour le traitement des mines doivent être relatives à leur qualité plus ou moins riche , et à leur nature plus ou moins fusible. La plupart sont si pyriteuses qu’elles ne rendent que trèsdifficilement leur métal après un très-grand nombre de feux. Les plus rebelles de toutes sont les mines qui , comme celles de Ramelsberg et du Haut-Hartz 1 , sont non-seulement mêlées de pyrites, mais de beaucoup de mines de fer. Il s’est passé bien du temps avant qu’on ait trouvé les moyens de tirer le cuivre de ces mines pyriteuses et ferrugineuses.

Les anciens, comme nous l’avons dit, n’ont d’abord employé que le cuivre de première formation, qui se réduit en métal dès la première fonte, et ensuite ils ont fait usage du cuivre de dernière formation qu’on se procure aisément par la cémentatiou ; mais les mines de cuivre en pyrites , qui sont presque les seules qui nous restent , n’ont été travaillées avec succès que

n’y en a presque point (pii ne contienne une ou deux livrés de cuivre par quintal.

42° Le vitriol bleu verdâtre natif se met au rang des mines de cuivre, parce que ce métal y sert en partie de base à 1 acide qui s’est cristallisé avec lui et avec un peu de fer. Traité de la Fonte des Mines de Schlutter, tome I, page 490 et 191.

* Les mines de cuivre de Rammelsberg et celles du Haut- Hartz ne sont que des pyrites cuivreuses, et il n'est pas étonnant qu’on ait ignoré si longtemps l'art d’en tirer le cuivre : il y a peu de mines auxquelles il faille donner un aussi grand nombre de feux pour les griller, et qui dans la fonte soient aussi chaudes et aussi rougeâtres. Sclilutter, Traité de la Fonte des Mines, etc., tome II, page 426.

HISTOIRE NATURELLE

dans ces derniers temps, c’est-à-dire beaucoup pl us tard que les mines de fer, qui , quoique difficiles à réduire en métal, le sont cependant beaucoup moins que ces mines pyriteuses de cuivre.

Dans le Bas-Hartz, les mines de cuivre contiennent du plomb et beaucoup de pyrites; il leur faut trois feux de grillage, et autant à la matte qui en provient : on fond ensuite cette matte qui, malgré les trois feux qu’elle a subis, ne se convertit pas tout entière en métal ; car dans la fonte il se trouve encore de la matte qu’on est obligé de séparer du métal et de faire griller de nouveau pour la refondre

Dans le Haut-Hartz, la plupart des mines de cuivre sont aussi pyriteuses, et il faut de même les griller d'autant plus fort et plus de fois qu’elles le sont davantage. Aux environs de Clausthal, il y en a de bonnes, de médiocres et de mauvaises ; ces dernières ne sont pour ainsi dire que des pyrites ; on mêle ces mines ensemble pour les faire griller une première fois à un feu qui dure trois ou quatre semaines ; après quoi on leur donne un second feu de grillage avant de les fondre , et l’on n’obtient encore que de la matte crue , qu’on soumet à cinq ou six feux successifs de grillage, selon que cette matte est plus ou moins sulfureuse. On fond de nouveau cette matte grillée, et enfin on parvient à obtenir du cuivre noir en assez petite quantité ; car cent quintaux de cette matte grillée ne donnent que huit à dix quintaux de cuivre noir, et quarante ou cinquante quintaux de matière moyenne entre la matte brute et le cuivre noir ; on fait griller de nouveau cinq ou six fois cette matte moyenne avant de la jeter au fourneau de fusion ; elle rend à peu près la moitié de son poids en cuivre noir, et entre un tiers et un quart de matière qu’on appelle matte simple , que l’on fait encore griller de nouveau sept à huit fois avant de la fondre, et cette matte simple ne se convertit qu’alors en cuivre noir 2.

Les mines de cuivre qui sont plus riches et moins pyriteuses rendent dès la première fonte leur cuivre noir, mêlé d’une matte qu’on n’est obligé de griller qu’une seule fois, pour obtenir également le cuivre noir pur. Les mines feuilletées ou en ardoises , du comté de Mansfeld , quoique très-peu pyriteuses en apparence , ne

' Traité de la Fonte des Mines de Scblutter, tome II, p. 206 et 207.

* Traité de la Fonte des Mines de Selilutter, tome II, p. 209.

donnent souvent que de la matte à la première fonte, et ne produisent à la seconde qu’une livre ou deux de cuivre noir par quintal . Celles de Riegelsdorf, qui sont également en ardoise, ne donnent que deux à trois livres de cuivre par quintal; mais comme il suffit de les griller une seule fois pour en obtenir le cuivre noir, on ne laisse pas de trouver du bénéfice à les fondre , quoiqu’elles rendent si peu, parce qu’une seule fonte suffit aussi pour réduire le cuivre noir en bon métal ‘ .

On trouve, dans la mine de Meydenbek, du cuivre en métal mêlé avec des pyrites cuivreuses noires et vertes. Cette mine parait donc être de première formation ; seulement une partie du cuivre primitif a été décomposée dans la mine même, par l’action des éléments humides; mais malgré cette altération , ces minerais sont peu dénaturés, et ils peuvent se fondre seuls; on mêle les minerais noir et vert avec le cuivre natif, et ce mélange rend son métal dès la première fonte, et même assez pur, pour qu’on ne soit pas obligé de le raffiner2.

En Hongrie, il se trouve des mines de cuivre de toutes les nuances et qualités. Celle de Hornground est d’une grande étendue : elle est en larges filons, et si riche, qu’elle donne quelquefois jusqu’à cinquante et soixante livres de cuivre par quintal. Elle est composée de deux sortes de minerais : l’un jaune, qui ne contient que du cuivre ; l’autre noir, qui contient du cuivre et de l’argent. Ces mines, quoique si riches, sont néanmoins très-pyriteuses, et il faut leur faire subir douze ou quatorze fois l’action du feu avant de les réduire en métal. On tire avec beaucoup moins de frais le cuivre des eaux cuivreuses qui découlent de cette mine, au moyen des lames de fer qu’on y plonge, et auxquelles il s’unit par cémentation. En général , c’est dans les montagnes de schiste ou d’ardoise que se trouvent, en Hongrie, les plus nobles veines de cuivre3.

« 11 y a en Pologne, dit M. Guettard, sur les « confins de la Hongrie et du comté de Speis,

« une mine de cuivre tenant or et argent...,

« cete mine est d’un jaune doré avec des taches « couleur de gorge de pigeon, et elle est mêlée « de quartz. Il y en a une autre dans les terres

* Traité de la Fonte des Mines de Schlutter, tome II, p 461.

3 Idem, ibidem, page 491.

* Délias, Sur l’Art des Mines. Traduction française, tome I, page 62.

DES MINERAUX

* du Staroste de Bulkow... J’en ai vu un mor- « ceau qui était un quartz gris clair, parsemé « de points cuivreux ou de pyrites cuivreuses « d’un jaune doré*. »

En Suède, Içs mines de cuivre sont non-seulement très-nombreuses, mais aussi très-abondantes et très-riches ; la plus fameuse est celle du cap Fer b erg ; on en prendrait d’abord le minéral pour une pyrite cuivreuse, et cependant il n’est que peu sulfureux, et il est mêlé d’une pierre vitreuse et fusible. Il rend son cuivre dès la première fonte; il y a plusieurs autres mines qui ne sont pas si pures et qui néanmoins peuvent se fondre après avoir été grillées une seule fois; il n’est pas même nécessaire d’y ajouter d’autres matières pour en faciliter la fusion; il ne faut que quelques scories vitreuses pour leur faire un bain et les empêcher de se calciner à la fonte 2.

En Danemarck et en Norwége, selon Pontoppidan, il y a des mines de cuivre de toute espèce ; celle de Roraas est la plus renommée; trois fourneaux qui y sont établis ont rendu, en onze années, quarante mille neuf cent quarantequatre quintaux de cuivre3. M. Jars dit « que « cette mine de Roraas ou de Reuras est une « mine immense de pyrites cuivreuses, si près « de la surface de la terre, que l’on peut facilet ment y pratiquer des ouvertures assez gran- « des pour y faire entrer et sortir des voitures 6 qui en trasportent au dehors les minerais, et « que cette mine produit annuellement douze « mille quintaux et plus de cuivre4. »

On trouve aussi des indices de mine de cuivre en Laponie, à soixante lieues de Tornea, et en Groenland ; l’on a vu du vert-de-gris et des paillettes cuivreuses dans des pierres; ce qui démontre assez qu’il s’y trouve aussi des mines de ce métal5.

En Irlande, il y a de même des mines de cuivre, les unes à sept milles de distance de la ville de Wicklow , d’autres dans la montagne de Crown-Bawn, qui sont en exploitation, et dont les fosses ont depuis quarante, cinquante etjusqu’à soixante toises de profondeur6. Le relateur observe : « Que les ouvriers ayant laissé une

‘ Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1762, p. 320.

2 Traité de la fonte des mines de Schluttcr, tome II, p. 493. s Journal étranger, mois d'août 1733.

! Mémo'res des Savants étrangers , tome IX, page 452.

] 11 ‘stoire générale des Voyages, tome XIX, page 30. le premier minéral quon y trouve en creusant est une

« pelle de 1er dans une de ces mines de cuivre, « où il coule de l’eau, cette pelle se trouva quel- « que temps après tout incrustée de cuivre, et « que c’est d’après ce fait que les habitants ont « pris l’idée de tirer ainsi le cuivre de ces eaux, « en y plongeant des barres de fer. » Il ajoute « que non-seulement le cuivre incruste le fer « mais que cette eau cuivreuse le pénètre et « semble le convertir en cuivre ; que le tout « tombe en poudre au fond du réservoir où l’on « contient cette eau cuivreuse; que les barres « de fer contractent d’abord une espèce de « rouille qui, par degrés, consomme entièrement « le fer; que le cuivre qui est dans l’eau étant « ainsi continuellement attiré et fixé par le fer « il se précipite au fond en forme de sédiment ;

« qu’il faut pour cela du fer doux, et que l’a- « cier 11’est pas propre à cet effet; qu’enfin ce « sédiment cuivreux est en poudre rougeâtre. » Nous observerons que c’est non-seulement dans ces mines d’Irlande, mais dans plusieurs autres comme dans celles de Suède , du Hartz , etc.,' que l’on trouve de temps en temps, et en certains endroits abandonnés depuis longtemps des fers incrustés de cuivre, et des bois dans lesquels ce métal s’est insinué en forme de végétation, qui pénètre entre les fibres du bois et en remplit les intervalles 1 ; mais ce 11’est point une pénétration intime du cuivre dans le fer comme le dit Je relateur, et encore moins une conversion de ce métal en cuivre.

Après cette énumération des mines de cuivre de l’Europe , il nous reste à faire mention de celles des autres parties du monde ; et en commençant par l’Asie, il s’en trouve d’abord dans les îles de l’Archipel : celle de Chalcitis, aujourd’hui Ghalcé, avait même tiré son nom du cuivre qui s’y trouvait. L’ile d’Eubée en fournissait aussi2: mais la plus riche de toutes en cuivre est celle de Chypre. Les anciens l’ont célébrée sous le nom d 'Ærosa, et ils en tiraient

pierre ferrugineuse; au-de sous on découvre une mine de plomb qui semb'e être mêlée avec de l’argile, mais qui donne beaucoup de plomb et peu d’argeat, et plus bas une riche mine pierreuse et brillante qui rend soixante-quinze onces d'argeat par tonne de mine, et en outre une grande quantité de plomb le plus fin : après avoir percé quelques toises plus bas on arrive à la veine de cuivre qui est très-riche, et qu’on peut suivre jusqu'à une certaine profondeur. Journal étranger, mois de décembre 1754, page 115, jusques et compris page 120. r

4 Bibliothèque raisonnée , tome XLIII, page 70.

2 Les premiers ouvrages d’airain avaient, suivant la tradition des Grecs, été travaillés en Eubée , dans la ville de Chaicis, qui en avait tiré son nom. Solin. chap. Xï,

HISTOIRE NATURELLE

une grande quantité de cuivre et de zinc1.

Dans le continent de l’Asie, on a reconnu et travaillé des mines de cuivre. En Perse2, « le « cuivre, dit Chardin , se tire , principalement « à Sary, dans les montagnes de Mazenderan ; « il y en a aussi à Bactriam et vers Casbin. « Tous ces cuivres sont aigres, et pour les adou- « cir, les Persans les alliaient avec du cuivre « de Suède et du Japon, en mettant une partie « sur vingt du leur 3. »

MM. Gmelin et Muller ont reconnu et observé plusieurs mines de cuivre en Sibérie ; ils ont remarqué que toutes ces mines , ainsi que celles des autres métaux , sont presque à la surface de la terre. Les plus riches en cuivre sont dans les plus hautes montagnes près de la rive occidentale du Jénisea ; on y voit le cuivre à la surface de la terre, en mines rougeâtres ou vertes, qui toutes produisent quarante-huit à cinquante livres de cuivre par quintal4. Ces mines situées au haut des montagnes sont sans doute de première formation ; la mine verte a seulement été un peu altérée par les éléments humides. De toutes les autres mines de cuivre , dont ces voyageurs font mention, la moins riche est celle de Pichtama-Gora , qui cependant donne douze pour cent de bon cuivre. Il y a cinq de ces mines en exploitation ; et Ton voit dans plusieurs autres endroits de cette même contrée les vestiges d’anciens travaux, qui démontrent que toutes ces montagnes contiennent de bonnes mines5 6. Celles des autres parties de la Sibérie sont plus pauvres ; la plupart ne donnent que deux, trois ou quatre livres de cuivre par quintal0. On trouve sur la croupe et au pied de plusieurs montagnes différentes mines de cuivre de seconde et de troisième formation ; il y en a dans les environs de Cazan,qui ont formé des stalactites cuivreuses , et des malachites

4 Description de I Archipel, par Dapper, page 329 et 443.

2 II y a des mines de cuivre aux euvirons de la ville de Cachem en Perse, où l’on fait commerce de ce méta'. Voyage de Struys , tome I , page 273. — A quelques lieues de la ville de Tauris, on trouve une mine de cuivre qui rapporte beaucoup au roi. Voyage de Gemelli Carreri , tome II, page 43.

3 Voyage de Chardin, tome II, page 23.

4 Histoire générale des Voyages, tome XVIII, pag, 370.

5 Idem , ibid.

6 A cinquante-deux verstes de Catherinbourg se trouve la mine dePolewai, qui n’est pas disposée par couches, mais par chambres, et qui ne donne qu’environ trois livres de cuivre par quintal. Histoire générale des Voyages, tomeXVlII, page 108. — Celles de Werchoturie ne rendent que deux pour cent: le minerai est une pyrite de cuivre mêlée de veines irrégulières de quartz noirâtre. Idem, page 360.

très-belles et aisées à polir : on peut même dire que c’est dans cette contrée du nord de l’Asie que les malachites se trouvent le plus communément, quoiqu’il y en ait aussi en quelques endroits de l’Europe, et particulièrement en Saxe, dans plusieurs mines de cuivre de troisième formation. Ces concrétions cuivreuses ou malachites se présentent sous différentes formes : il y en a de fibreuses ou formées en rayons, comme si elles étaient cristallisées , et par là elles ressemblent à la zéolithe; il y en a d’autres qui paraissent formées par couches successives, mais qui ne diffèrent des premières que par leur apparence extérieure. Nous en donnerons des notions plus précises lorsque nous traiterons des stalactites métalliques.

Les mines de Souxon en Sibérie sont fort considérables , et s’étendent à plus de trente lieues; elles sont situées dans ces collines qui ont environ cent toises de hauteur, et paraissent en suivre la pente : toutes ne donnent guère que quatre livres de cuivre par quintal. Ces mines de Souxon sont de troisième et dernière formation ; car on les trouve dans le sable, et même dans des bois fossiles qui sont tachés de bleu et de vert, et dans l’intérieur desquels la mine de cuivre a formé des cristaux 1 . Il en est de même des mines de cuivre des monts Riphées ; on ne les exploite qu’au pied des montagnes, où le minerai de cuivre se trouve avec des matières calcaires , et suit, comme celles de Souxon, la pente des montagnes jusqu’à la rivière 2.

Au Kamtschatka, où de temps immémorial les habitants étaient aussi sauvages que ceux de l’Amérique septentrionale , il se trouve encore du cuivre natif en masses et en débris 3; et une des îles voisines de celle de Béring, où ce métal se trouve en morceaux sur le rivage, en a pris le nom Ile de Cuivre 4.

La Chine est peut-être encore plus riche que la Sibérie en bonnes mines de cuivre; c’est surtout dans la province d’Yun-nan qu’il s’en trouve en plus grande quantité; et il parait que quoi-

4 Histoire générale des Voyages, tome XIX, page 474.

2 Histoire générale des Voyages, tome XIX, page 473.

5 « Dans quelques endroits du Kamtschatka, on trouvedans

« le sable une si grande quantité de petits morceaux decui- « vre natif, qu’on pourrait en charger des charrettes entiè*

« res. » Le sieur Scherer, cité dans le Journal de Physique, juillet 178t. page 41 et suivantes.

4 Mednoi-Ostroff ou l’île de cuivre, qui se voit de llle de Béring, est ainsi appelée à cause des gros morceaux de cuivre natif qu’on trouve sur la grève... surtout a la pointe ouest d«

I)KS MINIMAUX.

qu’on i.ît très-anciennement fouillé ces mines, elles ne sont pas épuisées ; car on en tire encore une immense quantité de métal. Les Chinois distinguent trois espèces de cuivre, qu’ils prétendent se trouver naturellement dans leur différentes mines : 1° le cuivre rouge ou cuivre commun, et qui est du cuivre de première formation ou de cémentation; 2° le cuivre blanc qu’ils assurent avoir toute sa blancheur au sortir de la mine, et qu’on a peine à distinguer de l’argent lorsqu’il est employé ; ce suivre blanc est aigre, et n’est vaisemblablement qu’un mélange de cuivre et d’arsenic ; 3° le tombac , qui ne paraît être au premier coup d’œil qu’une simple mine de cuivre, mais qui est mêlée d’une assez grande quantité d’or L II se trouve une de ces mines de tombac fort abondante dans la province de Hu-quang. On fait de très-beaux ouvrages avec ce tombac, et en général, on ne consomme nulle part plus de cuivre qu’à la Chine, pour les canons, les cloches, les instruments, les monnaies, etc. 2. Cependant le cuivre est encore plus commun au Japon qu’à la Chine : les mines les plus riches, et qui donnent le métal le plus fin et le plus ductile sont dans la province de Kijnok et de Surunga3, et cette dernière doit être regardée comme une mine de tombac; car elle tient une bonne quantité d’or. Les Japonais tirent de leurs mines une si grande quantité de cuivre, que les Européens, et particulièrement les Hollandais, en achètent pour le transporter et en faire commerce; mais autant le cuivre rouge est commun dans ces îles du Japon, autant le cuivre jaune ou laiton y est rare, parce qu’on n’y trouve point de mine de zinc, et qu’on est obligé de tirer de Tunquin ou d’encore plus loin la calamine ou le zinc nécessaire à cette al¬

liage.

Enfin, pour achever l’énumération des principales minesde cuivre de l’Asie , nous indiquerons celles de Pile Formose , qui sont si abondantes, au rapport des voyageurs, qu’une seule

ia bande méridionale. Maleviskoi en recueillit, entre les roches et la mer, sur une grève d’environ douze verges. Idem , ibid.

4 1/aurichalcum de Pline paraît être une espèce de tombac, qu’il désigne comme un cuivre naturel, d'une qualité particulière et plus excellente que le cuivre commun ; mais dont les veines étaient déjà depuis longtemps épuisées : « In Cypro «prima ærisinventio; moxvilitas, reperto iu aliis terris præ- « stantiore , maxime aurichalco, quod præcipuum bonitatem « admirationemque diu obtinuit; nec reperitur longo jam • tempore. effœta tellure. * Lib. x’xxiV, cap. H.

2 Histoire générale des Voyages, tome V, page 184.

* Idem , tome X, page 635.

de ces mines pourrait suffire à tous les besoins et usages de ees insulaires. La plus riche est celle de Peorko ; le minéral est du cuivre rouge, et parait être de première formation.

Nous ne ferons que citer celles de Macassar dans les îles Célèbes , celles de Pile Timor et enfin celles de Bornéo, dont quelques-unes sont mêlées d’or et donnent du tombac, comme celles de la province de Surunga au Japon et de Hu-quang à la Chine \

En Afrique , il y a beaucoup de cuivre , et même du cuivre primitif. Marmol parle d’une mine riche, qui était, il y a près de deux siècles, en pleine exploitation dans la province de Suz au royaume de Maroc, et il dit qu’on en tirait beaucoup de cuivre et de laiton, qu’on transportait en Europe ; il fait aussi mention des mines du mont Atlas dans la province de Zahara , où l’on fabriquait des vases de cuivre et de laiton 2. Ces mines de la Barbarie et du royaume de Maroc fournissent encore aujourd’hui une très-grande quantité de ce métal que les Africains ne se donnent pas la peine de raffiner, et qu’ils nous vendent en Cuivre brut. Les montagnes des il es du cap Vert contiennent aussi des mines de cuivre; car il en découle plusieurs sources dont les eaux sont chargées d’une grande quantité de parties cuivreuses, qu’il est aisé de fixer et de recueillir par la cémentation3. Dans la province de Bambuck, si abondante en or, on trouve aussi beaucoup de cuivre, et particulièrement dans les montagnes de Badschinkadbar qui sont d’une prodigieuse hauteur 4. Il y a aussi des mines de cuivre dans

4 Histoire générale des Voyages, tome V , page 481; et tome IX, page 307. « Le tombac, dit Ovington , est fort « recherché aux Indes-Orientales ; on croit que c’est on mé- « lange naturel d’or, d’argent et de cuivre , qui est de bon « aloi dans de certains endroits, comme à Bornéo, et de beau- « coup plus bas aloi dans d’autres, comme à Siam. » Voyage de Jean Ovington, tome II, page 213.— Le tombac de Siam et de Bornéo ne nous laisse pa^ douter qu’il n’y ait dans ces contrées plusieurs autres mines de cuivre, dont les voyageurs ont négligé de faire mention.

2 L'Afrique de Marmol ; Paris , 1667 , tome II, page 33; et tome III, page 8.

3 11 y a des mines de cuivre dans les lies du cap Vert , et particulièrement dans file Saint-Jean, où le voyageur Roberts a remarqué des eaux cuivreuses , dans lesquelles il suffisait de tenir la lame d’un couteau pendant une minute on deux , pour que cette lame fût incrustée de cuivre d'une belle couleur jaune... Il remarqua plusieurs fontaines dont les eaux produisaient le même effet, qui était toujours plus marqué à mesure qu’on s’approchait de la source. Histoire générale des Voyages , tome II , page 399.

4 Histoire générale des Voyages, tome II, page 664 ; et tome IV, page 486.

histoire naturelle

Sflfi

plusieurs endroits du Congo età Benguela; l’une des plus riches de ces contrées est celle de la Baie des Vaches, dont le cuivre est très-fin : on trouve de même des mines de ce métal en Guinée, au pays dcslnsijesses,etenfindans les terres des Hottentots. Kolbe fait mention d’une mine de cuivre qui n’est qu’à une lieue de distance du Cap, dans une très-haute montagne, dont il dit que le minéral est pur et très-abondant. Cette mine située dans une si haute montagne est sans doute de première formation , comme celles de Bambuck, et comme la plupart des autres mines de cuivre de l’Afrique; car, quoique les Maures, les Nègres, et surtout les Abyssins, aient eu de temps immémorial des instruments de ce métal , leur art ne s’étend guère 1 qu’à fondre le cuivre natif ou celui de troisième formation, et ils n’ont pas tenté de tirer ce métal des mines pyriteuses de seconde formation, qui exigent de grands travaux pour être réduites en métal.

Mais c’est surtout dans le continent du Nouveau-Monde, et particulièrement dans les contrées de tout temps inhabitées, que se trouvent en grand nombre les mines de cuivre de première formation. Nous avons déjà cité quelques lieux de l’Amérique septentrionale , où l’on a rencontré de gros blocs de cuivre natif et presque pur: on en trouvera beaucoup plus à mesure que les hommes peupleront ces déserts ; car depuis que les Espagnols se sont habitués au Pérou et au Chili , on en a tiré une immense quantité de cuivre : partout on a commencé par les mines de première formation qui sont les plus aisées à fondre. Frézier, témoin judicieux, rapporte « que dans une montagne qui est à « douze lieues de Pampas du Paraguay et à cent « lieues de la Conception, l’on a découvert des « mines de cuivre si singulières, qu’on en a vu h des blocs ou pépites de plus de cent quintaux;

« que ce cuivre est si pur, que d’un seul morn ceau de quarante quintaux, on en a fait six « canons de campagne de six livres de balle o chacun, pendant qu’il était à la Conception ;

« qu’au reste, il y a dans cette même montagne « du cuivre pur et du cuivre imparfait, et en « pierres mêlées de cuivre2. »

4 II y a dos mines de cuivre très-abondantes dans un lieu nommé Soudi, qui n’est pas loin d'Abissina. Les forgerons nègres se rendent à Soudi vers le mois de septembre, et s’occupent h le fondre jusqu’au mois déniai. Histoire générale des Voyages, tome IV, page 592.

3 Voyage à la mer du Sud; Paris» 1732. pag 77 et suiv.

C’est aux environs de Coquimbo que les mh nés de cuivre sont en plus grand nombre, et elles sont en même temps si abondantes, qu’une seule, quoique travaillée depuis longtemps, fournit encore aujourd’hui tout le cuivre qui se consomme à la côte du Chili et du Pérou. Il v a aussi plusieurs autres mines de cuivre à Carabaya et dans le corrégiment de Copiapo *. Ces mines de cuivre du Pérou sont presque toujours mêlées d’argent , en sorte que souvent on leur donne le nom de mines d’argent; et l’on a observé qu’en général toutes les mines d’argent du Pérou sont mêlées de cuivre, et que toutes celles de cuivre le sont d’argent 2. Mais ces mines de cuivre du Pérou sont en assez petit nombre et beaucoup moins riches que celles du Chili ; car M. Bowles les compare à celles qu’on travaille actuellement en Espagne3. Dans le Mexique, au canton de Kolima, il se trouve des mines de deux sortes de cuivre : l’une si molle et si ductile que les habitants en font de très-beaux vases ; l’autre si dure qu’ils l’emploient au lieu de fer pour les instruments d’agriculture4. Enfin l’on trouve des mines de cuivre à Saint-Domingue 5, et du cuivre en métal et de première formation au Canada 6 et dans les parties plus septentrionales de l’Amérique, comme chez les Michillimakinac 7, et aux environs de la rivière Danoise, à la baie d’Hudson8. Il y a d’autres mines de cuivre, de seconde formation aux Illinois,

4 Histoire générale des Voyages, tome XIII, pag. 412 et 41 4.

J Barba; Métallurgie, tomel, pages 107 et 108.

* La mine de cuivre de Carabaya , dans le Pérou , contient le même quartz , la même marcassite et la même matrice d'améthiste que la nouvelle mine de cuivre que l’on travaille à Colmenaoviejo, à six lieues de Madrid. — Celle de cuivre verte de Moquagna, dans le Pérou, est presque la même que celle de Molina d’Aragon. Histoire naturelle d’Espagne, par M. Bowles, page 28.

4 His'oire générale des Voyages, tome XII, page 648.

5 Idem, ibid, page 218.

6 Sur les bords du lac Érié au Canada, on a vu des blocs de cuivre ronge tout régulisé , et qu'on a employé sans aucune préparation : on soupçonne que eette mine est dans le lac même. m. Gueitard , Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1752, page 216.

7 II y a du cuivre presque pur et en grande quantité aux environs d’un grand lac , au pays des Michillimakinac, et même dans les petites îles de ce lac; on a travaillé de ce cuivre à la mission du saut Sainte-Marie. Histoire de la Nouvelle- France , par Charlevoix, tome III, page 281.

8 Aux environs de la rivière Danoise , à la baie d’Hudson . il y a une mine de cuivre rouge , si abondante et si pure, que sans le passer par la forg^, les sauvages ne font que le frapper entre deux pierres, tel qu’ils le recueillent uaus la mine, et lui foui prendre la forme qu’ils veulent lui donner. Voyage de Robert Lade. Traduction; Paris. 1744 tome II, page 31 6.

* Il y a aussi une mine de cuivre au pdys des Illinois, qui e-f »osnte à une mine de plomb , à lames carré, s ; la parti»

DES MINERAUX

et aux Sioux * ; et quoique les voyageurs ne disent pas qu’il se trouve en Amérique des mines de tombac comme en Asie et en Afrique, cependant les habitants de l’Amérique méridionale ont des anneaux, des bracelets et d’autres ornements d’une matière métalliquequ’ils nomment caracoli, et que les voyageurs ont regardée comme un mélange de cuivre , d’argent et d’or produit par la nature. Il est vrai que ce caracoli ne se rouille ni ne se ternit jamais ; mais il est aigre, grenu et cassant : on est obligé de le mêler avec de l’or pour le rendre plus doux et plus traitable. Il est donc entré de l’arsenic ou de l’étain dans cet alliage ; et si le caracoli n’est pas de la platine, ce ne peut-être que du tombac altéré par quelque minéral, d’autant que le relateur ajoute : « Que les Européens ont voulu a imiter ce métal en mêlant six parties d’argent, « trois de cuivre et une d’or; mais que cet al- « liage n’approche pas encore de la beauté du « caracoli des Indiens, qui parait comme de « l’argent sur-doré légèrement avec quelque « chose d’éclatant, comme s’il était un peu en- « flammé. 2 » Cette couleur rouge et brillante n’est point du tout celle de la platine ; et c’est ce qui me fait présumer que ce caracoli des Américains est une sorte de tombac , un mélange d’or, d’argent et de cuivre , dont la couleur s’est peut-être exaltée par l’arsenic.

Les régions d'où l’on tire actuellement la plus grande quantité de cuivre sont leChili, le Mexique et le Canada, en Amérique, le royaume de Maroc et les autres provinces de Barbarie , en Afrique, le Japon et la Chine en Asie, et la Suède en Europe. Partout on doit employer , pour extraire ce métal, des moyens différents, suivant la différence des mines : celles du cuivre primitif ou de première formation par le feu , ou celles de décomposition par l’eau , et qui toutes sont dans l’état métallique, n’ont besoin que d’être fondues une seule fois pour être réduites

cuivreuse est en verdet; et le total est mêlé d’une terre jaunâtre qui paraît ferrugineuse. M. Guettard , Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1732, page 216.

* Charlevoix rapporte que Le Sueur avait découvert une mioe de cui.v re très-abondante dans une montagne près d’une tivière au pays de Sioux, dans 1 Amérique septentrionale , et qu’il en avait fait tirer en vingt-deux jours trente livres pesant; il ajoute que la terre de cette mine est verte , et surmontée d’une croûte noire, et aussi dure que le roc. Histoire et Description delà Nouvelle-France ; Paris, 1744 tome II, page 413.

* Nouveau Voyage aux îles de l’Amérique ; Paris, 1722,

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