‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 57 sur 235 · U PLOMB · texte numérisé non relu

U PLOMB

Le plomb , quoique le plus deuse3 des métaux après l’or, est le moins noble de tous ; il est mou sans ductilité , et il a plus de poids que de valeur. Ses qualités sont nuisibles et ses émanations funestes. Comme ce métal se calcine aisément et qu’il est presque aussi fusible que l’étain, ils n’ont tous deux pu supporter l’action du feu primitif sans se convertir en chaux : aussi le plomb ne se trouve pas plus que l’étain dans l’état de métal ; leurs mines primordiales sont toutes en nature de chaux ou dans un état pyriteux : elles ont suivi le même ordre, subi les mêmes effets dans leur formation ; et la différence la plus essentielle de leurs minerais , c’est que celui du plomb est exempt d’arsenic , tandis que celui de l’étain en est toujours mêlé; ce

tour, et d’environ un pied et demi de long.... il n'est pas pur, et , selon M. Geoffroy, il a reçu en Angleterre même l’alliage prescrit par la loi du pays. Recherches sur l’étain , etc.,

4 A l’égard de la troisième classe , elle renferme , comme nous lavons dit, tous les étains ouvragés et vendus par les potiers d’étain , sous toutes sortes de formes. Le premier en rang est celui qu’ils vendant sous la marque d’étain fin ; le second sous celle d’étain commun , et le troisième sous le nom de^ Claire étoffe ou simplement de Claires. Idem . page 28.

2 Recherches sur l'étain par MM. Bayen et Charlard , pages

29 et 50.

8 Selon M. Brisson, le pied cube de plomb fondu , écroui, ou uon écroui, pèse également 794 livres 10 onces 4 gros 44 crains; ainsi ce métal n’est susceptible d’aucune compression, J aucun écroulement par ta percussion.

qui me semble indiquer que la formation des mines d’étain est postérieure à celle des mines de plomb.

La galène de plomb est une vraie pyrite qui peut se décomposera l’air comme les autres pyrites, et dans laquelle est incorporée la chaux du plomb primitif, qu’il faut revivifier par notre art pour la réduire en métal : on peut même imiter artificiellement cette pyrite ou galène en fondant du soufre avec le plomb; le mélange s’enflamme sur le feu , et laisse après la combustion une litharge en écailles , qui ne fond qu’aj près avoir rougi, et se réunit parla fusion en une masse noirâtre, disposée en lames minces et à facettes , semblables à celles de la galène naturelle: le foie de soufre convertit aussi lachaux de plomb en galène. Ainsi l’on ne peut guère douter que les galènes en général n’aient originairement été des chaux de plomb , auxquelles l’action des principes du soufre aura donné cette forme de minéralisation.

Cetîe galène ou ce minerai de plomb affecte une figure hexaèdre presque cubique; sa couleur est à peu près la même que celle du plomb terni ; par l’air , seulement elle est un peu plus foncée ! et plus luisante; sa pesanteur approche aussi de celle de ce métal : mais la galène en diffère, en ce qu’elle est cassante et feuilletée assez irrégui fièrement ; elle ne se présente que rarement en | petites masses isolées mais presque toujours î en groupes de cubes appliqués assez régulière*

! ment les uns contre les autres. Ces pyrites cubiques de plomb varient pour la grandeur ; il y en a de si petites dans certaines mines, qu’on ne les aperçoit qu’à la loupe ; et dans d’autres on en voit qui ont plus d’un demi- pouce en toutes dimensions. Il y a de ces mines dont les filons sont si minces , qu’on a peine à les apercevoir et à les suivre , tandis qu’il s’en trouve d’autres qui ont plusieurs pieds d’épaisseur ; et c’est dans les cavités de ees larges filons que la galène est en groupes plus uniformes et en cubes plus réguliers. Le quartz est ordinairement mêlé avec ces galènes de première formation; c’est leur gangue naturelle, parce que la substance du plomb en état de chaux a primitivement été déposée dans les fentes du quartz , où l ’acide est ensuite venu la saisir et la minéraliser. Souvent cette sub-

* M. de Grignon m’a dit avoir observé dans le Limoain une raine de plomb qui est en cristaux octaèdres, isolés ou groupés par une ou deux faces; celte mine gît dans dn sable quartmix légèrement agglutiné.

HISTOIRE NATURELLE

stance du plomb s’est trouvée mêlée avec d’autres rainerais métalliques ; car les galènes contiennent communément du fer et une petite quantité d’argent * , et dans leurs groupes on voit souvent de petites masses interposées qui sont purement pyriteuses, et ne contiennent point de plomb.

Comme ce métal se convertit en chaux, nonseulement parle feu, mais aussi par les éléments humides, on trouve quelquefois dans le sein de la terre des mines en céruse, qui n’est qu'une chaux de plomb produite par l’acide de l’humiditc. Ces mines en céruse ne sont point pyriteuses comme la galène; presque toujours on les trouve mêlées de plusieurs autres matières métalliques qui ont été décomposées en même temps et qui toutes sont de troisième formation. Car, avant cette décomposition du plomb en céruse, on peut compter plusieurs degrés et nuances par lesquels la galène passe de son premier état à des formes successives; d’abord elle devient chatoyante à sa surface, et, à mesure qu’elle avance dans sa décomposition , elle perd de son brillant, et prend des couleurs rougeâtres et verdâtres. Nous parlerons dans la suite de ces différentes espèces de mines , qui toutes sont d’un temps bien postérieur à celui de la formation de la galène , qu’on doit regarder comme la mère de toutes les autres mines de plomb.

La manière de traiter ces mines en galène , quoique assez simple , n’est peut être pas encore assez connue. On commence par concasser le minerai, on le grille ensuite en ne lui donnant d’abord que peu defeu; on l’étend sur l’aire d’un fourneau qu’on chauffe graduellement ; on remue la matière de temps en temps, et d’autant plus souvent qu’elle est en plus grande quantité. S’il y en a vingt quintaux, il faut un feu gradué de cinq ou six heures; on jette de la poudre de charbon sur le minerai afin d’opérer la combustion des parties sulfureuses qu’il contient ; ce charbon , en s’enflammant , emporte aussi l’air fixe de la chaux métallique : elle se réduit dès lors en métal coulant à mesure qu’on remue le minerai et qu’on augmente le feu ; on a soin de recueillir le métal dans un bassin où l’on doit le couvrir aussi de poudre de charbon pour préserver sa surface de toute calcination. On em-

4 On ne connaît guère que la mine de Willach en Carinthie qui ne contienne point d’argent; et on a remarqué qu’assez ordinairement plus les grains de la galène sont peiits , et plus le minerai est riehe en argent.

ploie ordinairement quinze heures pour tirer tout le plomb contenu dans vingt quintaux de mine, et cela se fait à trois reprises différentes. Le métal provenant de la première coulée , qui se fait au boutde neuf heures de feu, se met à part lorsque la mine de plomb contient de l’argent ; car alors le métal qu’on recueille à cette première coulée en contient plus que celui des coulées subséquentes. La seconde coulée se fait après trois autres heures de feu ; elle est moins riche en argent que la première. Enfin la troisième et dernière, qui est aussi la plus pauvre en argent, se fait encore trois heures après; et cette manière d’extraire le métal à plusieurs reprises est très-avantageuse dans les travaux en grand, parce que Ton concentre, pour ainsi dire, par cette pratique , tout l’argent dans la première coulée , surtout lorsque la raine n’en contient qu’une petite quantité : ainsi on n’est pas obligé de rechercher l’argent dans la masse entière du plomb, mais seulement dans la portion de cette masse qui est fondue la première 4.

Nous avons en France plusieurs mines de plomb , dont quelques-unes sont fort abondantes et en pleine exploitation. Celles delà Croix, en Lorraine , donnent du plomb , de l’argent et du cuivre. Celle de Hargentheu, dans la Lorraine allemande, est remarquable en ce qu’elle se trouve mêlée avec du charbon de terre 2 : cette circonstance démontre assez que c’est une mine de seconde formation. Au Val-Sainte-Marie , la mine a les couleurs de l’iris et est en grains assez gros. Celles de Sainte-Marie-aux- Mines et celles de Stenbach en Alsace contiennent de l’argent ; celles du village d’Auxelles n’en tiennent que peu ; et enfin les mines de Saint-Nicolas et d’Asteinbach sont de plomb et de cuivre.

Dans la Franche-Comté on a reconnu un filon de plomb à Ternan , à trois lieues de Château-Lambert; d’autres à Frêne , à Plancherles-Mines , à Body, etc.

En Dauphiné on exploite une mine de plomb dans la montagne de Vienne; on en a abandonné une autre au village de la Pierre, diocèse de Gap, parce que les filons sont devenus trop petits. 11 s’en trouve une à deux lieues du bourg d’Oisans , qui a donné cinquante-neuf livres de

4 Observations métallurgiques de M. Jars; Mémoires l’Académie des Sciences, année 1770. page 515.

* Traité de la fonte des mines de Schlutter, tome I , page S.

DES MINÉRAUX

ulomb et quinze deniers d’argent par quintal1.

kn Provence, on en connaît trois ou quatre2, et plusieurs dans le Vivarais3, le Languedoc4, le Roussillon 0 et le comté de Foix 6 , le pays de Comminges '• On trouve aussi plusieurs mines de plomb dans le Bigorre8 , le Béarn 9 et la basse Navare 10.

Ces provinces ne sont pas les seules en France dans lesquelles on ait découvert et travaillé des mines de plomb : il s’en trouve aussi , et même

* Traité de la fonte des mines de Schlutter, tome I, page 13 et suivantes.

2 Eu Provence il y a des mines de plomb au territoire de Kamatuelle, dans celui delà Roque; à Beaujeu, au territoire Ce la Nolle, dans celui de Luc, diocèse de Fréjus , etc. Idem, tonie I. page 21.

Dans le Y ivarais , six mines de plomb tenant argent , près de Tournon... Autres mines de plomb à Bayard, diocèse d’Uzès; dans le mê ve territoire de Bayard, il y a d’autres mines de plomb à Ranchine et à Saint-Loup..., d’autres à une lieue de IVancé , paroisse de Babours , tenant plomb et argent. Idem, pages 23 et 23.

4 En Languedoc, il y a des mines de plomb à Pierre-Cervise , à Auriac, à Cascatel , qui donnent du cuivre , du plomb et del antimoine... Il y en a d’autres dans la montagne Noire près la vallée de Corbières. Idem , page 26.

5 Dans le Roussillon, il y a une mine de plomb entre les territoires de Pratès et ceux de Manère et Serra-Longa. Autres mines de plomb à rognons dans le territoire de Torigna; ces mines sont en partie dans les vignes, et on les découvre après des pluies d’orage; les paysans en vendent le minerai aux potiers... La même province renferme encore d’autres mines semblables. Idem , page 33.

* Dans le comté de Foix, mines de plomb tenant argent à I Aspie... Autre mine de plomb dans la montagne de Montronstand... Autre au village de Pesche près Château-Verdun... Autre dans 1- s environs d’Arques, qui est en feuillets tort serrés et très-pesants. Idem, page 4L

Dans le comté de Comminges il y a une belle mine de plomb près Jeçds , dans la vallée de Loron... Une autre dans la vallée d’Arboust, tenant argent... Une autre tenant aussi argent, dans la vallee de Luchon. .. et d'autres dans la ville de Lège , et dans la montagne Souquette; cette dernière tient argent et or... La montagne de Geveiran est pleine de mines de plomb et de mines d'argent , que les Romains ont travaillées a rtrefois... Il y a encore plusieurs autres mines de plomb dans le même comté. Idem, tome I, pages 43 et suivantes.

8 Dans le Bigorre , il y a une mine de cuivre verte à Gaverin... Une autre à Consrette, au-dessus de Barrage... Dans la montagne de Castillan proche Peyre-Fite, il y a des mines de plomb qu’on ne peut travailler que trois ou quatre mois de l année , à cause des neiges.-.. Autres mines de plomb à Streix, dans la vallée d’Anznn... A Porchytte et dans plusieurs autres lieux du Bigorre. Idem, pages 46 et 47.

Dans le Béarn il y a une mine de plomb sur la montagne < e lia bal, à cinq lieues de Larmes, qui est en exploitation, et qui rend cinquante pour cent... Et une autre mine de plomb dans la montagne de Monheims. Idem, pages 30 et 32.

10 Dans la basse Navarre , la montagne d’Agella , qui boi la vallée d’Aure , renferme plusieurs mines de plomb ten; argent... Celle d’Avadec contient aussi uneminede plomb nant argent... Dans les Pyrénées il y a de même des mil , plomb dans la montagne de Belonca... Dans celle de 1 eos. . de Portuson , de Varan , et plusieurs autres endroi «dem. piges 54, 55. 37 et suivantes.

de très-bonnes dans le Lyonnais 1 , le Beaujolais2, le Bouergue3 , le Limosin 4 , l’Auvergne 5 , le Bourbonnais 6 , l’Anjou 7 , la province de Normandie * et la Bretagne^ , où celles de Pompéan et de Poulawen sont exploitées avec succès; on peut même dire que celle de Pompéan est la plus riche qui soit en France, et peut-être en Europe. Nous avons au Cabinet du Boi un très-gros et très-pesant morceau , qui m’a été donné par feu M. le chevalier d’Arcy de l’Académie des Sciences.

M. de Gensanne, l’un de nos plus hab-iles minéralogistes , a fait de bonnes observations sur la plupart de ces mines : il dit que, dans le Gévaudan, on en trouve en une infinité d’endroits; que celle d’ Alem , qui est à grosses mailles, est connue dans le pays sous le nom de Vernis , parce que les habitants la vendent aux potiers pour vernisser leurs terreries : il ajoute que les veines de cette mine sont pour la plupart hori-

4 Dans le Lyonnais il y a des mines de plomb près Sain'- Martin de-la-Plaine... D'autres près de Tarare, dont les échantillons n'ont donné que huit livres de plomb et trente gi ains d argent par quintal. Traité de la fonte des mines de Schlutter, tome I, pa;e 51.

2 Dans le Beaujolais il y a des mines de plomb près du Rhône, dans un lieu nommé Guyon... D’autres à Consens-en- Forès. à Sainl-Julien-Molin-Mollette , etc.; il y en a encore plusieurs autres dans cette province. Idem, tome I, page 32.

5 Idem, tome I , page 30.

4 Dans le Limosin il y a une mine de plomb à Fargens , à une demi-lieue de Tralage... Une autre dans la paroisse de Vicq, élection de Limoges; et à Saint-IIiLaire une autre mine de plomb tenant étain ; il y a encore d’autres mines de plomb qu’on soupçonne tenir de l’étain. Idem, page 59... Li s meilleures mines de plomb du Limosin sont celles de Glanges , Mercœur et Issoudun : cetle dernière donne soixante-cinq à soixante-dix livres de plomb par quintal de minerai ; mais ce filon est très-mince. Note communiquée par M. de Grignon , en OŒtobre 1782.

5 Bn Auvergne il y a une mine de plomb à Combres , à deux lieues de Pontgibaud ; elle ne rend que cinq livres de plomb par quintal ; mais eent livres de ce plomb donnent deuxmarcs et une once d’argent ; elle est abandonnée... Il y a d’autres mines de plomb à Chades, entre Riom et Pontgibaud , et d’autres dans l’élection de Riom. Traité de la fonte des mines, par Schlutter, tome I, p ,-<ges 60 et 6L

Dans le Bourbonnais il y a des mines de plomb dans l’enclos des Chartreux de Moulins et dans le village d’Uzès. Idem, page 62.

7 En Anjou , selon Piganiol , il y a des mines de plomb dans la paroisse de Corcelle.... Une autre à Montrevaux; c tte dernière à été travaillée et ensuite abandonnée. Idem, page 64.

8 En Normandie il y a une mine de plomb à Pierreville. auprès de Falaise. Idem, page 68.

9 En Bretagne il y a une mine de plomb à Pompéan : en 1733 et 1.734 le minerai donnait jusqu’à soixante-dix-sept livres pour cent de plomb, et ce plomb rendait trois onces au plus d’argent par quintal... Il y a encore d’autres mines de plomb à Borien, Serugnat , Poulawen , Ploué , Loquefré, le Prieuré, la Feuillée, Ploué-Norminais, Carnot, Plucqueto, Trebiran , Paul et Melcarchais, tome I, page 70.

HISToIM; ÎS'A'I ( WELLE

zontales, et dispersées sans suite dans une pierre calcaire fort dure 4. On trouve aussi de cette mine à vernis en grosses lames auprès de Com bette, paroisse d’Ispagnac. Le docteur A struc avait parlé, plusieurs années auparavant, d'une j semblable mine près de Durfort , dans le dio- ! cèse d’Alais, qu’on employait aussi pour vernisser les poteries 2. M. de Gensanne a observé dans les mines de plomb de Pierre-Latte, diocèse d’Uzès , que l’un des filons donne quelquefois de l’argent pur en filigranes , et qu’en général ces mines rendent quarante livres de plomb, et deux ou trois onces d’argent par quintal ; mais il dit que le minerai est de très-difficile fusion, parcequ’ilest intimement mêlé avec de la pierre cornée.

Dans la montagne de Mat-Imbert il y a deux j gros filons de mines de plomb riche en argent : | ces filons , qui ont aujourd’hui trois à quatre toises d’épaisseur , d’un très beau spath piqueté de minéral , traversent deux montagnes, et pamissent sur plus d’une lieue de longueur ; il y ; a des endroits où leur langue s’élève au-dessus du terrain de cinq à six toises de hauteur. Cet habile minéralogiste cite encore un grand nombre d’autres mines de plomb dans le Languedoc, dont plusieurs contiennent un peu d’argent, et dont ie minéral paraît presque partout à la surface de la terre. « Près des bains de la Malon,

« diocèse de Béziers, on ramasse , dit-il, pres- « que à la surface du terrain, des morceaux de « mine de plomb dispersés et enveloppés dans « une ocre jaunâtre. Il règne tout le long de ce « vallon une quantité de veines de plomb, d’ar- « gent et de cuivre : ces veines sont la plupart « recouvertes par une espèce de minéral ferru- « gineux d’un rouge de cinabre , et tout à fait « semblable à de la mine de mercure. »

Dans le Vivarais, M. de Gensanne indique les mines de plomb de l’Argentière ; celles des montagnes voisines de la rivière de la Douce ; celles de Saint-Laurent-lès-Bains , du vallon de Mayres, et plusieurs autres qui méritent également d’être remarquées 3 ; il en a aussi reconnu

* Histoire naturelle du Languedoc, tome III, page 225.

3 Bibliothèque raisonnée, juillet, août et septembre 1759.

3 La petite ville de l’Argentière, en Vivarais . tire son nom des mines de plomb et argent qu’on y exploitait autrefois... 11 n’y a p .int de veines réglées; le minéral s’y trouve dispersé dans un grès très-dur, ou espèce de granit, qui forme lamas'e des montagnes qui environnent l’Argentière. Ce minéral est à grains fins, semblables aux grains d’acier; il rend au-delà de soixante livres de plomb , et depuis quatre jusqu’à cinq onces

quelques autres dans différents endroits de la province du Vélay \

En Franche-Comté, à Plancher-lès-Mmes , dans la grande montagne , les mines sont de plomb et d’argent ; elles sont ouvertes de temps immémorial, et on y a fait des travaux immen-

d’argent au quintal... Il n’y a que la crête de ces montagnes qui ait été attaquée , et il s’en faut bien que le minerai y soit épuisé... Il y a sur ces montagnes, d puis Vais jusqu’à la rivière de la Douce, dans la paroisse de Serrt-Mcjames quantité d’indices de mines de plomb; mais un phénomène bien singulier, c’est qu’on trouve sur la surface de ce terrain d s morceaux de mine de plomb plâtreux, semblables à de la pierre à chaux, qui renferment des grains de plomb naturel, dont quelques-uns pèsent jusqu’à demi-once... La matière dure et terreuse qui renferme ces grains rend elle-même jusqu’audelà de quatre-vingts pour cent de plomb...

En descendant de ces hautes mont ignés dans le vallon de Saint-Laurent-les-Bains, nous avons remarqué quelques veines de mine de plomb. Il y en a une surtout considérable au bas de ce village , sur la surface de laquelle on remarque plusieurs filets de spath d’une très-belle couleur d’améthyste....

Il y a peu de cantons dans le Languedoc où il y ait autant de minéraux que le long du vallon de Mayres, surtout aux montagnes qui sont au midi de cette vallée. On commence à apercevoir les veines de ces minéraux auprès delaNarce, village situé sur la montagne du côté de la Chassade. Il y a auprès des Artch... une montagne qui nous a paru toute composée de mines de plomb et argent. On en trouve des veines considérables au pied du village de Mayres.

En montant du Chayla, au bas du château de la Chaise, on trouve près du chemin un très-beau filon de mine de plomb. Il y en a plusieurs de même nature près le village de Saint- Michel.

La montagne qui s’étend depuis Beaulieu à Éthèses jusqu’au-delà de Vincieux est traversée par un grand nombre de filons de mine de plomb, dont une grande partie est exploitée par M. de Plumestein , qui en a la concession de Sa Majesté... Le filon d’Éthèses a environ deux pieds de largeur et est entremêlé d’une terre noire... Le fili-nde Broussin est magnifique... Il y a des endroits où le minéral pur a près de quatre pieds de largeur... Comme ce minéral ne tient presque pas d’argent , on en sépare le plus pur pour les potiers du diocèce, sous le nom de vernis. Le surplus, qui se trouve mêlé de blende ou de roche , est porté à la fonderie de Saint- Julien , où l’on en extrait le plomb... Il y a un autre filon de mine de plomb à Baley, parobs^ de Talencieux, qui n’est pas riche. Histoire naturelle du Lauguedoc , par M. de Gensanne , tome III, page 178 ei suivantes.

1 On trouve dans le canton (de la paroisse de Brignon eu Vélay) une très-belle mine de plomb, dont la veine est trèsbien caractérisée... Nous avons trouvé dans les bois voisins de Versillac un très-beau filon de mine de plomb... Du côté d’Issengeaux nous avons reconnu, en différents endroits , des marques très-caractériséesde mine de plomb... Vers Saint- Maurice-de-Lignan et de Prunières nous avons trouvé quantité de marques de mine de plomb parmi les rochers de granit... On voit auprès de Monistrol plusieurs anciens travaux sur des mines de plomb; celle qu’on appelle la borie est des plus considérables. Les gens du pays nous ont assuré qu’il y a beaucoup de minéral dans le fond des travaux qui ne sont qu’à vingt-cinq toises de profondeur; mais qu’on avait été obligé de les abandonner, à cause de la quantité d’eau qui s’y trouvait... A peu de distance de cet endroit est la mine de Nant, dont on vend le minéral aux potiers : la veine ne donne que par rognons... Il y a encore plusieurs autres mines et indices de mines de plomb dans ce diocèse. Traité de la fonte des trines de Sehlutter, nage* 236, 244, 245, 246 et 247.

DES MINÉRAUX

scs On voit à Baiuly, près de Château-Lambert, un filon qui règne tout le long d’une petite plaine sur le sommet de la montagne. Cette veine de plomb est sous une roche de granit , d’environ trois toises d’épaisseur, et qui ressemble à une voûte en pierres sèches qu’on aurait faite exprès; elle s’étend sur toute la longueur de la plaine en forme de crête. 1 . Nous observerons sur cela que cette roche ne doit pas être de granit primitif, mais seulement d’un granit formé par alluvion, ou peut-être même d’un grès à gros grains, que les observateurs confondent souvent avec le vrai granit.

Et ce qui confirme ma présomption, c’est que les mines ne se trouvent jamais dans les montagnes de granit primitif, mais toujours dans les schistes ou dans les pierres calcaires qui leur sont adossées. M. Jaskevisch dit, en parlant des mines de plomb qui sont à quelque distance de h ri bourg enBrisgau, que ces mines se trouvent des deux côtés de la montagne de granit ,

et qu’il n’y en a aucune trace dans le granit même2.

En Espagne, M. Bowles a observé plusieurs mines de plomb, dont quelques-unes ont donné un très-grand produit, et jusqu’à quatre-vingts livres par quintal 3.

* Histoire naturelle du Languedoc, parM. deGensanne, tome II, page 19 et suiv.

3 A quelque distance de Fribourg en Brisgau il y a plusieurs mines qui avaient été abandonnées, mais que l'on exploite de nouveau,... La montagne de Grensem , où se trouvent plusieurs de ces mines de plomb, est adossée à une montagne de granit... Toutes les pierres qu’on y trouve sont de vrai granit grisâtre , à fort petits grains , avee des points de schorl noir, ressemblant beaucoup au granitello d'Italie. Du côté opposé de cette montagne est une autre mine de plomb dont le minerai est une galène ; sa gangue est de spath calcaire. La montagne granitique se trouve donc entre les montagnes calcaires qui renferment les mines. Voyages de M. Jaskevisch , dans le Supplément au Journal de Physique du mois d'octobre 1782.

5 II y a une mine de plomb à deux lieues d’Orellana, sur le chemin de Zalamea : celte mine est dans une petite éminence.,. La veine coupe directement la pierre d'ardoise, elle est dans le quartz. Histoire naturelle d’Espagne, par M. Bowles, page 57. Dans la province de Jaenen Espagne, aucune mine ne se trouve dans la pierre calcaire, et il y en a une de plomb près de Limarès , dans du granit gris ordinaire. La veine a dans certains endroits soixante pieds de large, et dans d autres pas plus d'un. Les salbandes qui enveloppent la veine sont d’argile ; mais ces salbandes sont souvent à découveit et se mêlent avec le granit... De ces salbandes qui accompagnent les mines en général, l’une soutient le iilon pardessous et l'autre le couvre par-dessus , et c’est la plus grosse... Cette mine de plomb est ordinairement en veines , mais on y trouve aussi des rognons... On en a trouvé un si , abondant , que , pendant quatre ou cinq ans, il fournit une quantité prodigieuse de plomb dans un espace de soixante pieds de large, autant de long, et sur autant de profondeur... I

En Angleterre, celle de Mendip est une galène en masse, sans gangue et presque pure1. Il y a aussi de tiès-iiches mines de ce métal dans la province de Derby 2, ainsi que dans les montagnes des comtés de Cardigan et de Cumberland 3 ; et l’on en connaît encore d’aussi pures que celles de Mendip dans quelques endroits de l’Ecosse 4.

M. Guettai d a reconnu des indices de mines de plomb en Suisse 5, et il a observé de bonnes mines de ce métal en Pologne : elles sont, dit-il, abondantes et riches en argent G. Il dit aussi que

C est une véritable galène à gros grains, qui donne pour l’ordinaire soixante à quatre-vingts livres de plomb parquintal... et comme ce plomb ne contient que trois ou quatre onces d’argent par quintal, il ne vaut pas la peine d’être coupellé. Ilist. nat. d’Espagne, par M. Bowles, page 417 et suiv.

A La mine de Mendip, dans le comté de Sommerset, est en quelques endroits en filons perpendiculaires , tantôt plus étroits, tantôt plus larges; cette mine ne forme qu’une masse, et elle contient du plomb pur, excepté à la surface , où elle est mêlée d’une terre rouge. M. Guettard. Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1762, page 32! et suiv.

2 On trouve en Derbyshire des veines de plomb très-considérables, dans une pierre à chaux coquillière, à laquelle on donne un très-beau poli, et dont on fait plusieurs ouvrages... Toutes les mines de cetteprovince sont très-riches en argent, et sont dans des montagnes récentes dont les pierres contiennent des corps marins... Cependant en Derbyshire , comme ailleurs, la pierre à chaux est posée sur le schiste... Malgré cette exception , il n’en est pas moins vrai que les montagnes de nouvelle formation renferment rarement de vrais filons de mine. Lettres sur la Minéralogie , par M. Ferber; note, page 56 et suivantes.

J On sait qu’eu général toutes les montagnes du comté de Cardigan en Angleterre sont remplies de mines de plomb qui contiennent de l’argent... Dans les montagnes de Cumberland, il y a du cuivre, de l’or et de l'argent, et du plomb noir. M. Guettard, Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1746, page 385.

4 II y a trois sortes de mines de plomb en Écosse : la première, nommée lum-lead, est presque de plomb pur ; la seconde, awelling-lead ou smethon, est la mine triée ; la troisième, la mine pauvre. On ne fond pas la première ni la seconde; on les vend aux potiers de terre pour vernir leurs poteries. Traité de la fonte des mines de Sclilutter, tome 11, page 325.

5 Les Alpes du canton de Schwitz renferment des mines de plomb. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1752, page 333. — Scheuchzer dit qu’il y a une mine de plomb audessus de Zillis en Barenwald, une autre de plomb et de cuivre à Anneberg, Idem, pag. 333. — La vallée de Ferrera , aux environs de Schams, de Davos et de Disentis, fournissent du plomb. Idem, ibidem. — Dans les environs du Grimselen Suisse il y a des veines de plomb. Idem, page 336.

c II y a à Olkuszar, dans le domaine de l'évêque de Cracovie , une mine de plomb sans matière étrangère , qui est écailleuse. Ses épontes ou salbandes sont d’une terre calcaire... Une autre mine de plomb trouvée dans les Karpacs est à petites écailles et contient beaucoup d’argent gris ; une troisième est à petites écailles avec des veines d’une terre jaune d'ocie ; une quatrième est aussi écailleuse, pure et en masse, composée d'espèces de grains mal liés , de sorte qu’on dirait que cette mine a passé par le feu ; ces deux dernières se trouvent aussi dans les Karpacs... Les mines d’olkutzen Pologne ont été travaillées dès le quatorzième siècle ; on y voit plu

HISTOIRE NATURELLE

5SÜ

la mine d’Olkuskow , diocèse de Cracovie , est

sans matière étrangère.

Il y a dans la Carinthie des mines de plomb qui sont en pleine exploitation ; elles gisent dans des montagnes calcaires, et l’on en tire par année vingt mille quintaux de plomb { . Les mines de plomb que I on trouve dans le Palatinat en Allemagne , sous la forme d’une pierre cristallisée, sont exemptes de même de toute matière étrangère ; ce sont des mines en chaux qui , comme celle de plomb blanche, ne contiennent en effet que du plomb, de l’air et de l’eau, sans mélange d’aucune autre matière métallique2.

On voit par cette énumération qu’il se trouve un grand nombre de mines de plomb dans presque toutes les provinces de l’Europe : les plus remarquables , ou plutôt les mieux connues , sont celles qui contiennent une quantité considérable d’argent : il y en a de toute espèce en Allemagne3, de même qu’en Suède, et jusqu en Norwége.

sieurs puits, dont quelques-uns descendent jusqu’à quatre-

v ingts brasses de profondeur, Leur situation est au pied d une petite montagne qui s’élève en pente douce. Le minerai de ces mines est la galène couleur de plomb ; elle est sans mélange de cailloux ni de sable , ni d’aucune autre substance...

Le minerai est répandu dans une terre jaunâtre, melée d une pierre semblable à la calamine, et a de la pierre à chaux dans quelques endroits ; cette terre contient aussi des fragments d’une pierre ferrugineuse qui a été très-utile pour la fonte du minerai... A la profondeur de cinq ou six brasses on trouve d’abord une espèce de pierre à chaux, et dès la dixième brasse on rencontre la veine du minéral, qui, dans quelques endroits, n’a que deux ou trois pouces , et dans d’autres jusqu a

une demi-brasse d’épaisseur . On tire de ce plomb onze

marcs et demi d’argent, sur soixante-dix quintaux de plomb. M. Guettard ; Mémoires de l'Académie des Sciences , annee

1762, pages 319, 321 et suivantes.

1 On trouve dans les mines de Bleyberg en Carinthie plusieurs sortes de minerais: 1° le plombage en plomb compacte presque malléable , couleur de vrai plomb minéralisé avec le soufre et l’arsenic ; 2» la galène de plomb cristallisée en cubes ou en octaèdres ; 3<> la craie parsemée de petits points de galène de plomb qui forment de jolies dendrites ; 4° le plomb spatheux , couleur de jaune clair, jusqu à 1 0ranger blanc, couleur de plomb transparent , couleur de vert pâle... etc. Voyage de M, Jaskevisch , dans le Supplément au Journal de Physique du mois d’octobre de l’année 1782.

2 Dans le Haut-Palatinat à Fregung il y a une mine de plomb qui n’est mêlée d’aucun autre métal, et par conséquent excellente pour l’usage de la coupelle ; elle est en partie sous la forme d’une pierre cristalline ; le reste n’est pas si riche en plomb et paraît plus farineux. Collection académique, partie

étrangère, tome II. page 2.

» Lamine de plomb et d’argent de Rammelsberg est en partie très-pure, et en partie mêlée de pyrites cuivreuses et de soufre; et dans le milieu de ces pyrites on trouve quelques veines de mines de plomb brillantes... Le produit de cette mine est en argent , depuis un gros jusqu’à une once , et en plomb depuis six jusqu’à quarante livres par quintal. On ne peut réduire cette mine en moindre volume par le bocard et le lavage, parce que sa gangue est trop dure et trop pesante ; mais elle a l’avantage d’être assez pure; ainsi on peut la regarder comme une mine triée ; à cause de sa dureté , on at-

Ou ne peut guère douter qu’il n’y ait tout au tant de mines de plomb en Asie qu’en Europe, mais nous ne pouvons indiquer que le petit nombre de celles qui ont été remarquées par les voyageurs , et il en est de même de celles de l’Afrique et de l’ Amérique. En Arabie , seloiq Niebuhr , il y a tant de mines de plomb dans l’Oman, et elles sont si riches , qu’on en exporte beaucoup * . A Siam, les voyageurs disent qu’on travaille depuis longtemps des mines de plomb et d’étain2. En Perse, dit Tavernier, on n’avait ni plomb ni etain que celui qui cini\ait des pays étrangers; mais on a découvert une mine de plomb auprès de la ville d’Yerde3. M. Peyssonnel a vu une mine de plomb dans nie de Crète, dont il a tiré neuf onces de plomb sur une livre , et une très-petite quantité d. argent : il dit qu’en creusant un peu plus profondément on découvre quelquefois des veines d’un minerai de couleur grise , taillé a facettes brillantes, mêlé de soufre et d’un peu d arsenic, et qu’il a tiré d’une livre de ce minerai sept onces de plomb et une drachme d’argent h En Sibérie , il se trouve aussi nombre de mines de plomb, dont quelques-unes sont fort riches en

argent5.

tend qu’elle ait reçu trois grillages avant de l’essayer... Les mines qui se tirent des minières de Halzbrucke ne contiennent par quintal que depuis une demi-once jusqu’à deux onces et demie d’argent ; mais elles rendent depuis vingt-huit jusqu’à soixante-cinq livres de plomb par quintal ; ainsi » comme elles sont tendres . on les grille seules , et on ne leur donne que deux feux pour les ajouter ensuite aux autres dans la fonte...

On trouve à Foelgebaugen de la mine de plomb à gros brillants dont le quintal rend depuis soixante-dix jusqu’à quatrevingts livres de plomb, et depuis six gros jusqu à une once et demie d’argent; on y trouve aussi de la mine de plomb à petits brillants , contenant un peu plus d’argent et moins de plomb: on trie les meilleurs morceaux de ces mines, et on pile et lave le reste ; mais le tout doit être grillé...

Dans le Haut-Hartz le produit des mines pilées varie beaucoup ; il y en a dont le quintal ne tient qu’une demi-once d’argent; d’autres qui en contiennent jusqu’à un marc ... Celles d’Andreasberg sont plus riches, parce qu on y trouve de l’argent vierge et de la minera argenti rubr a, dont les grillages fournissent beaucoup d’argent ; enfin, il y en a d autres qui , sans argent vierge ni même d’argent rouge , fournissent encore plus d’argent...

Les mines qu’on trouve dans le comté de Stolberg, à Stic zberg. sont de plomb et d’argent , mêlées d’un peu de pyrites et de mine de cuivre. Il se trouve aussi dans les memes filons de la mine de fer jaune et blanche qu’on ne peut en séparer entièrement, ni en pilant ni » n lavant le minéral ; ainsi on la trie le mi* ux qu’il est possible . en la pilant grossièrement et la faisant passer par un crible. Traité de la Fonte des mines par Schlutter. tome II, pages 162, 182, 186. 196 et 328.

' Description de l’Arabie, page 123.

2 Histoire générale des Voyages, tome XVIII, page .>07.

3 Idem, tome X, page 636.

4 Histoire de Crète, manuscrite, par M. Peyssonnel. s A quelque distance d'Argunsk en Sibérie et à quelques

DES MINËBAUX.

Nous avons peu de connaissance des mines de plomb de l’Afrique; seulement le docteur Sliaw fait mention de celles de Barbarie, dont quelques-unes, dit-il, donnent quatre-vingts livres de métal par quintal

Bans 1 Amérique septentrionale , on trouve

de bonnes mines de plomb aux Illinois 2 , au Canada 3, en Virginie * ; il y en a aussi beaucoup au Mexique0, et quelques-unes au Pérou Toutes les mines de plomb en galène affectent une figure hexaèdre en lames écailleuses ou en grains anguleux : et c’est en effet sous cette forme que la nature a établi les mines primordiales de ce métal ; toutes celles qui se présentent sous d’autres formes ne proviennent que de la décomposition de ces premières mines dont les détriments, saisis par les sels de la terre, et

verstes de l’ancienne mined’IIdikim, on a découvert un nouveau filon d un beau minéral luisant, très-foncé, mêlé d'un peu ( e gravier, qui contient deux onces d’argent et plus de Si '? dG P,0mb Par quintal. U y a encore d autres torlTi d°n,t °" tlre trois onces (i arsent et soixante-qua- HJres de P,0Inb« et l'argent qu’il donne contient de r. Histoire générale des Voyages, tome XVIII, page 209. es mines de plomb de Jibbel-ris-sass, près d’Hammande Wamard-réese et celles de Benibootateb sont u tes fort riches, et l’on en pourrait certainement tirer de 8rands trésors si elles étaient mieux travaillées... On tire aisément par le feu quatre-vingts livres de métal d'un seul quinla de mme... Il yen a aussi dans les terres d’Alger, et surtout dans une haute montagne appelée Fcin-vaff-réese, dont le sommet est couvert de neige. Après de grandes pluies, les torîents qui découlent de cette montagne charrient des grains et pailles de ce minéral, lesquels s'arrêtent sur ces bords, brillent comme l’argent à la lueur du soleil. Voyages de Shavv i orne I, pages 49 et 306. y ° ’

Dans le pays des Illinois, il y a des mines de plomb dont on peut tirer soixante-seize ou quatre-vingts livres de plomb par quintal... Ce plomb contient un peu d’argent. M. Guet-

page 2^ém°,reS de l Acadé,nie des Sciences, année 1752,

Il y a une mine de plomb à la baie Saint Paul, à vinatcmq lieues de Québec... qui est dans une grande montagne.. hes filons de cette mine de Saint-Paul sont placés perpendicu- • freinent dans le rocher... Les pierres que l’on trouve à la mu face ou a peu de profondeur ne sont qu’environnées de

on sont ni S" aC!; a meSUre qUC l on descend> Pierres »eu t !!r f LeS veines SOnt de différentes lar-

5 210 et su*. P6U 8neeS ,CSUnes desaulres* Idem- pa-

a des mlnes de Piomb auxquelles on a trayille et qui sont aujourd’hui abandonnées. Histoire générale <les \ oyages, tome XIV, page 508. S 6

J Le canton d’Yzquiquilpa, à vingt-deux lieues de Mexico ome en mines de plomb .. La province de Guaxaca renferme la montagne Itz-qui-tepcque, où il se trouve quantité

mon^L h P î C?Ue de GuadaIaJara renferme dans ses

de nlomh neaUCTP ndDes d’ar8entet de cuivre mêlées ce plomb. Il s en trouve aussi de plomb et d’argent dans la

nrovince de ,1a Nouvelle-Biscaye... Et autrefois on en lirait

(»Re6«.UC°"P de IaprOTince dc Idem, tome Xli!

an de ?“a,nta' dails le diocèse do Guamanga,

. a des mines de plomb. Idem, page 618.

mélangés d’autres minéraux , ont formé les mines secondaires de céruse, de plomb blanc’, de plo.nl, vert, de plomb rouge, ete., qui sont bien connues des naturalistes ; mais M. deGensanne fa,t mention d’une mine singulière qui renferme es grains de plomb tout à fait pur ; voici l’extrait de ce qu’il dit à ce sujet : « Entre Pradel et « Vairreau , il y a une mine de plomb dans des « couches d’une pierre calcaire fauve, et sou- « vent rouge ; le filon n’a qu’un pouce et demi « ou deux pouces d’épaisseur, et s’étend presque « tout le long de la forêt des châtaigniers. C’est « en général une vraie mine de plomb blanche « et terreuse; mais ce qu’il y a de singulier, c’est <' que cette substance terreuse renfermedans son « intérieur de véritables grains de plomb tout « faits , ce qui était inconnu jusqu’ici. Cette « terre minérale qui renferme ces grains rend « jusqu au delà de quatre-vingt-dix livres de « plomb par quintal , et les grains de plomb « qu’elle renferme sont très-purs et très-doux ;

« ils u’affectent point une configuration régu- « lière; il y en a de toutes sortes de figures ; on « en voit qui forment de petites veines au tra- « vers du minéral, en forme de filigrane, et qui « ressemblent aux taches des dendrites. On « trouve du minéral semblable, et qui contient « encore plus de plomb natif, près du village de

« Fayet, etdemêmeprèsdeVilleneuve-de-Berg.

« et encore dans la montagne qui est à droite « du chemin qui conduit à Aubénas, à une pe- « tite lieue de Villeneuve-de-Berg : les quatre « endroits de ces montagnes où l’on trouve ce « minéral sont à plus de trois lieues de distance « les uns des autres sur un même alignement « et la ligne entière a plus de huit lieues de Ion- « gueur. Les plus gros grains de plomb pur sont « comme des marrons, ou de la grosseur d’une « petite noix; il y en a d’aplatis , d’autres plus

^ La mine de Plomb blanche qui se trouve dans celle de Ponlaoueiî, en Bretagne, est en assez gros cristaux, de forme prismatique, irrégulièrement striés dans leur longueur, d’un blanc de nacre transparent, qui donnent au quintal quatrevingts livres de plomb tenant un peu d’argent... Cette mine de plomb blanche, quoiqu’en dise Vailerius, est parfaitement soluble par tous les acides... Elle ne contient point d’arsenic, quoique V allenus l’ait assuré, ni d’acide marin, comme le prétend M. Sage... Les mines de plomb spathiques sont des mines de plomb de seconde formation, que l’on rencontre dispersées sans ordre et sans suite dans les environs, et toujours assez près des galènes ou mines de plomb sulfureuses. La position des mines spathiques, leur cristallisation distincte plus ou moins, les font aisément reconnaître pour l’ouvrage des eaux souterraines chargées de la partie métallique des galènes décomposées. Mémoire de M. Laborie, dans ceux des Savants étrangers, tome IX, pages 442 et suiv.

u épais et tout biscornus ; la plupart sont de la « grosseur d’un petit pois, et il y en a qui sont « presque imperceptibles. La terre métallique « qui les renferme est de la même couleur que « la litharge réduite en poussière impalpable :

« cette terre se coupe au couteau, mais il faut le « marteau pour la casser; elle renferme aussi de « véritables scories de plomb, et quelquefois « une matière semblable à de la litharge : cepen- « dant ce minéral ne provient point cl anciennes « fonderies ; d’ailleurs il est répandu dans une « très-grande étendue de terrain, on en tiou\c « sur un espace de plus d’un quart de lieue ,

« sans rencontrer de scories dans le voisinage ,

« où l’on n’a pas mémoire qu’il y ait jamais eu

« de fonderies 1 . »

Ces derniers mots semblent indiquer que M .de Gensanne soupçonne avec raison que le feu a eu part à la formation de cette mine singulière : s il n’v a pas eu de fonderies dans ces lieux, il y a eu des forêts , et très-probablement des incendies ; ou bien on doit supposer quelque ancien volcan dont le feu aura calcine la plus giande partie de la mine , et l’aura réduite en chaux blanche, en scories, en litharge, dans lesquelles certaines parties se seront revivifiées en métal, au moyen des matières inflammables qui servaient d aliments à 1 incendie . cette mine est donc de dernière formation. Comme elle gît en grande partie sous la pierre calcaire, elle n’a pas été produite par le feu primitif , qui d’ailleurs l’aurait entièrement réduite en chaux , et n’y aurait pas laissé du métal; ce n’est donc qu’une mine ordinaire , qui a seulement ete denatuiee accidentellement par le feu souterrain d’un ancien volcan, ou par de grands incendies à la surface du terrain.

^ Nota. M. de Vivly, président à la Chambre des Comptes de Dijon, a en la bonté de m'apporter un morceau de cette mine mêlée' de plomb tout pur, qu’il a trouvé à l’Argentière, en Vivarais, sur l'une des deux montagnes entre lesquelles celte ville est située; il en a rapporté des morceaux gros comme le poing, et communément il y en a de la grosseur d un oeuf; les uns ont l'apparence d’une terre métallique; ils ressemblent au massicot et sont un peu transparents ; d auties, plus légers, sont en état de verre et renferment des globules de métal, plus ou moins gros, qui se laissent entamer au couteau, et sont réellement du plomb. Il y a beaucoup de mines de plomb en galène aux environs de 1 Argentière ; elles ont été exploitées dans le temps des Croisades comme mines d argent ; c’est même, à ce que l’on dit, ce qui a donné le nom à Ja ville; il n’y a point de vestiges d'anciens volcans dans ces tleux montagnes, et ces matières de plomb, qui ont évidemment éprouvé l'action du feu, sont peut-être les restes d anciennes exploitations ou le produit de la fusion des mines de galène par l’incendie des forêts qui couvraient ces montagnes.

NATURELLE

Et non-seulement le feu a pu former ees mines de plomb en chaux blanche, mais l’eau peut aussi les produire. La céruse,que nous voyons se former à l’air sur les plombs qui y sont exposés , est une vraie chaux de ce métal , qui , étant entraînée , transportée et déposée en certains endroits de l’interieur de la terre pai la stillation des eaux, s’accumule en masses eu en veines, sous une forme plus on moins concrète. La mine de plomb blanche n’est qu’une céruse cristallisée, également produite par 1 eau; il n y a de différence qu’en ce que la céruse naturelle est plus mêlée de parties terreuses : ees mines de céruse , les plus nouvelles de toutes, se foimenttous les jours comme celles du feren rouille, par les détriments de ces métaux.

Les mines de plomb vitreuses et cristallisées, qui proviennent de la décomposition des galènes, prennent différentes couleurs par le contact ou l’union des différentes substances métalliques qu’elles rencontrent : le fer leur donne une couleur rouge; et, selon M. Monnet, il les colore aussi quelquefois en vert. Cet observateur dit avoir remarqué dans les mines de plomb de la Croix en Lorraine 1 un grand nombre de cristaux de plomb vert dans les cavités de la gangue de cette mine, qui n’est qu’une mine de fer grisâtre; d’où il conclut que les cristaux verts de plomb peuvent être formés de la décomposition de la galène par le fer. La galène ellemême peut se régénérer dans les mines de plomb qui sont en état de céruse ou de cliaux blanche : on peut le démontrer, tant par la forme fistuleuse de ces galènes, qu’on appelle Plomb noir , que par plusieurs morceaux de mines dans lesquelles la base des cristaux est encore de plomb blanc , seulement un peu rougeâtre , et dont la partie supérieure est convertie en galène.

En général, les mines de plomb tiennent presque toutes une petite quantité d’argent ; elles sont aussi très-souvent mêlées de fer et d’antimoine9 , et quelquefois de cuivre3 ; mais l’on n’a qu’un seul exemple de mine de plomb tenant du zinc 4 ; et de même que l’on trouve de l’argent dans presque toutes les mines de plomb, on

1 Observations sur une raine de Plomb, par M. Monnet.

2 11 y a du plomb qui, dans la mine, est mêlé avec de l’antimoine, et qui en conserve encore après la fonte. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1733, page 313.

s II se trouve des mines de plomb cuivreuses, et le plomb qu’on en retire conserve toujours quelques impressions du cuivre. Idem, ibidem.

* Il y a près de Goslar une mine de plomb qui contient une

DES MINÉRAUX

trouve aussi du plomb dans la plupart des mines d’argent : mais dans les filons de ces mines, le plomb, comme plus pesant, descend audessous de l’argent, et il arrive presque toujours que les veines les plus riches en argent se changent en plomb à mesure qu’elles s’étendent en profondeur * .

Pour connaître la quantité du métal qu’une mine de plomb peut contenir, il faut la griller en ne lui donnant d’abord que peu de feu , la bien laver ensuite, et l’essayer avec* -le flux noir, et quelquefois y ajouter de la limaille de fer 2, pour absorber le soufre que le grillage n’aurait pas tout enlevé 3 ; mais, quoique par ces moyens on obtienne la quantité de plomb assez juste , l’essai par la voie humide est encore plus fidèle. Voici le procédé de M. Bergman 4 : on pulvérise la galène, on la fait digérer dans l’acide nitreux ou dans l’acide marin, jusqu’à ce que tout le plomb soit dissous , et alors le soufre minéral se précipite ; on s’assure que ce soufre est pur en le faisant dissoudre dans l’alkali caustique ; on précipite le plomb par l’alkali cristallisé , et cent trente-deux parties de précipité indiquent

assez grande quantité de zinc... mais on croit communément que c'est la seule mine, en Europe, qui en contienne. Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1753, page 313.

■* Dclius, Sur l’Art des Mines, tome I, page 73.

2 Met six quintaux de flux noir sur un quintal de mine ; on mêle le tout pour être mis dans un creuset que l'on place au leu : on conduit la fonte comme celle d’un essai de mine de cuivre,, excepté que celui de la mine de plomb est faii beaucoup plus tôt ; on peut faire aussi ces essais avec quatre quintaux de flux noir sur un quintal de mine, et même avec deux ou trois quintaux de ce flux, pourvu que la mine soit bien dessoufrée.

Si les mines de plomb contiennent beaucoup d’antimoine, on ajoute, à l’essai d’un quintal de ces mines, vingt-cinq ou cinquante pour cent de limaille de fer, plus ou moins, selon que la mine est chargée d’antimoine... Si on essaie les mines lavées ou celles qu’on nomme vulgairement pures, parce quelles n’ont point ou très-peu de gangues, sans les faire rôtir, il faut y ajouter vingt-cinq pour cent de limaille de fer : le plomb s’en détache plus aisément; mais l'essai est souvent incertain, parce que le fer donne à i'essai une couleur noire : quant aux mines rôties, il ne faut pas y ajouter de fer. Traité de la Fonie des Mines de Schlutter, tome I, pages 207 et 208.

3 Les mines de plomb exigent la torréfaction à cause du soufre quelles contiennent; on ajoute de la limaille de fer dans 1 essai pour les en dépouiller plus sûrement : quand la mine tient de l'argent, ce qui arrive fréquemment, on appelle plomb d’œuvre le produit de la première fonte, qui se fait à travers les charbons ou au feu de réverbère, sur de la brasque. On retire de 1 argent du plomb d’œuvre par une espèce de coupellation en grand, c’est-à-dire, en convertissant le plomb en litharge, sur un foyer fait de cendres lessivées; on lui donne un second affinage dans de vraies coupelles ; et les débris de ces vaisseaux, ainsi que ceux des fourneaux, et même la litharge, qui ne serait pas reçue dans le commerce, sont lemis au fourneau pour revivifier le plomb. Éléments de ■nunie, par M. de Morveau, tome I, page 231.

4 Opuscules, tome II, dissertation 25.

cent parties de plomb. Si le plomb tient argent, on le sépare du précipité par l’alkali volatil; et s il y a de 1 antimoine , on le calcine par l’acide nitreux concentré : si la galène tient du fer, on Précipite le plomb et 1 argent c[iii peuvent v être unis , ainsi que la quantité de fer qui se trouve dans l’acide, en mettant une lame de fer dans la dissolution ; celle que la lame de fer a produite indique exactement la quantité de ce métal contenue dans la galène.

Le plomb extrait de sa mine par la fonte demande encore des soins tant qu’il est en métal coulant ; car si on le laisse exposé à l’action de l’air, sa surface se couvre d’une poudre grise , dont la quantité augmente à mesure que le feu continue, en sorte que tout le métal se convertit en chaux, et acquiert par cette conversion une augmentation de volume très-considérable1. Cette chaux grise, exposée de nouveau à l’action du feu, y prend bientôt, en la remuant avec une spatule de fer, une assez belle couleur jaune, et dans cet état on lui donne le nom de Massicot; et si l’on continue de la remuer en la tenant toujours exposée à l’air , à un certain degré de feu , elle prend une belle couleur rouge, et dans cet état on lui donne le nom de Minium ; je dis à un certain degré de feu , car un feu plus fort ou plus faible ne changerait pas le massicot en minium ; et ce feu constant et nécessaire pour lui donner une belle couleur rouge, est de cent vingt degrés 2 ; car si l’on donne à ce même minium une chaleur plus grande ou moindre, il perd également son beau rouge, redevient jaune, et ne reprend cette couleur rouge qu’au feu de cent vingt degrés de chaleur. C’est à M. Geoffroy qu’est due cette intéressante observation , et c’est à M. Jars 3 que nous devons la connais»

' Nota. M. Demesteditque cette augmentation de volume ou de pesanteur est comme de 113 à 100.

2 Division du thermomètre de Réaumur.

5 II y a deux fabriques de minium dans le comté de Derby, l’une auprès de Chcsterfield, et l’autre aux environs de la ville de Wisksworth. Le fourneau, pour cette opération, est un réverbère à deux chauffes, renfermées sous une seule et même voûte... On y fait usage de charbon de terre... On emploie communément quinze quintaux ou dix l'ngotsde plomb dans une opération...

On commence par mettre en dedans et devant l embouchure du fourneau le grossier de la matière jaune qui a resté au fond de la bassine dans le lavage, ce qui empêche le plomb de couler au dehors du fourneau. On introduit le plomb dans le fourneau, et dès qu’il est iondu on l’agite continuellement ; à mesure qu’il se réduit en chaux, on le tire de côté, et on continue jusqu’à ce que le tout soit converti en poudre, ce qui arrive ordinairement au bout de quatre ou cinq heures. S'il reste encore quelques morceaux de plomb, on les conserve pour une autre opération. On donne une chaleur vive peu-

HISTOIRE NATURELLE

sance des pratiques usitées eu Angleterre pour faire le minium en grande quantité , et par conséquent à moindres frais qu’on ne le fait ordinairement.

Les Anglais ne se servent que de charbon de terre pour faire le minium , et ils prétendent même qu’on 11e réussirait pas avec le charbon de bois ; cependant , dit M. Jars , il n’y aurait d’autre inconvénient que celui des éclats de ce charbon qui pourrait revivifier quelques parties de la chaux de plomb, ce qu'il est très-aisé d’éviter. Je ne pense pas, avec M. Jars, que ce soit là le seul inconvénient Le charbon de bois ne donne pas une chaleur aussi forte ni aussi constante que le charbon de terre ; et d’ailleurs l’acide sulfureux qui s'en exhale , et la fumée de bitume qu’il contient, peuvent contribuer à

dant tout le temps de cette conversion ; cependant ejle ne donne qu'un rouge de cerise très-foncé ; car les deux ouvertures des chauffes et l'embouchure du fourneau sont toujours ouvertes, afin que le contact de l’air accélère la calcination...

11 faut plus que les quatre ou cinq heures qui convertissent le plomb en chaux pour qu’il soit réduit en poudre jaune; ainsi on le laisse encore près de vingt-quatre heures dans le fourneau ; mais on ne le remue pas souvent dès qu'il est une fois en poudre, seulement autant qu’il le faut pour empêcher qu’il ne se mette en grumeaux ou ne se fonde en masse. Quand un juge la chaux de plomb assez calcinée, on la tire hors du fourneau avec un râble de fer, et on la fait tomber sur un pavé uni ; on fait couler de l’eau fraîche par-dessus pour diviser la chaux qui peut être grtimelée, et la rendre assez friab’e pour passer au moulin, et on continue jusqu’à ce qu’elle soit imbibée et bien refroidie ; cette matière étant encore chaude ressemble beaucoup à la litharge, et lorsqu’elle est froide elle est d’une couleur jaune sale. Cette matière jaune est mise dans un moulin pour y être broyée en y versant de l’eau, et, à mesure qu'elle se broie, elle tombe dans une cuve placée pour la recevoir au bas du moulin ; mais comme cette matière n’est pas également broyée, on la passe dans un tonneau plein d'eau pour y être lavée à l’aide d’une bassine de cuivre qu’on remplit à moitié de chaux de plomb, et qu'on agite de manière que la matière broyée la plus fine se mêle à toute f’eau du tonneau et se précipite au fond, tandis que celle qui n’est pas divisée suffisamment reste dans la bassine et sert pour être placée, comme on l’a déjà dit, devant l’embouchure intérieure du fourneau, pour être calcinée de nouveau avec le plomb... On continue de procéder de la même manière poulie moulin et pour le lavage, jusqu’à ce que toute la matière jaune provenue de la première calcination ait été entièrement passée. Lorsque le lavage est fait, on laisse précipiter au fond du tonneau la matière qui est suspendue dans l’eau par sa grande division ; ensuite on verse l'eau pour retirer le précipité, auquel ou donne la couleur rouge par l’opération suivante. On introduit cette matière précipitée ou chaux de plomb dans le milieu du fourneau, 011 en forme un seul tas que l’on aplatit, et sur cet aplatissement on fait des raies ou sillons, et on ne remue la matière que pour l’empêcher de s’agglutiner ; et c’est par cette dernière opération qu’on lui donne la couleur rouge. 11 faut trente-six ou quarante-huit heures de feu avec du charbon de terre, comme dans la première calcination, et on retire ensuite la matière toute chaude; elle paraît alors d’un rouge très-foncé ; mais elle prend, en se refroidissant, le beau rouge du minium. M. Jars, Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1770, page 08 etsuiv.

donner à la chaux de plomb la belle couleur rouge.

Toutes ces chaux de plomb, blanches, grises, jaunes et rouges, sont non-seulement très-aisées à 'vitrifier, mais même elles déterminent promptement et puissamment la vitrification de plusieurs autres matières : seules, elles 11e donnent que de la litharge ou du verre jaune très-peu solide: mais fondues avec le quartz, ellesforment un verre très-solide, assez transparent, et d’une belle couleur jaune.

Considérant maintenant les propriétés particulières du plomb dans son état de métal , nous verrons qu’il est le moins dur et le moins élastique de tous les métaux ; que , quoiqu'il soit très-mou , il est aussi le moins ductile ; qu’il est encore le moins tenace , puisqu’un 111 d'un dixième de pouce de diamètre 11e peut soutenir un poids de 30 livres sans se rompre : mais il est, après l’or, le plus pesant ; car je ne mets pas le mercure ni la platine au nombre des vrais métaux. Son poids spécifique est à celui de l’eau distillée comme 1 13523 sont à 1 0000, et le pied cube de plomb pur pèse 794 livres 10 onces 4 gros 44 grains L Son odeur est moins forte que celle du cuivre 5 cependant elle se fait sentir désagréablement lorsqu’on le frotte. Il est d’un assez beau blanc quand il vient d’être fondu ou lorsqu’on l’entame et le coupe : mais l’impression de l’air ternit en peu de temps sa surface , qui se décompose en une rouille légère de couleur obscure et bleuâtre. Cette rouille est assez adhérente au métal ; elle ne s’en détache pas aussi facilement que le vert-de-gris se détache du cuivre : c’est une espèce de chaux qui se revivifie aussi aisément que les autres chaux de plomb ; c’est un ■ céruse commencée. Cette décomposition par les éléments humides se fait plus promptement lorsque ce métal est exposé à de fréquentes alternatives de sécheresse et d’humidité.

Le plomb, comme l’on sait, se fond très-facilement;et lorsqu'on le laisse refroidir lentement, il forme des cristaux qu’on peut rendre trèsapparents par un procédé qu'indique M. l’abbé Mongez : c’est en formant une géode dans un creuset, dont le fond est environné de charbon, et qu’on perce dès que la surface du métal fondu a pris de la consistance. On obtient de cette manière des cristaux bien formés en pyramides

* Voyez la Table des Pesanteurs spécifiques, par M. Brissou.

DES M1JNEKALX.

trièdres isolées , et de trois à quatre lignes de longueur. Je me suis servi du même moyen pour cristalliser la fonte de fer.

Le plomb , exposé à l’air dans son état de fusion, se combine avec cet élément, qui non-seulement s’attache à sa surface, mais se fixe dans sa substance, la convertit en chaux, et en augmente le volume et le poids1 : cet air fixé dans le métal est la seule cause de sa conversion en chaux ; le phlogistique ne fait rien ici , et il est étonnant que nos chimistes s’obstinent à vouloir expliquer par l’absence et la présence de ce phlogistique les phénomènes de la calcination et de la revivification des métaux, tandis qu’on peut démontrer que le changement du métal en chaux, et son augmentation de volume où pesanteur absolue, ne viennent que de l’air qui y est entré, puisqu’on en retire cet air en même quantité , et que rien n’est plus simple et plus aisé à concevoir que la réduction de cette chaux en métal, puisqu’on peut également démontrer que l’air, ayant plus d’affinité avec les matières inflammables qu’avec le métal , il l’abandonne dès qu’on lui présente quelqu’une de ces matières , et laisse par conséquent le métal dans l’état où il l’avait trouvé. La réduction de la chaux des métaux n’est donc au vrai qu’une sorte de précipitation aussi aisée à entendre, aussi facile à démontrer que toute autre.

JNous observerons en particulier que le plomb et l’étain sont les deux métaux avec lesquels l’air se fixe et se combine le plus promptement dans leur état de fusion, mais que l’étain le retient bien plus puissamment . La chaux de plomb se réduit beaucoup plus aisément en métal que celle de l’étain par l’addition des matières inflammables : ainsi l’affinité de l’air s’exerce d’une manière plus intime avec l’étain qu’avec le plomb.

Si nous comparons encore ces deux métaux par d’autres propriétés, nous trouverons que le plomb approche de l’étain , non-seulement par la facilité qu’il a de se calciner, mais encore par la fusibilité, la mollesse, la couleur, et qu’il n’en diffère qu’en ce que, comme nous venons de le dire, la chaux du plomb est plus aisément réductible; et quoique ces deux chaux soient d’a-

4 Selon M. Chardenon, un quintal de plomb donne jusqu’à cent dix livres de chaux ; et de tous les métaux le plomb et l etaiu sont ceux qui acquièrent le plus de pesanteur dans la calcination. Mémoires de l'Académie de Dijon, tome 1, page 303 et suiv.

bord de la même couleur grise, la chaux d’étain, pai une plus forte calcination, devient blanche et reste blanche, tandis que celle du plomb devient jaune, puis rouge par une calcination continuée : de plus, celle de l’étain ne se vitrifie que très-difficilement , au lieu que celle du plomb se change en un vrai verre transparent et pe sant, et qui devient au feu si fluide et si actif, qu’il perce les creusets les plus compactes. Ce verre de plomb , dans lequel l’air fixe de sa chaux s’est incorporé , peut encore se réduire facilement en métal coulant ; il suffit de le broyer et de le refondre en y ajoutant une matière inflammable, avec laquelle l’airayantplus d’affinité qu’avec le plomb, se dégagera en saisissant cette matière inflammable qui l’emporte, et il laissera par conséquent le plomb dans son premir état de métal coulant.

Le plomb peut s’allier avec tous les métaux, à l’exception du fer, avec lequel il ne paraît pas qu’il puisse contracter d’union intime ‘; cependant on peut les réunir de très-près en faisant auparavant fondre le fer. M. de Morveau a dans son cabinet un culot formé d’acier fondu et de plomb , dans lequel , à la vérité , ces deux métaux ne sont pas alliés, mais simplement adhérents de si près, que la ligue de séparation n’est presque pas sensible.

La chaux de cuivre et celle du plomb mélangées s’incorporent et se vitrifient toutes deux ensemble; le plomb entraîne le cuivre dans sa vitrification, et il rejette le fer sur les bords de la coupelle. C’est par cette propriété particulière qu’il purge l’or et l’argent de toute matière métallique étrangère. Personne n’a mieux décrit tout ce qui se passe dans les coupellations que notre savant académicien , M. Sage , dans ses Mémoires sur les Essais.

On a observé que le plomb et l’étain mêlés ensemble se calcinent plus promptement et plus profondément que l’un ou l’autre ne se calcine seul. C’est de cette chaux, mi-partie d’étain et de plomb, que se fait l’émail blanc des faïences

4 « Ce métal s’unit assez facilement avec tous les métaux ,

« excepté le fer, avec lequel il refuse opiniâtrément tout al- « liage ; son affinité avec l’argent et son antipathie avec le fer « est si grande, que si l’on fait fondre dans du plomb de l’ar- # gent allié avec un peu de fer, le plomb s’empare aussitôt de « l'argent, mais rejette le fer, qui vient nager à sa surface. » Dictionnaire de Chimie, par M. Macquer, article Plomb. — Nota. J’observerai qu’il est douteux que le fer s'allie réellement avec l’argent: il ne s'unit avec ce métal que comme l'acier s’unit avec le plomb par une forte adhésion , mais dans mélange intime.

communes ; et c’est avec le verre de plomb seul qu’on vernit les poteries de terre encore plus communes.

Le plomb semble approcher de l’argent par quelques propriétés : non-seulement il lui est presque toujours uni dans ses mines, mais lors même qu’il est pur et dans son état de métal, il présente les mêmes phénomènes dans ses dissolutions par les acides ; il forme , comme l’argent , avec l’acide nitreux , un sel plus caustique que les sels des autres métaux.

Le plomb a aussi de l’affinité avec le mercure ; ils s’amalgament facilement , et ils forment ensemble des cristaux ; cet amalgame de plomb a la propriété singulière de décrépifer très-vivement sur le feu.

L’ordre des affinités du plomb avec les autres métaux, suivant M. Geller,est l’argent, l’or, l’étain, le cuivre. Cette grande affinité de l’argent et du plomb, que l’art nous démontre, est bien indiquée par la nature ; car l’on trouve l’argent uni au plomb dans toutes les mines de première comme de dernière formation. Ce sont les poudres des mines primitives de l’argent, qui se sont unies et mêlées avec la chaux de plomb, et ont formé les galènes ou premiers minerais de ce métal ; mais les affinités du plomb avec l'or, l'étain et le cuivre, que l’art nous a fait reconnaître, ne se manifestent que par de légers indices dans le scinde la terre. Ce n’est point avec ees métaux que le plomb s’y combine; mais c’est avec les sels , et surtout avec les acides qu’il prend des formes différentes : la galène, qu’on doit regarder comme le plomb de première formation, n’est qu’une espèce de pyrite composée de chaux de plomb , et de l’acide uni à la substance du feu fixe. L’air et les sels de la terre ont ensuite décomposé ces galènes , comme ils décomposent toutes les autres pyrites, et c’est de leurs détriments que se sont formées toutes les mines de seconde et de troisième formation. Cette marche de la nature est uniforme : le feu primitif a fondu, sublimé ou calciné les métaux; après quoi les éléments humides, les sels et surtout les acides, les ont attaqués, corrodés, dissous; et s’incorporant avec eux par une union intime, leur ont donné les nouvel les formes sous lesquelles ils se présentent.

Tous les acides minéraux ou végétaux peuvent entamer ou dissoudre le plomb : les huiles et les graisses agissent aussi sur ce métal en raison des acides qu'elles contiennent ; elles l’atta¬

quent surtout dans son état de chaux, et dissolvent la céruse , le minium et la litharge à l’aide d’une médiocre chaleur.

L’acide vitriolique doit être concentré et aidé de la chaleur pour dissoudre le plomb réduit en poudre métallique ou en chaux, et cette dissolution produit un sel qu’on appelle Vitriol de plomb. On a remarqué que le minium résiste plus que les autres chaux de plomb à cet acide, qu’il ne se dissout qu’en partie, et qu’il perd seulement sa belle couleur rouge, et devient d’un brun presque noir1. Les sels neutres qui contiennent de l’acide vitriolique agissent aussi sur les chaux de plomb : ils les précipitent de leur dissolution dans l’acide nitreux, et forment avec elles un vitriol de plomb.

L’acide nitreux, loin d’être concentré comme le vitriolique , doit au contraire être affaibli pour bien dissoudre le plomb ; et la dissolution, après l’évaporation , donne des cristaux qui , comme tous les autres sels produits par ce même métal, ont plutôt une saveur sucrée que saline : au reste, cet acide dissout également le plomb dans son état de métal et dans son état de chaux, c’est-à-dire, les céruses, le massicot, le minium et même les mines de plomb blanches, vertes et rouges, etc.

L’acide marin ne dissout le plomb qu’à l’aide d’une forte chaleur : cette dissolution donne un sel dont les cristaux sont brillants et en petites aiguilles ; cet acide , ainsi que les sels qui en contiennent , précipitent le plomb de sa dissolution dans l’acide nitreux, et forme un sel métallique auquel les chimistes ont donné le nom de plomb corné , comme ils ont aussi nommé argent corné ou lune cornée les cristaux de la dissolution de l’argent par le même acide marin.

Le soufre s’unit aisément avec le plomb par la fusion ; et lorsqu’on laisse ce mélange exposé à l’action du feu libre, il se brûle en partie, et le reste, qui est calciné , forme une espèce de pyrite ou mine de plomb semblable à la galène2.

Les acides végétaux, et en particulier celui du vinaigre , attaquent et dissolvent le plomb ; c’est en l’exposant à la vapeur du vinaigre qu’on

’ Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome II, page 9* •

2 « Le plomb fondu avec le soufre s’enflamme seul ; il reste « une poudre noire écailleuse que l’on appelle 'plomb brûlé ; « cette matière n’entre en fusion qu’après avoir rougi ; elle « produit une masse noire , aigre , disposée à facettes; c'est « une galène ou mine de plomb artificielle. » Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome II, page 54.

DES MINÉ H AUX

En comparant les mines primordiales des six métaux , nous voyons que l’or seul se trouve

le convertit en chaux blanche, et c’est de cette manière que l’on fait la céruse qui est dans le commerce : cette chaux ou céruse se dissout parfaitement dans le vinaigre concentré ; elle y produit même une grande quantité de cristaux dont la saveur est sucrée 1 : on a souvent abusé decette propriétéde la céruse etdes autres chaux ou sels de plomb, pour adoucir le vin au détriment de la santé de ceuxqui le boivent. Au reste, Ton ne doit pas regarder la céruse comme une chaux de plomb parfaite, mais comme une matière dans laquelle le plomb n’est qu’à demi dissous ou calciné par l’acide aérien, et reste encore plutôt dans l’état métallique que dans l’état salin, en sorte qu’elle n’est pas soluble dans l’eau comme les sels.

Le plomb se dissout aussi dans l’acide du tartre, à l’aide de la chaleur et d’une longue digestion ; si l’on fait évaporer cette dissolution, elle prend une consistance visqueuse, et donne un sel cristallisé en lames carrées2. Enfin, les acerbes ne laissent pas d’avoir aussi quelque action sur le plomb; car la noix de galle le précipite de sa dissolution dans l’acide nitreux, et la surface de la liqueur se couvre en même temps d’une pellicule à reflets rouges et verts.

Les alkalis fixes et volatils, non plus que les terres absorbantes , ne font pas des effets bien sensibles sur le plomb dans quelque état qu’il soit : néanmoins ils ont avec ce métal une affinité bien marquée dans certaines circonstances; par exemple, ils le précipitent de sa dissolution dans l’acide marin, sous la forme d’une poudre blanche qui se ternit bientôt à l’air comme le métal même3.

1 « L’acide acéteux en vapeurs agit sur le plomb et le réduit « en cliaux; si l’on assujettit dans un chapiteau de verre des « lames de plomb minces, que l’on adapte ce chapiteau à une « cucurbite évasée, dans laquelle on aura mis du vinaigre, et « qu’après avoir luté un récipient , on le distille au bain de « sable pendant dix ou douze heures , les lames se couvrent « d’une matière blanche que l’on appelle blanc de ■plomb, et « qui , broyée avec un tiers ou environ de craie , forme la « céruse.... Pour achever de le saturer, on met le blanc de « plomb dans un matras, on verse dessus douze à quinze fois « aulant de vinaigre distillé ; le mélange prend une saveur « sucrée, la substance métallique entre en dissolution, il s’ex- « cite beaucoup de chaleur ; on place le matras sur un bain « de sable , et on laisse le tout en digestion pendant un jour.

« Après avoir décanté la liqueur, on la fait évaporer jusqu'à « pellicule , on la place dans un lieu frais , il s’y forme de « petits cristaux groupés en aiguilles ; on les redissout dans « le vinaigre , et on traite de même cette dissolution pour « avoir le sucre de Saturne. » Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome III, page 28.

3 Eléments de Chimie , par M. de Morveau, tome III, page 82.

3 L allu1' rustique n’a presque point d’action sur le plomb,

presque toujours en état de métal dans le sein de la terre ; que quoiqu’il n’y . soit jamais pur, mais allié de plus ou moins d’argent ou de cuivre, il ne se présente que rarement sous une forme minéralisée, et qu’il recouvre et défend l’argent de toute altération. On assure cependant que l’or est vraiment minéralisé dans la mine de Naghiac1, et dans quelques pyrites nouvellement trouvées en Dauphiné ; mais ce métal ne doit néanmoins subir aucun changement, aucune altération , que par des combinaisons qui ne peuvent se trouver que très-rarement dans la nature; et nous verrons, en traitant de la platine, que l’or, qui fait le fonds de sa substance, y est encore plus altéré et presque dénaturé. Ces deux exemples sont les seuls qu’on puisse donner d’un changement d’état dans l’or, et l’on ne doit pas les regarder comme des opérations ordinaires de la nature , mais comme des accidents si rares, qu’ils n’ôtent rien à la vérité du fait général, que l’or se présente partout dans l’état de métal, et seulement plus ou moins divisé et non minéralisé.

L’argent se trouve assez souvent , comme l’or, dans l’état de métal pur ; mais il est encore plus souvent mêlé avec le plomb, ou minéralisé, c’est-à-dire altéré par les sels de la terre. Le cuivre résiste beaucoup moins à l’impression des éléments humides ; et quoiqu’il se trouve quelquefois en état de métal, il se présente ordinairement sous des formes minéralisées et variées, pour ainsi dire, à l’infini. Ces trois métaux, l’or, l’argent et le cuivre, sont les seuls qui aient pris, dès les premiers temps, et conservé plus ou moins jusqu’à ce jour leur état métallique. Le fer, le plomb et l’étain ne se trouvent nulle part, et même n’ont jamais été dans

mais il dissout, pendant l’ébullition, une quantité très-sensible de minium, qui n’en est pas séparée par le filtre, qui se dépose avec le temps dans le flacon , sous forme d’une poudre blanche , et qui est précipitée sur-le-champ par l’eau-forte. Éléments de Chimie , par M. de Morveau, tome III, page 28.

L’alkali volatil caustique digéré sur la limaille de plomb prend dans les premiers jours une couleur légèrement ambrée, qui disparaît ensuite entièrement; une partie du métal est réduite à l’état de chaux , une autre partie est tenue en dissolution au point de passer par le filtre ; elle est précipitée par l'acide nitreux. Idem, ibidem, page 256.

1 J\ota. M. Kergmann , à qui M. Tungberg a envoyé un morceau de cette mine de Naghiac, s'est assuré qu’il contenait du quartz blanc , une pierre arénaire blanchâtre , se coupant au couteau , faisant effervescence avec les acides, et de la manganèse. La formation de cette mine ne loit donc être regardée que comme accidentelle.

HISTOIRE iNATURELLE

cet état métallique; le feu primitif les a fondus j ou calcinés : le fer par sa fusion s’est mêlé à la roche vitreuse ; et le plomb et l’étain , après leur calcination, ont été saisis par l’acide et réduits en minerais pyriteux, ainsi que les cuivres qui n’ont pas conservé leur état de métal. Tous ces métaux ont souvent été mêlés les uns avec les autres ; et dans les mines primordiales comme dans les mines secondaires, on les trouve quelquefois tous réunis ensemble.

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