PIERRES IRISÉES
Après ces pierres chatoyantes dont les couleurs sont flottantes, et dans lesquelles les reflets de lumière paraissent uniformes, il s’en trouve plusieurs autres dont les couleurs variées ne dépendent ni de la réflexion extérieure de ia lumière , ni de sa réfraction dans l’intérieur de ces pierres , mais des couleurs irisées que produisent tous les corps lorsqu’ils sont réduits en lames extrêmement minces : les pierres qui présentent ces couleurs sont toutes défectueuses ; on peut en juger par le cristal de roche irisé qui n’est qu’un cristal fêlé. Il en est de même du feld-spath irisé : les couleurs qu’ils offrent à l’œil ne viennent que du reflet de la lumière sur les lames minces de leurs parties constituantes , lorsqu’elles ont été séparées les unes des autres par la percussion ou par quelque autre cause. Ces pierres irisées sont étonnées , c’est-à-dire fêlées dans leur intérieur ; elles n’ont que peu ou point de valeur, et on les distingue aisément des vraies pierres chatoyantes par le faible éclat et le peu d’intensité des couleurs qu’elles renvoient à l’œil : le plus souvent même la fêlure ou séparation des lames est sensible à la tranche , et visible jusque dans l’intérieur du morceau. Au reste , il y a aussi du cristal irisé, seulement à sa superficie , et cette iris superficielle s’y produit par l’exfoliation des petites lames de sa surface , de même qu’on le voit dans notre verre factice longtemps exposé aux impressions de l’air.
Au reste, la pierre iris dePlinc, qui semblerait devoir être spécialement notre cristal irisé, n’est pourtant que le cristal dans lequel les anciens avaient observé la réfraction de la lumière , la division des couleurs , en un mot , tous les effets du prisme 1 sans avoir su en déduire la théorie.
4 Nota. Seulement il est singulier que Pline, pour nous décrire cet effet, ait recours à un cristal de la mer Rouge, tandis que la première aiguille de cristal des Alpes pouvait également le lui offrir. « Iris effoditur in quadam irisula maris « Rubri quæ distat a Bérénice urbe sexaginta miilia, caetera « sua parte cristallus, i laque quidam radicem cristalli esse « dixerunt. Vocatur ex argumento iris. Nam sub tecto perte cussa sole species et colores arcus cœlestis in proximos paît rietes ejaculatur, subinde mutans magnaque varietate ad- « mirationem sui augens. Sexangu’um esse, ut cristallum,
« constat... Colores vero nonnisiex opaco reddunt, neent « ipsæ habeant, sed ut repercussu parie turn elidant : optima- « que quæ maximos arcus facit, simillimosque cœlcstibus, » Lib. XXXVII, n. 32.
HISTOIRE NATURELLE