YNVENTION DE MIROIRS POUR BRULER À DE GRANDES DISTAÂNCES
L'ussromr des miroirs ardents d'Archimède est fameuse; il les inventa pour la défense
* de sa patrie, et il lança , disent les anciens ,
duisit en cendres lorsqu'elle approc es remparts de Syracuse. Mais cette histoire, dont on n’a pas douté pendant quinze ou seize siècles, a d’abord été contredite, et ensuite traitée de fable, dans ces derniers temps. Descartes, né pour juger et même pour surpasser Archimède, a prononcé contre lui d’un ton de maitre : il a nié la possibilité de l'invention , et son opinion a prévalu sur
le feu du soleil sur la flotte ennemie qu'il Ë
les témoignages et sur la croyance de toute
l'antiquité : les physiciens modernes , Soit par respect pour leur philosophe, soit par complaisance pour leurs contemporains , ont été de même avis. On n'accorde guère aux
anciens que ce qu'on ne peut leur ôter; dé-.
terminés peut-être par ces motifs, dont l’amour-propre ne se sert que trop souvent sans qu’on s'en aperçoive, n’avons-nous pas naturellement trop de penchant à refuser ce que nous devons à ceux qui nous ont précédés ?
Et si notre siècle refuse plus qu'un autre, ne serait-ce pas qu’étant plus éclairé il croit avoir plus de droit à la gloire, plus de prétentions à la supériorité ?
Quoi qu'il en soit, cette invention était dans le cas de plusieurs autres découvertes de l'antiquité qui se sont évanouies, parce qu'on a préféré la facilité de les nier à la difficulté de les retrouver ; et les miroirs ardents d'Archimède étaient si décriés, qu'il ne paraissait pas possible d’en rétablir la réputation : car, pour appeler du jugement de Descartes, il fallait quelque chose de plus fort que des raisons, et il ne restait qu'un moyen sûr et décisif, à la vérité, mais difficile et hardi; c'était d'entreprendre de