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uoIQu'oN se soit beaucoup occupé , dans ces derniers temps , de la physique des couleurs, il ne parait pasiqu'on ait fait de grands progrès depuis Newton : ce n’est pas qu’il ait épuisé la matière; mais la plupart des physiciens ont plus travaillé à le combattre qu'à l'entendre ; et Œuoique ses principes soient clairs , et ses expériences incontestables, il y a si peu de gens qui se soient donné
la peine d'examiner à fond les rapports et -
l'ensemble deëges découvertes , que je ne crois pas devoir parler d’un nouveau genre de couleurs , sans avoir auparavant donné des idées nettés sur la production des couleurs en général, |
I y a plusieurs moyens de produire des couleurs ; le premier est la réfraction : un trait de lumière qui passe à travers un prisme se rompt et se divise de facon qu'il produit une image colorée, composée d’un nombre infini de couleurs ; et les recherches qu'on a faites sur cette image colorée du soleil ont appris que la lumière de cet astre est l'assemblage d’une infinité de rayons de lumière différemment colorés ; que ces rayons ont autant de différents degrés de réfrangibilité que de couleurs différentes , et que la même couleur a constamment le même degré de réfrangibilité. Tous les corps diaphanes dont les surfaces ne sont pas parallèles produisent des couleurs par Ia réfraction ; l'ordre de ces couleurs est invariable ; et leur nombre , quoique infini, a été réduit à sept dénominations principales, violet, indigo , bleu , vert, jaune ;, orangé, rouge : chacune de ces dénominations répond à un intervalle déterminé dans l’image colorée , qui contient toutes les nuances de la couleur dénommée; de sorte que dans l'intervalle rouge on trouve toutes les nuances de rouge, dans l'intervalle jaune toutes les nuances de jaune, etc., et dans les confins de ces intervalles les couleurs intermédiaires qui ne sont ni jaunes ni rouges , etc, C’est par de bonnes raisons que Newton a fixé à sept le
nombre des dénominations des couleurs :
l'image colorée du soleil, qu'il appelle Le spectre solaire, n'offre à la première vue que cinq couleurs, violet, bleu , vert, jaune et rouge ; ce n’est encore qu'une décomposition imparfaite de la lumière , et une représentation confuse des couleurs. Comme cette image est composée d'une infinité de cercles différemment colorés, qui répondent à autant de disques du soleil , et que ces cercles anticipent beaucoup les uns sur les autres , le milieu de tous ces cercles est l'endroit où le mélange des couleurs est le plus grand, et il n'y a que les côtés rectilignes de l'image où les couleurs soient pures ; mais , comme elles sont en même temps très-faibles ;, On a peine à les distinguer, et on se sert d'un autre moyen pour épurer les couleurs : c'est en rétrécissant l'image du disque du soleil ce qui diminue l’anticipation des cercles colorés les uns sur les autres, et par conséquent le mélange des couleurs. Dans ce spectre de lumière épurée et homogène , on voit très-bien les sept couleurs : on en voit mème beaucoup plus de sept avec un peu d'art ; car, en recevant successivement sur un fil blanc les différentes païties de ce spectre de lumière épurée , j'ai compté souvent jusqu'à dix-huit ou vingt couleurs dont la différence était sensible à mes yeux. Avec de meilleurs organes ou plus d'attention, on pourrait encore en compter davantage : cela n'empéche pas qu’on ne doive fixer le nombre de leur dénomination à sept , niplus ni Moins ; et cela par une raison bien fondée, c'est qu'en divisant le spectre de lumière épurée en sept intervalles , et suivant la proportion donnée par Newton, chacuñ de ces intervalles contient des couleurs qui, quoique
prises toutes ensemble , sont indécomposa-
bles par le prisme et par quelque art que ce soit; ce qui leur a fait donner le nom de couleurs primitives. Si au lieu de diviser le spectre en sept, le divise qu'en six, ou cinq, ou > , Ou trois intervalles,
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alors les couleurs contenues dans chacun de ces intervalles se décomposent par le prisme, et par conséquent ces couleurs ne sont pas pures, et ne doivent pas être regardées comme couleurs primitives. On ne peut donc pas réduire les couleurs primitives à moins de sept dénomivations, et on ne doit pas en admettre un plus grand nombre ; parce qu'alors on diviserait inutilement les inter-
vallés en deux ou plusieurs parles ; dont
les céüleurs seraient de la même nature ; et ce serait partager mal à propos une ee espèce de couleur, et donner des noms différents à des choses semblables.
ll se trouve , par un hasard singulier, que l'étendue proportionnelle de ces sept intervalles de couleurs répond assez juste à l'étendue proportionnelle des sept tons de la musique ; mais Ce n'est qu'un hasard dont on ne doit tirer aucune conséquence : ces
deux résultats sont indépendants lun de .
V'autre , et il faut se livrer bien aveuglément à l'esprit de système ; pour prétendre ; en vertu d'un rapport fortuit , soumettre l'œil et ui. à des lois communes , €t traiter l'un de ces organes par les règles de l'autre, en imaginant qu'il est possible de faire un concert aux yeux Où un paySABE AUX oreilles.
Ces sept couleurs ; produites par la réfraction , sont inaltérables et contiennent toutes les couleurs et toutes les nuances de couleurs qui sont au monde : les couleurs du prisme, celles des diamants, celles de l'are-en-ciel , des images des halos ; dépendent toutes de ja réfraction, et en suivent exactement les lois. | La réfraction n'est cependant pas le seul moyen pour produire des couleurs ; la lumière a de plus que sa qualité réfrangible d’autres propriétés qui, quoique dépendantes de la même cause générale, produisent des effets différents : de la même façon que la lumière se rompt et se divise en couleurs en passant d’un mälieu dans un autre milieu transparent , se rompt aussi en passant auprès des surfaces d'un corps opaque; cette espèce de réfraction qui se fait dans le même milieu , s'appelle inflexion, et les couleurs qu'elle produit sont les mêmes que celles de la réfraction ordinaire : les rayons violets , qui sont les plus réfrangibles , sont aussi e les plus flexibles ; et la frange colorée par l'inflexion de la lumière ne diffère du speccoloré produit par la réfraction, que dans la forme ; et , si l'intensité des couleurs est différente, Vordre en est le même, les
és à
propriétés toutes semblables , le nombre à … 1 égal , la qualité primitive et inaltérable commune à toutes , soit dané la réfraction , ‘ae. soit dans l'inflexion, qui n’est en effet qu’une * = espèce de réfraction. 3 à 7 Mais le plus puissant moyen que la nature emploie pour produire des couleurs , c'est = la réflexion (1) : toutes les couleurs AE e A (1) J'avoue que je ne pense pas comme Newton aw nr sujet de la réflexibilité des différents rayons de la Ju mière : sa définition de la réflexibilité n’est pastassez générale pour être satisfaisante. Il est sûr que la plus is grande facilité à être réfléchi est la méme éhose que la plus grande réflexibilité ; il faut que cette Ë grande facilité soit générale pour tous les cas : or, qui sait si le rayon violet se réfléchit le plus aisément, dans tous les cas, À cause que , dans un cas P rticé l) lier, il rentre plutôt dans le verre que les autr rayons ! la réflexion de la lumière suit les même que le rebondissement de tous les corps à 1) de là on doit conclure que les particules de lu : sont élastiques, et par conséquent la réflexibilité de!
lumière sera toujours proportionnelle à son ressa x :
et dès-lors les rayons les plus réflexibles seront eux
qui auront le plus de ressort ; qualité difficileà mes HT ne
rer dans la malière de la lumière, parce qu’on nef eut mesurer l'intensité d'un ressort que par la vitesse qu produit : il faudrait done, pour qu'il fût possi a faire une expérience sur cela, qué les satell es ‘dé Jupiter fussent illuminés successivement par to # les couleurs du prisme, pour reconnaître me éclipses s'il y aurait plus ou moins de vitesse dan: mouvement de la lumière violette que dans le m vement de la lumière rouge ; car ce n’est que comparaison de la vitesse de tes deux diff rayons qu'on peut savoir si l'un a plus de ressort l'autre ou plus de réflexibilité. | hr on n'a ja observé que les satellites , au moment de leur'ét sion, aient d'abord paru violets, et ensuite &
lement réfrangibles ; que le rouge l’est le moîns, t'le violet le plus de tous : il n’est donc pas éton qu'à une certaine obliquité, le rayon violet .
vant, en sortant du prisme, plus oblique à la : face que tous les autres rayons , ik soit le p
saisi par l'attraction du verre et contraint d’
tandis que les autres rayons, dont l'obliqu s moindre , continuent leur route sans être assez attirés pour être obligés de rentrer dans le verre : céei donc pas , comme le prétend Newton , une flexion ; c'est seulement une suite de la
pouvoir douter, que les rayons différents sont à 2 ai x
et | ral que les rayons les plus réfrangibles étaient les 1
= La
rielles en dépendent, le vermillon n’est rouge que parce qu'il réfléchit à ment les rayons rouges de la lumière, e qu'il absorbe les autres ; l'outremer ne parait bleu que parce qu'il réféenit fortement les rayons bleus, et qu'il reçoit dans ses pores tous les autres rayons qui s'y perdent. Il en est de même des autres couleurs des corps opaques et transparents ; la transparence dépend de l'uniformité de densité :
lorsque les parties composantes d’un corps sont d’égale densité, de quelque figure que soient ces mêmes parties , le corps sera toujours transparent, Si l'on réduit un corps transparent à une fort petite épaisseur, cette plaque mince produira des couleurs dont l'ordre et les principales apparences sont fort différentes des phénomènes du spectre ou dé la frange colorée : aussi ce n’est pas par la réfraction que ces couleurs sont produites, c'est par la réflexion. Les plaques minces des corps transparents , les bulles de savon , les plumes des oiseaux, etc., paraissent colorées parce qu'elles réfléchissent certains rayons , et laissent passer ou absorbent les autres ; ces couleurs ont leurs lois et dépendent de l'épaisseur de la plaque mince : une certaine épaisseur produit constamment une certaine couleur ; toute autre épaisseur ne peut la produire, mais en produit une autre : et lorsque cette épaisseur est diminuée à l'infini, en sorte qu’au lieu d’une plaque mince et transparente on n’a plus qu’une surface polie sur un corps opaque, ce poli, qu'on peut regarder comme le premier degré de la transparence À produit aussi des couleurs par la réflexion , qui ont encore d'autres lois ; car lorsqu'on laisse tomber un trait de lumière sur un miroir de métal, ce ‘trait de lumière ne se réfléchit pas tout entier sous le même angle, il s’en disperse une partie qui produit des couleurs dont les phénomènes, aussi-bien que ceux des plaques minces, n'ont pas encore été assez observés.
Toutes les couleurs dont je viens de parler sont naturelles, et dépendent uniquement oo e éflexi ne me paraît vrai qu’en prenant arme mesrine + réflexion, ce € i n’en est pas une; ar il est évident qu'une lusvp qui tombe sur un miroir et qui en RES en tri un angle de réflexion égal à celui d'incidence, est dans un cas bien différent de celui où elle se trouve au sortir d’un verre si oblique à es surface qu’elle est contrainte d'y rentrer : ces deux p ee nes n'ont rien de commun, et ne peuvent, à mon
avis , s'expliquer par la même cause. e Talonte DE LA TERRE. Z'ome II.