‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 168 sur 304 · TRE · texte numérisé non relu

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d'autres dont les yeux étaient meilleurs et plus forts que les miens , que celte impression du jaune était plus forte que celle du rouge, et que la couleur bleue qu'elle produit s'effaçait plus difficilement et subsistait plus long-temps que la couleur verte produite par le rouge ; ce qui semble prouver ce qu'a soupconné Newton ;, que le jaune est detoutes les couleurs celie qui fatigue le plus nos yeux.

Si l'on regarde fixement et long-temps une tache verte sur un fond blanc , on voit naitre autour de la tache verte une couleur blanchâtre, qui est à peine colorée d’une petite teinte de pourpre : mais en cessant de regarder la tache verte eten portant œil sur un autre endroit du fond blanc , on voit distinctement une tache d'un pourpre pâle , semblable à la couleur d’une améthyste pâle ; cette apparence est plus faible et ne dure pas , à beaucoup près , aussi long-temps que les couleurs bleues et vertes produites par le jaune et par le rouge.

De même en regardant fixement et longtemps une tache bleue sur un fond blanc , on voit naître autour de la tache bleue une couronne blanchâtre un peu teinte de rouge ; et , en cessant de regarder la tache bleue, et portant l'œil sur le fond blanc, on voit une tache d’un rouge pâle , toujours de la mênie figure et de la même grandeur que la tache bleue, et cette apparence ne dure pas plus long-temps que l'apparence pourpre produite par la tache verte.

En regardant de même avec attention une tache noire sur un fond blanc , on voit naitre autour de la tache noire une couronne d’un blanc vif; et, cessant de regarder la tache noire , et portant l'œil sur un autre endroit du fond blanc , on voit la figure de la tache exactement dessinée et d’un blanc beaucoup plus vif que celui du fond ; ce blanc n'est pas mat, c’est un blanc brillant semblable au blanc du premier ordre des an- neaux colorés dégrits par Newton : et au contraire, si on régarde long-témps une tache blanche sur un fond noir , on voit la tache blanche se décolorer ; et en portant l'œil sur un autre endroit du fond noir , on y voit une tache d'un noir plus vif que celui du fond.

Voila donc une suite de couleurs accidentelles qui a des rapports avec la suite des couleurs naturelles : le rouge naturel produit le vert accidentel , le jaune produit le

- bleu , le vertproduit le pourpre , le bleu produit le rouge, le noir produit le blanc , et le

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blanc produit le noir, Ces couleurs accidentelles n'existent que dans l'organe fatigué, puisqu'un autre œil ne les aperçoit pas : elles ont même une apparence qui les distingue des couleurs naturelles; c’est qu'elles sont tendres , brillantes , et qu'elles paraissent être à différentes distances , selon qu'on Les rapporte à des objets voisins ou éloignés. Toutes ces expériences ont été faites Sue des Couleurs mates avec des morceaux de papier ou d'étoffes colorées : mais elles réus= sissent encore mieux lorsqu'on les fait me + des couleurs brillantes, comme avec de lo brillant et poli , au lieu de papier ou d'étoffe EN Jaune ; avec de l'argent brillant , au lieu de g: papier blanc ; avec du lapis , au lieu de pa = pier bleu , etc. ; l'impression de ces couleurs

brillantes est plus vive et d plus ure be long-temps. ee pie DE Tout le monde sait qu'après avoir reg dé le soleil ;, on porte quelquefois pendant. long- É

temps l'image colorée de cet astre sur tous les objets ; la lumière trop vive du. soleil produit en un instant ce que la lumière or ee dinaire des corps ne produit qu'au bout d .

minule ou deux d'application fixe de l'œils le les couleurs : ces images colorées Mage: 14 que l'œil ébloui et trop fortement 1 *# | porte partout, sont des couleurs du même genre que celles que nous venons de décrites et l'explication de leurs apparences dé ét de la même théorie. VS

, . ph " J Je n'entreprendrai pas de donner ici les idées qui me sont venues sur ce sujet : quel- L que assuré que je soi Ps iré que Je sois de mes expériences ; Je ne SUIS pas assez certain des conséquences qu'on en doit tirer, pour oser rien hasardet encore sur la théori tje

théorie de ces couleurs ; et je

me contentérai de rapporter d'autresobservations qui confirment les expériences précé= |

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