‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 32 sur 304 · DE LA CARTE GÉOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

DE LA CARTE GÉOGRAPHIQUE

cette grande zône polaire ete il y a qu'environ 40 ou 45 degrés en longitude dont l’espace n’ait pas été ESRADAE nr qui ne fait pas la huitième partie de ce 1e immense calotte de.glace,: tout. le reste de ce. circuit à élé.yusetbien FECORNE PAT M. Cook, dont nous ne pourrons jamais louer assez la sagesse; l'intelligence et le courage ; car le succès d’ pareille entreprise suppose toutes ces qualités réunies.

On vient d'observer que les glaces les plus avancées du côté de l'équateur , dans

ces régions australes ;, se trouvent sur les”

mers les plus éloignées des terres, comme dans la mer des grandes Indes et vis-à-vis le cap de Bonne-Espérance ; et qu’au contraire les glaces les moins avancées se trouvent dans le voisinage des terres, comme à la pointe de l'Amérique et des deux côtés de cette pointe , tant dans la mer Atlantique que dans la mer Pacifique : ainsi, la partie la moins froide de cette grande zône antarctique est vis-à-vis l'extrémité de l'Amérique , qui s’é tend jusqu'au 56e degré de latitude , tandis que la partie la plus froide de cette même zône est vis-à-vis de la pointe de l'Afrique, qui ne s'ayance qu'au 34e degré, et vers la mer de l'Inde , où il n'y a point de terre.

Or, s’il en est de même du côté du pôle arctique , la région la moins froide serait celle du Spitzberg et du Groenland , dont les t res s'étendent à peu près jusqu'au 80gré, et la région la plus froide serait de la partie de mer entre l'Asie et l’Am que , en supposant que cette région soit en effet une mer.

De toutes les reconnaissances faites par M. Cook , on doit inférer que la portion du globe envahie par les glaces depuis le pôle antarctique jusqu'à la circonférence de ces régions glacées , est, en superficie , au moins

cinq ou six fois plus étendue que l’espace

envahi par-les glaces autour du pôle arctique; ce qui provient de deux causes assez évidentes : la première est le séjour-du soleil, plus court de sept jours trois quarts par ar dans l'hémisphère austral que dans le boréal ; la seconde et plus puissante cause est la quantité de terres infiniment plus grande dans cette portion de l'hémisphère boréal que dans la portion égale et correspondante de l'hémisphère austral ; car les continents de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique s'étendent jusqu'au 70e degré et au-delà vers le pôle arctique, tandis que dans les régions australes il n'existe aucune TéoRtE DE LA TERRE. Z'ome II.

terre depuis le 50e ou même le 45e degré que celle de la pointe de l'Amérique , qui ne s'étend qu'au 56e avec les îles Falkland la petite île Géorgie et celle de Sandwic é ui est moitié terre et moitié glace; en el que cette grande zône australe étant entièrement marilime et aqueuse, et la boréale presque entiérement terrestre , il n'est pas étonnant que le froid soit beaucoup plus grand , et que les glaces occupent une bien plus vaste étendue dans ces régions australes que dans les boréales.

Et comme ces glaces ne feront qu'augmenter par le refroidissement successif de la terre, il sera dorénavant plä8inutile et plus téméraire qu'il ne l'était ci‘devyant de cher-

cher à faire des découvertes au-delà du degré vers le pôle boréal , et au-delà auts vers le pôle aus

Au reste, il est indifférent qu'il y ait des terres ou non dans cette vaste région australe, puisqu'elle est entiérement couverte de glaces depuis le Ge degré de latitude jusqu'au pôle; et l'on peut concevoiraisément que toutes les vapeurs aqueuses qui forment les brumes et les neiges , se convertissant en glaces, elles se gèlent et s'accumulent sur la surface de la mer comme sur celle de la terre. Rien ne peut donc s'opposer à la formation ni même à l'augmentation suecessive de ces glacieres polaires; et au contraire

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