‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 115 sur 162 · CHRYSOLITE · texte numérisé non relu

CHRYSOLITE

Lss pierres auxquelles on donne aujourd'hui le nom de chrysolite , ne sont que des cristaux-topazes dont le jaune est mêlé d’un peu de vert: leur pesanteur spécifique est à

eu près la même (2), elles résistent également à l'action du feu, et leur forme de cristallisation n’est pas fort différente (3). M. le docteur Demeste a raison de dire qu'il y a très-peu de différence entre cette pierre chrysolite et la topaze de Bohême (4) , elle n'en diffère en effet que par la nuance de vert qui teint faiblement le jaune sans l'effacer (5) ; c’est par le plus ou le moins de vert

lire sur celle de l'hyacinthe et quelquefois sur le brun... Ce qu'on appelle fopazse enfumée, n'est qu'un cristal de roche teint de jaune ordinairement terne et sombre; et ce qu'on nomme topaze d'Allersagne est un spath vitreux ou fluor cubique , lequel accompagne souvent les filons de plomb , et que l'on croit étre ainsi que la topaze même, coloré par ce métal. (Pag. 34 et suiv.) |

(1) La pesanteur spécifique de la topaze de Bohème est de 26541 , et celle du cristal de roche d'Europe de 26548. (Tables de M. Brisson.)

(2) La pesanteur spécifique de la chrysolite du Brésil est de 26923, et celle du cristal de roche de 26548. M. Brisson donne aussi 27821 pour pesanteur spécifique d'une autre ehrysolite, sans indiquer le lieu où elle se trouve; mais cette différence de densité n'est pas assez considérable pour faire rejeter cette chrysolite du nombre des gristaux colorés. (3) La forme de cristallisation de la chrysolite ordinaire n'est pas, comme on le croirait au premier coup d'œil, absolument semblable à celle du cristal de roche ; la pyramide est plus obtuse, et les arêtes du prisme bexagone sont souvent tronquées et forment un dodécaëdre. Son tissu est sensiblèment lamelleux parallèlement à l'axe du prisme, et elle a plus d'éclat que le cristal de roche le plus pur. ( Essai de Cristallographie, par M. de Romé de Lisle,

| tom. 2, pag. 272 et suiv.)

(4) Lettres de M. Demeste , tom. 1, pag. 429.

(5) Robert de Berquen définit très-bien la chrysolite, en disant que sa couleur est un vert naissant Lirant sur le jaune , où un vert'jaune brillant d'un lustre doré.

répandu dans le jaune qu'on peut distinguer au premier coup -d'œil la chrysolite du péridot, dans lequel au contraire la couleur verte domine au point d'effacer le jaune presque entièrement ; mais nous verrons que le péridot diffère encore de notre chrysolite par des caractères bien plus essentiels que ceux de la couleur.

La chrysolite des anciens était la pierre précieuse que nous nommons aujourd'hui topaze orientale, et à laquelle le nom de chrysolite où pierre d'or, convenait en effet beaucoup (6) : « La chrysolite dans sa beauté, » dit Pline, fait pâlir l'or lui-même (7);aussi » a-ton coutume de la monter en transparent, et sans la doubler d’une feuille bril- » lante qui n'aurait rien à ajouter à son » éclat.» L'Éthiopie et l'Inde , c'est-à-dire ; en général , l'Orient , fournissaient ces piêrres précieuses aux Romains , et leur luxe encore plus somptueux que le nôtre, leur faisait rechercher toutes les pierres qui avaient de l'éclat ; ils distinguaient dans les chrys0lites plusieurs variétés ; la chrysélectre à laquelle ; dit Pline , il fallait la lumière claire du matin pour briller dans tout son éclat (8) ; la leucocryse, d'un jaune-blanc brillant (9); la méléchryse qui , suivant la force du mot; avec un éclat doré , offre la teinte rougeàtre du miel (10) ; toutes ces belles pierres sont; comme l'on voit, très-différentes de notre chrysolite moderne , qui n'est qu’un cristal de roche coloré de jaune verditre.

Les chrysolites que l'on a trouvées dans les terrains volcanisés sont de la même uature ques les chrysolites ordinaires; on en rencontre assez souventdans les layes et dans certains basaltes : elles se présentent ordi-

(6) Chrisos lithos.

(7) Livre 37, n° 42.

(8) Ibidem, 37, no 43.

(9) Ibidem, n° 44.

(10) Thidem , n° 45.

marine au nombre

mäirement en grains irréguliers et en petits fragments qui ont la couleur, la dureté et lésautres caractères de la véritable chryso-

- Les aigues-marines ne sont encore que des cristaux quartzeux teints de bleuâtre ou deverdâtre; ces deux couleurs sont toujours mêlées, et à différentes doses dans ces pierres, en sorte que le vert domine sur le bleu dans les unes , et le bleu sur le vert dans les autres; leur densité (1) et leur dureté sont les 1 celles des améthystes , des cristaux-topazes et des chrysolites , qui toutes nesont guère plus dures que le cristal de ro- 1e; elles résistent également à l'action du Ces trois caractères essentiels suflisent pour qu'on soit bien fondé à mettre laiguedes cristaux colorés.

… La ressemblance de couleur a fait penser

a . que le béryl des anciens était notre aiguemai mais ce béryl , auquel les lapidaires

la dénomination d'aigue- marine orientale , est une pierre dont la densité est égale à celle du diamant, et dès lors on ne ! o

Lafeld-spath , dont la densité et la dureté sont à peu près les mêmes que celles du qua en diffère néanmoins par des caracessentiels , la fusibilité et Ja figuration cristaux ; ct cette cristallisation primitive du feld-spath ayant été produite par le feu, à précédé celle de tous les rébee De qui R ue par l'intermédeé de l'eau.

pige ti cristallisation du feld- Spath à été produite par le feu primitif, et pour le démontrer , nous pourrions rappeler ici toutes les preuves sur lesquelles nous avons établi que les granits , dont le feldpath fait toujours partie constituante, apparie au temps de l'incandescence du e , puisque ces mêmes granits, ainsi que verres primitifs dont ils sont composés ï ñe portent aucune empreinte ni vestige de

(1) Cristal d'Europe, 26518 ; aigue-marine, 27229; rysolite, 27821; chrysolile du Brésil, 26923. (Voyez le table de M. Brisson. ) | (2) La pesanteur spécifique du béryl ou aigue-mariné orientale est de 35489 , et celle de l'aigue-marine occidentale n'est que de 27229. :

Laéome pe LA TERRE. Z'ome III.

lite, nous en ferons la comparaison lorsque

nous parlerons des matières rejetées par les volcans.

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