IRISÉES
ne viennent que du reflet de la lumière sur les lames minces de leurs parties constituantes, lorsqu'elles ont été séparées les unes des autres par la percussion ou par quelque autre cause. Ces pierres irisées sont étonnées, c’està-dire fêlées dans leur intérieur ; elles n’ont que peu ou point de valeur, et on les distingue aisément des vraies pierres chatoyantes par le faible éclat et le peu d'intensité des couleurs qu’elles renvoient à l'œil : le plus souvent même la fêlure ou séparation des lames est sensible à la tranche, et visible jusque dans l'intérieur du morceau. Au reste il y a aussi du cristal irisé seulement à sa superticie, et cette iris superficielle s’y produit par l'exfoliation des petites lames de sa surface, de même qu'on le voit dans notre verre factice long-temps exposé aux impressions de l'air.
Au reste , la pierre iris de Pline, qui semblerait devoir être spécialement notre cristal irisé, n'est pourtant que le cristal dans lequel les anciens avaient observé la réfraction de la lumière, la division des couleurs, en un mot, tous les effets du prisme (3), sans avoir su en déduire la théorie.
(3) Nota. Seulement il est singulier que Pline , pour nous décrire cet effet, ait recours à un cristol de la mer Rouge, tandis que la première aiguille de cristal des Alpes pouvait également le lui offrir: « Iris effoditur in quâdam insulä maris Rubri quæ distat a Berenice urbe sexaginta millia, cæter suâ parte cristallus, itaque quidam radicem cristalli esse dixerunt. Vocatur ex argumento iris. Nam sub lecto percussa sole species et colores arcûs cœlestis in proximos parièetes ejaculalnr , subinde mutans magnäque varietste admiralionem sui augens. Sexangulum esse , ut cristallum, constat... Colores verô non nisi ex opaco reddunt, nee ut ipsæ habeant , sed ut repercussu parietum elidant : optimaque quæ maximos arcus focit , simillimosque cœlestibus. » (Lib. 37, no 52.)