‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 131 sur 162 · TOPAZE ET RUBIS DU BRÉSIL · texte numérisé non relu

TOPAZE ET RUBIS DU BRÉSIL

IL se trouve au Brésil des pierres transparentes d'un rouge clair , et d’autres d’un jaune très-foncé , auxquelles on a donné les noms de rubis et topaze, quoiqu'elles ne ressemblent que par la couleur aux rubis et topazes d'Orient, car leur nature et leur origine sont toutes différentes : ces pierres du Brésil sont des cristaux vitreux provenant

du schorl auquel ils ressemblent par leur forme de cristallisation (3) : elles se cassent trasversalement comme les autres schorls, leur texture est semblable, ef l'on ne peut douter qu'elles ne tirent leur origine de ce

(1) Pline , liv. 37, chap. 5.

(2) La pesanteur spécifique du béril ou aiguemarine orientale est de 35489, tandis que celle de l'aigue-marine occidentale n'est que de 27229. (Tables de M. Brisson.)

(3) La topaze du Brésil est en prismes striés ou cannelés à l'extérieur comme ceux de l'émeræude du méme pays , et ces prismes sont ordinairement surmontés d'une pyramide à l'extrémité qui pointe en avant au sortir du rocher auquel leur base est adhérente ; cetle structure est constaute , mais le nombre de leurs faces latérales varie presque autant que celles des autres schorls.

verre primitif, puisqu'elles se trouvent comme les autres cristaux , implantées dans les rochers vitreux. Ces topazes et rubis du Brésil diffèrent essentiellement des vraies topazes et des vrais rubis, non-seulement par ce caractère extérieur de la forme , mais encore par tou:es les propriétés èssentielles : la densité, la dureté, l'homogénéité et Ja fusibilité. La pesanteur spécifique de ces pierres du Brésil (4) , est fort au-dessous de celle de ces pierres d'Orient : leur dureté , quoique un peu plus grande que celle du cristal de roche , n’approche pas de celle de ces pierres précieuses ; celles-ci n'ont , comme je l'ai dit, qu'une simple et forte réfraction au lieu que ces pierres du Brésil donnent une double et plus faible réfraction; enfin elles sont fusibles à un feu violent, tandis que le diamant et les vraies pierres précieu-

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(4) La pesanteur spécifique du rubis d'Orient est de 42838 , et celle du rubis du Brésil n'est que de 35311. La pesanteur spécifique de la topaze d'Orient est de 40106, et celle de la topaze du Brésil n'estque de 35365. (Tables de M. Brisson.)

ses sont combustibles, et ne se réduisent __ Poïinten verre. :

La couleur des topazes du Brésil est d’an —… june foncé mêlé d’un peu de rouge: ces rit ni l'éclat ni la belle couleur ‘1 ©r de la vraie topaze orientale ; elles en - différent aussi beaucoup par toutes les pro- priétés essentielles , et se rapprochent en out du péridot , à l'exception de la couleur, ar elles n’ont pas la moindre nuance de ert ; elles sont exactement de la même pesanteur spécifique que les pierres auxquelés on a donné le nom de rubis du Brésil (1) : auss Ja plupart de ces prétendus rubis ne t-ils que des topazes chauflfées (2) ; il "né faut, pour leur donner la couleur du tubis-balais , que les exposer à un feu assez ort pour les faire rougir par degrés ; elles deviennent couleur de rose, et même

} ® ‘prées ; mais il est très-aisé de distinguer bis naturels et factices du Brésil des ) rubis, tant par leur moindre poids par leur fausse couleur, leur double ré- “fraction et la faiblesse de leur éclat.

Ce changement de jaune en rouge est une

14 ti de couleur que le feu produit D - nn. e toutes les pierres teintes d’un

é foncé : nous avons dit , à l’article des

"La pesanteur spécifique du rubis du Brésil est 311, et celle de la topaze du Brésil est de 35365. ‘ables de M. Brisson.) 9) On sait depuis long-temps que les Pierres préuses orientales peuvent souflrir une très-forte La u feu sans que leur couleur soit altérée , et contraire les occidentales y perdent en très- ; temps la leur, et devieunent semblables à du l'si elles sont transparentes ou d'un blanc mat j'éont opaques ; mais on ignorait que la topazc E -ésil ne- pouvait étre comprise dans aucun de V s deux genres dont nous venons de parler , elle a la sigrolière propriété de quitter au feu sa couleur sé d'y devenir d'une couleur de rose semblable a rubis-balais , et d'autant plus vif que le le la pierre était plus sale et plus foncé. Le é'est des plus simples ; il ne s’agit que de plaa lopaze dans un petit creuset rempli de cendres, méser le fen par degrés jusqu'à faire rougir le FT ét après l'avoir entretenu quelque temps £et élat , de le laisser s'éteindre; quand le tout froïdi, on la trouvera convertie en un vérilable balais; nous disons convertie, car il n'est pas ble d'apercevoir la moindre différence entre le

lusieu joailliers qui savaient ce secret, à en un mystère , et c'est à M. Dumelle , orfèvre , iqué à M. Guettard , que l'Académie

4 & nuaissance. (Histoire de l'Académie des LS ne 1747 , pag. 52.)

Mnéome DE La Tenue. Zome LIT.

alais naturel et ceux-ci. C'est ce qui avait

A | qu'en les chauffant fortement lorsqu'on les polit , on fait changer toutes leurs taches jaunes en un rouge plus#ôu moins clair. La topaze du Brésil offre ce même changement du jaune en rouge , et M. de Fontanieu, l'un de nos académiciens , observe qu'on connaît en Bohême un verre fusible d’un jaune à peu près semblable à celui de la topaze du Brésil , qui , lorsqu'on le fait chauffer , prend une couleur rouge plus ou moins foncée , selon le degré de feu qu'on lui fait subir (3). Au reste , la topaze du Brésil, soit qu'elle ait conservé sa couleur jaune naturelle , ou qu’elle soit devenue rouge par l’action du feu , se distingue toujours aisément de la vraie topaze et du rubis-balais par les caractères que nous venons

d'indiquer : nous sommes donc bien fondés

à les séparer des vraies pierres précieuses , et à les mettre au nombre des stalactites du schorl , d'autant que leur densité les en rapproche plus que d'aucun autre verre primitif (4).

Je présume , avec l’un de nos plus savants chimistes , M. Sage , que le rubis sur lequel on a fait à Florence des expériences au miroir ardent , n'était qu'un rubis du Brésil, puisqu'il est entré en fusion, et s’est ramolli au point de recevoir sur sa surface l'impression d'un cachet, ct qu'en même temps sa substance fondue adhérait aux parois du creuset : cette fusibilité provient du schorl qui constitue l'essence de toutes ces pierres du Brésil (5); je dis de toutes ces

(3) Art d'imiter les pierres précieuses, Paris, 1778, pag. 28.

(4) La pesanteur spécifique du schorl vert ou olivâtre est de 34529 , et celle du rubis du Brésil de LE € PART

(5) C'est aussi le sentiment d'un de nos meilleurs observateurs (M. Romé de Lisle, dont l'ouvrage vient de me tomber entre les mains). Les topazes brutes , dit-il , qui nous arrivent du Brésil, ne conservent ordinairement qu'une seule de leurs pyramides , l’autre extrémité est ordinairement terminée par une surface plane rhomboïdale qui est l'endroit de la cassure qui se fait aisément et transversalement. On y distingue facilement le tissu lamelleux de ces cristaux. La position de leurs lames est perpendiculaire à l'axe du prisme et conséquemment dans une direction contraire aux stries de Ja surface qui sont toujours parallèles à: l'axe de ce même prisme, Souvent les deux pyramides manquent, mais c'est toujours par des ruptures accidentelles. L'extérieur de ces cristaux présente des cannelures parallèles à l'axe.

La topaze, le rubis et le saphir du Brésil ont beaucoup de rapport avec les schorls et les tourmalines

pierres , parce qu'indépendamment … émeraudes , saphirs, rubis et topazes dont nous venons parer ,; il se trouve encore au

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