‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 56 sur 162 · UE S · texte numérisé non relu

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rien d’extraordinaire , puisque ces lieux étaient habités pa rles hommes etles animaux; aussi M. le duc de la Rochefoucault s'est-il attaché à reconnaître si la craie de l'intérieur de la monta gne contenait du nitre comme en contiennent ses cavités et sa surface, et il s’est convaincu par des opérations exactes et appuyées d'expériences décisives , que ni le nitre ni l'acide nitreux n'existent dans la craie qui n’a pas été exposée aux impressions de l'air, et il prouve par d’autres expériences que cette seule impression de l'air sufit pour produire l'acide nitreux dans la craie.

Voilà donc évidemment l'acide nitreux ramené à l'acide aérien; car l'alkali végétal, qui sert de base au nitre , est tout aussi évidemment produit par la décomposition putride des végétaux , et c’est par cette raison qu'on trouve du nitre tout formé dans la terre végétale et sur la surface spongieuse de la craie , des tufs et des autres substances calcaires (1) ; mais en général le salpêtre naturel n’est nulle part assez abondant pour qu'on puisse en ramasser une grande quantité, et pour y suppléer on est obligé d’avoir recours à l’art ; une simple lessive suflit pour le tirer de ces terres où il se forme naturellement ; les matières qui en contiennent le plus , sont les terres EPA Lot emiant in été employés dans les Bhtimenté sex cepame dant on n’en extrait guère qu'une livre par quintal; et comme il s'en fait une prodigieuse consommation , on a cherché à combiner les matières et les circonstances nécessaires pour augmenter et accélérer la formation de ce sel.

En Prusse et en Suède, on fait du salpêtre en amoncelant par couches alternatives du gazon , des cendres , de la chaux et du chaume (2); on délaie ces trois premières matières avec de l'urine et de l’eau-mère de

rm (1) En Normandie, du côté d'Évreux, près du château de M. le duc de Bouillon , il y a une fabrique de salpêtre entretenue par la lixiviation des raclures de la craie des rochers , que l'on ratisse sept à huit i ran.

gi quoi un physicien ( M. Tronçon du Coudray, Journal de Physique, mai 1772) a remarqué que l'addition de la chaux produisait un mauvais effet dans cette extraction du salpêtre; des particules calcaires se mélant dans sa cristallisation, el le rendant moins pur et plus déliquescent; mais nous ne serons pas également du même avis que ce physicien, sur l'inutilité prétendue des cendres dans la lessive des plâtras; puisqu'il déclare lui-même que la quan- TnéORIE DE LA TERRE, Z'ome III.

salpêtre 5 02 arrose de temps en temps d'urine , les couches qui forment ce moncean qu’on établit sous un hangar à l'abri de la pluie ; le salpêtre se forme et se cristallise à la surface du tas en moins d’un an , et on assure qu'il s'en produit ordinairement pendant dix ans. Nous avons suivi cette méthode en France , et on pourra Peut-être la perfectionner (3) ; mais jusqu’à ce jour on a cherché le salpêtre dans toutes les habitations des hommes et des animaux ; dans les caves, les écuries, les étables et dans les autres lieux humides et couverts ; c'est une grande incommodité pour les habitants de la campagne et même pour ceux des villes, et il est fort à désirer que les nitrières artificielles puissent suppléer à cette recherche, plus vexatoire qu'un impôt.

Après avoir recueilli les débris et les terres où le salpêtre se manifeste , on mêle ces matières avec des cendres, et on lessive le mélange par une grande quantité d'eau; on fait passer cette eau déjà chargée de sel, sur de nouvelles terres toujours mêlées de cendres, jusqu'à ce qu'elle contienne douze livres de matière saline sur cent livres d’eau eusuite on fait bouillir ces eaux pour les réduire par l'évaporation ; et on obtient le nitre qui se cristallise par le refroidissement. Au lieu de cendres, on pourrait y mêler de la potasse avec les terres nitreuses , car la cendre des végétaux n’agit ici que par son sel, et la potasse n'est que le sel de cette cendre.

Au reste , la matière saline dont les eaux sont chargées jusqu’à douze pour cent (4),

tité de sels obtenue de plus en soustrayant les cendres , n'était que des sels déliquescents. (Voyez le Journal de Physique, cité. ).

(3) Il y a quatorze ou quinze nitrières artificielles nouvellement établies en Franche-Comté, plusieurs en Bourgogne , el quelques-unes daus d'autres provinces,

(4) La quantité de salpêtre tenue en dissolution , est absolument relative au degré de température de l'eau, et même avec des différences très-considérables : äl résulte des expériences de M. Tronçon du Condray , qu'il faut huit livres d’eau pour dissoudre à froid , une livre de salpêtre à la température de trois degrés au-dessus de la glace ; mais que trois livres d’eau suflisent pour dissoudre ce méme poids dans un air tempéré : por les grandes chaleurs de l'été deux livres d’eau peuvent tenir dix livres de salpêtre en dissolution. ... Une eau déjà saturée de sel marin, dissout néanmoins encore, dans un air lempéré , les deux tiers de salpêtre que dissoudrait un pareil poids d’eau pure , etc. (Jourgal de Ph ysique , mai 1772, pages 233 et 234.)

1 ee PUS ES —

estun mélange de plusieurs sels , et particulièrement de sel marin combiné avec différentes bases ; mais comme ce sel se précipite et se cristallise le premier on l'enlève aisément ; et on laisse le nitre qui est encore en

dissolution , se cristalliser lentement; il

prend alors une forme concrète, et on le sépare du reste de la liqueur ; mais COMME après cette première cristallisation elle contient encore du nitre , on la fait évaporer et refroidir une seconde fois, pour obtenir le surplus de ce sel, qui se manifeste de même en cristaux, après quoi il ne reste que l'eaumère , dont les sels ne peuvent plus se cristalliser (1); mais ce nitre n'est pas encore assez pur pour en faire de la poudre à canon, il faut le dissoudre et le faire cristalliser une seconde et même une troisième fois, pour lui donner toute la pureté et la blancheur qu'il doit avoir avant d'être employé à cet usage.

Le nitre s'enflamme sur les charbons ardents ayec un bruit de sifllement, et lorsqu'on le fait fondre dans un creuset il fait explosion et détonne dès qu'on lui offre quelque matière inflammable, et particulièrement du charbon réduit en poudre. Ce sel purifié est transparent; il n’attire que faiblement l'humidité de l'air; il n’a que peu ou point d'odeur; sa saveur est désagréable ; néanmoins on l’emploie dans les salaisons pour donner aux viandes une couleur rouge.

La forme de ses cristaux varie beaucoup ; ils se présentent tantôt en prismes rayés dans leur 1 r , tantôt en rhombes, tantôt en parallélipipédes rectangles ou obliques.

M. le docteur Demeste a scrupuleusement examiné toutes ces variétés de figure (2), et il pense qu'on pourrait les réduire au parallélipipède , qui est, dit-il, la forme primitive de ce sel. ‘

La plupart des sels peuvent perdre leur forme cristallisée, et être privés de leur eau de cristallisation , sans être décomposés , et

PR ET cr ee RES NRE SE en

(1) Éléments de chimie, par M. de Morveau, tom. 2, pag. 132 et suiv.

(2) Lettres de M. Demeste , à M. le docteur Bermard, tom. 1, pag. 225 et sniv.

nit le moyen de retire : = par la distillation. L'akal: atide du n

Li e , . th ta L " sans que leur essence saline en soit altérée; 1€

pitre seul se décompose par le con ours Ce l'air lorsqu'il est en fusion ; son eau de cris tallisation se réduit en vapeurs et en ve avec elle l'acide , en sorte qu'il ne resté a fond du creuset que lalkali fixe , P eu | évidente que l'acide du nitre est le même que l'acide aérien ; au reste, comme e nitre se dissout bien plus parfaitement et en biet plus grande quantité dans l'eau bouilla que dans l froide , il se cristallise plu ar le refroidissement que par l'évapora io et les cristaux seront d'autant plus gros que le refroidissement aura été plus lent. L La saveur du nitre n’est pas ag sal comnie celle du sel marin, elle est cependi plus fraiche , mais elle laisse ensuite une pression répugnante au goût. Ce sel se € serve à l'air; comme il est chargé d'aë aérien , il n'attire pas celui de l'atmosph 1 il ne pérd pas même sa transparence ( un air sec ; et ne devient déli it q escent res surcharge d'humidité LA liqué très-aisément au feu , et à un d de el Ye QUE MS egré de el leur bien inférieur à celui qui est nécess:

pour le faire rougir ; il se fon d Pur my mouvement intérieur et sans D nes ment à l'extérieur, lors mêm DETE la fonte jusqu’au rouge. E me sb ce nitre fondu il fofme À PRISSAREROSS demi-trans nn Parente, à la j ; quelle on a don e nom impropre de cristal mi 1 , d ; L sta minéral , ar n’est que du nitre qui n’est plus et qui du reste a conservé priétés. nn L’acide vitriolique e t l’arsénic | encore plus d’aflinité que Br ps l'alkali , décomposent le ni ES l'alkali sans toucher à “tre en lai eniens erason acide d Se D si.

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uie pa quantité duitébie LS re qu'on appelle nitre fixé > ne SEE TS un très-bon Pr ju et Aacast x servir avantageusement pourda a nous ne parlerons pas des autres co

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