BORAX
Le Borax est un sel qui nous vient de l'Asie , el dont l'origine et même la fabrication ne nous sont pas bien connues; ilparait néanmoins que ce sel est formé ou du moins ébauché par la nature, et que les anciens Arabes qui lui ont donné son nom, savaient le facturer , et en faisaient un grand usage ; mais ils ne nous ont rien transmis de ce qu'ils pouvaient savoir Sur Sa formation dans le sein de la terre, et sur la manière de
l'extraire et de le préparer; les voyageurs modernes nous apprennent seulement que ce sel se trouve dans quelques provinces de la Perse (1) , de la fartarie mére (2) et dans quelques contrées des Indes orientales (3). La meilleure relation est celle qui a été publiée par l'un de nos plus laborieux et savants naturalistes, M. Valmont de Bo-
mare (4), par laquelle il paraît que ce sel se UE LU 28 3 1 Le dE 2e +
(1) Le borax est un sel minéral qui naît anx Indes orientales , en Perse , en Transylvanie ; apres qu’il a été tiré de la terre, on le rafline peu à peu comme les autres sels , et il se condense en beaux morceaux blancs, nets, durs, transparents, secs ; il se garde facilement sans s’humecter ; il a d'abord un goût un peu amer, après quoi il devient douceâtre : on s’en
pour souder quelques métaux , et principalement l'or , ce qui l’a fait appeler chrysocolla ; il est aussi quelquefois dans la médecine , comme un remède ineisif et apéritif. (Collection académique , partie française , tom. 2 , pag. 28.)
(2) Le borax, dont les orfèvres se servent pour purifier l'or et l'argent , se trouve dans la montague de la province de Purbet , sous le Razia Biberom, vers la grande Tartarie.….. Le borax vient de la rivière de Jankenckav , laquelle, en sortant de la montagne, entre dans la rivière de Maseroov , laquelle traverse toute la province , et produit cette drogue qui croît au fond de l’eau comme le corail ; les Guzarates l'appellent Jankenckhav , et le gardent dans des bourses de peau de mouton qu'ils remplissent d'huile pour le mieux conserver. (Voyages de Mandeslo, suite d'Olearius , Paris , 1656, tom. 2, pag. 250.)
(3) 11 n'ya point d'autres précautions à prendre dans l'achat du borax qui se fait dans la province de Guzarate, que de voir s’il est bien blanc et bien trans- Parent ; de même que le salpétre. (Suite des Voyages de Tavernier; Rouen, 1713 , tom. 5 , pag. 184.)
(4)-Onunous a écrit, en 1754, d'Ispahan, dit
que même il se présente quelquefois en:
ses jointes à du souffre ou Fe be volcaniques. Ç
: id | trouve bras des terres grasses et } d. Pe. vJ e L pierres en , arrosée é ve ñ + s ou peu {oc * mées du dépôt des eaux qui Po |
montagnes à mines métalliques , ce qui
M. de Bomare, que le b QU orax b ’ envoie en Europe, se relirait pe dr: Le d'une pierre tendre , grisâtre Le sa long pri seulement en Perse et dans l'em Eu à re wo M po et à Visapour , pre Pr grand Noa ° Ces montagnes , d'où il découle . per
seuse , laiteuse , un mo!
SRE dre» ie cn
afin qu'elles subissent u 5 on les expose à l'air , x ne sorte d' " %
quelquefois verdâtres RU s eur su:
là ce qu'on appelle res et brunäâ
matri à brut, et pierre de ce de borax » Lo
fade : on a soin de LE re » ct la saveur d'u queur , mais encore ] T non-seulement qui la contient : 5 {
les soient tout-à-fait toutes les dissolutions ch usu ot à A as argées de borax; on es: f cristallisation , en à lé
dans des fosses Fo pi la liqueur à demi
châtre , et recouvertes d’
liser ; et au bout une couche de reg RE verdâtres et visqueux , or flottent dans une partie de la li oi totsioment cristallisé ; on les e made prb ms M Pot + et gras de la ; Rs On dissout de citraé R ms suffisante d'eau ; puis l'on donne pee es 0 dissolution » Pour que les Ftidalne ue ë ee s'en séparent et se Précipilent ma nie ; on l'évapore et on la met À ss une autre fosse que la première mais L duite d'argile grasse : après Ysvpiire Ph mois on trouve des cristaux plus purs , plu RE les précédents ; ils sont démits bles sa grisâtres , un peu transparents , ce me ke couverts d'une substance grasse ter à we pouille facilement en Hollande. C'est en Be :
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ble indiquer que ce sel est en dissolution dans ces eaux, et que la terre grasse ou la Pierre tendre ont été pénétrées de cette eau saline et minérale. On appelle tinkal ou borax brut , la matière qu'on extrait de ces terres et pierres par la lessive et l'évaporation, et c'est sous cette forme et sous ce nom qu’on l'apporte en Europe où l’on achève de le purifier. |
Dans leur état de pureté, les cristaux du
borax ressemblent à ceux de l'alun si: 2e contiennent cependant moins d'eau , ét en exigent une plus grande quantité pour se dissoudre, et même ils ne se dissolyent bien que dans l’eau chaude. Au feu , ce sel se gonfle moins que l'alun, mais il s'y liquéfie et s’y calcine de même ; enfin il se convertit en une sorte de verre salin, qu'on préfère au borax même dans plusieurs usages, parce qu'étant dépouillé de toute humidité il n’est point sujet à se boursoufler; ce verre de borax n'est ni dur ni dense, et il participe moins des qualités du verre que de celles du sel ; il se décompose à l'air , y devient farineux ; il se dissout dans l’eau, et donne , par l’évaporation , des cristaux , tout semblables à ceux du borax; ainsi ce sel, en se vitrifiant , loin de se dénaturer ne fait que s’épurer davantage et acquérir des propriétés plus actives > Car ce verre de borax est le plus puissant de tous les fondants, et lorsqu'on le mêle avec des terres de quelque qualité qu’elles soient, il les convertit toutes en verres solides et plus ou moins transparents , suivant la nature de ces terres.
Tout ceci paraît déjà nous indiquer que le borax contient une grande quantité d’alkali, et cela se prouve encore par l'effet des acides sur ce sel ; ils s'emparent de son alkali et forment des sels tout semblables à ceux qu'ils produisent en se combinant avec l’alkali minéral ou marin, et uon-seulement on peut enlever au borax son alkali, par les acides vitriolique , nitreux et marin, mais aussi par les acides végétaux (1) : ainsi la présence de l’alkali fixe dans le borax , est parfaitement démontrée; mais ce n’est cependant
apporte en Europe ces cristaux de la seconde purification , auxquels l’on donne improprement le nom de borax brut, ou borax de la première fonte. (Minéralogie de’ M. de Bomare , tom. 1, pag. 344 et 345.)
(1) Voyez sur ce sujet les travaux de MM. Lémery, Gcoffroy et Baron , dans les Mémoires de l'Académie
des sciences-
pas cet alkali seu] qui constitue son essence saline, car aprèsen avoir séparé, par les aci. des, cet alkali, il reste un sel qui n’est luimême ni acide ni alkali > et qu’on ne sait comment définir ; M. Hombert , de l'Académie des sciences, estle premier qui en ait parlé , il l'a nommé sel sédatÿf , et ce nom n'a rapport qu'à quelques propriétés calmantes que cet habile chimiste a cru lui reconnati tre, mais on ignore encore quel est le Principe salin de ce sel singulier ; et comme sures choses incértaines il est permis de faire des conjectures , et que j'ai ci-devant réduit tous les sels simples à trois sortes; savoir : les acides , les alkalis et les arsénicaux, il me semble qu'on peut soupçonner avec fondement que le sel sédatif a l'arsénic pour principe salin.
D'abord il pärait certain que ce sel existe tout formé dans le borax , et qu'il y est uni avec l'alkali , dont les acides ne font que le dégager, puisqu’en le combinant de nouveau avec l'alkali on en refait du borax. 2% Le sel sédatif n’est point un acide , et cependant i] semble suppléer l'acide dans le borax, puisqu'il y est uni avec l’alkali ; or, il n’y a dans la nature que l’arsénic qui puisse faire fonction d'acide avec les substances alkalines.
30 On obtient le sel sédatif du borax par sublimation , il s'élève-et s'attache au haut des vaisseaux clos en filets déliés ou en lames minces , légères et brillantes , et c’est sous cetie forme qu'on conserve ce sel. On peut aussi le retirer du borax par la simple cristallisation; il paraît être aussi pur que celui qu'on obtient par la sublimation , car il est également brillant et aussi beau ; il est seulement plus pesant, quoique toujours trèsléger; et l’on ne peut s'empêcher d'admirer la légèreté de ce sel obtenu par sublimation : un gros , dit M. Macquer , suflit pour emplir un assez grand bocal. 4° C’est toujours par le moyen des acides qu'on retire le sel sédatif du borax, soit par sublimation ou par cristallisation; et M. Baron, habile chimiste, de l’Académie des sciences , a bien prouvé qu'il ne se forme pas comme on pourrait l'imaginer, par la combinaison ‘actuelle de l'alkali avec les acides dont on se sert pour le retirer du borax ; ainsi ce sel n’est certainement point un acide connu. 5° Les chimistes ont regardé ce sel comme simple, parce qu’il ne leur a pas été possible de le décomposer: il a résisté à toutes les épreuves qu'ils ont pu tenter , et il a conservé son essence sans altération. Go Ce sel est non-
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u nt le plus puissant fondant des sub- capable de saturer l'arsénic et d'envelopper NES ae il produit le même lecuivre, car ce sel sédatif a très-peu de £ effet sur les matières métalliques. saveur , et ses effets > au lieu d’être funestes
Ainsi, quoique le sel sédatif paraisse Comme ceux de l’arsénic et du cuivres ne : simple et qu'il le soit en effet plus que le sont que doux et même salutaires ; mais ne
si il est néanmoins composé de quel- trouve-t-on pas la même différence d'effets #4 bstances salines et métalliques ; si entre le sublimé corrosif et le mercuredouxt Ce unies , que notre art ne peutles Un autre fait qui va encore à l'appui dema
x “ s substances conjecture, c’est 1 : à fie 1
séparer , et je présume que ce J ; que le borax fait ee x2 dre ue)
énic et du cuivre; au- couleur de l'or , et l'on sait que l’ars ,
ARE nr et 2 adhère si forte- pälit ou blanchit de même , LE on ne sait que Pr de peine à l'en séparer : pas, et il faudrait l'essayer , si en jetant. ment æ a une conjecture ; Un soupçon; plusieurs reprises une grande quan ité d ci see uns part le borax ne se trouve borax sur l'or en fusion, il ne le rendrait
mais COMME des eaux chargées cassant comme fait l'arsénic ; s'il produisait qe dar métalliques ; et particulièrement cet effet, on ne pourrait guère douter qu le dans le voisinage des mines de sa" cn borax et le sel sédatif ne continssent de l'ar= Perse ; et que d'autré part le sel sédatif n'est sénic. Au reste , il faudrait faire de préfés ni acide ni alkali, et qu il a pistons pro” rence cet essai sur le sel sédatif qui est
sctés semblables à celles de l’arsénic ; et barrassé d’alkali, et qui a commele born qu'enfin il n'y a de sels simples dans la ner propriété de blanchir l'or, Enfin, onpe ture que l'acide , l'alkali et l'agsénic; JA. comparer au borax le nitre Jixé par. l'arsé* cru que ma conjecture était assez nee nie qui devient par ce mélange un très-puif pour la laisser paraitre ; en la A A er fondant , et qu'on peut employer a : néanmoins à toute critique , et partica ière- de borax pour opérer la vitrifi cation}! car i ment à l'arrêt irrévocable de Ba pRREREP ? x y res me semblent indiquer ques | ji la détruira ou la confirmera: je puis ; en sénic fait partie du borax , mais qu'il adhi étallique de ce s@
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: ait qui paraît bien con- si fortement à Ja cer Le 3, néres-© © chimis- qu'on ne peut Eure ae de j'Académie des sciences ; 4 tiré 120 reste ; il n'est pas certain qu'e +2 un culot de cuivre par des dissolu- puisse ürer le sel sédatif que du mt 4 = | nc des filtrations réitérées , el ce seul puisque M. Hoëffer assure que les ol fait suffit pour démontrer que le cuivre est Re 2 » dans le territoire de Sienf une des substances dont le borax est per be ss rs en fournissent une quantité asse posé ;mais il sera peut-être plus dificile dy considérable, et cependant il ne dit pas 4 reconnaitre l'arsénic 2e” ces mêmes eaux fournissent du borax (le
Le sel sédatif est encore plus fusible , plus On apporte de Turquie, de Perses du vitrifiable et plus vitrifiant que le borax , et continent des Indes et même de li es ant à est privé de son alkali qui, Ceylan, du tinkal où borax BF ee
comme l'on sait, est aire 7 en Er ca 5 Es est mou et rougeûtre , et le plus nécessaire à la vitrification ; dés-lors est ferme et gris ou verdâtre ; on leur ce sel sédatif contient donc une As qu, ces couleurs et l'onctuosité dont ils s0) être alkaline a néanmoins la même pro- core \mprégnés en les purifiant.. / ee = itrifiante : O7» je demande quelle les Vénitiens étaient, et actuellement | pe a cette matière si ce n'est de l'ar- Hollandais sont les seuls qui aient 1e aie "qui seul-a €es propriétés, et qui de ce petit art, et les seuls aussi qui fasse: 2 même peut fondre et vitrilier plusieurs sub- le commerce de ce sel; cependant eee sd s que les alkalis ne peuvent vitrifier ? que les Anglais en tirent de plusieui stances q dissout dans l'esprit-de-vin sil droits des Indes , et qu'ils en achèt À
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se si Ed d 0 flamme une belle couleur verte, Hollandais à Ceylan. : à SRE o
RP R a + il est im- Le borax bien purifié doit être fort} prégné de quelques éléments eur 2 ettrès-léger ; on le falsifie souvent eme et particulièrement de ceux du cuivre 4 : ec + vrai qu'en supposant ce sel composé ŒAFSé (1) Voyez le Mémoire de M. Hoëffer, nic-et de cuivre, il faut encore admellre pharmacie du grand-due de Toscane, dans sa composition, UDE terre vitrescible , Florence en 1778.
ce qui semble pro
lant d’alun ; il porte ‘alors une saveur stiptique sur la larigue , et volume pour volume »
il est bien moinsléger que le borax pur, qui n’a d'ailleurs presque point de saveur, et dont les cristaux sont plus transparents que ceux de l'alun : on distingue donc à ces deux caractères sensibles , le borax pur du borax mélangé. 2 | La plus grande et la plus utile propriété du borax , est de faciliter plus qu'aucun autre sel, la fusion des métaux; il en rassemble aussi les parties métalliques , et les débarrasse des substances hétérogènes qui s’y trouvent mêélées , en les réduisant en scories qui nagent au-dessus du métal fondu; il le défend aussi de l'action de l’air et du feu , parce qu'il forme lui-même un verre qui sert de bain au métal avec lequel il ne se confond ni ne se mêle ; et comme il en accélère et facilite la fusion , il diminue par conséquent la consommalion des combustibles et le temps nécessaire à Ja fonte; car il ne faut qu'un feu modéré pour qu'il exerce son action fondante ; on s'en sert donc avec tout avantage pour souder les métaux dont on peut , par son moyen, réunir les pièces les plus délicates sans les déformer; il a éminemment cette utile propriété de réunir et souder ensemble tous les métaux durs et difliciles à fondre.
Quoique à mon avis le borax contienne de l'arsénic, il est néanmoins autant ami des métaux, que l’arsénic se montre leur ennemi:
le borax les rend liants et fusibles, et ne leur communique aucune des qualités de l’arsénic, qui lorsqu'il est seul et nu, les agrit et les corrode : et d'ailleurs l’action du borax est subordonnée à l’art ,au lieu que l'arsénic agit ar sa propre activité , et se trouve répandu et produit par la nature dans presque tout le règne minéral ; et à cet égard l'arsénic, comme sel, devrait trouver ici sa place.
Nous avons ditque des trois grandes combinaisons salines de l'acide primitif ou aérien , la première s’est faite avec la terre vitreuse , et nous est représentée par l'acide vitriolique ; la seconde sest opérée avec la terre calcaire , et a produit l'acide marin ; et la troisième avec la substance métallique , a formé l'arsénic. L'excès de causticité qui le caractérise , et ses autres propriétés, semblent en effet tenir à la masse et à la densité de la base que nous lui assignons ; maïs l'arsénic estun Protée qui, non-seulement se montre sous la forme de sel, mais se produit aussi sous celle d’un régule métallique, et c’est à cause de cette propriété, qu'on lui a donné le nom et le rang de demi-métal ; ainsi nous remetlons à en traiter à la suite des démimétaux , dont il parait être le dernier , quoique par des traits presque aussi fortement marqués , il s'unisse ets’assimile aux sels.
Nous terminerons done ici cette histoire naturelle des sels, peut-être déjà trop longue ; mais J'ai dû parler de toutes les matières salines que produit la nature, et je n'ai pu le faire sans entrer dans quelque diseussion sur les principes salins, et sans exposer avec un peu de détail les différents effets des acides.et des alkalis amenés par notre art à leur plus grand degré de pureté ; j'ai taché d'exposerleurs propriétés essentielles , et je crois qu'on en aura des idées nettes si l'on veut me lire sans préjugés ; j'aurais encore plus excédé les bornes que je me suis prescrites , si je me fusse livré à comparer avecles sels produits par la nature , tous ceux que la Chimie a su former par ses combinaisons ; les sels sont après le feu les plus grands instruments de ce bel art, qui commence à devenir une science par sa réunion avec la physique. ‘