SCÈNE VII
OUANVILLE, BFXROSE.
GftAIlV'TLLI.
Il pleure scs enfants de Mycène ou de Rome ,
El Tcul un mal de diable à ce pauvre jeune homme. Voyez le bon apdirc ! Ah ! ton monsieur BUnval Fait Unt qu’il m’inlércsse ou sort de mon rival.
Tu connais son ouvrage ;eli bicudonc,quc tVii semble? BELBOSr
C’est une comédie en cinq acics.
GEA!«mLB.
Je tremble.
BBLB09I.
L’intrigue est assez forte cl la pièce a du fonds ;
Mais c’est bien gai...
GRAHVllLE.
Tant mieux !
BKLIOSE.
Tant pis !
r.R.\NVIlLE.
Tu me confonds.
BELR09E.
Mon cber.au goûldu jour nousdcvonsnoussouincUre, El le siècle en riant croirait se compromettre.
GRANVIUR.
Eh bien! moi, sans courir après un trait malin.
Je te le dis tout net : j’ai vu l.ondrc cl Berlin ;
Je trouve à nos auteurs un air de Germanie ;
On se perd dans les cieux , chacun vise au génie ; Pour CCS penseurs profonds le rire est trop Imurgcois, Et leur comique est gai comme l'Esprit des Lois.
BKI.BOSE.
Tu vas citer Regnard et ton ami Molière;
De nos jours la morale est beaucoup plus sévère.
GBARVllLE.
Nos aïeux au théâtre oubliant leurs travaux.
Pour aimer plus à rire ctaienMls moins moraux ?
Je sais, cl j'en suis fier , que le siècle où nous sommes Peut cilcrquclqucs nomsaprès mes deux grands buin- Mais notre goût exquis, mortel aux grands talents, [mes; N’ouvre qu’un cercle étroit â leurs pas chancelants. La morale ! eh ! morbleu ! la morale en alarmes Doit-elle à tout propos crier, prendre les armes?
Les mœurs sur le théâtre ont pour nous mille appas ; Mais courez nos salons , et vous n’en trouvez pas. Quand nous applaudissons la plus fade équivoque. D’un trait joyeux et frauc notre bon ton se choque,
El oc pardonne pas un écart de gaiié Au feu d'un esprit vif par sa verve emporté;
Des sols de tous les rangs la ferveur politique Transforme le parterre en arène publique ;
Attaquez nus penseurs, vos vers sont trop méchant.^; Bernez-vous un marquis , la noblesse est aux champs . L’auteur intimidé perd son indépendance.
Le naturel s'enfuit, l’art tombe en décadence ;
L’ennui règne , et j’enrage , à ne rien déguiser ,
De voir que les Français ont peur de s’amuser.
t!EI.EUSI.
Oh! quand ta politique en discutant l’inspire,
Un Itonimc en dit toujours plus qu'il n'en voulait dire.
CEAXVILLS.
Le pauvre esprit ! jamais lu ne prendras l’essor ;
Mais tu peux m’èire utile, cl je l’estime encor.
Dans le tripot comique il faut que je me lanc<‘ : Floridorc est ici, voyons son excellence,
Tu vas me présenter.
BCLBÜSE.
Oui.
UBAXVILLi:
Cüinmo un débulaiii.
BELROSE.
Uéfléchissons un peu sur ce jwiiU iniporum.
Ce litre éveillera plus d’une jalousie ;
Va , crois-moi , sois auteur.
GRAnVILIE.
J’aime mieu\...
RRLEOSE.
Fantaisie !
LES COMÉD'IENS. — ACTE I.
Toi ilcbuLmt, chacun te Miit d'un œit d'effroi; iXulour, aucun de nous ne prendra garde h toi. Prrn»nl un rouleau <lc p.ip1rr»ur U labié.
Le nianuscrit te manque... Ah I prends...
GRA5V1LLE
Quoi !
: Génie universel! il ma dit ce matin ! Qu'il veut nous réunir dans un pompeux festin ; Il n'ose l'avouer, mais d'avance il s'honore De posséder chczlui le brillant Floridore.
URXXVILLE , à pari.
Que dit-il ?
bELROSE.
Promis , te dis-je.
UR.iXl ILLE.
Mais c'est du papier blanc !
EELBUSE.
vMIons , prends , je l’exige.
Il le faut un ruban. w celui de Figaro; I
Tiens... la rosette... bon. '