‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 15 sur 669 · DU BESOIN I»E S’UMR APRÈS LE DÉPART DES ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

DU BESOIN I»E S’UMR APRÈS LE DÉPART DES ÉTRANGERS

Ft s'ils ont préicndti , par d'inDmes Iraiiés,

Imprimer sur nos fronis une lâche ciernellc,

Si de leur doigt superbe ils marquent tes cites Que veut sc partager une ligue inlidèlCf Si in foi des scnneiils n'csl qu’un garant trompeur, St, le glaive à ta main, l'iniquité l'emporte,

Si la France n’est plus, si la patrie est morte. Mourons tous avec elle, ou rendons-lui l'Imnneur.

Qu’cnlcnds-jc? et d’où vient cette ivresse Qui scmplc croître dans son cours?

Quels clianls, quels transports d’allégresse! Quel bruyant cl nombreux concours!

De nos soldats la foule au loin se presse;

D'une nouvelle ardeur leurs yeux sont embrasés; Plusd’Anglais parmi nous! plusde joug! plusd’cntravos! Levez plus lièrcmcnt vos fronis cicatrices...

Oui, l'étranger s'éloigne; oui, vos fers sont brisés; Soldats, vous n'étes plus esclaves!

Heprends (on orgueil ,

Ma noble patrie ;

Quitte colin ton deuil ,

Liberté chérie;

Liberté, patrie,

Sortez du cercueil!

D'un vainqueur insolent méprisons les injures;

Riches des étendards conquis sur nos rivaux.

Nous pouvons à leurs yeux dérober nos blessures En les cachant sous leurs drapeaux.

Voulons-nous enchaîner leurs fureurs impuissantes? Soyons unis. Français nous ne les verrons plus Nous dicter d'\ll>ion les décrets absolus,

Arborer sur nos tours ses couleurs menaçantes; Nous ne les verrons plus, le front ceint de lauriers, Troublant de leur aspect les fêtes du génie,

Chez Mclpoménc cl Polymnie

('surper une place où siégaient nos guerriers;

Noos ne les verrons plus nous accorder par grâce Une part des trésors flouants sur nos sillons;

Soyons unis : jamais leurs halaîllons [>c nos champs envahis ne couvriront la face;

La France dans son sein ne les peut endurer,

F.i ne les recevrait que pour les dévorer.

Ah ! ne l'oublions pas; naguère dans ces plaines Où le sort nous abandonna ,

Nous n'avions pas porté des Ames moins romaines Qu'aux champs de Rivoli, de FIcurus, d’iéna;

.Mais nos divisions nous y forgeaient des chaînes. Effrayante leçon qui doit unir nos cœurs Par des liens indestructibles Le courage fait des vainqueurs La concorde, des invincibles.

Henri , divin Henri , toi qui fus grand et bon ,

Qui cliassa l’Espagnol et finis nos misères ,

Les partis sont d'accord en prononçant ton nom; Henri de tes enfants fais un peuple de frères.

Ton image déjà semble nous protéger ,

Tu renais ; avec loi renaît l’indépendance :

O roi le plus français dont s'honore la France,

Il est dans ton destin de voir fuir l'étranger !

Et toi, son digne fils, après vingt ans d'orage,

Règne sur des sujets par toi-méme ennoblis.

Leurs droits sont consacrés dans ton plus bel ouvrage. Oui, ce grand monument , affermi d’àge en âge,

Doit couvrir de son ombre et le peuple et les lis.

Il est des opprimes l'asile impérissable ,

La terreur du tyran, du ministre coupable,

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