‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 237 sur 669 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les rKÉcÉHENTS, VALENTIN.

OAXVILLB.

Qii’esi-ce donc, Valentin ? quel air sombre !

VALEXTn,

Mon mailrc,

^ 8oiinar«l. j

J'.'iuraisâyotisparlcr... Monsieur, j'.ai l'Iionncurd'éire... |

DAHVILLB.

C'est ce brave marin, mon ancien serviteur ;

Tu sens bien qu'à son :\gc il sert... en amateur : J'exige peu de lui, sa franchise m'amuse...

Que veux-tu?

BONNARD

Ta bonté n'a pas l>esoin d’excuse ;

Ma goiivcrnanlc à moi me parle sans façon.

Tous deux ont fait leur temp.s : un honnête garçon. Apres un long service attesté par scs rides,

A, comme un vieux soldat, des droits aux invalides.

Qui t'amène? voyons !

VALENTIN

Je vous l'avais bien dit

Qu'un jour...

DANVILLB.

De ce refrain le bourreau m'étourdit.

VALENTIN

Avant votre arrivée il s’est passé des choses...

BONNARD

Adieu, Danvilic.

Eh! non.

BONNARD

Prends garde, tu i*c.xposes.

Que peiil-il raconter? Vu donc, explique-toi : Aclïève.

VALENTIN

Eh bien ! madame est trop jeune pour moi.

DANVILLB.

Oui dâ!

VALENTIN

Contre mon gré, monsieur, ne vous déplaisir, Par votre ordre, en courrier, j'ai précédé sa chaise : On n'apprend pas sur mer à monter à cl>cval.

Sur une rosse étique, assis tant bien que mal.

Pour me rompre les os j'étais à bonne école.

Madame à cha([uc bond riait comme une folle.

DANVILLB.

En le voyant par leiTC, elle t'eôt plaint lieaucoup;

J en suissrtr.

VALENTIN

Beau profil, si j'étais mort du coup ! Muis une fois ici, j'eus bien d'autres affaires :

Vieilli dans la marine à bord de vos corsaires , Sous ces galons d’argent qu’on me fit endos!>er.

Au iKin ton des laquais on voulut me drcs.ser. L'exercice est moins dur: Tiens-toi; lève la tète; Eais ceci , fais cela ; maladroit ! qu'il est Im’i»' !

L’ÉCOLE DES VIEILLARDS. — ACTE I

Que sais-je T... j’en maigris : c'esl un niclier d’enfer , El j’aurais mieux aimé dix campagnes sur mer.

BOXXXRD.

Ce pauvre Valentin!

VAiETrn. *

Et pour votre carrosse »

On m'a fait un affront.

Coranicnl! depuis la noce Nous n'alloDS plus à pied !

, Vous donnez ù dîner. Monsieur, tous les lundis;

I La veille , grands apprêts ; adieu notre dimanche ! I Le jour que je préfère est celui qu'on rciranclM*.

1 Paresseux!...

VALKNTIS, A BODtianl.

Je le suis, mais tais>toi.

Tu vaux ton i>e$anld'or,

Je lai bien dit...

Pas du tout :

Madame a pris voiture , et trouvait de son goût ,

Pour me faire en marin tcmiiner ma carrière,

De me loger debout sur le gaillard d'arrière.

DAXVILLB.

Le grand mal !

VAUXTIX,

Ne pouvant vaincre ma juste horreur.

Ne m'a-l>cllc pas fait...

I Que, si le mariage entre par une porte,

I Par l’autre , avant ma mort, il faudra que je sorte.

I Hé bien! va-l'cn!

BOXVARD,A Daoville.

Tout doux!

Son coureur !

BANVILLE. I Oui, je veux m'en aller.

Eh ! quoi donc? ! bonnaed, a viicuuq.

VALENTIN. ' Non pas; voyons, ensemble il faut capituler :

Son coureur. : Valentin sc taira , mais consens qu'il demeure LONNiED. ppyj. J, g servir que loi.

VALENTIN. D..NVULE.

e ans j’étais des plus ingambes; reste,

quand on n’a plus de jambes! | valentin.

, . . .• A la bonne iieurc.

: le Hâvre tout entier,

, . , . BANVILLE, A Bonnard.

1, tiendrait dans un quartier : i t • • r . . i i ■ i

^ , Je n ai qu a dire un mot et ou a le plaindre un peu

mrs !... Iles que la portes ouvre, - - . • i

. / I j .Ma femme en sa faveur comme toi prendra feu.

A quinze ans j’étais des plus ingambes; Mais devenir coureur quand on n'a plus de jambes! Ce Paris ! on s'y perd : le Hàvrc tout entier.

En se pressant un peu, tiendrait dans un quartier :

Et je cours! mais je cours !... Dès que la porte s'ouvre, Vile au palais-Hoyal, du Marais vite au Louvre,

Ou premier sous les toits !... Et pas plus lard qu'bicr J'ai porté des secours...

Hc quoi! tu n'cs pas ûcr Oe consacrer tes pas à de pareils messages ?

VALENTIN

Je ne suis jamais fiur de monter cinq étages.

Puisà peine au logis, j'ai la serviette en main; Oesdlncrs!... on en a pour jusqu'au lendemain :

Ils doivent coûter cher !

BONNAED.

Ail ! diable ! tu (e piques

De donner, quoique aliseiil, des festins magnifiques ?

I Je conviens qu'elle est bonne.

I BANVILLE

I Excellente ! accomplie !

; Elle vient, lu vas voir... La trouves-tu jolie,

Hein ! Bonnard?

I BONNAED.

Bien, très-bien!

Il a perdu le sens.

Je sais ce que je dis :

SCE.NE III

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