PARTHÉNOPE ET L'ÉTRANGÈRE
O femme, que veui-lu? • Parthénopc, un asile.
-Quel csUoncrime?-Aucun.-Qu'asiufaii?-Dcsingrals. -Quels sont Icscnncmis? -Ceux qu'aiïranchitmon bras; Hier on m'adorait, aujourd'hui l'on m'exile.
■ Comment dois-tu payer mon hospitalité?
- Par d’os périls d'un jour et des lois éternelles.
- Qui t'osera poursuivre au sein de ma cité?
- Desrois.-Quand viendronl-ilsî-Dcmain.-De quel coté?
- De tous... Eh bien ! pour moi tes portes s’ouvrent-ellcs? • Entre, quel est ton nom? - Je suis la Liberté.
Uecevez-la, remparts antiques.
Par elle autrefois habités;
Au rang de vos divinités Rccevez-la, sacrés portiques;
Levez-vous, ombres héroïques Faites cortège à ses côtés.
Beau ciel napolitain, rayonne d'allégresse;
O terre , enfante des soldats ;
Et vous peuples, chantez ; peuples, c'csi la déesse Pour qui mourut Léonidas.
Sa létc a dédaigné les ornements futiles : [vrir;
Les siens sont quelques fleurs qui semblent s'cnlr’oii- Lc sang les fît éclore au pied des Thcrmopylcs :
Deux mille ans n'ont pu les flétrir.
Sa couronne immortelle exhale sur sa trace Je ne sais quel parfum dont s'enivre l’audace,
Sa voix terrible et douce a des accents vainqueurs,
Qui ne trouvent point de rebelle;
Scs yeux d'un saint amour font palpiter les cœurs,
Et la vertu seule est plus belle.
Le peuple SC demande , autour d’cllc arrêté , '
t .mniucnt elle a des rois encouru la colère.
< Hélas! répond celte noble élrangère, |
* Je leur ai dit la vérité.
> Si jamais sous mon nom l'imprudence ou la haine I Ebranla leur pouvoir, que je veux contenir,
I Esi-cc à moi d'en porter la peine ?
» Est -ce aux Germains à m'en punir?
» Ont-ils donc oublié, ces vaincus de la veille ,
» Ges esclaves d'hier, aujourd'hui vos tyrans,
I Que leurs cris de détresse ont frappé mon oreille ,
> Qu’atiprès d'Arminius j’ai marché dans leurs rangs,
> Seule, j'ai rallié leurs peuplades ircroblanies,
» Et , de la Germante armant les défenseurs ,
• J'ai creusé de mes mains, dans scs neiges sanglantes,
» Un lit de mort aux oppresseurs.
t Vengez-moi, justes dieux, qui voyez mes outrages.
• Puisse le souvenir de mes bienfaits passés
* Poursuivre ces ingrats, par l'elTroi dispersés!
» Puissent les fils d'Odin errants sur les nuages,
» Le front chargé d'orages,
» La nuit leur apparaître à la lueur des feux ,
* Et puissent les débris des légions romaines ,
» Donlj'ui blanchi leurs plaines,
> Se lover devant eux !
Que dis-je? Rome entière esl-clle ensevelie
> Dans la poudre de leurs sillons?
I Mon pied , frappant le sein de l’antique Italie,
) En fait jaillir des bataillons.
> Rome , ne sens-tu pas, au fond de tes entrailles ,
> S'agiter les froids ossements
» Des guerriers citoyens, que tant de funérailles
> Ont couchés sons tes monuments?
» Génois, brisez vos fers ; la mer irapaiienle I De vous voir secouer un indigne repos ,
> Se gonfle avec oigucil sous la forêt floiiamc,
> Où vous arliorez mes dra|K!;aux.
l'ARTIlÉNOPE ET L'ÉTRANGÈRE.
> Veuve desMcdicis, renais, noble Florence!
> Préfère A ton repos les droits que je défends;
I Préfère à l’esclavage, où dorment tes enfants,
» Ton orageuse indépendance.
> O fille de Neptune, A Venise, ô cité
> Belle comme Vénus, et qui sortis comme elle I De l'écume des Ilots, surpris de ta l>eauté,
> Épouvante Albion d'une splendeur nouvelle.
> Doge, règne en mon nom ; sénat, reconnais-moi ;
> Réveille-toi, Zéno ; Pisaiii , lève-toi :
> C’est la Liberté qui t'appelle. >
Elle dit : à sa voix s'agite un peuple entier;
Dans la fournaise ardente Je v ois blanchir l’acier ;
J'entends le fer crier Sons la lime mordante ;
L'enclume au loin gémit, l'airain sonne, un guerrier Prépare A ce signal sa lance menaçante.
Un autre son coursier.
Le père charge d'ans, mais jeune encore d'audace. Arme son dernier fils, le devance et prend place Au milieu des soldats.
Arrêté par sa soeur qui rit de sa colère ,
L'enfant dit A sa mère ;
Je veux mourir dans les combats.
Que n'anraient-ils pas fait, ceux en qui la vaillance Avait la force pour appui ?
Quel homme dans la fuite eût mis son espérance.
Et quel homme aurait craint pour lui Cette mort que cbcrcliaicnt la vieillesse et l'cnfancc?
Ils s’écrièrent tous d’une commune voix :
I Assis sous ton laurier que nous courons défendre , I Virgile, prends ta lyre et chante nos exploits ;
> Jamais un oppresseur ne foulera la cendre. >
Ils partirent alors ces peuples belliqueux.
Et trente jours plus tard, oppresseur et tranquille. Le Germain triomphant s’enivrait avec eux Au pied du laurier de Virgile.
La Liberté fuyait en détournant les yeux ,
Quand Parihénope la rappelle.
La déesse un moment s'arrête au haut des deux;
iTu m’as trahie; adieu, dit-elle.
Je pars. -Quoi! pour toujours?-On m'attend.- Dans quel -En Grèce.-On y suivra les traces fugitives. [lieu? -J’aurai des défcnscurs.-LA , comme sur mes rives , On peut céder au nombre.-Oui , mais on meurt ; adieu! ■
TROISIEME MESSENIENNE