‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 379 sur 669 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ÉLÉNA, l-’ALIERO.

FaLIIBO.

La victoire me reste!

A quoi lient votre vie!

r.VLlBRO.

Qu'importe? elle est sauvée.

Un mol vous l'eiU ravie.

FALIERO

Du cachotdc Bertram ce mot ne peut sortir :

Renais à l'espérance.

Et comment la sentir ?

Mon cœur s'est épuisé dans celte angoisse affreuse ; IMaîgncz-tnoi ; je n'ai pas la force d'élre heureuse.

PALIEBO.

Tne heure encor d'attente!

tL&nA

Un siècle de douleurs.

Quand je crains pour vos jours!

PALICBO.

Qu'ils tremblent pour les leurs!

Adieu.

, ÉLiTIA.

Vous persistez ?

rALISRO.

Mourir, ou qu'ils succombent!

£lé5a. [hem!

Vous mourrez!... C'est sur vous que vos projets rctoiii- Ma terreur me le dit. C'est Dieu , mon cœur le sent, Cesl Dieu qui m'a parlé, la mort, la voix du sang. C'est Fernando, c'est lui dont le sort vous menace, Qui du doigtau cercueil m’a montre votre place. Voulez-vous me laisser seule entre deux tombeaux? Grâce ! j'ai tant picoré! ne comblez pas mes maux. Cédez; vous n'irez pas! non : grâce, il faut me croire. Grâce |M)uriuoi, pourvoiis,poursoixantcans de gloire!

FALIERO

Mais ma gloire , c'est toi : ton époux, ton soutien IVnira-t-il son lioniieur en mourant pour te tien?

Je ne venge que lui.

£LBXA

Que lui

FVLIEhO.

I*our le défendre

Ma confiance en toi m'a fait tout entreprendre.

Sur ton pieux res[>ect , sur ta jeune raison Si je me reposais avec moins d'abandon;

Pour lui faire un tourment de ma terreur jalouse , Avili par mon choix , si j'aimais une épouse ,

Qui, chaînée à regret du fardeau de mes ans,

Pourrait à leurs dédains livrer mes cheveux blancs ; Non , non, je n'irais pas , combattu par mes doutes , .\ffronter les périls que pour moi tu redoutes.

BlBsa.

Grand Dieu!

FALIBBO.

Je n'irais pas, follement irrité ,

Pour venger de son nom l’opprobre mérité ,

Pour elle , pour sa cause et ses jours méprisables , Ternir un siècle entier de jours irréprochables.

Non , courbé sous sa honte et cachant ma douleur.

Je n'aurais accusé que moi de mon malheur.

tLtKA.

Qu avez-vous dit?

FALIEBO.

Mais loi, toi qu'ils ont soupçonnée.

Digne appui du vieillard â qui tu t'es donnée ,

Modèle de vertu dans ce triste lien ,

Ange consolateur, mon orgueil, mon seul bien...

tLÉXA.

O tourment!

FALIEBU.

Tu verrais de ta vie exemplaire L’outrage impunément devenir le salaire!

Ab! je cours...

tLEXA.

Arrêtez!

FALIERO

Ne le souviens-tu pas

De l'heure où ton vieux père expira dans nos bras?

A son dernier soupir il reçut la promesse De m'aimer, d'embellir, d’bonorcr ma vieillesse :

Tu l'as fait.

ÉL£l«A.

C'en est trop !

FALIERO

Je promis â mon tour De veiller sur ton sort jusqu'à mon dernier jour,

Ton père me rordonne.

ÉLEVA

Êcarioz celle image.

FAI.ItKU.

C'est lui...

ELEVA

Je parlerais!

MARINO FALIKRO. — ACTR IV.

FAUBRO.

CVsi lui qui m'oncouragc A remplir mon devoir, à tenir mon serment,

A défendre sa fille.

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