‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 381 sur 669 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

FALIEUO, ÉLÉN.A, VEIÏEZZ.A, Seigneurs de la

Nl'IT, f»ARDF.S.

FALIERO

Qu’cnlcnds-je? où suis-je? que dit-elle?

Qui , vous?

BlSna.

Fille parjure, épouse criminelle.

Mon père au lit de mort, vos bienfaits cl ma foi , Tout, oui, j’ai tout trahi.

VERIZZA.

Demeure :

Envoyé par les Dix , je t'arrête en leur noiii, Doge, comme accusé de haute trahison.

ÊLÉVA.

Plus d’espoir î

FALIXRO.

Point de pitié pour toi!

Mais il est un secret qu’il faut que tu déclares :

Ton complice?

BLEXA.

Il n’est plus.

FALIERO

Eléna, tu t’égares.

Comprends-tu bien les mots qui te sont écitappés? Sais-tu que, s'il est vrai, lu vas mourir?

etÉNA.

Frappez!

FALIERO, levant «on poignirtl.

Reçois ton châtiment!... Mais non! qu’aliais-je faire? Tu tremblais pour ma vie, et la frayeur m’éclaire. Non, non; en t’accusant lu voulais me sauver.

Le poignard tombe de se» mains.

A ce sublime aveu qui pouvait s’élever De celle trahison ne fut jamais capalilc.

Dis que lu m’abusais, que tu n’es pas coupable , Parle, et dans mon dessein je ne persiste pas.

J’y renonce, Fléiia , parle... ou viens dans mes bras. Viens , et c’en est assez!

FALIERO

M'arrêter, moi, ion prince!

VEREZZA.

Toi-même :

Voici l’ordre émané de leur Conseil suprême.

Obéis.

çuatre heure» •onnrnt.

FALIF.RO.

Je eommamle, et votre heure a sonné.

Juge des factieux qui m'auraieiil condamné. J’attends que le liefli'oi les livre h ma justice. Écoule : il va duiincr le signal du supplice.

Je hr.ivc ton sénat, tes inailres, leurs huiirrcaux , El l’ordre qu’ù les pieds ma main jette en lambeaux.

VEREZZ^.

Ton espérance est vainc.

elêxa.

.Aucun l)ruit!

FALIERO

Quel silence!

VEREZZA.

Tu n’as pas su des Dix tromper la vigilance ;

Les cachots ont parle : ne nous résiste pas.

elena.

* IlélasI j’en suis indigne.

J’ai mérite la mort : frappez, je m’y résigne.

Ab ! frappez!

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