‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 414 sur 669 · I.OLIS XI. — ACTE II · texte numérisé non relu

I.OLIS XI. — ACTE II

CVst Int, mais sansparcnlâ, sans patrie et sans nom; ('/est lui, mais orphelin parle meurtre!

coivinB.

De grâce ,

Écoutez la raison qui vous parle à voix basse.

Tout lor d’un ennemi ne vous côl pas tente ; J'approuve vos refus; mais, par vous accepté.

Le don d'un vieil ami, d'un sauveur et d'un père, ! Ne peut-il désarmer votre juste colère ?

Marie... j

7rEnotR«.

Ah! ce doux nom fait tressaillir mon cœur. Kllc! mon dernier hicn, ma compagne, ma sœur!

Pour embellir mes jours le ciel l'avait formée.

Mais c'est un rêve ; heureux, que je l'aurais aimée!

COlKIVB. ,

Heureux , vous pouvez l'étre : après tant de combats. D'un effroi mutuel «iffrancliir deux États,

Rapprocher deux rivaux divisés par la haine.

Qu'un intérêt commun l’un vers l'autre r.amènc,

Non, ce n’est point trahir le plus saint des serments; C'est immoler à Dieu vos longs ressentiments; j

C'est remplir un devoir. C^ite union chérie,

Qui vous rend à la fois biens, dignités, patrie.

Avec votre devoir peut sc concilier.

Cédez : le roi pardonne, et va tout oublier. I

KBNOCas. ^

Oublierilui! qu’entends-je? Oublier!quoi? son crime, ' Ce supplice inconnu, l’échafaud, la victime? 1

Quoi! trois fils à genoux sous l'instrument mortel, | Vêtus de blanc tous trois comme au pied de i'autcl? ' On noos avait parés pour cette horrible fêle.

Soudain le bruit des pas retentit sur ma tête :

Tous mes membres alors se prirent à trembler; i Je l’entendis passer, s'arrêter, puis parler.

Il murmura tout bas ses oraisons dernières ;

Puis, prononçant mon nom et ceux de mes deux frères: Pauvres enfants! dit-il, .après qu’il cul prié ;

Puis... plus rien. O moment detemelle pitié! [doute, ' Tendant vers lui mes mains, pour rcmbra.sser sans Je crus sentir des pleurs y tomber goutte à goutte; I Lessiens... Non,non :sesyeux, élcinlsdansles douleurs, ■ Scs yeux n’cii versaient plus, cen’éüient pas dcspleurs!..

r.ONXI.VE.

Nemours! ,

NEXOIRS. '

C'était du sang, du sang, celui d'un |)ère. ^ Oublier! il le peut, ce roi dont la colère A pu voir sur mon (Vont jusqu'au dêrnicr moment Le sang dont je suis né s'épuiser lentement :

3Ioi ! jamais. C'est folie, ou Dieu le veut, Comaiine : i

Mais soit folie enfin , soit volonté divine ,

Je touche de mes mains, je vois ce qui n'est pas; Rien nese meutdans l’ombre, et moi, j’entends ses pn«. Je me soulève encor vers sa mourante imago ; l ne rosée affreuse inonde mon visage.

Le jour m’éclaire en vain : sur ce vêtement blanc, Sur mon sein, surmes bras, du sang! partout du .sang! Dieu le veut. Dieu le veut : non, ce n’est pas folie; Dieu ne peut onhlicr, et défend que j’oublie ;

Dieu me dit qu’à venger mon père assa.ssiné Ce baptême de sang m’avait prédestiné.

Ail! mon père! mon père!

COUVISE.

On vient : de la prudence !

Le dauphin vous attend ; fuyez.

.veXurRS, «• rctucltanl par degrO*.

En leur présence

Vous verrez qu’au besoin je suis maître de moi.

UndUqueltemoun »orl par iioc porte Ultl-ralc,

Si je parle , il est mort; si je me lais...

tis OFFICIE, DO COSTEAU, >nnonc..nl.

Le roi !

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