SCÈNE VI
tons, FU.XNÇOK DK PAl'LK.
tous.
Nous voilà sans témoins.
m.lNÇOIS DE PAVLE.
Que voulez-vous de moi?
LOI IA, prosterné.
Je tremble à vos genoux d'espérance et d'eflroi.
rBA'IÇOIS DE PAl LE.
Relevez-vous, mon fils!
Lons,
J'y reste pour attendre
La faveur qui sur moi de vos mains va dcsceiidio,
Et veux , courbant mon front à la terre attaché , Baiser jusqu'à la place où vos pas ont touché.
rRANÇOiS DF. PAl'LR.
Devant sa créature, en me rendant hommage ,
Ne prosternez pas Dieu dans s;i royale image ;
Prince, relevez-vous.
LOl'tS, debout.
J'espère un bien si grand !
('«oumieni m'abaisser trop, saint lioin me, en rimpitiraiii
rilAnÇülS DE PAME.
Que puis-je ?
LOMS.
Tout, mon père; oui , tout vous est possüilc : YousrécliaufTez d'un souille une chair insensible.
FRANÇOIS UE PAME.
Moi!
Loris.
Vous dites auxmoris : Sortez de vos tombeaux Ils en sortent.
FRANÇOIS DE PALI.E
Qui, moi!
Lon.<«.
Vous dites à nos maux :
Guérissez!...
FRANÇOIS DR PAME.
Moi, mon liis!
Loris.
Soudain nos maux guéiisscni.
I Que votre voix l’ordonne, cl les cieux s’éclaircissent ; . Le vent gronde ou s'apaise à son coimnandcmeiu ;
^ La foudre qui tombait remonte au firmament. Ovous, qui dans les airs retenez la rosée ,
Ou versez sa fraîcheur à ta plante épuisée,
Faites d’un corps vieilli reverdir la vigueur.
I Voyez, je suis inouranl, ranimez ma langueur: Tendez vers moi les bras; louchez ces traits livides, Et vos mains, en passant, vont elLiccr mes rides.
FRANÇOIS UE PAME.
Que me demandez-vous, mon fils? vous m'étonnez.
! Suis-je l’égal de Dieu? c’est vous qui m’apprenez I Que je vais par le monde en rendant des oracles ,
El qu'en ouvrant mes mains je sème les miracles.
LOIIS.
.\u moins dix ans, mon père! accordez-moi dix ans, Et je vous comblerai d'Iionnciirs et de présents.
' Tenez, de tous les saints je porte ici les restes ;
Si j’obtiens ces... vingt ans par vos secours célestes, Home qui peut presser les rangs des biciilieiirciix, Près d'eux vous placera, que dis-je? au-dessus d’eux. Je veux sous votre nom fonder des basiliques,
, Je veux de jaspe et d'or surcliarger vos reliques;
Mais vingt ans, c'est trop peu (>ouriantd*or et d'encens, Non : un miracle entier! De mes jours renaissants Que la clarté sitél ne me soit pas ravie ;
Un miracle ! la vie! a!i ! prolongez nia vie !
FRANÇOIS DE PAME.
; Dieu n’a pas mis son (euvre au pouvoir d'un mortel. Vous .seul, quand tout péril, vous seriez éternel !
Hui , Dieu ne le veut pas. Sa faible créature Ne peut changer pour vous l'ordre de la nature.
Ce qui grandit décroît, ce qui naît se détruit. L’homme avec son ouvrage, et l’arhre avec son fruit.
; Tout produit pour le temps : c'est la loi de ce monde,
[ El pour rélcrniié la mort seule est féconde.
LOUIS
Je me lasse à la fin : moine, fais ton devoir;
I Exerce en ma faveur ton merveilleux pouvoir,
Ou j'aurai, s'il le faut, recours à la conlraiiile.
I Je suis roi : sur mon front j’ai reçu riiuilc sainte... Ah! pardon! mais aux rois, mais aux fronts couronnés Ne devez-vous pas plus qu’à ces infortunés.
Ces ailligés obscurs, que, sans votre prière,
Dieu n'eût pas de si haut cherchés dans leur poussière ?
FRANÇOIS UE PACLE.
Les rois et les sujets sont égaux devant lui ;
LOUIS XI. — ACTE IV
Comme i tous scs enfants il vous doit son appui ; r«ASCOis de pauie.
Mais ces secours divins que votre voix réclame. - Confessez, mauvais 01s , n excusez pas vos fautes î l'Iiisju.ste envers TOus-méme,invoquez-les ponrl'ime. tocis.
locis, yivrmcni. J’avais Un frère.
Non, c'est trop à la fuis : demandons pour le corps ; L'âme, j’y songerai.
rEASÇOIS DI PAl'I.1.
Roi , ce sont vos remords , C’est cette plaie ardente et par le crime ouverte Qui traîne lentement votre corps â sa perte, lotis.