SCÈNE PREMIÈRE
LUTG!, awM près de la lablc^ une Bible ouverlc dr~ tant lui, THÉCLA, qui l'écoute en filant.
IVIGÏ.
bible» raanne céleste, adorable parole ,
Livre, qu’on peut nommer le livre qui console, <JEuvre de vérité, dont chaque mot guérit Une douleur de Târae, une erreur de Tesprit ,
Je jure d'accomplir tes préceptes austères Et baise avec ardeur les sacres caractères !
TRÉCLA.
Bien ! Gloire à Dieu, Luigi ! Du moins mon premier-né Suit l’exemple pieux qu’à deux fils j’ai donné. Puissé-je voir Ion frère entrer dans celle voie.
Et comme Simèon je mourrai de ma joie.
DELAVICXe.
Lirtcl.
Ghcr P.aolu !
THtCLA.
Rougis de son aveuglement.
U'IGI.
j’en gémis.
TBtcr.A.
11 s'y plaît, s'attaclie obstinément A Rome, à ce cadavre, à cette diair impure Qu^un soufilc de Luther a mise en pourriture.
LCICf.
frisle erreur !
THtCI.A.
Crime horrible envers le Dieu jaloux î
LCIGI.
r.e Dieu rcpousse-i-il Monialte, votre époux,
Mon père, qui, les yeux fermés à la lumière ,
Mourut dans les liens de votre foi première?
Lui, si tendre, si bon !
THfiClA
Mais catholique !
UNE FAMILLE AU TEMPS DE LUTHER
mci.
Du (Kiiivrc qu'il aim:ul.
Aimé
1/Ecclésiastc a <lii : < Tout n'csi que vanilé. » I Daolo se cnil riche, cl pauvre il csi rcslé.
LLlGt.
TfltCLA,
(Ialhüti(|iie!
irici.
Nous revînmes sans lui.
TUtCLA.
Confiance impnulenie!
Esliuiê,
Déni, pleuré île tous.
Tnt;ri a.
Kl digne qu’on le pleure.
Que je regrelierai jusqu'il ma dernière heure ;
Mais rallioliqite enfin !
UIGI.
lOIi! ne l’éilez-vous pas
Quand un voyage heureux porta vers vous ses pa^ ? (ieniilhoinine romain, dans celte métairie Il oublia pour vous sa brillante patrie.
C'esi un prêtre romain qui vous unit tous deux ;
Une église d’Angsbourg fut témoin de vos nrciids.
TIIÉCLA.
Eglise alors, mon fils; mais nos ardents liomtnages Au ciel, en liolocauste, ont offert ses images.
Ses marbres, scs tableaux, jusqu’à ce Uaphuél Dont les lambeaux brûlants sont tombés sur Pautel.
Ll'lGI.
Hélas!
TBÉr.l.A.
Point de soupir! Laissez à ITtalic D'un culte qui se meurt l'idolûtre folie.
Le courroux des élus fil œuvre de raison Lorsqu'en brûlant un meuble il sauva la maison ,
Kl sans votre séjour dans une autre Gomorre ,
Nous n'auriez pas, mon fils, pour des arts que j'abhori c. Des simulacres vains sans vie cl sans pouvoir.
Ces mollesses de cœur que j'ai honte à vous voir.
LUGl.
il est vrai, j’admirai dans mon adolescence Kl Rome, et son soleil , et sa magnificence :
Par Muntalte avec moi mon frère y fut conduit ;
Quel œil de ses s[dendeurs n'eiU pas été séduit?
THtCI.4.
Ce fut alors qu'au sein de son humble servante Descendit du Seigneur la parulc vivante ;
Mais par vous aux faux dieux Paolo confié Ne suça point ce lait qui l'eût purifié.
LLiGf.
Un prélat lui promit Iionncurs, crédit, richcs.se...
I met.
: Qui l’cxcusc du moins. Son humeur sombre, ardente, ' Ses désirs excités et jamais assouvis,
I S’irritaient, s'cnflammaicnl au fond des saints parvis : Son cœur s'y consumait en extases mystiques. Comme les pâles feux mourant sous leurs portiques, Kt dans les flots d’encens de leurs solennités Vers les deux s’exhalait, ivre de voluptés;
Mais quels ailrails divins lui paraient son idole!
I Pompe auguste, rayons d’une triple auréole.
Gloire morte et vivante, œuvres des arts, beaux jours... Ah ! quand on les a vus on en rêve toujours.
! TBtCLA.
Au moment d’abjurer la loi qu'on y professe.
Vers sa fange, mon fils, quel regret vous rabaisse !
I LCICI.
j Non, de Rome pour moi craignez peu le poison !
Ce qui charme mes sens y blesse ma raison.