‹ Œuvres complètes de Chamfort (volume 2)Chapitre 53 sur 106 · A M. DE M · texte numérisé non relu

A M. DE M

Qui m'avait envoyé uue Tasse de porcelaine avec un quatrain , où il me recommandait de ne pas imiter Diogène.

0« boit commodément aux^sources du Permesse ^Dans ce brillant émail , présent de votre main. ^ De feu Pibrac vous prêchez la sagesse,

Maiaivous tournez beaucoup mieux un quatrain. Votre morale très-humaine Assure à vps conseils plus de succès qu'aux siens. De suivre vos leçons vous donnez les moyens ; Jaraafs sage avant vous n'avait pris cette peine.

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Je ne cours point après la pauvreté.

D'un cynisme orgueilleux c'est l'absurde manie ; Il suffît de la voir avec tranquillité : La souffrir, c'est vertu ; la chercher, c'est folie. Ce fou de Diogène est trop sage pour moi : J'aime sa fermeté, son mépris pour la vie; Mais son manteau percé ne m'irait point , je croi : La besace est de trop, je n'ai point ce beau zèle ; On est pauvre , on est sage , on est heureux sans elle ; Sans la besace enfin je prétends au bonheur. Ah! plaignez-le avec moi d'une plus triste erreur; Il n'avait point d'amis, ce n'est point là mon maître ; J'aurais fui ce beau sage. Un ami, c'est mon bien; Mes vœux l'auraient cherché trop vainement peut-être. Et sa lanterne , hélas ! ne m'eût servi de rien.

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