LES ADIEUX
Le temps m'appelle : il faut finir ces vers.
À ce penser défaillit mon courage.
Je vous salue, à vallons que je perds!
Écoutez-moi : c’est mon dernier hommage.
Loin, loin d'ici, sur la terre égaré, Je vais traîner une importune vie :
2 Mais, quelque part que j'habite ignoré, Ne craignez point qu’un ami vous oublie.
Oui, j'aimerai ce rivage enchanteur, Ces monts déserts qui remplissoient mon cœur Et de silence et de mélancolie; Surtout ces bois, chers à ma réverie, Où je voyois, de buisson en buisson, Voler sans bruit un couple solitaire, Dont j'entendois, sous l’orme héréditaire, Seul, attendri, la dernière chanson.
Simples oiseaux, retiendrez-vous la mienne ?
Parmi ces bois, ah! qu’il vous en souvienne!
En te quittant je chante tes attraits, Bord adoré! De ton maître fidèle Si les talents égaloient les regrets,
. Vers imprimés dans l’A/manach des Muses, année 1790, p. 205. Voyez la Préface,
à a ENRE:
AE re Lt