‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 217 sur 276 · ACTE‘I; SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE‘I; SCENE II

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Thémar régnoit alors sur ce peuple nombreux ;

I vint à Raphidim attaquer les Hébreux.

Aux autels d’Adonis son épouse attachée, Méprisant du fuseau la gloire humble et cachée, Arzane, dans l’orgueil de toute sa beauté,

Presse, anime Thémar, et marche à son côté :

De sa main au vainqueur une palme est promise, La trompette a sonné ; les traits sifflent : Moïse, Sur un mont à l'écart, debout, les bras levés, Prioit le Dieu par qui les flots sont soulevés,

Ses redoutables bras étendus sur nos têtes Paroissoient dans le ciel assembler les tempêtes : Quand il les abaissoit, de fatigue vaincu,

Amalec triomphoit d’Israel abattu ;

Mais quand ses bras au ciel reportoient sa prière, Nos plus fiers ennemis rouloient sur la poussière. Soutenant dans les airs ce bras fort et puissant, Qui sans porter de coups versoit des flots de sang, J'achevai parmi nous de fixer la victoire.

Un seul jour vit périr Thémar et sa mémoire :

Sa veuve, à des dieux sourds ayant ses vœux offerts, N'en fut pas entendue et tomba dans nos fers.

DATHAN

Je ne vois jusqu'ici que d’heureuses prémices.

AARON

Écoute. Après avoir réglé les sacrifices,

Mon frère, qu’en secret appelle l'Éternel, Moïse se dérobe aux regards d’Israel ;

Il monte au Sinaï; Josué l'accompagne :

Depuis quarante jours caché sur la montagne, Mille bruits de sa mort dans le camp répandus Tiennent de nos vieillards les esprits suspendus. On s’agite au milieu du peuple, qui murmure, Je ne sais quel démon souffle une flamme impure; Le soldat se soulève et proclame en ce lieu

Et Nadab pour son chef et Baal pour son dieu.

DATHAN

Nadab accepte-t-il cet honneur populaire?

MOISE

AARON

De ses mâles vertus rejetant le salaire,

Mon fils porte en son sein un trait qu’il veut cacher, Et que toi seul, Dathan, tu pourras arracher.

Pâle et silencieux dans sa marche pensive

Il erre autour du camp comme une ombre plaintive. Il prononce tout bas le nom de ses aïeux;

Son regard Janguissant se tourne vers les cieux;

La nuit, à sa douleur se livrant sans obstacles,

On l’a trouvé pleurant auprès des tabernacles.

Mais j’aperçois Caleb, ce flambeau de la loi,

Et ma sœur, dont les chants raniment notre foi. Dathan, cherche Nadab, et dis-lui que son père L’attend ici.

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