MARIE, CALEB
CALEB
Exemple d’Israel, prophétesse Marie,
La source de nos pleurs n’est donc jamais tarie ? D'invisibles filets Nadab environné
D’Arzane n’a pu fuir le trait empoisonné.
Je crains encor sur lui la perverse puissance
Du dangereux ami dont il pleuroit l'absence,
Je l’inique Dathan, froidement factieux, Ennemi de Moïse et contempteur des cieux.
MARIE
Et que fait Israel? quel espoir le soulage?
GA
MOISE
CALEB
Ce peuple à l'esprit dur, au cœur foible et volage, Déjà las de la gloire et de la liberté,
Regrette làchement le joug qu’il a porté.
« Abandonnons, dit-il, ces plages désolées ; Retournons à Tanis, où des chairs immolées,
Où des plantes du Nil l'Égyptien pieux Nourrissoit nos enfants à la table des dieux. » Peuple murmurateur, race ingrate et perfide!
MARIE
La terre, cher Caleb, pour le juste est aride, Mais il s'élève à Dieu : le palmier de Jeddiel À ses pieds dans le sable et son front dans le ciel,
CALEB,
Des chefs séditieux pour combattre l’audace,
Il est temps qu’au conseil j'aille prendre ma place. Dans ce triste moment les vierges d’Israel, Instruites par vos soins à prier à l'autel ,
Pour plaindre et partager votre douleur auguste S'avancent.
Le chœur des jeunes filles israélites entre dans ce moment sur la scène : Caleb sort.
MARIE, au chœur.
Approchez, postérité du juste, Doux trésor de Jacob par le ciel réclamé.
Désarmez du Seigneur le carquois enflammé ; Au Père qui nous frappe, au Dieu qui nous châtie, Présentez de vos pleurs la pacifique hostie : Il est pour l’affligé des cantiques touchants, Et souvent la douleur s'exprime par des chants,