SCÈNE Ÿ
NÉBÉE, ARZANE, NADAB.
NÉBÉE, accourant précipitamment.
Fuyez! le péril est pressant : Tout prend autour de vous un aspect menaçant. Je veillois près d'ici dans mon inquiétude, Quand j'ai vu s'avancer vers cette solitude, À pas lents et légers, Caleb avec Lévi.
De cent prêtres armés ce cruel est suivi ; Leurs yeux sinistrement étincellent dans l'ombre; Ils se parlent tout bas d’une voix triste et sombre. J'ai surpris quelques mots de leur noir entretien : De vous donner la mort ils cherchent le moyen.
NADAB
Contre vos jours, Arzane, un lévite conspire : Tout est fini; demain je vous rends votre empire. De Pharaon vaincu prenez le plus beau char; Des soldats éblouis enchantez le regard.
Je vous déclarerai mon épouse adorée ;
Du sceptre d'Ésaü vous serez décorée.
D'Édom et de Jacob que les dieux fraternels Soient enfin encensés sur les mêmes autels.
Arzane et Nébée sortent par un côté du théâtre; Nadab les suit de loin, pour les protéger contre les lévites, qui entrent sur la scène du côté opposé : il s'arrête quand Arzane a disparu, et parle aux lévites du fond du théâtre,