I. — Ve ET VI0 SIÈCLES
1. Etzel : c’étoit le nom original d’Attila (+545), comme l’a déjà remarqué Jean Müler dans son Histoire de la Suisse (1, 7, note 30 ). Ce nom signifie peut-être le prince de la Wolga, car ce fleuve est appelé Etzel par les Tartares. Entre les vassaux d’Etzel paroît le grand roi des Ostrogoths, Théodoric ( + 527), appelé dans le poëme Dietrich de Bern ( Vérone). D’après l’histoire, il ne naquit que quatre ans avant la mort d’Attila. Le poëme connoît encore Irnfrid , probablement Hermenfrid, roi de Thuringe, qui avoit pour épouse la nièce de Théodoric; et le roi des Ostrogoths, Yitiges, appelé Wittich (+542).
2. A côté de ces personnages des v® et vie siècles se trouve le margrave Rüdiger de Pechlarn, personnage historique vivant vers la moitié du xc siècle. Il étoit margrave du pays au-dessous de l’Ens (en Autriche ).
Le poëme nomme Blodel, frère du roi des Huns, que l’histoire appelle Bléda.
3. Gunther, roi des Bourguignons, résidant à Worms, frère de Chriemhild, épouse de Sigfrid : Prosper Aquitanus a écrit ce qui suit en 431 :
« Gundicarium, Burgundionum regem, intra Galbas habitantem, Actius bello obtinuit, pacemque ei supplicanti dédit; qua non diu potitus est, siquidem ilium Huni cum populo suo ac stirpe deleverunt. »
Le nom du frère Giselher se trouve dans un document du roi Gundobald, de l’an 517, parmi les rois de Bourgogne. Parmi les chevaliers de sa cour, Volcher rappelle le nom de Talco, qui assassina ( en 577) Chilperich par ordre de Brunhild, sa belle-sœur.
4. Sigfrid, l’Achille du poëme. invulnérable, comme le héros grec, à l’exception d’un seul endroit : Sigfrid, vainqueur des Nibelongs, d’un dragon et
ÉCLAIRCISSEMENTS
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de la reine d’Ijenland, l’amazone Brunhild, qui devint épouse du roi Gunther et reine de Bourgogne. Son père, nommé Sigmunt, est roi des Pays-Bas ( Niderlant ) , et réside à Santen, sur le Bas-Rhin.
11 est remarquable que le monument sépulcral du roi Siegbert (qui n’est qu’une autre manière d’écrire le même nom) élevé à Soissons, dans l’église de Saint-Médard, que ce prince avoit bâtie, montre le dragon sous les pieds du roi. La vie de ce malheureux prince offre encore une ressemblance avec celle du héros du poëme, en ce qu’il vainquit, comme Sigfrid, les Saxons et les Danois, et qu’il fut assassiné (en 575), à l’instigation de sa belle-sœur Frédégonde, comfne Sigfrid, par les suggestions de Brunhild. Siegbert étoit roi d’Austrasie, dans laquelle se trouve Santen. Guntran, qui paroît être le même nom que Gunther ou Gundard, étoit son frère. Enfin, la femme de Siegbert s’appelle Brunehild, fille du roi des Yisigoths, Atanahild d’Espagne, qui fut assassinée en 613. La version de l’histoire du poëme, dansl ’Edda, nomme Sigurd (Sigfrid) le premier époux de Brunehild.
Voilà tous les personnages du poëme : quelques-uns rappellent des noms, d’autres la vie et les faits d’hommes illustres chez les Bourguignons, les Franks et les Goths des \c et vic siècles, à l’exception du margrave Rüdiger, qui appartient à un cercle postérieur du ixe et du xe siècle : je citerai maintenant les principaux noms historiques de ces deux derniers siècles.
IL — IXe ET Xe SIÈCLE.
Le poëme nommé les Russes , qui paroissent sur la scène en 862, les Hongrois et les Huns, qui s’y montrent, d’après l’opinion ancienne, en 900. Entre les personnages qui accueillent les Bourguignons lorsqu’ils se rendent par la Bavière et l’Autriche chez Attila, en Hongrie, se trouve l’évêque Piligrin ou Pilgerin de Passau (en Bavière). C’est le grand apôtre des Hongrois. II fut évêque d’une partie de Hongrie et d’Autriche, depuis 971 jusqu’à 991. Les Bourguignons le trouvent à Passau : il y reçoit Chriemhild comme sa nièce.