Le Roi est mort : vive le Roi
PRÉFACE. kSo
entendant leur nom retentir sans cesse à la tribune, j’ai voulu savoir ce qu’il en falloit croire.
L 'Essai historique prouve que je m’étois autrefois occupé du règne de Charles 1er; j’en avois même écrit l’histoire complète. J’ai relu attentivement les mémoires latins et anglois des contemporains sur la matière; les historiens de nos jours, MM. Guizot, Lingard, Mazure, ont éclairé ma marche et ajouté à mon instruction; j’ai déterré quelques pièces peu connues. De tout cela il est résulté, non une histoire des Stuarts, que je ne voulois pas faire, mais une sorte de traité où les faits n’ont été placés que pour en tirer des conséquences politiques. Tantôt la narration est courte, lorsque aucun sujet de réflexion ne se présente ou qu’on n’est pas attaché par l’intérêt des événements; tantôt elle est longue, quand les réflexions en sortent avec abondance ou quand les événements sont pathétiques. Il n’y a personne qui n’ait lu quelque récit de la mort de Charles Ier; j’ose croire que de petits détails négligés des historiens frapperont les lecteurs dans la Politique historique ; ils verront, par exemple, sur les anneaux scellés à l’échafaud, sur les deux hommes masqués, etc., des renseignements qui se trouvent consignés au procès des régicides et qui ajoutent à l’épouvante de la scène.
J’ai tâché de faire sentir les principales ressemblances et différences des deux révolutions, de la révolution de 1640 et de 1688, et de la révolution de 1789 et de 1814. Je me suis proposé de signaler les écueils, afin d’en rendre l’évitée plus facile; mais l’homme pervertit souvent les choses à son usage, et quand on lui croit offrir des leçons on ne lui fournit que des exemples.
Voyez, tome X, Les quatre Stuarts .
MÉMOIRES